Paris, Londres et Berlin estiment que l'Iran "compromet" par ses actions, le retour à la diplomatie

Les Etats-Unis se sont retirés de l'accord nucléaire en 2018. En riposte, Téhéran s'est affranchi progressivement depuis 2019 de la plupart de ses engagements. (Photo d'archive AFP).
Les Etats-Unis se sont retirés de l'accord nucléaire en 2018. En riposte, Téhéran s'est affranchi progressivement depuis 2019 de la plupart de ses engagements. (Photo d'archive AFP).
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Publié le Vendredi 12 février 2021

Paris, Londres et Berlin estiment que l'Iran "compromet" par ses actions, le retour à la diplomatie

  • La France, l'Allemagne et la Grande-Bretagne ont averti vendredi l'Iran qu'il "compromettait" tout retour à des négociations pour sauver l'accord encadrant son programme nucléaire avec ses violations répétées de ce texte
  • L'Agence internationale de l'énergie atomique a annoncé mercredi avoir "procédé le 8 février à la vérification de 3,6 grammes d'uranium métal dans l'usine d'Ispahan" dans le centre du pays

PARIS: La France, l'Allemagne et la Grande-Bretagne ont averti vendredi l'Iran qu'il "compromettait" tout retour à des négociations pour sauver l'accord encadrant son programme nucléaire avec ses violations répétées de ce texte, dernièrement encore sur la production d'uranium métal.

 

"En accélérant ses violations, l'Iran compromet la possibilité qu’un retour à la diplomatie permette la réalisation pleine et entière des objectifs du PAGC (Plan d'action global commun)", ont déclaré les porte-parole des trois ministères des Affaires étrangères dans un communiqué commun.


"En vertu de cet accord, l'Iran s'est engagé à ne pas produire d'uranium métallique et à ne pas conduire de recherche et développement sur la métallurgie de l'uranium pour une durée de 15 ans", ont rappelé les trois pays, cosignataires du texte de 2015 avec les Etats-Unis - qui en sont sortis en 2018 - la Russie et la Chine.


L'Agence internationale de l'énergie atomique a annoncé mercredi avoir "procédé le 8 février à la vérification de 3,6 grammes d'uranium métal dans l'usine d'Ispahan" dans le centre du pays.


Si ce n'est pas une surprise - l'Iran avait fait savoir mi-janvier qu'il avançait dans cette direction -, le sujet est sensible car l'uranium métal peut être utilisé dans la fabrication d'armes nucléaires.


"Nous réaffirmons que ces activités, qui constituent une étape clé dans le développement d'une arme nucléaire, n’ont aucune justification civile crédible en Iran", ont martelé Paris, Londres et Berlin en appelant "instamment l'Iran à y mettre fin sans délai et à s’abstenir de toute nouvelle violation de ses engagements nucléaires".


Cette nouvelle violation affaiblit encore un peu plus l'accord sur le nucléaire iranien, qui menace de voler en éclats depuis que Donald Trump en a retiré les Etats-Unis en 2018 avant de rétablir des sanctions économiques.


En riposte, Téhéran s'est affranchi progressivement depuis 2019 de la plupart de ses engagements, arguant qu'il en avait le droit face aux "violations flagrantes" des règles par les autres parties.


L'arrivée le 20 janvier de Joe Biden à la Maison Blanche a laissé espérer une reprise du dialogue après la politique de "pression maximale" exercée par son prédécesseur.


Toutefois, le nouveau président américain a prévenu qu'il ne ferait pas le premier pas en levant les sanctions. Les Iraniens réclament à l'inverse un retour des Etats-Unis dans l'accord, avant de revenir eux-mêmes au respect de leurs engagements.


L'armée américaine dit avoir conclu une série de frappes en Iran contre «des dizaines de cibles»

  • L'armée américaine a affirmé avoir conclu dimanche une série de frappes contre "des dizaines de cibles" en Iran
  • Elle a "visé des systèmes iraniens de défense aérienne, des radars côtiers, des capacités de missiles et de drones, ainsi que de petites embarcations"

WASHINGTON: L'armée américaine a affirmé avoir conclu dimanche une série de frappes contre "des dizaines de cibles" en Iran, pour la deuxième journée consécutive, se disant prête à "garantir que la liberté de navigation reste assurée" dans le détroit d'Ormuz.

Les forces américaines "ont visé des systèmes iraniens de défense aérienne, des radars côtiers, des capacités de missiles et de drones, ainsi que de petites embarcations", a écrit le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) sur X.

 


Le chef de la diplomatie iranienne se rend à Oman au sujet du détroit d'Ormuz

La visite sera axée sur le détroit d'Ormuz et la sécurité de la navigation, a rapporté l'agence de presse officielle iranienne. (AFP)
La visite sera axée sur le détroit d'Ormuz et la sécurité de la navigation, a rapporté l'agence de presse officielle iranienne. (AFP)
  • Abbas Araghchi se rend à Oman pour des discussions sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime
  • Malgré le cessez-le-feu avec Washington, le contrôle du détroit d'Ormuz reste une source de tensions

TEHERAN: Le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi va se rendre samedi à Oman pour une visite axée "sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime", a annoncé son porte-parole.

