L’Institut du monde arabe élargit ses partenariats pour développer sa mission

L’Institut du monde arabe, situé sur les bords de la Seine à Paris (Photo, AFP).
L’Institut du monde arabe, situé sur les bords de la Seine à Paris (Photo, AFP).
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Publié le Lundi 01 février 2021

L’Institut du monde arabe élargit ses partenariats pour développer sa mission

  • La collaboration amorcée avec le CNAM consistera à mettre en place des «actions communes de formation et de production de contenus culturels»
  • Soutenu financièrement par la MGEN, l’IMA amorcera en ce début d’année une saison consacrée aux femmes dans le monde arabe et notamment la question de leur émancipation

PARIS: L’Institut du monde arabe (IMA) poursuit sa mission de développement des liens entre la France et le monde arabe en établissant des partenariats avec Conservatoire national des Arts et Métiers (CNAM) et le groupe d’assurances MGEN.

Selon un communiqué de presse diffusé par l’IMA, la collaboration amorcée avec le CNAM consistera à mettre en place des « actions communes de formation et de production de contenus culturels ». Ce travail en commun sera effectué autour de quatre axes majeurs.

La formation professionnelle donc, basée sur des « thématiques de civilisation et relations interculturelles, de connaissance des arts ou encore des mutations culturelles du monde arabe » pourront contribuer à pallier des besoins spécifiques tels que « l’export d’entreprises à l’international, la diplomatie ou le tourisme culturel ».

La relation entre les deux organismes permettra également de développer l’enseignement de la langue arabe, par des échanges de ressources pédagogiques et d’intervention de professeurs et conférenciers reconnus.

Les notions de « métissage et d’interculturalité » feront l’objet de projets culturels, manifestés par des « expositions itinérantes », des concerts, des conférences et autres rencontres littéraires.

Enfin, l’IMA et le CNAM s’engagent à mettre en place des échanges d’œuvres d’art issues de leurs propres collections et de « mise en commun de leurs réseaux ainsi que l’organisation d’évènements communs ».

Ces projets pourront être mis en application en France comme à l’étranger.

Deux pochettes de disques de l’artiste Oum Khaltoum, qui sera mise en valeur dans l’exposition « Divas » (Photo, IMA).

L’IMA et la MGEN officialisent leur partenariat

Soutenu financièrement par la MGEN, l’IMA amorcera en ce début d’année une saison consacrée aux femmes dans le monde arabe et notamment la question de leur émancipation. Plusieurs projets culturels sont prévus, à commencer par l’exposition « Divas, d’Oum Khaltoum à Dalida » qui se tiendra prochainement. Cet évènement « rendra hommage aux figures de légende de l’âge d’or de la musique et du cinéma arabe », des icônes intemporelles et avant-gardistes de la région.

L’IMA lancera également une édition spéciale de leurs Rencontre Economiques réunissant le 6 avril prochain des femmes dirigeantes d’entreprise qui dévoileront leur parcours et offriront des conseils à celles qui souhaiteraient leur emboiter le pas.

Les manifestations culturelles de l’Institut « largement au féminin » auront lieu au cours de cette saison, sous la forme de « concerts, projections de films et conférences ».

Pour finir, l’IMA compte mettre en place une plateforme en ligne à visée éducative et adaptera l’exposition « Divas » pour un public scolaire. Les créations de ces femmes arabes d’exception y seront présentées de façon « ludique » et serviront de support de cours aux professeurs.

L’année s’annonce donc mouvementée pour l’IMA, qui conforte sa position de passerelle entre les cultures. La programmation des évènements de l’Institut est à découvrir sur leur site.


