En Arabie saoudite, l'Uber du transport routier voit très grand

Gaurav Biswas, une illustration de Luis Grañena.
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Publié le Vendredi 07 août 2020

En Arabie saoudite, l'Uber du transport routier voit très grand

  • TruKKer a récemment finalisé l'une des plus importantes premières levées de fonds de la région, obtenant un financement de 23 millions de dollars de la part de certains de ses plus gros investisseurs
  • Le PDG et fondateur de TruKKer, Gaurav Biswas, explique à Arab News son succès et comment son entreprise peut bénéficier des perturbations nées de la pandémie, en Arabie saoudite et au Moyen-Orient

DUBAI: En plein milieu de notre conversation sur Zoom, Gaurav Biswas lâche une statistique importante : « J'ai appris un fait intéressant : l'Arabie saoudite a le plus grand nombre de camions par habitant au monde », se réjouit-il.  

Gaurav Biswas est le fondateur et le PDG de TruKKer, l'Uber du camionnage est l'une des entreprises de logistique qui possède l’une des croissances les plus rapides du Moyen-Orient. Les statistiques du camionnage constituent son point fort, et l'Arabie saoudite est le principal objectif de croissance de son entreprise qui a aujourd’hui quatre ans d’existence.

« L'Arabie saoudite ne cesse de me surprendre par la façon dont l'innovation s’y accélère, le rythme est si rapide ! Les jeunes Saoudiens sont ambitieux, ils croient en la technologie et tiennent beaucoup à s’y investir », explique t-il. TruKKer a récemment finalisé l'une des plus importantes premières levées de fonds de la région, obtenant un financement de 23 millions de dollars de la part de certains de ses plus gros investisseurs.

Gaurav Biswas raconte comment l'idée de créer sa société lui est venue. « Je dînais avec un ami qui travaille dans la fabrication d'engrais. Il était déçu par une entreprise de transport qui devait assurer une livraison le lendemain. Cela a gâché notre dîner, mais nous nous sommes rendu compte qu’il y avait une opportunité à saisir ». Comme avec Uber ou Careem, les utilisateurs de TruKKer peuvent commander leur véhicule grâce à une application qui a pour slogan: « Tout type de camion, par tout temps et partout. »

Depuis son lancement en 2016, TruKKer est premier agrégateur de camions équipés des dernières technologies au Moyen-Orient, et a recruté 12 000 chauffeurs et camions pour assurer les lignes commerciales essentielles dans la région, même dans les circonstances difficiles d’un confinement lié à pandémie et de restrictions de transport.

Les défis liés au Covid-19

Le fondateur de la société de transports raconte qu'il a été « inspiré » par des entreprises de transport similaires en Chine et aux États-Unis, mais qu’il considère la région du Golfe particulièrement adaptée au concept.

« Le secteur du transport routier est tellement fragmenté ici qu'il est encore plus logique d’y appliquer ce concept aux camions qu’aux taxis. Il y a beaucoup d'investissements intelligents à faire dans une entreprise extrêmement fragmentée ». La région représente beaucoup d’avantages, selon lui. La majorité des camionneurs transfrontaliers, entre les Émirats arabes unis et l'Arabie saoudite, par exemple, sont des exploitants individuels ou de très petites entreprises de transport.  Sur le marché saoudien, 70 % sont des petites ou moyennes entreprises, avec des flottes qui atteignent 50 camions. Seulement 10 à 15% du secteur est détenu par de grands propriétaires de flottes de 500 à 2000 véhicules. Dans ce contexte, la fragmentation est énorme et c’est ce qui en fait une opportunité. »

Lorsque la pandémie a frappé cette année, elle a constitué un défi pour le modèle commercial de TruKKer. « J'ai informé notre personnel par courrier : “Je pense que personne ne sait comment faire face à cette situation”. Il n'y a pas de livre qui explique comment faire face à une pandémie. Pendant les deux premiers mois, nous avons donc appris, attendu et observé. Mais ensuite, nous avons compris comment l'industrie réagissait. »

