Restauration d'une bibliothèque palestinienne centenaire à Jérusalem

À l'intérieur de la bibliothèque Khalidi dans la vieille ville de Jérusalem. (Photo de Robert Dawson)
À l'intérieur de la bibliothèque Khalidi dans la vieille ville de Jérusalem. (Photo de Robert Dawson)
À l'intérieur de la bibliothèque Khalidi dans la vieille ville de Jérusalem. (Photo de Robert Dawson)
À l'intérieur de la bibliothèque Khalidi dans la vieille ville de Jérusalem. (Photo de Robert Dawson)
À l'intérieur de la bibliothèque Khalidi dans la vieille ville de Jérusalem. (Photo de Robert Dawson)
À l'intérieur de la bibliothèque Khalidi dans la vieille ville de Jérusalem. (Photo de Robert Dawson)
Une collection de livres rares. (Fournie)
Une collection de livres rares. (Fournie)
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Publié le Vendredi 29 janvier 2021

Restauration d'une bibliothèque palestinienne centenaire à Jérusalem

  • Fondée en 1900, la bibliothèque Khalidi contient l'une des plus grandes collections privées de livres et de manuscrits arabes au monde
  • La bibliothèque et son trésor de manuscrits et de livres étayent la revendication historique des Palestiniens sur la ville

AMMAN: Au tournant du XXe siècle, Hajj Raghib al-Khalidi s'est rendu compte qu'il devait agir afin de préserver la riche collection de livres et de manuscrits que sa famille avait bâtie au fil des générations.

En 1900, cet intellectuel qui habitait Jérusalem a rassemblé les nombreux volumes et autres manuscrits éparpillés dans sa famille élargie et il les a placés en un seul endroit: la bibliothèque Khalidi était née.

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À l'intérieur de la bibliothèque Khalidi dans la vieille ville de Jérusalem. (Photo de Robert Dawson)

Aujourd’hui, plus d’un siècle plus tard, les descendants de Khalidi ont procédé à une restauration très importante qui a permis de préserver et de numériser la collection séculaire de la bibliothèque pour que les universitaires du monde entier puissent y avoir accès.

La bibliothèque, connue en arabe sous le nom «Al-Maktaba al-Khalidiyya», a été établie dans la vieille ville de Jérusalem, à Tariq Bab al-Silsilah, près de Bab al-Silsilah, l'une des principales portes d'Al-Haram al-Sharif – également connue sous le nom de «Mont du Temple» –, la maison de la mosquée Al-Aqsa.

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Un vieux manuscrit trouvé à la bibliothèque Khalidi dans la vieille ville de Jérusalem. (Fourni)

Elle contient l’une des plus grandes collections privées du monde de manuscrits arabes (environ 1 200 titres), dont le plus ancien date d’environ mille ans. Parmi eux se trouvent quelque 200 textes islamiques extrêmement rares, dont beaucoup sont finement décorés de motifs géométriques à l'encre de couleur.

Sa collection imprimée, qui date principalement du XIXe siècle, contient environ 5 500 volumes. Il existe également d’importantes archives de documents familiaux du début du XVIIIe siècle.

Les Khalidi font remonter leur ascendance au premier conquérant musulman Khalid ibn al-Walid, décédé en 642. On trouve une famille Khalidi à Jérusalem dès le XIe siècle. La lignée familiale plus officiellement attestée remonte cependant aux XIVe et XVe siècles, sous l'empire mamelouk.

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La bibliothèque palestinienne restaurée à Jérusalem préserve le patrimoine et encourage la recherche. (Photo Robert Dawson). 

Le bâtiment de l'époque mamelouke où se trouve la bibliothèque a également résisté à l'épreuve du temps. Construit en 1389, il a survécu aux dirigeants successifs du califat des Omeyyades et de l'empire Ottoman jusqu'au mandat britannique, résistant fièrement jusqu’à aujourd’hui, sous l'occupation israélienne.

Pour les Palestiniens, la bibliothèque est un témoignage vivant de leur revendication historique de la ville sainte, qui réfute le «faux récit sioniste», selon l’un des descendants de Khalidi.

EN BREF Bibliothèque Khalidi

 

1389 - Le bâtiment de l'époque mamelouke est construit.

1900 - Raghib al-Khalidi crée une bibliothèque.

