L'Iran autorise le départ de l'équipage du pétrolier sud-coréen

Le Hankuk Chemi a été saisi, et son équipage arrêté, par les forces des Gardiens de la Révolution le 4 janvier près du stratégique détroit d'Ormuz (Photo, AFP).
Le Hankuk Chemi a été saisi, et son équipage arrêté, par les forces des Gardiens de la Révolution le 4 janvier près du stratégique détroit d'Ormuz (Photo, AFP).
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Publié le Mercredi 03 février 2021

L'Iran autorise le départ de l'équipage du pétrolier sud-coréen

  • Le vice-ministre sud-coréen des Affaires étrangères Choi Jong-kun a assuré que Séoul déployait «le maximum d'efforts» pour débloquer les fonds le plus tôt possible
  • Téhéran a accusé le 5 janvier la Corée du Sud de retenir «en otage» sept milliards de dollars de fonds appartenant à l'Iran

TEHERAN: L'Iran a autorisé tous les membres d'équipage d'un pétrolier sud-coréen saisi début janvier à quitter l'Iran, à l'exception du capitaine, une décision annoncée mardi que le ministère iranien des Affaires étrangères a qualifiée d «Acte humanitaire».
Le Hankuk Chemi a été saisi, et son équipage arrêté, par les forces des Gardiens de la Révolution --armée idéologique de la République islamique-- le 4 janvier près du stratégique détroit d'Ormuz. Téhéran accuse le pétrolier battant pavillon sud-coréen de pollution maritime.
Séoul avait aussitôt exigé la libération rapide du pétrolier et de ses vingt membres d'équipage de nationalités sud-coréenne, indonésienne, vietnamienne et birmane.
Le bateau a été saisi à une période où Téhéran pressait Séoul de débloquer plusieurs milliards d'euros gelés en raison de sanctions américaines.
«Dans un acte humanitaire de la part de l'Iran, l'équipage du bateau-citerne sud-coréen accusé de polluer l'environnement du golfe persique a été autorisé à partir», a déclaré mardi Saïd Khatibzadeh, porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères.
Une décision prise après «une demande du gouvernement sud-coréen et avec la coopération du pouvoir judiciaire» en Iran, at-il poursuivi, l'ajout que l'affaire du pétrolier et de son capitaine était toujours en cours d'examen, sans plus de précision.
M. Khatibzadeh n'a pas précisé si les membres d'équipage concernés par cette autorisation avaient déjà quitté le territoire.
L'agence de presse sud-coréenne Yonhap, faisant référence au ministère sud-coréen des Affaires étrangères, a indiqué mardi soir que le capitaine allait rester en Iran pour veiller sur le navire. Aucune précision n'a été donnée concernant un éventuel départ du pétrolier.

Téhéran a accusé le 5 janvier la Corée du Sud de retenir «en otage» sept milliards de dollars de fonds (5,7 milliards d'euros) appartenant à l'Iran.
Ali Rabii, porte-parole du gouvernement iranien, avait alors accusé Séoul d'avoir refusé à Téhéran la possibilité d'utiliser ses fonds «même pour (l'achat de) biens qui ne font pas l'objet de sanctions» de la part des Etats-Unis.
Téhéran a nié tout lien entre l'arraisonnement et le contentieux sur l'argent bloqué.

«Efforts maximum»

L'Iran était l'un des principaux fournisseurs de pétrole de la Corée du Sud jusqu'à ce que ce pays cesse ses achats sous la pression des sanctions américaines rétablies à partir de 2018 par l'ancien président américain Donald Trump, au nom d «une politique de« pression maximale »contre l'Iran destinée à tarir ses recettes pétrolières.
Selon M. Khatibzadeh, le vice-ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a discuté par téléphone mardi avec son homologue sud-coréen, qui a assuré que Séoul déployait «le maximum d'efforts» pour débloquer les fonds le plus tôt possible.
Le vice-ministre sud-coréen des Affaires étrangères Choi Jong-kun a conduit en janvier, dans le cadre d'une visite prévue de longue date, des entretiens à Téhéran sur le bateau saisi et les sommes gelées.
Le chef de la diplomatie iranienne Mohammad Javad Zarif avait alors déploré «des restrictions» sur des fonds iraniens qui constituaient selon lui «le plus grand obstacle» aux relations bilatérales entre Téhéran et Séoul, avait rapporté l'agence officielle Irna.
Téhéran avait appelé en janvier à ne pas politiser l'affaire du pétrolier sud-coréen, après que Paris et Washington ont appelé la République islamique à restituer immédiatement ce pétrolier.

La saisie du Hankuk Chemi était la première effectuée par les forces iraniennes depuis plus d'un an.
Les Gardiens de la Révolution ont arraisonné en juillet 2019 le pétrolier Stena Impero battant pavillon britannique dans le détroit d'Ormuz --par lequel transite un cinquième de la production mondiale de pétrole--, avant de le relâcher deux mois plus tard.
L'arraisonnement du Stena Impero avait alors été perçu comme une riposte à la saisie par les autorités britanniques à Gibraltar d'un pétrolier iranien qui avait été relâché, en vue d'objections américaines.
Téhéran a nié tout lien entre les deux incidents.
Les forces iraniennes ont saisi au moins six autres navires cette année-là, pour contrebande présumée de carburant.


