Palmyre, l'ancienne ville détruite par Daech, renaît virtuellement

Section ouest de la rue des Colonnades, Louis Vignes, 1864. Tirage albuminé. 8,8 x 11,4 pouces (22,5 x 29 cm). (Getty Research Institute, 2015.R.15)
Section ouest de la rue des Colonnades, Louis Vignes, 1864. Tirage albuminé. 8,8 x 11,4 pouces (22,5 x 29 cm). (Getty Research Institute, 2015.R.15)
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Publié le Vendredi 14 mai 2021

Palmyre, l'ancienne ville détruite par Daech, renaît virtuellement

  • En plus du temple de Bel et du Tetrapylon, du temple de Baal Shamin, de l'arc de triomphe, et des colonnes de la Vallée des Tombeaux, plusieurs tombes caractéristiques de la tour ont été partiellement ou complètement détruites
  • L'exposition qui doit durer trois ans comprend de nouveaux éléments, vus d'un prisme non occidental

DUBAÏ: Le 18 août 2015, Khaled Al-As’ad, ancien directeur des antiquités et des musées de Palmyre en Syrie, a été assassiné par Daech pour avoir tenté de protéger le patrimoine culturel de la ville antique. Âgé de 83 ans, il avait consacré sa vie à la préservation de l’un des sites archéologiques les plus importants au monde.

Décapité publiquement pour avoir refusé de révéler l'emplacement des vestiges qu'il avait aidé à cacher, son exécution a choqué et horrifié le monde. Après la mort de Khaled al-As'ad, Daech a entrepris de détruire de nombreux monuments des ruines de Palmyre, dont le temple de Bel et le Tetrapylon. Des dommages irréparables ont été causés à un chef-d'œuvre du génie humain et à l'un des centres culturels les plus importants du monde antique.

«Pour mon père, Palmyre était le centre du monde et la porte d’entrée de la civilisation syrienne», confie Waleed Khaled al-As’ad, fils de l’archéologue et directeur émérite des antiquités et des musées de Palmyre. «Il croyait fermement à l’importance de préserver son héritage. Il a fait de son mieux pour elle, et a travaillé pendant plus de cinquante ans dans les fouilles ainsi que dans la restauration de ses monuments, car il a toujours estimé qu'un être humain sans passé est un être humain sans présent ni avenir.»

Waleed Khaled al-As’ad est le fils de l’archéologue, et directeur émérite des antiquités et des musées de Palmyre. (Photo Fournie)
Waleed Khaled al-As’ad est le fils de l’archéologue, et directeur émérite des antiquités et des musées de Palmyre. (Photo Fournie)

Les dommages de Palmyre, située à environ 218 kilomètres au nord-est de Damas, sont considérables. En plus du temple de Bel et du Tetrapylon, du temple de Baal Shamin, de l'arc de triomphe, et des colonnes de la Vallée des Tombeaux, plusieurs tombes caractéristiques de la tour ont été partiellement ou complètement détruites, bien qu'une grande partie du site antique conserve encore son intégrité et son authenticité, selon l'UNESCO.

«Mon père disait: « Palmyre est ma destinée. Je veux rester ici, vivre parmi ces ruines où je suis né et où je mourrai. Mon amour et mon attachement pour cette ville sont sans pareils. J'ai visité plusieurs villes de l'Est et de l'Ouest, et si je devais choisir ma préférée, ce serait Palmyre. J'ai vécu sur sa terre et bu de son eau, et quels que soient les efforts et la contribution que j'y apporte, ils ne seront jamais suffisants, car elle mérite ce qu'il y a de mieux».

Vue imaginaire du Tetrapylon avec l’agora en arrière-plan, artiste anonyme d'après Louis-François Cassas, ca. 1799. Gravure sur plaque. 17,3 x 27,9 pouces (44 x 71 cm). (Getty Research Institute, 84001)
Vue imaginaire du Tetrapylon avec l’agora en arrière-plan, artiste anonyme d'après Louis-François Cassas, ca. 1799. Gravure sur plaque. 17,3 x 27,9 pouces (44 x 71 cm). (Getty Research Institute, 84001)

«Il a choisi de mourir comme un palmier, debout et profondément enraciné dans la terre où il est né, a vécu, a été tué et crucifié pour la sauvegarder. Ce chevalier savait qu'il écrirait le dernier chapitre de sa vie s'il insistait pour rester, mais il avait décidé de ne pas quitter le champ de bataille. Il pensait que s'il partait, personne d'autre n’y resterait».