Cigare au Miel, de Kamir Aïnouz: l’émancipation des femmes face au patriarcat

Pour son premier long métrage, Kamir Aïnouz aborde la biculturalité, le poids des traditions et les voix de l’émancipation. Photo fournie.
Pour son premier long métrage, Kamir Aïnouz aborde la biculturalité, le poids des traditions et les voix de l’émancipation. Photo fournie.
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  • Pour son premier long métrage, Kamir Aïnouz aborde la biculturalité, le poids des traditions et les voix de l’émancipation
  • Kamir Aïnouz: «Le patriarcat est un système de domination masculine qui se transmet paradoxalement beaucoup par les femmes, de génération en génération»

PARIS: «Le cinéma, c’est ma passion, ma vocation.» Kamir Aïnouz s’est intéressée très jeune au septième art. Avec sa mère, elle assistait à la projection de films dans son quartier. Plus tard, le cinéma est devenu sa grande passion. «Ce film représente une part autobiographique, il est inspiré de mon parcours. Comme Selma, l’héroïne, je suis une Franco-Algérienne passée par la phase école de commerce», nous raconte-t-elle lors de notre rencontre.

Après une courte expérience professionnelle dans la finance internationale (Bloomberg, Londres et New York), elle s’oriente vers l’écriture et la réalisation cinématographique en suivant des formations à l’USC (School of Cinematic Arts) et à l’Ucla (University of California à Los Angeles). Kamir Aïnouz a eu deux expériences dans le domaine du cinéma en devenant stagiaire pour Laura Ziskin, productrice de Spider-Man ainsi qu’avec Wam Film, la filiale américaine fondée par Alain Chabat.

Après une expérience aux métiers de scénariste et réalisatrice de près d’une décennie, Kamir Aïnouz revient à Paris. L’envie de se consacrer au cinéma devient plus concrète, plus forte. Se nourrissant en partie de sa propre histoire, son projet de réalisation prend forme. «Née à Paris d’une famille algérienne, j’ai toujours ressenti de cette alliance entre les deux cultures. Très attachés à l’Algérie, mes parents m’y emmenaient souvent», nous raconte la réalisatrice.

«Les histoires de ma famille, transmises par ma mère, ne ressemblaient pas à ce que j’apprenais au collège et au lycée. L’histoire de l’Algérie n’était pas la même. L’idée m’est venue de raconter ce que je sais de l’histoire de ma famille. Mon envie de cinéma s’est cristallisée autour de mon envie d’écrire mes propres récits, nourris par cette dichotomie entre tout ce que j’entendais à la maison sur la colonisation et ce que je lisais, j’apprenais et voyais à la télévision.»

Confrontation des cultures

Sorti en salle le 6 octobre 2021, Cigare au Miel, le premier film de l’auteure, scénariste et réalisatrice, dont les personnages sont interprétés, entre autres, par Zoé Adjani, Amira Casar, Lyes Salem, Louis Peres et Idir Chender, traite des sujets sociaux liés au patriarcat, à l’émancipation de la femme dans un monde de confrontation des cultures et de questionnement sur les identités nationales. Cette double culture ou biculturalité, débat récurrent en France, représente-t-elle, aujourd’hui, un atout ou un obstacle pour l’émancipation épanouie et assumée des femmes?

cigare au miel
Cigare au miel raconte les effets du patriarcat sur la vie des femmes. Photo fournie.

Pour son premier long métrage, Kamir Aïnouz aborde la biculturalité, le poids des traditions et les voix de l’émancipation. La quête de liberté, l’évocation subtile du désir, la violence à l’égard du corps des femmes, la conciliation de la double culture, l’importance de la sauvegarde des traditions des origines, de ses racines sans renoncer à celles qui sont adoptées et/ou en maturation, telles sont les principales thématiques dans lesquelles Kamir Aïnouz nous plonge dans son premier long métrage.

cigare au miel
Cigare au miel. Photo fournie.

En un mot, Cigare au miel raconte les effets du patriarcat sur la vie des femmes. L’emprise de la masculinité, qui peut être subtile, suggérée ou assumée, explique que la domination du mâle dans la société sévit encore aujourd’hui et détermine et/ou entrave encore le destin des femmes.