Le Qatar affirme que les pays du Golfe sont «unis» dans leur appel à la désescalade

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  • "Il nous semble qu'il y a une position très unanime dans le Golfe appelant à une désescalade et une fin de la guerre", a déclaré le porte-parole du ministère qatari des Affaires étrangères, Majed al-Ansari
  • Les riches états pétroliers de la région ont été visés par des centaines de missiles et de drones iraniens depuis le lancement de l'offensive israélo-américaine contre l'Iran le 28 février

DOHA: Les pays du Golfe sont "unis" dans leur appel à une désescalade dans la guerre au Moyen-Orient, a affirmé mardi le Qatar, alors que l'Iran poursuit ses attaques de représailles contre ses voisins de la région.

"Il nous semble qu'il y a une position très unanime dans le Golfe appelant à une désescalade et une fin de la guerre", a déclaré le porte-parole du ministère qatari des Affaires étrangères, Majed al-Ansari, lors d'une conférence de presse à Doha.

Les riches états pétroliers de la région ont été visés par des centaines de missiles et de drones iraniens depuis le lancement de l'offensive israélo-américaine contre l'Iran le 28 février, tandis que leurs exportations d'hydrocarbures sont affectées par la fermeture de facto du détroit d'Ormuz.

Lundi, une commission parlementaire iranienne a approuvé un projet visant à imposer des droits de passage aux navires transitant par ce détroit stratégique par lequel passait environ un cinquième du pétrole brut et du gaz naturel liquéfié mondiaux.

Le détroit a été "fermé en raison d'une opération militaire", et son avenir est "une question que l'ensemble de la région et les partenaires internationaux doivent décider collectivement", a déclaré le responsable qatari.

"Je pense que nous avons pris une décision collective, dans le Golfe, pour traiter cela comme une menace collective", a-t-il insisté.

Pays le plus visé par les attaques iraniennes, les Emirats arabes unis se sont démarqués ces derniers jours de leurs voisins en adoptant un ton plus offensif à l'égard de Téhéran.

"Un simple cessez-le-feu n'est pas suffisant. Nous avons besoin d'un résultat concluant qui réponde à l'ensemble des menaces iraniennes: capacités nucléaires, missiles, drones, mandataires terroristes et blocages des voies maritimes internationales", a écrit leur ambassadeur à Washington, Yousef Al Otaiba, la semaine dernière dans une tribune du Wall Street Journal.

Le diplomate émirati a affirmé que son pays était prêt "à rejoindre une initiative internationale pour rouvrir le détroit et le maintenir ouvert".


Plus de 200.000 personnes sont parties du Liban vers la Syrie depuis le début de la guerre 

Plus de 200.000 personnes, dont une grande majorité de Syriens, ont traversé la frontière entre le Liban et la Syrie depuis le début de la guerre entre Israël et le Hezbollah début mars, a indiqué mardi l'agence de l'ONU pour les réfugiés (HCR). (AFP)
Plus de 200.000 personnes, dont une grande majorité de Syriens, ont traversé la frontière entre le Liban et la Syrie depuis le début de la guerre entre Israël et le Hezbollah début mars, a indiqué mardi l'agence de l'ONU pour les réfugiés (HCR). (AFP)
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  • "Près d'un mois après l'intensification des hostilités au Liban, la Syrie a connu une forte augmentation du nombre de personnes traversant sa frontière avec le Liban. Entre le 2 et le 27 mars, plus de 200.000 personnes sont entrées en Syrie
  • "Plus de 28.000 Libanais ont également franchi la frontière syrienne. La plupart fuient les bombardements israéliens intensifs. Ils arrivent épuisés, traumatisés et avec très peu d’affaires", a poursuivi la responsable du HCR

GENEVE: Plus de 200.000 personnes, dont une grande majorité de Syriens, ont traversé la frontière entre le Liban et la Syrie depuis le début de la guerre entre Israël et le Hezbollah début mars, a indiqué mardi l'agence de l'ONU pour les réfugiés (HCR).

"Près d'un mois après l'intensification des hostilités au Liban, la Syrie a connu une forte augmentation du nombre de personnes traversant sa frontière avec le Liban. Entre le 2 et le 27 mars, plus de 200.000 personnes sont entrées en Syrie par les trois points de passage officiels", a déclaré Aseer al-Madaien, représentante par intérim du HCR en Syrie, lors d'un point presse donné en visioconférence à Genève depuis Damas.

"Ces chiffres ont été fournis par les autorités et confirmés par nos collègues sur le terrain", a-t-elle ajouté, précisant que "la grande majorité" de ces personnes, soit "près de 180.000, sont des Syriens, notamment des réfugiés syriens qui avaient déjà fui la Syrie pour trouver refuge au Liban et qui sont aujourd'hui contraints de fuir à nouveau".