Un long entretien entre Al-As'ad et l'historien spécialiste de l'art et de l'archéologie Ridha Moumni est au cœur de la première exposition arabe virtuelle de Getty, «Return to Palmyra», (Retour à Palmyre) qui a été lancée le 3 février et comprend de rares gravures du XVIIIe siècle de Louis-François Cassas. Nouvelle présentation de «The Legacy of Ancient Palmyra» (L’Héritage de l’Ancienne Palmyre) de Getty, qui a été lancée en 2017, l'exposition comprend une technologie mise à jour, de nouveaux textes, une traduction arabe classique et des photographies du XIXe siècle de Louis Vignes.

Frances Terpak est commissaire et responsable des photographies au Getty Research Institute et commissaire de l’exposition. (Photo Fournie)
Frances Terpak est commissaire et responsable des photographies au Getty Research Institute et commissaire de l’exposition. (Photo Fournie)

«L’exposition vise à sensibiliser davantage à l’importance de la ville dans le monde antique et à sa longue histoire en tant que centre commercial multiculturel animé», précise Frances Terpak, conservatrice et responsable des photographies au Getty Research Institute et commissaire de l’exposition. «En rappelant au public pourquoi Palmyre est importante, l’exposition partage également un message d’espoir qu’un jour la ville sera reconstruite - marquant ainsi un «retour» à Palmyre.»

L'exposition qui doit durr trois ans comprend de nouveaux éléments, vus d'un prisme non occidental, ainsi que l’histoire des lieux détaillée écrite par Joan Aruz, conservatrice émérite de l'Ancient Near Eastern Art (Art Antique du Proche-Orient) au Metropolitan Museum of Art.

Ce sont les souvenirs d'Al-As'ad cependant qui résonneront sans doute le plus, en particulier l’expérience de grandir parmi les ruines guidé par son père, ses visites au musée quand il était enfant, ainsi que son propre parcours vers l'administration du site antique.

Temple de Bel, Louis Vignes, 1864. Tirage albuminé. 8,8 x 11,4 pouces (22,5 x 29 cm). (Getty Research Institute, 2015.R.15)
Temple de Bel, Louis Vignes, 1864. Tirage albuminé. 8,8 x 11,4 pouces (22,5 x 29 cm). (Getty Research Institute, 2015.R.15)

«La plupart du temps, mon père m'emmenait avec lui – lorsque j’étais enfant ou adolescent - pour des missions de fouilles et de restauration, à Palmyre et ailleurs», se souvient Al-As’ad. «Il m'a aussi permis de passer du temps avec lui et d'autres archéologues syriens et étrangers pendant les nuits de clair de lune, à la maison d'hôtes du Temple de Bel, qui est un lieu majestueux et sacré. Ce sont certainement des souvenirs inoubliables».

Al-As’ad se souvient d’un homme aimable, généreux et compétent avec des opinions religieuses modérées. Son père était modeste, respecté et accueillant, et avait consacré sa vie à Palmyre et à la préservation du patrimoine humain. Il a encouragé son fils à apprendre et à lire, à suivre l'actualité des différentes missions et découvertes, et à étudier le génie «parce que Palmyre a davantage besoin d'ingénieurs que d'archéologues.» Al-As’ad a succédé à son père en 2003 en tant que directeur des antiquités et des musées, restant à Palmyre jusqu'à ce que la ville tombe aux mains de Daech en 2015.

«Mon père a choisi d’être comme les sculptures de Palmyre - un homme qui regarde vers l’avenir, même au moment de la mort», explique Al-As’ad, qui a réussi à s’échapper de la ville juste avant qu’elle ne soit envahie. «Il a été fidèle à ses principes jusqu'au dernier moment de sa vie. Oui, il est parti, mais ce qui nous réconforte, c'est que la barbarie de Daech a fait de lui la figure la plus populaire de l'histoire de Palmyre après Zénobie et Athéna.

