Accord entre le gouvernement éthiopien et l'ONU sur l'accès humanitaire au Tigré

Depuis trois mois, l'ONU et les ONG déplorent les restrictions d'accès humanitaire au Tigré, où des combats sont toujours signalés par endroits, malgré l'annonce par le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed de la fin des hostilités avec la prise par l'armée fédérale de Mekele le 28 novembre.(AFP)
Depuis trois mois, l'ONU et les ONG déplorent les restrictions d'accès humanitaire au Tigré, où des combats sont toujours signalés par endroits, malgré l'annonce par le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed de la fin des hostilités avec la prise par l'armée fédérale de Mekele le 28 novembre.(AFP)
Short Url
Publié le Dimanche 07 février 2021

Accord entre le gouvernement éthiopien et l'ONU sur l'accès humanitaire au Tigré

  • Cette annonce intervient alors que le Conseil de sécurité de l'ONU a indiqué mercredi lors d'une réunion à huis clos espérer davantage d'accès humanitaire à la région
  • Le PAM a affirmé dans un communiqué avoir accepté, à la demande des autorités éthiopiennes, de fournir une aide alimentaire d'urgence à un million de personnes au Tigré

ADDIS ABEBA : Un accord a été conclu entre le gouvernement éthiopien et le Programme alimentaire mondial (PAM) pour accroître l'accès humanitaire à la région du Tigré, dans le nord du pays, a annoncé le directeur du PAM, David Beasley, samedi soir sur Twitter.

Cette annonce intervient alors que le Conseil de sécurité de l'ONU a indiqué mercredi lors d'une réunion à huis clos espérer davantage d'accès humanitaire à la région, où le gouvernement fédéral mène depuis novembre une opération militaire contre les autorités dissidentes.

Le gouvernement éthiopien et le PAM, une agence de l'ONU, «sont convenus de mesures concrètes pour étendre l'accès humanitaire à travers le Tigré et le PAM va augmenter ses opérations», a précisé M. Beasley sur Twitter après une visite dans la capitale régionale, Mekele, estimant que «trois millions de personnes ont besoin d'aide maintenant».

Le PAM a affirmé dans un communiqué avoir accepté, à la demande des autorités éthiopiennes, de fournir une aide alimentaire d'urgence à un million de personnes au Tigré.

Le ministre éthiopien de la Paix Muferihat Kamil a pour sa part indiqué dans un communiqué que le gouvernement était en train «d'approuver en urgence les demandes de mouvement de personnel international vers et à l'intérieur du Tigré».

Depuis trois mois, l'ONU et les ONG déplorent les restrictions d'accès humanitaire au Tigré, où des combats sont toujours signalés par endroits, malgré l'annonce par le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed de la fin des hostilités avec la prise par l'armée fédérale de Mekele le 28 novembre.

Le gouvernement a minimisé les risques de famine et affirme avoir fourni une aide alimentaire d'urgence à 1,8 million de personnes.

Les nouvelles dispositions s'inscrivent dans le cadre d'un «accord existant» entre le gouvernement et l'ONU sur l'aide humanitaire, selon le communiqué du PAM. Cet accord restreignait notamment l'accès de l'ONU aux zones sous contrôle gouvernemental.

Mais un haut responsable de l'ONU a déclaré à l'AFP que les progrès étaient néanmoins «significatifs» et faciliteraient un accès plus poussé à la région du Tigré.

«Il n'est pas bon de se tenir qu'aux itinéraires sûrs, aux routes sécurisées», a déclaré le responsable. «Notre rôle est d'être déterminés à parvenir jusqu'à la dernière personne ayant besoin d'aide, et la présence de milices ne devrait pas nous entraver», a-t-il dit.

Le PAM souligne dans son communiqué que «des escortes armées pour les cargaisons humanitaires et le personnel humanitaire ne seront mises en place qu'en dernier recours».

Le Tigré reste très difficile d'accès aux médias, rendant difficile la vérification des informations sur la situation dans la région.

A la suite d'une visite la semaine dernière, le Haut-Commissaire de l'ONU pour les Réfugiés, Filippo Grandi, a appelé à une amélioration du système de distribution de l'aide, sous peine de détérioration d'une situation déjà «très grave» au Tigré.