Les effets se sont fait sentir par étapes successives. Tout d'abord, la répercussion a concerné les importations et les exportations vers la Chine, avec son important commerce de conteneurs dans la région. Puis dans un second temps, est apparu « l'impact massif » des confinements régionaux, alors que l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, Oman et d'autres centres d'importation avaient imposé le confinement et des restrictions de transport pour lutter contre le virus. « Pour de nombreux clients, le risque principal était de voir la fabrication et les lignes d'approvisionnement perturbées, tandis que les employés tombaient malades », affirme le PDG de TruKKer.

Mais là où l’impact économique s’est fait le plus ressentir, c’est quand les demandes des industries et des consommateurs se sont effondrées. Gaurav Biswas a vu la demande baisser dans les industries axées sur la consommation comme la vente au détail, mais aussi, curieusement, dans la distribution d'eau, qui constitue un enjeu économique important pour TruKKer. « Nous distribuons beaucoup de matières premières non durables. Nous sommes, par exemple, l'un des plus gros fournisseurs d'eau potable en bouteille. Qui aurait pu penser que la consommation diminuerait ? Les gens boivent de l’eau, qu’ils soient chez eux ou au travail… Mais  la pandémie a eu un impact sur l'eau en bouteille dont une grande partie est consommée dans les restaurants. »

Même dans ce contexte sombre, Gaurav Biswas a décelé des signes d’espoir, et des opportunités. « Les petits courtiers et les petits transporteurs étaient soit en hibernation soit confrontés à des difficultés financières. Nous avons donc décidé qu'il était temps pour nous d'acquérir des parts de marché. Ce n’est pas de l’opportunisme, se défend t-il. C'est notre modèle commercial. Nous voulons regrouper les petits fournisseurs en un seul grand courtier. Nous voulons devenir le “courtier-mère” sur le marché, et il est temps pour nous de faire en sorte que cela se réalise, mais à un rythme plus rapide qu’en temps normal. »

Jusqu’à présent, les signes sont encourageants. Mars a été le meilleur mois en termes de résultats opérationnels pour TruKKer, mais la société a « mis les freins » en avril et en mai. « Les chiffres de juillet ont été meilleurs que ceux de mars. Nous avons profité des derniers mois pour attirer des clients clés. Ainsi, même si la demande globale de transport routier diminue en raison de la réduction de la consommation, nous en avons profité pour croître. »

Jusqu'où pense-t-il que TruKKer peut aller dans ce secteur ? « Il serait assez naïf de ma part de dire que je vais contrôler ce marché cette année ou l’année prochaine. C’est un domaine très important et aucun acteur ne peut dominer l’industrie saoudienne du transport. Je pense néanmoins que nous pouvons devenir parmi les plus grands… Et nous n’en sommes pas très loin ! Je dirais que, d'ici à l'année prochaine, nous ferons plus de transactions que quiconque sur le marché, nous serons donc dominants. »

Les véhicules TruKKer transportent pratiquement tous les types de produits: des matériaux de base issus de la pétrochimie, des biens et des équipements de construction (acier, aluminium et cuivre), en passant par les produits alimentaires et de consommation rapide, jusqu’au papier et aux produits d'emballage.

TruKKer a l'intention de s'impliquer dans le secteur pétrolier, mais il a évité jusqu'à présent les produits pharmaceutiques, ce qui, selon M.Biswas, est une « décision qui doit être délibérée » en raison des exigences particulières de ce secteur. Tout comme le transport de matières dangereuses, notamment les explosifs, ce secteur ne constituant qu'une petite partie du marché du transport.