Temple de Bel, Louis Vignes, 1864. Tirage albuminé. 8,8 x 11,4 pouces (22,5 x 29 cm). (Getty Research Institute, 2015.R.15)
Temple de Bel, Louis Vignes, 1864. Tirage albuminé. 8,8 x 11,4 pouces (22,5 x 29 cm). (Getty Research Institute, 2015.R.15)

Al-As’ad n’est pas encore revenu Palmyre. Quand il le fera enfin, lui et sa famille récupéreront le corps de son père et «l'enterreront dans une tombe spéciale digne de son grand sacrifice». Ils tenterons alors de fonder un musée dans la maison où il a vécu, et contribuer ainsi à la reconstruction de la ville. «De cette manière, nous pourrions suivre ses traces et continuer à préserver la ville qu’il a défendue jusqu’à son dernier souffle», affirme Al-As’ad.

L’un des objectifs de l’exposition Getty, qui comprend des photographies en couleurs et plusieurs tirages en noir et blanc de l’art conceptuel de la photographe allemande Ursula Schulz-Dornburg, est de mettre en lumière l’état fragile du site et d’attirer sur lui l’attention du monde.

«Je suis envahi par un désir constant de retourner à Palmyre, même si j’ai peur d’y revenir et de voir de mes propres yeux la barbarie sans précédent et sans raison qui s’est abattue sur elle», confie Al-As’ad. «Mais je dois y retourner pour achever le périple de mon défunt père et accomplir mon devoir envers la ville en l'honneur de sa mémoire. De même qu’à cause de ma conviction de la nécessité de faire revivre ce site du patrimoine mondial.»

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur arabnews.com

 


L’Institut du monde arabe rend hommage à Leila Shahid

Engagée en politique dès ses 18 ans, cette proche de Yasser Arafat, qui parlait couramment anglais et français, a été la première femme à représenter l'Organisation de libération de la Palestine (OLP) à l'étranger, à partir de 1989 en Irlande, puis aux Pays-Bas et au Danemark. (AFP)
Engagée en politique dès ses 18 ans, cette proche de Yasser Arafat, qui parlait couramment anglais et français, a été la première femme à représenter l'Organisation de libération de la Palestine (OLP) à l'étranger, à partir de 1989 en Irlande, puis aux Pays-Bas et au Danemark. (AFP)
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  • Le président palestinien Mahmoud Abbas a déclaré dans un communiqué que Leïla Shahid "avait incarné le modèle d'une diplomatie engagée envers les valeurs de liberté, de justice et de paix"
  • "Elle est la Palestine incarnée dans le monde francophone", a résumé de son côté le représentant adjoint de la Palestine à l'ONU Majed Bamya, évoquant sur X une personnalité "si universelle et si palestinienne"

PARIS: Mardi 31 mars 2026, l’Institut du monde arabe rendra hommage à Leila Shahid pour une soirée exceptionnelle. Proches, amis et compagnons de route évoqueront son parcours et son engagement, avec notamment les interventions d’Elias Sanbar, Karim Kattan et de nombreux invités. Un moment de mémoire et de dialogue pour saluer une grande voix de la Palestine.

Engagée en politique dès ses 18 ans, cette proche de Yasser Arafat, qui parlait couramment anglais et français, a été la première femme à représenter l'Organisation de libération de la Palestine (OLP) à l'étranger, à partir de 1989 en Irlande, puis aux Pays-Bas et au Danemark.

Elle a ensuite été déléguée générale de l'Autorité palestinienne en France de 1994 à 2005, avant d'occuper les mêmes fonctions à Bruxelles auprès de l'UE durant la décennie suivante.

Le président palestinien Mahmoud Abbas a déclaré dans un communiqué que Leïla Shahid "avait incarné le modèle d'une diplomatie engagée envers les valeurs de liberté, de justice et de paix".

"Elle est la Palestine incarnée dans le monde francophone", a résumé de son côté le représentant adjoint de la Palestine à l'ONU Majed Bamya, évoquant sur X une personnalité "si universelle et si palestinienne".

"Combattante infatigable" 

L'ancien Premier ministre français et ministre des Affaires étrangères Dominique de Villepin a salué, toujours sur X, "une ardente amoureuse de la culture, de la poésie et des arts", qui "fut de celles et ceux qui, dès les premières heures, crurent obstinément à la possibilité d'une paix juste et durable au Proche-Orient".

De nombreuses réactions en France sont venues de la gauche, à l'instar de l'ancienne ministre socialiste Martine Aubry, qui a évoqué une "inlassable militante pour la reconnaissance d'un État palestinien et pour la paix avec Israël".