 


Witkoff voit des «signaux forts» en faveur d'un accord avec l'Iran

Il existe des "signaux forts" que l'Iran veut passer un accord avec les Etats-Unis pour mettre fin à la guerre, a assuré jeudi l'émissaire américain Steve Witkoff. (AFP)
Il existe des "signaux forts" que l'Iran veut passer un accord avec les Etats-Unis pour mettre fin à la guerre, a assuré jeudi l'émissaire américain Steve Witkoff. (AFP)
Short Url
  • "Nous avons des signaux forts nous disant que cela est possible", a-t-il dit pendant un conseil des ministres à la Maison Blanche
  • Steve Witkoff a par ailleurs confirmé que Washington avait soumis à Téhéran "une liste de 15 points" via le gouvernement pakistanais, qui agit comme médiateur

WASHINGTON: Il existe des "signaux forts" que l'Iran veut passer un accord avec les Etats-Unis pour mettre fin à la guerre, a assuré jeudi l'émissaire américain Steve Witkoff.

"Nous avons des signaux forts nous disant que cela est possible", a-t-il dit pendant un conseil des ministres à la Maison Blanche.

Steve Witkoff a par ailleurs confirmé que Washington avait soumis à Téhéran "une liste de 15 points" via le gouvernement pakistanais, qui agit comme médiateur.

 

 


Les alliés de Washington du G7 poussent à la désescalade

Outre le Moyen-Orient, les ministres du G7 consacreront une session de travail à l'Ukraine envahie par la Russie.  "La résistance ukrainienne se porte bien et que nous allons continuer de la soutenir", a assuré jeudi Jean-Noël Barrot, rappelant que l'Europe constitue le "premier" soutien de l'Ukraine. (AFP)
Outre le Moyen-Orient, les ministres du G7 consacreront une session de travail à l'Ukraine envahie par la Russie. "La résistance ukrainienne se porte bien et que nous allons continuer de la soutenir", a assuré jeudi Jean-Noël Barrot, rappelant que l'Europe constitue le "premier" soutien de l'Ukraine. (AFP)
Short Url
  • L'Allemagne, le Canada, la Grande-Bretagne, la France, l'Italie et le Japon ont clairement signalé jeudi leur souhait de trouver une issue diplomatique à l'offensive militaire américano-israélienne en Iran
  • A son arrivée, la cheffe de la diplomatie européenne Kaja Kallas a suggéré aux Etats-Unis de mettre davantage de pression sur la Russie, estimant que les guerres en Ukraine et au Moyen-Orient étaient "étroitement liées"

ABBAYE-DES-VAUX-DE-CERNAY: Les ministres des Affaires étrangères du Groupe G7 ont entamé jeudi, sans l'Américain Marco Rubio, une réunion près de Paris avec la volonté affichée de pousser Washington à une désescalade au Moyen-Orient sans pour autant oublier l'Ukraine.

Le secrétaire d'Etat américain rejoindra vendredi matin ses homologues à l'Abbaye des Vaux-de-Cernay, près de Rambouillet, à une cinquantaine de kilomètres de Paris.

L'Allemagne, le Canada, la Grande-Bretagne, la France, l'Italie et le Japon ont clairement signalé jeudi leur souhait de trouver une issue diplomatique à l'offensive militaire américano-israélienne en Iran, qui a des répercussions économiques mondiales en raison du quasi blocage du détroit d'Ormuz par Téhéran depuis près d'un mois.

A son arrivée, la cheffe de la diplomatie européenne Kaja Kallas a suggéré aux Etats-Unis de mettre davantage de pression sur la Russie, estimant que les guerres en Ukraine et au Moyen-Orient étaient "étroitement liées".

"Nous constatons que la Russie aide l'Iran sur le plan du renseignement pour cibler des Américains, pour tuer des Américains (au Moyen-Orient), et la Russie fournit également désormais des drones à l'Iran afin que (ce pays) puisse attaquer les pays voisins ainsi que les bases militaires américaines", a-t-elle déclaré à des journalistes.

"Si l'Amérique veut que la guerre au Moyen-Orient cesse, (...) elle doit aussi exercer une pression sur la Russie afin qu'elle ne puisse pas aider (l'Iran) dans ce sens", a-t-elle souligné.

"On a des raisons de penser qu'aujourd'hui la Russie soutient les efforts militaires de l'Iran qui semblent être dirigés notamment sur des cibles américaines", a de son côté déclaré jeudi soir le ministre français Jean-Noël Barrot, lors d'une conférence de presse clôturant la première journée des discussions.