Viser une position de leader dans la région

L'Égypte – où le groupe dispose de huit bureaux – est actuellement au centre de l'expansion de TruKKer, présent dans les principaux ports du pays. Il se déploie également vers le Nord, avec des opérations en Jordanie et dans d'autres pays du Levant qui font des affaires avec le Conseil de coopération du Golfe. Une introduction en bourse sur les marchés saoudiens au cours des prochaines années serait une réelle satisfaction pour TruKKer.

Et puis, il y a l'Irak… « Nous pensons vraiment que la reconstruction de l’Irak offre des opportunités ; cela constitue l’une de nos ambitions à court terme », assure le PDG de la société. Cette stratégie de croissance ambitieuse comportera ses propres défis dans une région tristement célèbre pour la bureaucratie et les restrictions sécuritaires qu’elle impose dans le commerce transfrontalier.

« Tout ce qui traverse les frontières par voie terrestre, maritime ou aérienne s'accompagne de beaucoup de bureaucratie et de formalités administratives. En raison des multiples parties impliquées, le transport de cargaisons engendre une grande quantité de documents. Bien sûr, le risque sécuritaire est élevé, mais je pense que la région se situe dans la moyenne mondiale. Pas tout à fait à la hauteur des normes des économies occidentales, mais bien plus sûre que l'Asie ou l'Asie du Sud-Est. La loi et l'ordre sont des données importantes dans la région et les gens sont moins enclins à enfreindre la loi que dans d'autres parties du monde. Mais le risque demeure présent », a-t-il ajouté.

Gaurav Biswas pense par ailleurs que la technologie peut être utilisée pour atténuer certains de ces risques, dans le suivi des cargaisons par exemple, mais il aimerait également que le secteur de l’assurance s’améliore dans la région et se montre à la hauteur des enjeux. « Je ne pense pas qu'il se soit développé aussi vite que certains autres secteurs économiques. »

En ce qui concerne les prochaines étapes de TruKKer en tant qu’entité commerciale, le fondateur du groupe et son équipe travaillent sur une levée de fonds, dite de « Série B », qui aura probablement lieu avant la fin de l’année. La branche d'investissement de Saudi Telecom, STV, a été un gros bailleur lors de la première levée de fonds, et Gaurav Biswas souligne la synergie entre son entreprise et la technologie des télécommunications. « Il va y avoir des moments très intéressants dans les prochains mois. Nous allons ajouter des noms très importants à notre carnet d’actionnaires », révèle t-il à Arab News.

Le résultat pour une start-up basée sur la technologie se résume à deux scénarios concrets. Elle peut être vendue pour un prix élevé à un acheteur professionnel, comme l'a fait Careem dans son accord de 3 milliards de dollars avec Uber ; ou elle peut accéder à une cotation en bourse par le biais d’une Offre publique initiale (OPI).

M. Biswas affirme que, pour le moment, ses priorités concernent le prochain cycle de financement et l'expansion des opérations. « Nous ne passons pas beaucoup de temps à penser à une issue… Nous nous concentrons davantage sur ce qui se passera demain, le mois ou le trimestre prochain », a-t-il déclaré.

Il reconnaît cependant qu'une cotation à une bourse régionale est attrayante. « Je pense que le transport routier est un travail très localisé à travers le monde. Vous ne voulez pas qu’une entreprise étrangère devienne propriétaire de votre société de transport. Ainsi, sous différents angles – sécurité, création d’emplois…–, les économies régionales sont légitimement fières de ce qu’elles ont accompli ces dernières décennies. Je pense qu'une introduction en bourse sur les marchés saoudiens au cours des prochaines années aboutirait, pour une entreprise comme TruKKer, à un formidable résultat », conclut Gaurav Biswas.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur ArabNews.com


Pétrole en repli, Bourses d'Asie prudentes: le marché guette des signaux concrets d'apaisement au Moyen-Orient