1967 - Jérusalem-Est est annexée par Israël.

1989 – L’association des Amis de la bibliothèque Khalidi est fondée.

Rashid Khalidi, un historien palestinien-américain du Moyen-Orient, et Edward Saïd, professeur d'études arabes modernes à l'université de Columbia, déclarent à Arab News qu’«une bibliothèque de livres et de manuscrits rares qui date des Xe et XIe siècles est la preuve que les habitants de Jérusalem et les Palestiniens sont un centre de culture et de civilisation depuis des millénaires».

«[Les sionistes] soutiennent que nous n’existons pas et que notre histoire est montée de toutes pièces, que d’autres peuples sont les autochtones et que nous ne le sommes pas. Nous, les Palestiniens, sommes le peuple de cette terre, tandis que l'autre discours est celui du projet colonial qui nous a été imposé.»

À la fin de la guerre israélo-arabe de 1948, Jérusalem reste divisée entre la Jordanie et l’État d'Israël émergent. La défaite arabe a déclenché une fuite massive de Palestiniens vers les pays arabes de la région du Levant connue sous le nom «Al-Nakba» – littéralement «la catastrophe».

À la fin de la guerre de 1967, la situation se détériore encore pour les Palestiniens lorsque les forces israéliennes parviennent à vaincre l’armée jordanienne et occupent Jérusalem-Est. Le changement de rapport de force qui en résulte a chassé une grande partie de la population arabe restante. En 1980, Israël annexe Jérusalem dans une démarche non reconnue sur le plan international.

Plus récemment, dans une décision controversée de 2018, l'administration de Donald Trump a transféré l'ambassade américaine de Tel Aviv à Jérusalem, reconnaissant officiellement cette dernière comme la capitale d'Israël. Les Palestiniens tablent depuis longtemps sur Jérusalem-Est pour devenir la capitale d'un futur État.

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À l'intérieur de la bibliothèque Khalidi dans la vieille ville de Jérusalem. (Fourni)

Quel que soit le parti au pouvoir à Washington, les colonies israéliennes continuent de s'étendre dans les territoires palestiniens occupés en Cisjordanie. Cela atténue l’espoir d’une résolution pacifique de ce conflit vieux de plusieurs décennies, ainsi que celui de la création d'un État palestinien. Mais les descendants de ces familles déplacées, dispersées à travers le Moyen-Orient et dans les recoins les plus reculés de la diaspora, n'ont cessé de faire pression pour obtenir le droit de revenir.

Raja Khalidi, un autre descendant du fondateur de la bibliothèque, précise à Arab News qu’après l’occupation de 1967 la bibliothèque était menacée de disparition en dépit du fait qu’elle était protégée en tant que dotation familiale.

Raja est le directeur général de l'Institut de recherche sur les politiques économiques de la Palestine (MAS) situé à Ramallah. Il était auparavant économiste principal à la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (Cnuced).

Il a passé la majeure partie de sa vie dans la diaspora, mais il est retourné en Palestine ces dernières années, rejoignant la famille afin de protéger et de préserver la bibliothèque qui porte son nom.

Il raconte que plusieurs membres de sa famille ont repoussé les tentatives israéliennes de mainmise sur la bibliothèque mais que, finalement, des parties du toit ont quand même été confisquées afin de permettre la création de yeshivas (écoles religieuses) juives.

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Un vieux manuscrit trouvé à la bibliothèque Khalidi dans la vieille ville de Jérusalem. (Fourni)

En 1989, l’association des Amis de la bibliothèque Khalidi (Friends of the Khalidi Library, ou FKL) naît aux États-Unis, sous la présidence de Walid Khalidi, afin de lever des fonds pour protéger le site.

Les dons ont rapidement afflué de la part de membres de la famille élargie, de la fondation Ford, de l'Unesco, du gouvernement néerlandais et du Fonds économique et social arabe au Koweït, entre autres.

À l’aide de ces fonds, selon les Khalidi, la FKL, située à Boston, a non seulement pu empêcher l’ingérence israélienne mais aussi rénover et rééquiper en profondeur la bibliothèque, ainsi que préserver ses précieuses collections.

Raja et ses collègues administrateurs nommés par le tribunal, Asem et Khalil, se sont beaucoup investis pour sauver les vieux manuscrits. Ils ont été aidés par des experts étrangers qui ont pu former le personnel local afin de perpétuer le travail de préservation.