De son côté, la ministre canadienne Anita Anand a appelé le G7 à soutenir "collectivement" une désescalade au Moyen-Orient, dans un entretien à l'AFP.

"Pour le gouvernement allemand, il est très important de savoir précisément ce que nos partenaires américains comptent faire", a pour sa part souligné le ministre allemand Johann Wadephul, alors que la confusion règne sur de potentielles négociations directes entre Washington et Téhéran pour mettre fin à la guerre.

L'Iran aurait répondu à la proposition annoncée par le président américain Donald Trump, et reçue via le médiateur pakistanais, a affirmé jeudi une source citée par l'agence de presse iranienne Tasnim.

Jeudi, l'émissaire américain Steve Witkoff a quant à lui assuré qu'il existait des "signaux forts" montrant que Téhéran veut passer un accord avec les Etats-Unis.

Mercredi, la télévision d'Etat avait pourtant affirmé que l'Iran avait rejeté ce plan tandis que la Maison Blanche menaçait de déchaîner "l'enfer" sur le pays en cas d'échec des négociations.

La France, qui exerce la présidence du G7 cette année, prône elle aussi la voie diplomatique, redoutant d'être entraînée dans le conflit.

Bien que disposant de bases militaires dans les pétromonarchies du Golfe avec lesquels elle est liée par des accords de coopération de sécurité, elle a constamment souligné que sa posture était "purement défensive".

Difficile convergence de vues 

Mais cette position semble de plus en plus difficile à tenir alors que ces Etats sont visés par les frappes iraniennes, en représailles aux tirs provenant de bases américaines implantées au Moyen-Orient.

Au G7, la principale session de travail consacrée à la guerre au Moyen-Orient se tiendra vendredi.

Les chefs de la diplomatie des grands pays émergents (Inde et Brésil) ont été invités, de même que les ministres ukrainien, saoudien et sud-coréen.

L'Italie compte "promouvoir une désescalade" et assurer de "la disponibilité du gouvernement italien à contribuer aux efforts visant à garantir un passage sûr à travers le détroit d'Ormuz", selon une source diplomatique italienne.

Le Royaume-Uni et la France vont réunir cette semaine une trentaine de pays prêts à former une coalition visant à participer à la sécurisation du détroit d'Ormuz.

Outre le Moyen-Orient, les ministres du G7 consacreront une session de travail à l'Ukraine envahie par la Russie.

"La résistance ukrainienne se porte bien et que nous allons continuer de la soutenir", a assuré jeudi Jean-Noël Barrot, rappelant que l'Europe constitue le "premier" soutien de l'Ukraine.

Signe de la difficulté à faire converger les vues, cette réunion s'achèvera vendredi avec la publication d'un communiqué de la présidence française, plutôt qu'un communiqué conjoint, a indiqué une source diplomatique.

La ministérielle Affaires étrangères précèdera un G7 Finances et Energie avec les Banques centrales programmée lundi en visio-conférence.

 


Iran: Trump repousse son ultimatum au 6 avril

Donald Trump a annoncé jeudi repousser jusqu'au 6 avril son ultimatum avant d'éventuelles frappes américaines contre les centrales électriques en Iran, assurant que les discussions avec Téhéran se passaient "très bien." (AFP)
Donald Trump a annoncé jeudi repousser jusqu'au 6 avril son ultimatum avant d'éventuelles frappes américaines contre les centrales électriques en Iran, assurant que les discussions avec Téhéran se passaient "très bien." (AFP)
Short Url
  • "A la demande du gouvernement iranien", le président américain a fait savoir sur son réseau Truth Social, "je suspends pour dix jours la destruction de centrales électriques jusqu'au lundi 6 avril à 20H00, heure de Washington."
  • "Les discussions se poursuivent et, contrairement à ce que disent les médias menteurs (...), elles se passent très bien", a-t-il ajouté.

WASHINGTON: Donald Trump a annoncé jeudi repousser jusqu'au 6 avril son ultimatum avant d'éventuelles frappes américaines contre les centrales électriques en Iran, assurant que les discussions avec Téhéran se passaient "très bien."

"A la demande du gouvernement iranien", le président américain a fait savoir sur son réseau Truth Social, "je suspends pour dix jours la destruction de centrales électriques jusqu'au lundi 6 avril à 20H00, heure de Washington."

"Les discussions se poursuivent et, contrairement à ce que disent les médias menteurs (...), elles se passent très bien", a-t-il ajouté.