A la Bourse de Tokyo, l'indice vedette Nikkei a clôturé en repli de 1,75% à 58.475,90 points, et l'indice élargi de 1,41% à 3.760,81 points. (AFP)
A la Bourse de Tokyo, l'indice vedette Nikkei a clôturé en repli de 1,75% à 58.475,90 points, et l'indice élargi de 1,41% à 3.760,81 points. (AFP)
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  • Pour l'heure, l'Iran verrouille toujours le détroit d'Ormuz, passage stratégique où transite d'ordinaire un cinquième du pétrole mondial et où la circulation est quasi-paralysée depuis fin février
  • Washington impose par ailleurs depuis lundi un blocus sur les navires en provenance ou à destination des ports iraniens

TOKYO: Les prix du pétrole sont repartis à la baisse vendredi en Asie, dans des marchés guettant les signaux tangibles sur de potentielles négociations entre Etats-Unis et Iran, tandis que Tokyo et Séoul reprenaient leur souffle au lendemain d'une envolée.

Recul du pétrole, prudence sur le Moyen-Orient

Vers 06H30 GMT, le cours du baril de West Texas Intermediate (WTI), pour livraison en mai, référence du marché américain, reculait de 1,49% à 93,28 dollars.

Le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en juin, référence mondiale, cédait 1,11% à 98,29 dollars.

Les cours de l'or noir ont effacé leurs gains de la veille, le marché restant dans l'attente de signaux concrets sur de potentielles négociations entre l'Iran et les Etats-Unis.

Certes, le président américain Donald Trump a estimé jeudi que les Etats-Unis et l'Iran étaient "très proches" d'un accord et affirmé que Téhéran acceptait de se séparer de son uranium enrichi, une des exigences majeures de Washington.

Donald Trump a en outre annoncé un cessez-le-feu de dix jours sur le front libanais, qui est entré en vigueur à 21h00 GMT.

Mais le marché doit composer avec des signaux contradictoires: le ministre américain de la Défense a ainsi dit jeudi que les Etats-Unis bombarderont à nouveau l'Iran si Téhéran "fait le mauvais choix".

L'Iran a menacé de bloquer la mer Rouge, tout en réaffirmant sa volonté de négocier. Et l'armée libanaise a accusé vendredi Israël d'avoir commis des "actes d'agression" et des bombardements en violation de la trêve.

Il n'y a pour l'instant "pas de date" fixée pour un deuxième round de discussions, a par ailleurs indiqué le porte-parole du ministère pakistanais des Affaires étrangères.

"Pour l'heure, le fait qu'aucune nouvelle série de pourparlers n'ait été programmée n'a qu'un impact modéré sur les marchés financiers (...) et le prix du pétrole reste inférieur à 100 dollars le baril",constate Kathleen Brooks, analyste de XTB.

"Toutefois, tant que le détroit d'Ormuz ne sera pas pleinement opérationnel, le prix du pétrole continuera de s'échanger avec une prime substantielle", prévient-elle.

Pour l'heure, l'Iran verrouille toujours le détroit d'Ormuz, passage stratégique où transite d'ordinaire un cinquième du pétrole mondial et où la circulation est quasi-paralysée depuis fin février.

Washington impose par ailleurs depuis lundi un blocus sur les navires en provenance ou à destination des ports iraniens.

La monnaie américaine montait légèrement (+0,19%) à 159,47 yens pour un dollar, tandis que l'or se stabilisait à 4.789 dollars l'once.

"S'il existe effectivement une voie rapide et crédible vers une résolution, l'optimisme récent pourrait persister, confortant la perspective à moyen terme d'un affaiblissement du dollar", observe Lloyd Chan, de MUFG.

"En revanche, si la diplomatie échoue et que l'optimisme s'estompe, le dollar pourrait rester soutenu plus longtemps", portée par les tensions inflationnistes.

Les Bourses d'Asie soufflent

A la Bourse de Tokyo, l'indice vedette Nikkei a clôturé en repli de 1,75% à 58.475,90 points, et l'indice élargi de 1,41% à 3.760,81 points.