Selma, l’héroïne, une jeune femme tourmentée

Le film relate l’histoire de Selma, une adolescente au seuil de l’âge adulte. Interprétée par la talentueuse Zoé Adjani qui crève l’écran, Selma, issue d’une famille aisée de Neuilly-sur-Seine, de père avocat et de mère médecin spécialiste, est une élève brillante qui intègre, en 1993, une grande école de commerce. Une période durant laquelle Selma fait face à de nombreux bouleversements d’ordres personnel, intime, familial et social.

cigare au miel
Cigare au miel. Photo fournie.

Forte et délicate, déterminée et respectueuse des valeurs, l’héroïne tente, avec pudeur et délicatesse, de remettre en cause l’ordre établi, en se réappropriant son rapport à son corps, à sa féminité, à sa sensualité, lesquelles se révèlent et s’épanouissent auprès des siens, de ses racines, en Kabylie.


 


Un rayonnement cosmique fait la lumière sur le passage des Vikings en Amérique

A ce jour, le seul site connu de l'occupation viking reste l'Anse aux Meadows, une baie à l'extrême nord de l'île de Terre-Neuve, où subsistent les fondations de huit constructions avec des charpentes de bois. (Photo, AFP) 
A ce jour, le seul site connu de l'occupation viking reste l'Anse aux Meadows, une baie à l'extrême nord de l'île de Terre-Neuve, où subsistent les fondations de huit constructions avec des charpentes de bois. (Photo, AFP) 
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  • Des scientifiques ont pu dater précisément, à l'an 1021, la présence de Vikings sur le continent nord-américain
  • L'équipe de chercheurs ont pu savoir grâce à un rayonnement cosmique daté, et dont ils ont détecté la trace dans des morceaux de bois

PARIS : Des scientifiques ont pu dater précisément, à l'an 1021, la présence de Vikings sur le continent nord-américain après leur traversée de l'Atlantique, grâce à un rayonnement cosmique daté, et dont ils ont détecté la trace dans des morceaux de bois sur le site.


On sait depuis longtemps que les marins scandinaves ont été les premiers Européens à débarquer là, autour de l'an 1.000, bien avant Christophe Colomb, qui touchera terre plus au sud et presque cinq siècles plus tard.  


A ce jour, le seul site connu de leur occupation reste l'Anse aux Meadows, une baie à l'extrême nord de l'île de Terre-Neuve, où subsistent les fondations de huit constructions avec des charpentes de bois. 


Mais comme le remarque l'étude parue dans Nature mercredi, les datations traditionnelles au carbone-14 réalisées le siècle dernier sont plus qu'imprécises, s'étendant sur plus de 250 ans. Or tout indique une occupation brève et sporadique de l'endroit, selon les vestiges archéologiques et les "Sagas", ces textes semi-légendaires narrant les épopées des Vikings.


L'équipe menée par Michael Dee et Margot Kuitems, respectivement professeur de chronologie isotopique et archéologue au Centre de recherche isotopique de l'Université néerlandaise de Groningue, a contourné l'obstacle avec une méthode originale. 


La Terre est soumise en permanence à des rayonnements cosmiques, "qui produisent continuellement du carbone-14 (une forme plus lourde et beaucoup plus rare que l'atome de carbone) dans la haute atmosphère", explique Margot Kuitems à l'AFP. Cette forme de carbone va "entrer dans le cycle du carbone, qui est absorbé par les plantes avec la photosynthèse".


Parfois, le rayonnement est beaucoup plus puissant: ces "événements" de rayonnement cosmique élèvent brusquement le taux de carbone-14 dans l'atmosphère.

Tempête solaire

Une étude japonaise a isolé deux tels "événements", en 775 et en 993, dont la trace subsiste dans des arbres dont l'âge était bien connu. La brusque élévation du carbone-14 se retrouvait aux dates en question dans leurs cernes de croissance, ces cercles que l'on observe sur un tronc coupé et qui aident à déterminer l'âge de l'arbre.


