Le chef du Pentagone va rassurer les alliés de l'Otan

Salut Covid entre Joe Biden et le secrétaire américain à la Défense Lloyd Austin (à droite) lors d'une visite du président américain au Pentagone à Washington, DC, le 10 février 2021. (Saul Loeb / AFP)
Salut Covid entre Joe Biden et le secrétaire américain à la Défense Lloyd Austin (à droite) lors d'une visite du président américain au Pentagone à Washington, DC, le 10 février 2021. (Saul Loeb / AFP)
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Publié le Dimanche 14 février 2021

Le chef du Pentagone va rassurer les alliés de l'Otan

  • Les ministres de la Défense de l'Alliance atlantique se réunissent virtuellement mercredi et jeudi, et M. Austin transmettra un message "positif sur la pertinence de l'Otan
  • La question épineuse du retrait des forces américaines d'Afghanistan, prévu début mai, figurera en tête de l'agenda mais aucune décision n'est attendue

WASHINGTON : Le nouveau chef du Pentagone Lloyd Austin va réaffirmer cette semaine l'engagement des États-Unis envers l'Otan et promettre à leurs alliés que désormais, aucune décision importante ne sera prise sans concertation avec eux, pour tourner la page des années Trump.

Les ministres de la Défense de l'Alliance atlantique se réunissent virtuellement mercredi et jeudi, et M. Austin transmettra un message "positif sur la pertinence de l'Otan", a indiqué vendredi le porte-parole du Pentagone, John Kirby.

"Il veut revitaliser notre engagement envers l'alliance", a ajouté le porte-parole. Et son message "sera que nous sommes meilleurs quand nous agissons ensemble, travailler en équipe nous rend plus forts, et la sécurité collective est une sécurité partagée mais elle est aussi dans notre intérêt commun".

La question épineuse du retrait des forces américaines d'Afghanistan, prévu début mai, figurera en tête de l'agenda mais aucune décision n'est attendue, a prévenu M. Kirby.

"C'est le commandant en chef (le président Joe Biden, ndlr) qui prend ce genre de décisions", a-t-il rappelé. Mais cette réunion ministérielle aidera M. Austin "à façonner sa réflexion et le type de recommandations qu'il devra donner au commandant en chef".

"Et comme il l'a dit à ses homologues, notamment ceux de l'Otan, aucune décision ne sera prise sans consultation et discussion en bonne et due forme avec eux", a-t-il ajouté.

En vertu de l'accord historique de février 2020 entre Washington et les talibans, les États-Unis se sont engagés à retirer toutes leurs troupes d'Afghanistan d'ici mai 2021, en échange notamment de garanties de sécurité de la part des insurgés.

Washington a réduit le 15 janvier à 2.500 le nombre de ses soldats en Afghanistan, le chiffre le plus bas depuis 2001, alors que les alliés de l'Otan maintenaient leurs effectifs dans le pays. Mais les attaques des talibans ont redoublé et un groupe consultatif mis en place par le Congrès américain a récemment appelé à repousser l'échéance de début mai.

Changement de ton

Parmi les autres sujets de discussion figurera le gel du retrait partiel des troupes américaines d'Allemagne, décidé par Donald Trump. L'ex-président américain avait annoncé en juin vouloir réduire à 25.000 soldats le contingent américain stationné en permanence en Allemagne, contre 34.500 actuellement.

Ce retrait n'avait en fait pas débuté lorsque M. Biden est arrivé à la Maison Blanche le 20 janvier, a indiqué à l'AFP un autre porte-parole du Pentagone, le lieutenant-colonel Thomas Campbell. "Nous étions encore en phase de planification", a-t-il expliqué.

Les frictions pendant les années Trump avaient été accentuées par l'insistance du milliardaire américain à "faire payer" les alliés des États-Unis pour leur défense.

Là encore, le ton a changé.

"Je pense que le ministre va rappeler que la sécurité collective est une sécurité partagée", a redit M. Kirby, rappelant que les alliés de l'Otan se sont engagés en 2014 à consacrer 2% de leur budget à la Défense.

"Mais je pense aussi qu'il va reconnaître que beaucoup de nos alliés de l'Otan atteignent, voire dépassent ces 2%, et que beaucoup font de gros efforts pour y parvenir", a-t-il ajouté.