A Séoul, l'indice Kospi a lâché 0,55%. La Bourse de Taipei a reculé de 0,88%, Sydney de 0,09%. L'indice hongkongais Hang Seng cédait 1,13% vers 06H30 GMT.

Guettant les signaux contradictoires au Moyen-Orient, les places asiatiques reprenaient leur souffle et faisaient une pause après avoir bondi la veille, le Nikkei s'élevant même à un sommet record en clôture.

"Compte tenu du nouveau record historique atteint par le Nikkei (jeudi), la prudence pourrait de nouveau s'imposer à ces niveaux élevés de valorisation", prévenaient les analystes de Tokai Tokyo Intelligence.

TSMC trébuche, les investisseurs prudents

Le géant taïwanais TSMC, premier sous-traitant mondial de semi-conducteurs, a publié jeudi un bénéfice net record pour le premier trimestre 2026, porté par la course effrénée au développement de l'intelligence artificielle (IA).

Il a vu pourtant son titre chuter de 2,64% vendredi à la Bourse de Taipei.

Ce repli reflète des prises de bénéfices, mais aussi l'inquiétude des investisseurs quant à la forte dépendance du groupe vis-à-vis d'un petit nombre de clients géants spécialisés dans l'IA.

"Les investisseurs sont amenés à se demander si une part trop importante des résultats de l'entreprise ne repose pas sur la capacité d'un groupe restreint d'+hyperscalers+ et de concepteurs de puces IA à maintenir leurs dépenses au rythme actuel", note Charu Chanana, de Saxo Markets. "Ce marché est difficile à impressionner".

 


« Data Center Resource 360 » : Veolia face à l’empreinte écologique du numérique

Lancement de « Data Center Resource 360 » à Londres, un événement organisé par Veolia réunissant dirigeants et experts autour des enjeux liés à la transition écologique des infrastructures numériques. (Photo: fournie)
Lancement de « Data Center Resource 360 » à Londres, un événement organisé par Veolia réunissant dirigeants et experts autour des enjeux liés à la transition écologique des infrastructures numériques. (Photo: fournie)
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  • Veolia lance « Data Center Resource 360 », une offre globale visant à rendre les data centers plus durables, circulaires et résilients dans un contexte de forte croissance du secteur
  • Cette solution permet jusqu’à 20 % de réutilisation d’énergie, une réduction de 75 % de l’empreinte hydrique et 95 % de recyclage et de réutilisation des déchets, tout en renforçant l’intégration locale et la sécurité environnementale

LONDRES: À Londres, Veolia a franchi une nouvelle étape dans sa stratégie environnementale en dévoilant « Data Center Resource 360 », une offre globale destinée à répondre à un défi croissant : concilier l’essor fulgurant des infrastructures numériques avec les impératifs écologiques et sociétaux.

Dans un monde où l’accès à l’information est devenu essentiel, la donnée s’impose désormais comme une ressource stratégique. Cette transformation s’accompagne toutefois d’un coût invisible mais considérable : les data centers, piliers de l’économie numérique, nécessitent des volumes toujours plus importants d’eau, d’énergie et d’infrastructures. Leur développement rapide — estimé à une croissance annuelle de plus de 11 % — accentue les tensions sur les ressources, notamment dans les zones urbaines où ils sont implantés.

Face à cette réalité, Veolia propose une approche holistique et intégrée. L’offre « Data Center Resource 360 » vise à transformer ces infrastructures en modèles de durabilité. Elle repose sur une gestion complète du cycle des ressources, permettant jusqu’à 75 % de réduction de l’empreinte hydrique, 95 % de recyclage et de valorisation des déchets, ainsi que 20 % de réutilisation de l’énergie.

Déjà déployée sur plus de 100 sites à travers le monde, notamment auprès des principaux opérateurs du secteur, cette offre s’appuie sur l’expertise combinée du groupe dans la gestion de l’eau, des déchets et de l’énergie.