Chaque document, livre ou manuscrit a finalement été numérisé et catalogué. Raja ajoute: «Il nous a fallu des années pour le faire, mais nous sommes heureux que tous les manuscrits originaux soient aujourd’hui enregistrés et protégés et que leur contenu soit numérisé, afin que tous les chercheurs puissent les utiliser en ligne.»

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À l'intérieur de la bibliothèque Khalidi dans la vieille ville de Jérusalem. (Photo Robert Dawson)

Plusieurs des textes conservés par la bibliothèque mettent en lumière l'histoire des Palestiniens à Jérusalem, explorent la présence arabe dans la région et racontent l'histoire de la famille Khalidi ainsi que ses liens avec la ville.

Selon Raja, l'objectif de la bibliothèque n'est pas seulement de conserver le patrimoine mais aussi d'encourager la recherche. «Nous voulons être reconnus non seulement en tant que dépositaires mais également en tant que rénovateurs de publications originales.»

À cette fin, la bibliothèque, en plus de préserver des manuscrits anciens, s'est diversifiée dans l'édition, imprimant récemment un ouvrage de Rouhi Khalidi, décédé en 1913, Le Sionisme ou la question sioniste. Il s’agit probablement du premier livre sur le sujet rédigé par un Palestinien.

Rashid considère que ce serait une erreur de refuser aux Israéliens leur identité nationale, «de la même façon que nous reconnaissons en Amérique le peuple américain, même s'il a créé un pays en expulsant un peuple indigène et créé sa propre réalité coloniale».

Même si de nombreux chercheurs israéliens «sont aveuglés par leur chauvinisme et leur racisme et ne pensent pas que nous ayons une histoire nationale légitime», Rashid pense que la bibliothèque Khalidi pourrait constituer une ressource des plus utiles pour les nombreux chercheurs israéliens qui reconnaissent l’histoire palestinienne.

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Twitter: @daoudkuttab

Ce texte est la traduction d'un article paru sur Arabnews.com


Le Festival d'Avignon ouvre sa 80e édition entre création, parité et focus coréen

Des personnes préparent la scène du nouveau théâtre La Scala Provence avant le début de la 76e édition du Festival international de théâtre d'Avignon, à Avignon, dans le sud de la France, le 5 juillet 2022. (AFP)
Des personnes préparent la scène du nouveau théâtre La Scala Provence avant le début de la 76e édition du Festival international de théâtre d'Avignon, à Avignon, dans le sud de la France, le 5 juillet 2022. (AFP)
  • Le 80e Festival d'Avignon s'ouvre avec une programmation marquée par une majorité de femmes à la mise en scène et un focus sur les artistes sud-coréens
  • Le Festival Off réunit 1.400 compagnies et 1.780 spectacles, tout en ouvrant le débat sur les défis économiques du spectacle vivant

AVIGNON: Trompettes, retentissez! La 80e édition du Festival d'Avignon, grand rendez-vous international de théâtre, démarre samedi pour trois semaines, avec un spectacle-fleuve de cinq heures à l'ouverture, plus de femmes à la mise en scène, un zoom sur les artistes sud-coréens et un Off toujours en force.

- Diversité de propositions

"Il y a des spectacles pour tous les goûts", déclare à l'AFP le directeur du Festival Tiago Rodrigues. Selon lui, cette édition se veut une "célébration des arts vivants", avec du théâtre, de la danse, des performances et du cirque, et une "fête de la création", avec des artistes d'une grande diversité qui "s'emparent des problèmes et des joies du monde".

Pour la première fois, le Festival compte une majorité de metteuses en scène avec 27 femmes, 16 hommes et 6 collectifs. Par ailleurs, 24 artistes français tels que Jeanne Candel, Rebecca Chaillon, Boris Charmatz et 25 artistes internationaux, comme les Brésiliennes Christiane Jatahy, Carolina Bianchi, l'Egyptien Ahmed El Attar, ou le collectif belge flamand tg Stan, sont invités.

Quelque 136.000 places sont en vente.

Cette édition se veut également une "fête des questionnements" avec le public, qui se terminera par une nuit de réflexions dans la cour d'honneur "autour des questions que l'art peut poser au monde", avec artistes, scientifiques, philosophes, personnalités de la société civile, etc.