La visite "portera principalement sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime" et s'inscrit "dans le prolongement des consultations que nous avons entamées avec Oman depuis un mois ou deux", a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, selon des propos rapportés par l'agence de presse officielle iranienne IRNA.

Malgré l'accord conclu le 17 juin entre les Etats-Unis et l'Iran pour mettre fin à la guerre déclenchée fin février par des attaques américano-israéliennes, la question du détroit demeure un point de contentieux majeur.

L'Iran a profité du conflit pour prendre le contrôle de ce point de passage clef pour le commerce mondial des hydrocarbures et refuse de revenir à la situation antérieure.

Téhéran veut imposer des droits de passage sur les bateaux et autorise uniquement une route longeant ses côtes, dans le nord. Des navires passant au sud, au large d'Oman, ont récemment été attaqués, ce qui a déclenché une reprise des hostilités avec les Etats-Unis.

En mai, le président Donald Trump avait menacé à la surprise générale de "pulvériser" le sultanat d'Oman s'il continuait de discuter avec Téhéran d'une gestion commune du détroit.

"Plusieurs séries de réunions techniques ont eu lieu jusqu'à présent, tant à Téhéran qu'à Mascate, et ce déplacement s'inscrit dans le prolongement de ces consultations, afin de contribuer à faciliter la circulation en toute sécurité dans le détroit d'Ormuz", a également fait savoir le porte-parole de la diplomatie iranienne.


Le prince héritier saoudien et Trump évoquent les pourparlers entre Washington et Téhéran et la sécurité dans le Golfe

  • Les dirigeants mettent l’accent sur la diplomatie et la sécurité maritime dans un contexte de regain des tensions au Moyen-Orient
  • Le ministre saoudien des Affaires étrangères et Marco Rubio discutent de leur coordination alors que les tensions entre Washington et Téhéran persistent

RIYAD : Le prince héritier d’Arabie saoudite, Mohammed ben Salmane, et le président américain Donald Trump ont discuté vendredi, lors d’un entretien téléphonique, de la sécurité régionale, de la liberté de navigation maritime et des contacts en cours entre les États-Unis et l’Iran, alors que Riyad et Washington renforcent leur coordination diplomatique à la suite d’une nouvelle montée des tensions dans le Golfe.

Selon l’Agence de presse saoudienne (SPA), les deux dirigeants ont passé en revue la coopération bilatérale et les moyens de renforcer les relations dans divers secteurs. Ils ont également échangé leurs points de vue sur les évolutions régionales et internationales, notamment sur les discussions entre Washington et Téhéran.

Le prince héritier et Donald Trump ont souligné l’importance de garantir la sécurité de la navigation maritime, de protéger les voies maritimes internationales et de soutenir les efforts visant à renforcer la sécurité et la stabilité régionales.

Par ailleurs, le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, s’est entretenu par téléphone avec le secrétaire d’État américain Marco Rubio. Les deux responsables ont réaffirmé l’importance de poursuivre la coordination et les consultations afin de promouvoir la sécurité et la stabilité dans l’ensemble de la région, a rapporté la SPA.

Ces échanges interviennent après une nouvelle escalade entre les États-Unis et l’Iran, qui menace de compromettre les récents efforts diplomatiques visant à mettre fin à plusieurs mois d’hostilités.

La dernière crise a éclaté après que des forces iraniennes ont attaqué des pétroliers commerciaux transitant par le détroit d’Ormuz, malgré un accord de cessez-le-feu, entraînant des frappes aériennes américaines contre des cibles situées en Iran. Téhéran a ensuite riposté par des attaques de missiles et de drones contre des alliés des États-Unis dans le Golfe, ravivant les craintes d’un conflit régional de plus grande ampleur.

Cette reprise des violences a intensifié les appels de la communauté internationale en faveur d’un retour des États-Unis et de l’Iran à la table des négociations.

L’Égypte et le Qatar ont exhorté les deux parties à reprendre le dialogue et à mettre en œuvre le protocole d’accord conclu plus tôt cette année comme base d’un règlement plus large, tandis que le Pakistan a appelé à la retenue et proposé de poursuivre son rôle de médiateur entre les deux pays.

Vendredi, Donald Trump a déclaré que les États-Unis avaient accepté de poursuivre les discussions avec l’Iran, tout en estimant que le cessez-le-feu était, dans les faits, caduc après les derniers échanges d’attaques.

L’Arabie saoudite a constamment appelé à la retenue, au dialogue et à des solutions diplomatiques afin de préserver la stabilité régionale et de garantir la sécurité des routes maritimes internationales, en particulier à travers le détroit d’Ormuz, l’un des corridors énergétiques les plus stratégiques au monde. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com