« Il s’agit d’un marché stratégique, à la croisée des révolutions numérique et écologique », a déclaré Estelle Brachlianoff, directrice générale de Veolia, lors de l’événement de lancement. « À mesure que la pression sur les ressources s’intensifie, transformer les data centers en acteurs utiles aux territoires devient une nécessité », a-t-elle ajouté.

Estelle Brachlianoff a insisté sur l’ADN d’innovation du groupe, hérité de plus de 170 ans d’histoire. « Aujourd’hui, la donnée est la prochaine génération de ressources », a-t-elle affirmé. « Nous sommes le laboratoire d’innovation des services essentiels. » Une vision qui s’inscrit dans une logique d’anticipation : pour Veolia, innover consiste avant tout à sécuriser ce dont les sociétés ne peuvent se passer — l’eau, l’énergie, la santé. 

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Estelle Brachlianoff, directrice générale de Veolia, lors du lancement de « Data Center Resource 360 » à Londres. (Photo: fournie)

Cette ambition prend une dimension particulière dans un contexte marqué par l’essor de l’intelligence artificielle. Les industries de l’IA, fortement consommatrices de ressources, renforcent la pression sur l’eau, l’énergie et le foncier. Dans certaines régions du monde, comme le Moyen-Orient, où jusqu’à 85 % de l’eau provient du dessalement, ces enjeux prennent une dimension géopolitique. L’eau, à l’instar du pétrole, devient un levier stratégique pour la stabilité et le développement.

Veolia entend répondre à ces défis en s’appuyant sur ses technologies propriétaires et sa capacité à intervenir à toutes les échelles — des États aux collectivités locales. L’offre présentée à Londres s’appuie notamment sur des outils digitaux avancés, capables d’optimiser en temps réel les performances des installations, d’anticiper les risques et de maximiser l’efficacité opérationnelle.

La stratégie repose également sur un modèle décentralisé, permettant d’adapter les solutions aux spécificités locales tout en bénéficiant d’une expertise globale. « Notre échelle mondiale est un avantage compétitif qui nourrit la croissance locale », a souligné Estelle Brachlianoff. Cette capacité à “penser global, agir local” permet au groupe de proposer des solutions sur mesure, en lien direct avec les besoins des territoires.

Lors de l’événement, une table ronde consacrée à l’innovation dans les industries de l’IA a également mis en lumière le rôle clé des infrastructures dans la transformation numérique. Les data centers ne sont plus de simples installations techniques : ils deviennent des nœuds stratégiques, au croisement des enjeux industriels, environnementaux et sociétaux.

De son côté, Emmanuelle Menning, directrice générale adjointe en charge des finances, a insisté sur la nécessité de concilier innovation et déploiement à grande échelle. « L’innovation n’a de valeur que si elle peut être mise en œuvre efficacement et à coût maîtrisé », a-t-elle déclaré. Elle a rappelé que Veolia dessert aujourd’hui plus de 110 millions de personnes en eau, illustrant la capacité du groupe à opérer des solutions complexes à grande échelle. 

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Emmanuelle Menning, directrice générale adjointe en charge des finances de Veolia, lors du lancement de « Data Center Resource 360 » à Londres. (Photo : fournie)

Elle a également mis en avant le rôle croissant de l’intelligence artificielle dans les opérations du groupe, qu’il s’agisse de détecter les fuites, d’optimiser la consommation énergétique ou encore d’améliorer la maintenance prédictive. « L’IA et l’innovation de design permettent de générer des gains opérationnels significatifs pour nos clients, nos partenaires et nos équipes », a-t-elle ajouté.

Au-delà de la performance environnementale, l’enjeu est aussi économique. Dans un marché estimé à plusieurs milliards de dollars, les solutions intégrées pour data centers connaissent une croissance rapide. Veolia entend s’y positionner comme un acteur de référence, en capitalisant sur son expertise dans la gestion de l’eau, des déchets et de l’énergie.