- Ouverture par Julien Gosselin

Musique forte, vidéo, démesure: avec "Maldoror", le directeur de l'Odéon-Théâtre de l'Europe à Paris, Julien Gosselin, embarque samedi soir le public de la Cour d'honneur du Palais des papes dans un spectacle-fleuve.

Cette fiction, inspirée de textes de l'écrivain chilien Roberto Bolaño et de poèmes du recueil "Les chants de Maldoror" de Lautréamont, "parle du mal, ce qui fait que des artistes cheminent autour du mal", selon le metteur en scène, figure emblématique du Festival.

"J'ai toujours été extrêmement intéressé par le fait que sous la beauté, ou sous la culture, pouvait en fait se cacher l'horreur", confie-t-il à l'AFP. "Quand je lis Bolaño, je ressens une forme de fraternité, de douceur, même si les thèmes qu'il travaille sont très violents".

- Han Kang et les artistes coréens à l'honneur

Après l'anglais, puis l'espagnol et l'arabe, le coréen est la langue invitée du Festival. Théâtre populaire, théâtre documentaire, performances visuelles, danse et cirque, pansori (récit chanté accompagné au tambour): les arts vivants coréens vont représenter quelque 20% de la programmation totale cette année.

La lauréate du prix Nobel de littérature 2024 Han Kang, présente du 12 au 18 juillet, a inspiré deux spectacles, "Oiseau", une lecture performance avec les actrices Isabelle Huppert et Hyeyoung Lee et "Che dolore terribile è l'amore", mise en scène par l'Italienne Daria Deflorian.

- 1.400 compagnies pour le Off

En parallèle du Festival in, les compagnies du Off investissent les 141 théâtres de la ville, la transformant en gigantesque marché du spectacle vivant.

Quelque 1.400 compagnies, soit une cinquantaine de plus que l'an dernier, proposent 1.250 spectacles par jour et 1.780 spectacles au total, certains n'étant pas programmés sur toute la durée du festival.

Selon Avignon Festival & Compagnies (AF&C), qui gère la manifestation), cela représente 27.000 représentations pour lesquelles 2,6 millions de billets sont en vente.

Dans un contexte de crise du secteur, équipes artistiques, chargés de diffusion, collectivités, institutions, vont participer en parallèle à des "assises" organisées les 7, 9 et 10 juillet.

Ce chantier de réflexion portera cette année sur "les réalités économiques", "les métiers et les conditions de diffusion" et "les politiques publiques". Il se poursuivra lors de l'édition 2027.

Le spectacle vivant subit en effet des coupes budgétaires des collectivités territoriales et de l'Etat.


Coupe du monde 2026 : l’Égypte élimine l’Australie et file en huitièmes de finale

  • Les Pharaons s’imposent 4-2 aux tirs au but après un match tendu conclu sur un 1-1
  • Première victoire historique en phase à élimination directe : l’Égypte rejoint le Maroc comme deuxième nation africaine et arabe en huitièmes

DUBAÏ : L’Égypte a battu l’Australie aux tirs au but au stade de Dallas pour se qualifier pour les huitièmes de finale de la Coupe du monde 2026. Il s’agit de sa toute première victoire en phase à élimination directe.

Ils rejoignent ainsi le Maroc comme deuxième nation africaine et arabe à atteindre les huitièmes de finale de ce tournoi.

L’Égypte avait été rassurée par les nouvelles concernant son capitaine et joueur clé Mohamed Salah, remis de ses inquiétudes liées à une blessure après avoir demandé à être remplacé lors du dernier match de groupe contre l’Iran. Avant la rencontre, un quatuor offensif composé de Salah, Mostafa Zico, Emam Ashour et Omar Marmoush apparaissait sur le papier comme une menace sérieuse pour la défense australienne.

Les Socceroos ont de nouveau débuté en 3-4-3, avec le jeune Nestor Irankunda, 20 ans, chargé d’animer l’attaque.

La première occasion du match est venue de Cristian Volpato à la 5e minute, sa frappe enroulée du pied gauche frôlant la barre égyptienne. Quelques minutes plus tard, Jordan Bos a percé la défense égyptienne avant d’être stoppé par Mohamed Hany alors qu’il s’apprêtait à tirer face au but de Mostafa Shobeir.

