L'Iran entame la production d'uranium métal, un pas de plus vers l'arme nucléaire

Le drapeau de l'AIEA (Agence internationale de l'énergie atomique) flotte devant son bâtiment à Vienne le 10 juillet 2019. (Photo, AFP)
Le drapeau de l'AIEA (Agence internationale de l'énergie atomique) flotte devant son bâtiment à Vienne le 10 juillet 2019. (Photo, AFP)
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Publié le Jeudi 11 février 2021

L'Iran entame la production d'uranium métal, un pas de plus vers l'arme nucléaire

  • La République islamique continue son forcing contre l'Administration Biden
  • Cette annonce affaiblit encore un peu plus l'accord entre Téhéran et les puissances

VIENNE : L'Iran a débuté la production d'uranium métal pour alimenter son réacteur de recherche à Téhéran, nouvelle violation de ses engagements de l'accord de 2015, a indiqué l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) mercredi soir.

L'agence onusienne, dont le siège est basé à Vienne, « a procédé le 8 février à la vérification de 3,6 grammes d'uranium métal dans l'usine d'Ispahan » (centre), selon une déclaration transmise à l'AFP.

Si ce n'est pas une surprise – l'Iran avait fait savoir mi-janvier qu'il avançait dans cette direction –, le sujet est sensible car l'uranium métal peut être utilisé dans la fabrication d'armes nucléaires.

La République islamique a toujours nié vouloir se doter de la bombe, même si l'AIEA avait établi le contraire en 2011.

Le directeur général de l'agence internationale, Rafael Grossi, a informé les États membres de ce nouveau développement qui a pour objectif, selon Téhéran, « de produire du combustible » dans le cadre de ses activités de recherche et développement.

Or le Plan d'action global commun (PAGC), signé en 2015 par l'Iran et six grandes puissances (Chine, Etats-Unis, France, Royaume-Uni, Russie et Allemagne), comporte une interdiction de 15 ans en ce qui concerne « la production ou l'acquisition de métaux de plutonium ou d'uranium ou leurs alliages ».

Il prévoit que l'Iran puisse être autorisé au bout de dix ans à entamer sa recherche en vue d'une production « en petites quantités », mais seulement avec l'autorisation des signataires de l'accord.

Echec lamentable

Cette annonce affaiblit encore un peu plus l'accord sur le nucléaire iranien, qui menace de voler en éclats depuis que Donald Trump en a retiré les États-Unis en 2018 avant de rétablir des sanctions économiques.

En riposte, Téhéran s'est affranchi progressivement depuis 2019 de la plupart de ses engagements, arguant qu'il en avait le droit face aux « violations flagrantes » des règles par les autres parties.

Entorse la plus grave à ce jour, le pays a repris début janvier l'enrichissement d'uranium à 20%, niveau que pratiquait le pays avant 2015 mais qui reste loin des 90% requis pour une bombe.

L'arrivée le 20 janvier de Joe Biden à la Maison Blanche a laissé espérer une reprise du dialogue après la politique de « pression maximale » exercée par son prédécesseur.

Toutefois, le nouveau président américain a prévenu qu'il ne ferait pas le premier pas en levant les sanctions, comme le réclament les dirigeants iraniens.

Un peu plus tôt mercredi, le chef de la diplomatie Zarif avait prévenu que « la fenêtre de tir se rétrécissait », faisant monter la pression sur Washington.

« Bientôt mon gouvernement se verra obligé de prendre d'autres mesures en réponse à l'échec lamentable des Américains et des Européens » de remplir leur part du contrat, a-t-il déclaré dans un message diffusé sur YouTube à l'occasion du 42e anniversaire de la Révolution islamique.

Le 21 février, échéance fixée par le Parlement, l'Iran pourrait ainsi restreindre l'accès des inspecteurs de l'AIEA à ses sites, une ligne rouge qui risquerait de faire capoter les manœuvres en coulisses pour sauver l'accord sur le nucléaire.

« S'ils veulent que l'Iran retourne à ses engagements (...), les États-Unis doivent entièrement lever les sanctions », et non le scénario inverse, a encore déclaré dimanche le guide suprême iranien Ali Khamenei.


Le ministre iranien des Affaires étrangères appelle son homologue saoudien avant les pourparlers nucléaires avec les États-Unis

Le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, a reçu mercredi un appel téléphonique de son homologue iranien, Abbas Araqchi. (Capture d’écran)
Le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, a reçu mercredi un appel téléphonique de son homologue iranien, Abbas Araqchi. (Capture d’écran)
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  • Ils ont discuté de l’importance de résoudre les différends par le dialogue et la diplomatie
  • Des puissances régionales ont œuvré en faveur de ces pourparlers, prévus vendredi à Oman, entre Téhéran et Washington

​​​​​​LONDRES : Le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, a reçu mercredi un appel téléphonique de son homologue iranien, Abbas Araghchi, à la veille de discussions nucléaires cruciales entre Téhéran et Washington.

Selon l’Agence de presse saoudienne, les deux responsables ont souligné l’importance de régler les différends par le dialogue et la diplomatie, ainsi que les efforts visant à préserver la sécurité et la stabilité de la région.

Des puissances régionales ont encouragé la tenue de ces pourparlers, programmés vendredi à Oman, entre l’Iran et les États-Unis, dans le but de parvenir à un accord sur le programme nucléaire de Téhéran et d’éviter une nouvelle escalade dans la région.