"Leïla Shahid aura été de ces diplomates exemplaires qui marquent une génération", a pour sa part réagi dans un communiqué l'Institut du Monde Arabe (IMA): "Combattante infatigable, héroïne des temps modernes, elle portait la Palestine en elle avec force et dignité".

"Le désastre des souffrances du peuple palestinien à Gaza l'a hantée jusqu’à sa fin tragique", ajoute l’institution parisienne.

Face à la guerre dans la bande de Gaza, déclenchée par l'attaque du Hamas du 7 octobre 2023, Leïla Shahid n'avait eu de cesse d'appeler la communauté internationale à agir pour un cessez-le feu.

Mais dans un entretien à France-Inter deux jours après le 7-Octobre, elle se disait "pessimiste" quant à l'avenir de la Palestine, et mettait en garde contre une annexion par Israël de "ce qu'il reste comme territoires palestiniens".


La femme au cœur de la transformation saoudienne selon Doha Brahim

L’épouse de l’ambassadeur Fatima Al Ruwaily accueillant ses invités.
L’épouse de l’ambassadeur Fatima Al Ruwaily accueillant ses invités.
L’épouse de l’ambassadeur Fatima Al Ruwaily accueillant ses invités.
L’épouse de l’ambassadeur Fatima Al Ruwaily accueillant ses invités.
L’épouse de l’ambassadeur Fatima Al Ruwaily accueillant ses invités.
L’épouse de l’ambassadeur Fatima Al Ruwaily accueillant ses invités.
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  • Décorés sobrement, mais avec beaucoup d’élégance, les salons de la résidence de l’Arabie saoudite ont été, l’espace d’une soirée, un lieu de retrouvailles et de convivialité
  • Après une brève allocution de bienvenue, Al Ruwaily a donné la parole à la docteure Doha Brahim, spécialiste en administration des affaires et membre de la Commission des droits de l’homme en Arabie saoudite depuis 2020

PARIS: Délicatesse et chaleur humaine étaient au rendez-vous lors de l’iftar organisé par l’épouse de l’ambassadeur saoudien à Paris, Fatima Al Ruyaily, qui a réuni plusieurs dizaines de personnalités féminines connues de la place parisienne.

Décorés sobrement, mais avec beaucoup d’élégance, les salons de la résidence de l’Arabie saoudite ont été, l’espace d’une soirée, un lieu de retrouvailles et de convivialité.

Après une brève allocution de bienvenue, Al Ruwaily a donné la parole à la docteure Doha Brahim, spécialiste en administration des affaires et membre de la Commission des droits de l’homme en Arabie saoudite depuis 2020.

De passage à Paris pour quelques heures seulement, la docteure Brahim a livré un témoignage éclairant sur l’évolution de la place des femmes dans le Royaume.

Vision 2030 et promotion du rôle des femmes

Arrivée le matin même de Riyad, elle devait repartir dès le lendemain, mais son intervention a permis de mesurer l’ampleur des transformations engagées ces dernières années.

Au cœur de son propos : la Vision 2030, vaste programme de réformes lancé par le Royaume pour diversifier son économie et transformer en profondeur la société saoudienne.

« Nous vivons un moment historique dans l’histoire de notre pays », a-t-elle déclaré, ajoutant que cette vision stratégique constitue bien plus qu’un projet économique : elle dessine une transformation globale fondée sur l’innovation, le progrès social et l’ouverture culturelle.

Portée par le roi Salman ben Abdelaziz et mise en œuvre par le prince héritier Mohammed ben Salmane, la Vision 2030 place le développement humain au cœur de ses priorités. « Les citoyens sont à la fois le moteur, le sujet et les bénéficiaires de cette vision », a insisté Doha Brahim.

Dans ce cadre, la promotion des femmes occupe une place centrale. Loin d’être perçue comme un simple symbole ou un privilège, l’autonomisation féminine est présentée comme un droit fondamental et un levier indispensable du développement.

« Un développement global ne peut être atteint que par la participation de tous », a-t-elle affirmé, soulignant que les réformes engagées dépassent le cadre économique pour s’inscrire dans une véritable transformation culturelle et sociale.

Cette évolution s’inscrit également dans les engagements internationaux du Royaume, notamment dans le cadre des Objectifs de développement durable des Nations unies, parmi lesquels figure l’égalité entre les sexes.