La situation s’est débloquée de l’autre côté du terrain, et les Pharaons n’ont eu besoin que de 13 minutes pour prendre l’avantage, Ashour étant à l’origine puis à la conclusion de l’action collective qui lui a offert son deuxième but du tournoi. Sa première tentative, sur une remise de Salah, avait été contrée, et lorsque le ballon a ensuite été centré dans la surface par Karim Hafez, la tête d’Ashour, totalement libre, n’a laissé aucune chance au gardien australien Patrick Beach.

Après la pause hydratation, l’Australie est davantage entrée dans le match, mais la première mi-temps est restée hachée, entre fautes et interruptions.

Dès le début de la seconde période, Omar Marmoush aurait pu faire le break, mais son tir du droit a frôlé le poteau après une passe parfaite de Zico. L’Égypte allait regretter cette occasion à la 55e minute, lorsque un coup franc a été dévié dans ses propres filets par Mohamed Hany : 1-1, tout était relancé.

À la 67e minute, l’Égypte a tenté de réagir en remplaçant Zico et Hamdi Fathy par Haissem Hassan et Hossam Abdelmaguid. Cinq minutes plus tard, Ashour manquait le cadre après une belle séquence collective. Malgré une pression croissante en fin de match, la défense australienne, menée par l’excellent Harry Souttar, tenait bon.

Dans le temps additionnel, Ramy Rabia a failli offrir la victoire à l’Égypte, mais sa tête sur un centre de Salah a été repoussée par un arrêt exceptionnel de Beach.

Avec Trezeguet et Hassan très dangereux sur les côtés, les Australiens semblaient même satisfaits de voir arriver la prolongation.

Salah a enfin eu une vraie occasion trois minutes après le début des prolongations, mais sa frappe a survolé la barre. Les occasions sont restées rares.

À la 108e minute, une frappe déviée de Marwan Attia a failli tromper Beach, mais le gardien a pu capter le ballon. L’Égypte poussait, sans parvenir à faire céder la défense australienne. Salah a encore fait parler sa classe en éliminant plusieurs adversaires à sept minutes de la fin, mais sa frappe a été contrée. Les tirs au but se profilaient, et l’Australie a remplacé Beach par le vétéran Matt Ryan.

Souttar et Lucas Harrington ont manqué leurs tirs côté australien. Mahmoud Saber, Rabia, Salah (avec une panenka) et Abdelmaguid ont marqué, permettant à l’Égypte de s’imposer au terme d’une soirée épuisante.

Les Pharaons affronteront désormais soit l’Argentine soit le Cap-Vert en huitièmes de finale, le mardi 7 juillet, au Mercedes-Benz Stadium d’Atlanta.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


AlUla affirme son rayonnement culturel international, avec la fondation Lafayette anticipation

la vallée de l'oasis d'AlUla vue du ciel depuis Hattat Uwayrid, le 31 janvier 2025. (Photo : Loïc VENANCE / AFP)
la vallée de l'oasis d'AlUla vue du ciel depuis Hattat Uwayrid, le 31 janvier 2025. (Photo : Loïc VENANCE / AFP)
  • Plus qu’une simple exposition, cette programmation illustre l’évolution du partenariat franco-saoudien
  • Longtemps centré sur la valorisation du patrimoine, celui-ci s’étend désormais à l’art contemporain, au design, à l’architecture et aux industries créatives

PARIS: À l’automne, la cité-oasis saoudienne d’AlUla déploiera une véritable saison culturelle à Paris, dont le premier grand rendez-vous sera l’exposition La Vie des formes, présentée à la Fondation Lafayette Anticipations à partir du 7 septembre.

Plus qu’une simple exposition, cette programmation illustre l’évolution du partenariat franco-saoudien. Longtemps centré sur la valorisation du patrimoine, celui-ci s’étend désormais à l’art contemporain, au design, à l’architecture et aux industries créatives.

Pour Simon Garcia, directeur du développement culturel d’AFALULA, La Vie des formes est le fruit de deux partenariats majeurs : celui qui unit depuis huit ans la France et l’Arabie saoudite autour du développement d’AlUla, et celui noué avec Lafayette Anticipations.