"Plus de 28.000 Libanais ont également franchi la frontière syrienne. La plupart fuient les bombardements israéliens intensifs. Ils arrivent épuisés, traumatisés et avec très peu d’affaires", a poursuivi la responsable du HCR.

Le Hezbollah pro-iranien a entraîné le Liban dans la guerre régionale le 2 mars en menant une attaque contre Israël en représailles aux frappes israélo-américaines ayant tué le guide suprême iranien Ali Khamenei.

Le Liban avait accueilli plus d'un million de réfugiés syriens qui ont fui leur pays pendant la guerre civile déclenchée par la répression d'un soulèvement populaire contre le pouvoir de Bachar al-Assad en 2011.

Plus d'un demi-million de ces réfugiés ont regagné leur pays depuis la chute d'Assad fin 2024.

Le HCR a indiqué que son plan d'urgence pour les personnes rejoignant précipitamment la Syrie depuis le Liban prévoyait "un nombre pouvant atteindre de 300 à 350.000 personnes".

"Ce nombre dépendra en grande partie d'éventuelles opérations terrestres supplémentaires. Parallèlement, le gouvernement syrien nous a informés qu'il mettait en place un plan d'urgence au cas où davantage de Libanais se dirigeraient vers la Syrie", a ajouté Mme al-Madaien.


Israël occupera une partie du sud du Liban après la guerre, déclare son ministre de la Défense

 Israël a l'intention d'occuper une partie du sud du Liban une fois la guerre terminée, a déclaré mardi son ministre de la Défense, Israël Katz. (AFP)
Israël a l'intention d'occuper une partie du sud du Liban une fois la guerre terminée, a déclaré mardi son ministre de la Défense, Israël Katz. (AFP)
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  • "Le retour au sud du Litani de plus de 600.000 habitants du sud du Liban qui ont été évacués vers le nord sera totalement empêché tant que la sécurité et la sûreté des habitants du nord (d'Israël) ne seront pas garanties"
  • "Toutes les maisons des villages (libanais) adjacents à la frontière (avec Israël) seront démolies conformément au modèle de Rafah et de Beit Hanoun à Gaza"

JERUSALEM: Israël a l'intention d'occuper une partie du sud du Liban une fois la guerre terminée, a déclaré mardi son ministre de la Défense, Israël Katz.

"A la fin de cette opération, Tsahal (l'armé israélienne, NDLR) s'installera dans une zone de sécurité à l'intérieur du Liban, sur une ligne défensive contre les missiles antichars, et maintiendra le contrôle sécuritaire de toute la zone jusqu'au Litani", fleuve qui s'écoule à une trentaine de kilomètres au nord de la ligne de démarcation entre Israël et le Liban, a déclaré M. Katz, dans une vidéo diffusée par son bureau.

"Le retour au sud du Litani de plus de 600.000 habitants du sud du Liban qui ont été évacués vers le nord sera totalement empêché tant que la sécurité et la sûreté des habitants du nord (d'Israël) ne seront pas garanties", a ajouté M. Katz.

"Toutes les maisons des villages (libanais) adjacents à la frontière (avec Israël) seront démolies conformément au modèle de Rafah et de Beit Hanoun à Gaza, afin d'éliminer une fois pour toutes les menaces le long de la frontière qui pèsent sur les habitants du nord", a encore ajouté M. Katz en référence à deux villes de la bande de Gaza dévastées par les opérations militaires d'Israël dans sa guerre contre le Hamas après le 7 octobre 2023.

Le Liban a été entraîné dans la guerre entre Israël et les Etats-Unis d'une part et l'Iran d'autre part par une attaque le 2 mars du mouvement islamiste Hezbollah contre Israël en représailles à la mort du guide suprême iranien Ali Khamenei, tué au premier jour du conflit.

Depuis lors, les frappes israéliennes massives sur le pays du Cèdre ont tué plus de 1.200 personnes et en ont blessé plus de 3.600, selon le dernier bilan du ministère de la Santé. L'armée israélienne affirme elle avoir éliminé "850 terroristes" au Liban.

M. Katz ne cesse de multiplier les déclarations martiales à l'encontre du Liban et des Libanais.

Dimanche, l'ONG Human Rights Watch (HRW) a indiqué lui avoir écrit pour exprimer ses "vives préoccupations concernant (des propos tenus récemment par des responsables israéliens) qui sapent le respect du droit international humanitaire" et dénotent selon elle une volonté de s'y soustraire.

Dans une copie de la lettre publiée par HRW, cette dernière lui reproche nommément ses propos du 16 mars, dans lesquels il menaçait déjà d'empêcher le retour des personnes ayant fui la région au sud du Litani.

"Utiliser le refus du retour des civils comme outil de négociation constitue un déplacement forcé, ce qui est interdit par les lois de la guerre et peut constituer un crime de guerre", écrit l'ONG.

Depuis le 2 mars, le Hezbollah a tiré "entre 4.000 et 5.000 roquettes, drones et missiles, ainsi que des mortiers (...) en direction d'Israël, certains en direction de nos troupes, d'autres vers des communautés civiles", a déclaré mardi le lieutenant-colonel Nadav Shoshani, porte-parole international de l'armée israélienne.