Au cours des dernières années, l’Arabie saoudite a multiplié les initiatives destinées à mesurer et encourager la participation des femmes dans la société, parmi lesquelles la création d’outils statistiques et d’institutions dédiées, comme l’Observatoire national des femmes, chargé de suivre leur participation dans les différents secteurs de la vie publique et économique.

Ces efforts commencent à produire des résultats tangibles, souligne Brahim. La participation des femmes au marché du travail a connu une progression spectaculaire, passant d’environ 17 % à plus de 36 %, dépassant même les objectifs initialement fixés dans le cadre de la Vision 2030.

Aujourd’hui, les femmes saoudiennes occupent des postes dans des domaines autrefois largement masculins. Elles participent à la vie politique à travers leur présence dans les instances consultatives, exercent des responsabilités diplomatiques et contribuent activement au développement économique.

La femme saoudienne est également présente dans les secteurs d’avenir, notamment la technologie, l’innovation et l’entrepreneuriat, et cette présence ne cesse de croître.

De nombreuses femmes créent désormais leurs propres entreprises, contribuant à dynamiser l’économie nationale et à renforcer le tissu entrepreneurial du pays.

L’éducation constitue l’un des moteurs les plus puissants de cette transformation, puisque les femmes représentent aujourd’hui plus de la moitié des étudiants dans les universités du Royaume, notamment dans les disciplines scientifiques.

Certaines participent désormais à des projets scientifiques internationaux majeurs, affirme Brahim, qui signale au passage la participation d’une astronaute saoudienne à une mission vers la Station spatiale internationale.

La transformation touche également des domaines inattendus : les femmes s’illustrent dans les arts, la littérature et la culture, devenant des ambassadrices de l’identité saoudienne sur la scène internationale.

Mais c’est peut-être dans les secteurs de la sécurité et de la justice que le changement apparaît le plus marquant, car les femmes sont désormais présentes dans les forces armées, la garde nationale ou encore l’armée de l’air.

Parallèlement, le système judiciaire s’est ouvert à leur participation, avec un nombre croissant d’avocates et de juristes. Sur la scène diplomatique, plusieurs femmes ont été nommées ambassadrices, représentant le Royaume dans des capitales importantes et au sein d’organisations internationales, y compris auprès de l’Union européenne.

Le sport féminin constitue un autre symbole de cette évolution rapide. En quelques années seulement, l’Arabie saoudite est passée d’une absence quasi totale de pratique sportive féminine à la création de ligues professionnelles et à la participation de sportives saoudiennes à des compétitions internationales.

Pour Doha Brahim, ces évolutions traduisent une transformation profonde de la société saoudienne. « Le parcours d’autonomisation des femmes n’est pas un projet temporaire », a-t-elle souligné. Il s’inscrit dans une dynamique de long terme visant à construire une société plus inclusive et durable.

« Nous ne construisons pas seulement une économie », a-t-elle conclu, « nous construisons aussi une société fondée sur la justice, le partenariat et l’égalité des opportunités ».

L’iftar, qui s’est prolongé par un échange entre les convives sur le potentiel des femmes et le rôle central qui leur revient dans le développement social, a constitué une parenthèse de détente et d’espoir au milieu des turbulences que traverse le monde.


Mode féminine: des fleurs pour le défilé Dior, des smokings chez Saint Laurent

Christian Dior – défilé de la collection prêt-à-porter femme automne/hiver 2026-2027, dans le cadre de la Fashion Week féminine de Paris, à Paris, le 3 mars 2026. (AFP)
Christian Dior – défilé de la collection prêt-à-porter femme automne/hiver 2026-2027, dans le cadre de la Fashion Week féminine de Paris, à Paris, le 3 mars 2026. (AFP)
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  • À la Fashion Week de Paris, Jonathan Anderson pour Dior a présenté une collection féminine automne-hiver 2026 très florale, inspirée par la nature et réinterprétant l’héritage de la maison
  • Anthony Vaccarello a célébré ses dix ans à Saint Laurent avec des smokings féminins structurés, dentelles sombres et silhouettes épurées, affirmant une vision moderne et libératrice de la femme

PARIS: La semaine de la mode parisienne est entrée dans le vif du sujet mardi avec un deuxième défilé féminin de Jonathan Anderson pour Dior, très floral, et des smokings pour femmes et dentelles sombres par Anthony Vaccarello pour Saint Laurent.