Les ministres devraient aussi discuter des jihadistes étrangers encore détenus dans des camps du nord-est syrien administrés par les forces kurdes, un dossier dans lequel le nouveau gouvernement Biden appelle la communauté internationale à rapatrier ses ressortissants, dans la continuité de l'administration de Donald Trump.

Selon l'ONU, plus de 64.000 personnes, dont 15% d'étrangers, pour la plupart des femmes et des enfants, vivent dans ces camps de détention, généralement des familles de jihadistes du groupe État islamique.

La plupart des pays, notamment européens, ayant des ressortissants dans ces camps rechignent à les accueillir. Certains, dont la France, ont rapatrié un nombre limité d'enfants orphelins de jihadistes.

Les tensions avec la Turquie pourraient elles aussi figurer à l'ordre du jour, notamment concernant l'acquisition par Ankara de missiles de défense russes S400, auxquels le gouvernement Biden a demandé à Ankara de renoncer, suivant là aussi la ligne de l'administration Trump.

 


Les alliés de Washington du G7 poussent à la désescalade

Outre le Moyen-Orient, les ministres du G7 consacreront une session de travail à l'Ukraine envahie par la Russie.  "La résistance ukrainienne se porte bien et que nous allons continuer de la soutenir", a assuré jeudi Jean-Noël Barrot, rappelant que l'Europe constitue le "premier" soutien de l'Ukraine. (AFP)
Outre le Moyen-Orient, les ministres du G7 consacreront une session de travail à l'Ukraine envahie par la Russie. "La résistance ukrainienne se porte bien et que nous allons continuer de la soutenir", a assuré jeudi Jean-Noël Barrot, rappelant que l'Europe constitue le "premier" soutien de l'Ukraine. (AFP)
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  • L'Allemagne, le Canada, la Grande-Bretagne, la France, l'Italie et le Japon ont clairement signalé jeudi leur souhait de trouver une issue diplomatique à l'offensive militaire américano-israélienne en Iran
  • A son arrivée, la cheffe de la diplomatie européenne Kaja Kallas a suggéré aux Etats-Unis de mettre davantage de pression sur la Russie, estimant que les guerres en Ukraine et au Moyen-Orient étaient "étroitement liées"

ABBAYE-DES-VAUX-DE-CERNAY: Les ministres des Affaires étrangères du Groupe G7 ont entamé jeudi, sans l'Américain Marco Rubio, une réunion près de Paris avec la volonté affichée de pousser Washington à une désescalade au Moyen-Orient sans pour autant oublier l'Ukraine.

Le secrétaire d'Etat américain rejoindra vendredi matin ses homologues à l'Abbaye des Vaux-de-Cernay, près de Rambouillet, à une cinquantaine de kilomètres de Paris.

L'Allemagne, le Canada, la Grande-Bretagne, la France, l'Italie et le Japon ont clairement signalé jeudi leur souhait de trouver une issue diplomatique à l'offensive militaire américano-israélienne en Iran, qui a des répercussions économiques mondiales en raison du quasi blocage du détroit d'Ormuz par Téhéran depuis près d'un mois.

A son arrivée, la cheffe de la diplomatie européenne Kaja Kallas a suggéré aux Etats-Unis de mettre davantage de pression sur la Russie, estimant que les guerres en Ukraine et au Moyen-Orient étaient "étroitement liées".

"Nous constatons que la Russie aide l'Iran sur le plan du renseignement pour cibler des Américains, pour tuer des Américains (au Moyen-Orient), et la Russie fournit également désormais des drones à l'Iran afin que (ce pays) puisse attaquer les pays voisins ainsi que les bases militaires américaines", a-t-elle déclaré à des journalistes.

"Si l'Amérique veut que la guerre au Moyen-Orient cesse, (...) elle doit aussi exercer une pression sur la Russie afin qu'elle ne puisse pas aider (l'Iran) dans ce sens", a-t-elle souligné.

"On a des raisons de penser qu'aujourd'hui la Russie soutient les efforts militaires de l'Iran qui semblent être dirigés notamment sur des cibles américaines", a de son côté déclaré jeudi soir le ministre français Jean-Noël Barrot, lors d'une conférence de presse clôturant la première journée des discussions.

De son côté, la ministre canadienne Anita Anand a appelé le G7 à soutenir "collectivement" une désescalade au Moyen-Orient, dans un entretien à l'AFP.

"Pour le gouvernement allemand, il est très important de savoir précisément ce que nos partenaires américains comptent faire", a pour sa part souligné le ministre allemand Johann Wadephul, alors que la confusion règne sur de potentielles négociations directes entre Washington et Téhéran pour mettre fin à la guerre.