L'équipe de Margot Kuitems a cherché, à l'aide d'un spectromètre de masse, la trace de l'évènement de 993 dans trois échantillons de morceaux de bois prélevés sur le site de l'Anse aux Meadows. Des experts canadiens avaient déterminé que ces morceaux y avaient été travaillés par les occupants avec des outils de fer.


"Quand nous avons mesuré la concentration en carbone-14 dans une série de cernes, nous avons trouvé une brusque élévation sur l'un d'eux, et nous étions certains alors qu'elle correspondait à l'année 993", raconte la scientifique. Il a suffit alors de compter le nombre de cernes entre le cerne de "l'évènement cosmique" et le dernier situé avant l'écorce, pour déterminer la date à laquelle l'arbre a été abattu. Réponse: l'an 1021.


La mesure a fonctionné pour deux morceaux de bois, dont les scientifiques ont même pu préciser que l'un appartenait à un arbre abattu au printemps, et l'autre à l'été-automne. 


Le Centre de recherche isotopique est en pointe sur cette méthode originale de datation archéologique. Il a signé une première étude sur le sujet en 2020, en datant précisément une structure archéologique dans le sud de la Sibérie, à l'aide de l'évènement cosmique de 775.


Selon Mme Kuitems, il y a aujourd'hui un "consensus" pour expliquer ces pics de rayonnement cosmique par un "évènement solaire, comme une tempête solaire". 


Un autre pic survenu en l'an 660 a été récemment confirmé, et pourrait à son tour servir de "marqueur" temporel, grâce à l'amélioration permanente de la précision des spectromètres de masse. 


41 pays participeront au concours 2022 de l'Eurovision en Italie

L'italie a remporté la finale de la 65e édition du Concours Eurovision de la chanson 2021, au centre des congrès Ahoy de Rotterdam, le 22 mai 2021. (Photo, AFP)
L'italie a remporté la finale de la 65e édition du Concours Eurovision de la chanson 2021, au centre des congrès Ahoy de Rotterdam, le 22 mai 2021. (Photo, AFP)
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  • Les 39 organismes qui avaient pris part au concours cette année seront de nouveau présents, aux côtés cette fois du Monténégro et de l'Arménie
  • Vingt candidats seulement seront sélectionnés et rejoindront en finale les cinq principaux financeurs: l'Allemagne, l'Espagne, la France, le Royaume-Uni et l'Italie, appelés les «Cinq grands»

GENEVE : Le concours musical de la chanson Eurovision, qui se déroulera en mai prochain à Turin dans le nord de l'Italie, réunira 41 pays, ont annoncé mercredi les organisateurs.

Les 39 organismes qui avaient pris part au concours cette année seront de nouveau présents, aux côtés cette fois du Monténégro et de l'Arménie, dont la dernière participation remonte à l'édition 2019, a indiqué l'Union Européenne de Radio-Télévision (UER), qui organise l'événement.

Dans un communiqué, l'UER, basée à Genève, indique que sur les 41 pays, 36 s'affronteront lors des deux demi-finales.

Vingt candidats seulement seront sélectionnés et rejoindront en finale les cinq principaux financeurs: l'Allemagne, l'Espagne, la France, le Royaume-Uni et l'Italie, appelés les "Cinq grands" par l'organisation ou "Big 5" en anglais.

"Nous avons hâte de voir plus de 40 radiodiffuseurs s'affronter à Turin, en mai prochain, pour remporter le mythique trophée de l'Eurovision", a déclaré le superviseur exécutif du Concours Eurovision de la Chanson, dans le communiqué.

L'Italie accueillera la 66e édition de ce concours après la victoire des rockeurs italiens vêtus de cuir, Maneskin, cette année à Rotterdam. 

Ce sera la troisième édition italienne d'Eurovision, après Naples en 1965 et Rome en 1991.

La finale se déroulera le samedi 14 mai au PalaOlimpico, l'un des plus grands stades couverts d'Italie. Quant aux deux demi-finales, elles auront lieu les 10 et 12 mai.

En 2021, près de 190 millions de personnes ont suivi le concours à la télévision et sur internet.