Dans un message confirmant ces discussions, publié mercredi sur la plateforme X, Abbas Araghchi a écrit :
« Les négociations nucléaires avec les États-Unis doivent se tenir à Mascate vendredi vers 10 heures. Je remercie nos frères omanais pour avoir pris toutes les dispositions nécessaires. »

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Le prince héritier saoudien reçoit le chancelier allemand Friedrich Merz à Riyad

Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane reçoit le chancelier allemand Friedrich Merz au palais Al-Yamamah à Riyad, mercredi. (SPA)
Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane reçoit le chancelier allemand Friedrich Merz au palais Al-Yamamah à Riyad, mercredi. (SPA)
Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane reçoit le chancelier allemand Friedrich Merz au palais Al-Yamamah à Riyad, mercredi. (SPA)
Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane reçoit le chancelier allemand Friedrich Merz au palais Al-Yamamah à Riyad, mercredi. (SPA)
Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane reçoit le chancelier allemand Friedrich Merz au palais Al-Yamamah à Riyad, mercredi. (SPA)
Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane reçoit le chancelier allemand Friedrich Merz au palais Al-Yamamah à Riyad, mercredi. (SPA)
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  • Lors d’une réunion, Merz et le prince héritier ont examiné les relations saoudo-allemandes, les domaines de coopération et les perspectives de leur développement

RIYAD : Le prince héritier d’Arabie saoudite, Mohammed ben Salmane, a reçu mercredi le chancelier allemand Friedrich Merz au palais Al-Yamamah à Riyad, a rapporté l’Agence de presse saoudienne.

Une cérémonie d’accueil a été organisée en l’honneur de Merz, avant la tenue d’une session officielle de discussions entre les deux dirigeants.

Au cours de la rencontre, Merz et le prince héritier ont passé en revue les différents aspects des relations entre l’Arabie saoudite et l’Allemagne, les domaines de coopération bilatérale ainsi que les opportunités de leur développement dans plusieurs secteurs.

Ils ont également examiné les derniers développements régionaux et internationaux, ainsi que les efforts déployés à cet égard.

Friedrich Merz est arrivé plus tôt mercredi à Riyad dans le cadre d’une visite officielle en Arabie saoudite, accompagné d’une délégation de haut niveau.

Il a été accueilli à l’aéroport international du roi Khaled par le prince Mohammed ben Abdulrahman ben Abdulaziz, vice-gouverneur de la région de Riyad, en présence de hauts responsables saoudiens, de diplomates et de représentants des deux gouvernements, dont le ministre saoudien des Finances, Mohammed Al-Jadaan.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


La Turquie déterminée à porter ses relations avec l'Arabie saoudite à un niveau supérieur, déclare Erdogan au prince héritier

Le prince héritier saoudien Mohammed bin Salman reçoit le président turc Recep Tayyip Erdogan au palais d'Al-Yamamah à Riyad, mardi. (SPA)
Le prince héritier saoudien Mohammed bin Salman reçoit le président turc Recep Tayyip Erdogan au palais d'Al-Yamamah à Riyad, mardi. (SPA)
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  • Le prince héritier saoudien Mohammed bin Salman et le président turc Recep Tayyip Erdogan ont tenu une session d'entretiens au palais d'Al-Yamamah à Riyad, mardi
  • Une déclaration conjointe turco-saoudienne publiée à la suite de la visite a salué les mesures prises par le gouvernement syrien pour préserver l'intégrité territoriale du pays et promouvoir la paix civile

RIYAD: Le président turc Tayyip Erdogan a rencontré mardi à Riyad le prince héritier d'Arabie saoudite Mohammed bin Salman et lui a dit que la Turquie était déterminée à porter ses relations à un niveau plus élevé dans des domaines tels que les énergies renouvelables et l'industrie de la défense, a indiqué le bureau de M. Erdogan.

M. Erdogan a également dit au prince héritier saoudien que le soutien de la Turquie à la stabilité en Syrie se poursuivrait et que la Turquie travaillerait en coopération avec l'Arabie saoudite pour reconstruire la Syrie, a déclaré la présidence turque dans un communiqué.
 

M. Erdogan et la délégation qui l'accompagne ont quitté Riyad mercredi et ont été accueillis à l'aéroport international King Khalid par le gouverneur adjoint de la région de Riyad, le prince Mohammed bin Abdulrahman bin Abdulaziz.

Une déclaration conjointe turco-saoudienne publiée à la suite de la visite a salué les mesures prises par le gouvernement syrien pour préserver l'intégrité territoriale du pays et promouvoir la paix civile. Elle condamne également les violations israéliennes du territoire syrien et exige le retrait immédiat d'Israël de tous les territoires syriens occupés.

La déclaration appelle également au rétablissement de la paix et de la stabilité au Soudan, dans les territoires palestiniens et au Yémen.

Elle condamne les agressions israéliennes à Gaza et appelle à un cessez-le-feu et à la fin de l'occupation israélienne.

La Turquie a salué les efforts déployés par l'Arabie saoudite pour résoudre la crise yéménite, ainsi que l'organisation par le Royaume d'un dialogue inclusif à Riyad, réunissant toutes les factions du sud du Yémen.

Les deux pays ont insisté sur la nécessité de lutter contre tout soutien à des entités internes au Yémen qui visent à porter atteinte à sa sécurité et à sa stabilité.

L'Arabie saoudite et la Turquie ont également insisté sur la nécessité de lancer un processus politique dirigé par le Soudan à travers un gouvernement civil, selon le communiqué.

Plus tôt dans la journée de mardi, le prince héritier a reçu M. Erdogan au palais Al-Yamamah à Riyad, où les deux dirigeants se sont entretenus.

Le dirigeant turc a été accueilli par le gouverneur adjoint de la région de Riyad, le prince Mohammed bin Abdulrahman bin Abdulaziz, et d'autres hauts responsables saoudiens à son arrivée à l'aéroport international King Khalid.

(avec Reuters)