Simon Garcia rappelle à ce propos que cette coopération est unique par son ampleur et qu’elle connaîtra une montée en puissance au cours de la prochaine saison.

AFALULA accompagne la Commission royale pour AlUla dans des projets qui vont des fouilles archéologiques à la création d’institutions muséales, en passant par le cinéma, les résidences d’artistes et le soutien à la création contemporaine.

Depuis 2021, plus de soixante artistes et créateurs internationaux ont été accueillis en résidence dans l’oasis, faisant d’AlUla un véritable laboratoire où patrimoine et création contemporaine se nourrissent mutuellement.

Cette dynamique est désormais bien engagée. Après Arduna, première exposition du Musée d’art contemporain d’AlUla réalisée avec le Centre Pompidou, Paris accueillera cet automne quatre grands rendez-vous.

Outre La Vie des formes, une exposition sera organisée avec l’Institut du monde arabe dans le cadre du Prix du Design arabe. Le Musée d’art contemporain d’AlUla présentera également, à Art Basel Paris, une œuvre commandée à l’artiste Aman AlZedani, tandis que la Villa Hegra investira la Monnaie de Paris avec une exposition consacrée aux arts de la table, réunissant plusieurs créatrices saoudiennes.

Au cœur de cette programmation, le partenariat avec Lafayette Anticipations occupe une place particulière.

Pour son directeur, Clément Delépine, cette collaboration s’inscrit pleinement dans la mission de la fondation, qui consiste à rendre la création contemporaine accessible au plus grand nombre tout en encourageant les échanges entre les différentes disciplines artistiques.

Son bâtiment, conçu par l’architecte néerlandais Rem Koolhaas, offre d’ailleurs un cadre idéal grâce à ses espaces modulables, où dialoguent arts visuels, design, musique, performance et édition.

Une philosophie qui rejoint naturellement celle développée à AlUla, où patrimoine, paysage, architecture et création contemporaine sont pensés comme un ensemble cohérent.

Co-commissaire de l’exposition, Arnaud Morand, responsable des arts et des industries créatives à AFALULA, souligne que La Vie des formes est avant tout un projet construit à deux voix, dans la mesure où l’exposition réunit des œuvres de la collection de Lafayette Anticipations et des créations réalisées lors des résidences de design organisées à AlUla.

Mais, explique-t-il, l’objectif va bien au-delà de l’organisation d’une exposition. Avant même l’ouverture des futurs musées, AlUla a choisi d’inviter artistes, designers et chercheurs à travailler sur place afin qu’ils participent à la construction de son identité culturelle.

« Ce sont eux qui observent, expérimentent, questionnent et parfois critiquent », rappelle Arnaud Morand. Leur regard nourrit la réflexion sur la transformation d’un territoire appelé à devenir l’un des grands pôles culturels du Royaume.

Dans cette démarche, l’art et le design deviennent de véritables outils de réflexion. Ils permettent d’aborder des questions très concrètes : comment vivre dans un environnement désertique, imaginer des espaces publics adaptés au climat, valoriser les matériaux locaux ou encore inventer de nouvelles formes de convivialité.

Pour Arnaud Morand, les œuvres présentées sont ainsi le résultat d’un dialogue permanent entre artistes, artisans, habitants et paysages.

Cette réflexion est au cœur de La Vie des formes, qui s’inspire de l’historien de l’art Henri Focillon et invite à voir les formes comme des réalités vivantes, façonnées par les matériaux, les usages, les gestes et les imaginaires, plutôt que comme des objets figés.

En faisant dialoguer les collections de Lafayette Anticipations avec les créations réalisées à AlUla, l’exposition montre comment l’art et le design accompagnent les profondes mutations d’un territoire.

Cette présence renforcée d’AlUla à Paris confirme l’ambition culturelle portée par la Vision 2030 saoudienne, qui mise sur la création contemporaine comme moteur de développement et d’échanges internationaux.

Le Royaume d’Arabie saoudite fait ainsi de la culture un puissant levier de transformation, avec la France comme partenaire de premier plan.

AlUla a d’ailleurs annoncé avoir renforcé son partenariat avec l’écosystème français de l’innovation grâce au lancement du programme « Future of Tourism », en collaboration avec STATION F et le groupe Galeries Lafayette, en marge du salon international VivaTech, qui s’est tenu récemment à Paris Expo Porte de Versailles.