Avec « Data Center Resource 360 », le groupe ne se contente pas de répondre à une problématique technique : il propose une nouvelle vision des infrastructures numériques. Des infrastructures capables non seulement de réduire leur empreinte, mais aussi de créer de la valeur pour les territoires, notamment grâce à la récupération de chaleur ou à une meilleure intégration dans les réseaux locaux.

À l’heure où la transition écologique s’impose comme une priorité mondiale, Veolia fait le pari que l’innovation, alliée à une approche systémique, peut transformer les contraintes en opportunités — et faire des data centers un levier clé du développement durable.


Hermès pénalisé au premier trimestre par la guerre au Moyen-Orient et les taux de change

L'activité dans les magasins du groupe, en croissance de 7%, "a perdu presque 1,5 point de croissance lié aux événements au Moyen-Orient". (AFP)
L'activité dans les magasins du groupe, en croissance de 7%, "a perdu presque 1,5 point de croissance lié aux événements au Moyen-Orient". (AFP)
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  • L'activité dans les magasins du groupe, en croissance de 7%, "a perdu presque 1,5 point de croissance lié aux événements au Moyen-Orient", a précisé à des journalistes le directeur général finances, Éric du Halgouët
  • "On avait une très belle croissance à deux chiffres en janvier et février, le mois de mars a marqué un coup d'arrêt puisque notre activité s'est trouvée en recul de 40%", "principalement aux Émirats arabes unis"

PARIS: Le groupe français de luxe Hermès a publié mercredi des ventes en baisse de 1,4% sur un an à 4,1 milliards d'euros au premier trimestre, pénalisées par les taux de change et la guerre au Moyen-Orient.

A taux de change constant, le chiffre d'affaires du sellier-maroquinier progresse de 6%, l’effet défavorable des changes représentant 290 millions d'euros. "Dans un contexte géopolitique sous tension, la maison Hermès garde son cap", déclare le gérant du groupe Axel Dumas, cité dans le communiqué.

L'activité dans les magasins du groupe, en croissance de 7%, "a perdu presque 1,5 point de croissance lié aux événements au Moyen-Orient", a précisé à des journalistes le directeur général finances, Éric du Halgouët.

"On avait une très belle croissance à deux chiffres en janvier et février, le mois de mars a marqué un coup d'arrêt puisque notre activité s'est trouvée en recul de 40%", "principalement aux Émirats arabes unis", a-t-il détaillé, précisant que le groupe opère dans six magasins dans cette zone qui représentent "4% des ventes du groupe".

Les ventes aux Royaume-Uni, en Italie et en Suisse ont également souffert de cette guerre car Hermès y a un "proportion significative de clientèle du Moyen-Orient", selon le directeur finances.

Les ventes en France, en baisse de 2,8% à 347 millions d'euros sont pénalisées par "le ralentissement des flux touristiques, notamment en mars", selon le communiqué.

Pour les autres régions, les ventes en Amérique, Japon et Europe hors France "réalisent de belles progressions", "malgré le ralentissement des flux touristiques en lien avec les événements survenus au Moyen- Orient".

La zone Amérique "réalise un premier trimestre exceptionnel, avec une croissance équilibrée dans tous les métiers, tant aux États-Unis, qu'au Canada ou en Amérique du Sud", avec un chiffre d'affaires en hausse de 6,4% à 739 millions d'euros.

Le chiffre d'affaires au Japon en baisse de 3,9% (mais en hausse de 9,6% à taux de change constant) atteint 404 millions d'euros grâce à la clientèle locale.

En Europe hors France, le chiffre d'affaires est en hausse de 7,6% à 538 millions d'euros, soutenu par la demande locale également.

Le chiffre d'affaires en Asie hors Japon baisse de 4,6% (mais augmente de 2,2% hors effet de change) à 1,88 milliard d'euros avec une Grande Chine (qui inclut Hong Kong, Taïwan, Macao et la Chine) qui "poursuit une légère croissance".