Sous un soleil radieux, le défilé Dior s'est tenu dans le jardin des Tuileries, où le bassin de l'Octogone, aux eaux fleuries de nénuphars, était entouré d'une passerelle vitrée et couverte dans le vert caractéristique des chaises du lieu, dont la version miniature a servi d'invitation.

L'actrice française Isabelle Adjani, le réalisateur espagnol Pedro Almodovar ou le chanteur et producteur américain Pharrell Williams étaient notamment présents sous la verrière.

Malgré un contexte international tendu, il n'y aura "pas d'annulation, pas de modification", avait assuré lundi à l'AFP Pascal Morand, président exécutif de la Fédération de la haute couture et de la mode (FHCM), deux jours après le lancement d'une attaque israélo-américaine sans précédent contre l'Iran.

Les organisateurs de cette semaine de la mode féminine dédiée à l'automne-hiver 2026 restent toutefois "très attentifs à la situation, en lien avec la préfecture", avait-il ajouté.

- "Styliste jardinier" -

Chez Dior, "la +grammaire+ de la Maison est vraiment installée, avec un prêt-à-porter ayant presque des accents +Couture+ et une narration extrêmement cohérente", a souligné après le show Pierre Groppo, rédacteur en chef mode et lifestyle de Vanity Fair France.

Emblématique de la maison, "le tailleur Bar est là mais retravaillé", avec basques à effet boule et jupes - très courtes - à godet, et les mannequins, des "princesses un peu primesautières", a-t-il détaillé à l'AFP, qualifiant le show de "post-romantique".

"C'est frais parce que très végétal", lié à l'amour de Christian Dior pour la nature, a-t-il affirmé, citant des "détails lotus ou floraux" dessinés par un styliste "qui serait devenu jardinier", avant de lancer: "c'est une collection qui a de la sève".

Pour Jeanne Le Bault, rédactrice en chef mode du magazine Marie Claire, Jonathan Anderson "a conservé l'esprit Dior mais l'a réinterprété à la lumière des sensibilités contemporaines, entre classicisme élégant et détails novateurs dans la coupe et les superpositions".

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Christian Dior – défilé de la collection prêt-à-porter femme automne/hiver 2026-2027, dans le cadre de la Fashion Week féminine de Paris, à Paris, le 3 mars 2026. (AFP)

En résumé, c'est "une collection qui célèbre l'héritage Dior tout en le rendant plus frais, fluide et inspiré par la nature", selon elle.

Souvent présenté comme l'un des enfants prodiges de la mode, Jonathan Anderson, ancien directeur artistique de Loewe, est devenu en juin 2025 le premier styliste depuis Christian Dior à superviser les trois lignes de la maison phare de LVMH.

- Dix ans -

Autre moment fort de la journée, le défilé Saint Laurent par Anthony Vaccarello, son directeur artistique depuis 2016, s'est tenu dans le cadre magique des jardins du Trocadero avec la Tour Eiffel en toile de fond, devant l'actrice française Charlotte Gainsbourg et la chanteuse de K-pop Rosé.

Pour célébrer ses dix ans à la tête de la maison française, le créateur belge de 44 ans, à la vision novatrice et pointue, a signé un "manifesto" reprenant en 49 looks l'essentiel de sa vision de la mode, où s'impose la dentelle, dans une palette de couleurs réduite.

"Depuis ses débuts, une simplicité de silhouette - comme tracée de quelques coups de crayon - définit l'idéal Saint Laurent", écrit le styliste dans sa note d'intention, pour qui des "pièces épurées, dénuées de détails superflus" composent un "ethos fondateur".

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Saint Laurent – défilé de la collection prêt-à-porter femme automne/hiver 2026-2027, dans le cadre de la Fashion Week féminine de Paris, à Paris, le 3 mars 2026. (AFP)

Vestes de smoking très structurées pour un "sentiment libérateur d'aisance et de liberté", chignons serrés, escarpins ultra-pointus, et des mannequins - dont Bella Hadid - aux moues boudeuses mais décidées: la femme Vaccarello s'affirme.

La Fashion Week se poursuit mercredi, avec notamment les défilés de Courrèges, Balmain - pour lequel officiera pour la première fois Antonin Tron, qui a remplacé l'emblématique Olivier Rousteing -, Dries van Noten, Stella McCartney et Tom Ford.

En soirée, les fashionistas assisteront au dernier défilé du créateur belge Pieter Mulier pour Alaïa, avant son départ pour Versace, annoncé début février.