L'Iran aurait répondu à la proposition annoncée par le président américain Donald Trump, et reçue via le médiateur pakistanais, a affirmé jeudi une source citée par l'agence de presse iranienne Tasnim.

Jeudi, l'émissaire américain Steve Witkoff a quant à lui assuré qu'il existait des "signaux forts" montrant que Téhéran veut passer un accord avec les Etats-Unis.

Mercredi, la télévision d'Etat avait pourtant affirmé que l'Iran avait rejeté ce plan tandis que la Maison Blanche menaçait de déchaîner "l'enfer" sur le pays en cas d'échec des négociations.

La France, qui exerce la présidence du G7 cette année, prône elle aussi la voie diplomatique, redoutant d'être entraînée dans le conflit.

Bien que disposant de bases militaires dans les pétromonarchies du Golfe avec lesquels elle est liée par des accords de coopération de sécurité, elle a constamment souligné que sa posture était "purement défensive".

Difficile convergence de vues 

Mais cette position semble de plus en plus difficile à tenir alors que ces Etats sont visés par les frappes iraniennes, en représailles aux tirs provenant de bases américaines implantées au Moyen-Orient.

Au G7, la principale session de travail consacrée à la guerre au Moyen-Orient se tiendra vendredi.

Les chefs de la diplomatie des grands pays émergents (Inde et Brésil) ont été invités, de même que les ministres ukrainien, saoudien et sud-coréen.

L'Italie compte "promouvoir une désescalade" et assurer de "la disponibilité du gouvernement italien à contribuer aux efforts visant à garantir un passage sûr à travers le détroit d'Ormuz", selon une source diplomatique italienne.

Le Royaume-Uni et la France vont réunir cette semaine une trentaine de pays prêts à former une coalition visant à participer à la sécurisation du détroit d'Ormuz.

Outre le Moyen-Orient, les ministres du G7 consacreront une session de travail à l'Ukraine envahie par la Russie.

"La résistance ukrainienne se porte bien et que nous allons continuer de la soutenir", a assuré jeudi Jean-Noël Barrot, rappelant que l'Europe constitue le "premier" soutien de l'Ukraine.

Signe de la difficulté à faire converger les vues, cette réunion s'achèvera vendredi avec la publication d'un communiqué de la présidence française, plutôt qu'un communiqué conjoint, a indiqué une source diplomatique.

La ministérielle Affaires étrangères précèdera un G7 Finances et Energie avec les Banques centrales programmée lundi en visio-conférence.

 


Iran: Trump repousse son ultimatum au 6 avril

Donald Trump a annoncé jeudi repousser jusqu'au 6 avril son ultimatum avant d'éventuelles frappes américaines contre les centrales électriques en Iran, assurant que les discussions avec Téhéran se passaient "très bien." (AFP)
Donald Trump a annoncé jeudi repousser jusqu'au 6 avril son ultimatum avant d'éventuelles frappes américaines contre les centrales électriques en Iran, assurant que les discussions avec Téhéran se passaient "très bien." (AFP)
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  • "A la demande du gouvernement iranien", le président américain a fait savoir sur son réseau Truth Social, "je suspends pour dix jours la destruction de centrales électriques jusqu'au lundi 6 avril à 20H00, heure de Washington."
  • "Les discussions se poursuivent et, contrairement à ce que disent les médias menteurs (...), elles se passent très bien", a-t-il ajouté.

WASHINGTON: Donald Trump a annoncé jeudi repousser jusqu'au 6 avril son ultimatum avant d'éventuelles frappes américaines contre les centrales électriques en Iran, assurant que les discussions avec Téhéran se passaient "très bien."

"A la demande du gouvernement iranien", le président américain a fait savoir sur son réseau Truth Social, "je suspends pour dix jours la destruction de centrales électriques jusqu'au lundi 6 avril à 20H00, heure de Washington."

"Les discussions se poursuivent et, contrairement à ce que disent les médias menteurs (...), elles se passent très bien", a-t-il ajouté.

 

 


Des pourparlers indirects en cours entre les États-Unis et l’Iran, dit le Pakistan

Des négociations indirectes sont en cours pour mettre fin à la guerre en Iran et Islamabad joue le rôle d'intermédiaire, a confirmé jeudi le ministre des Affaires étrangères pakistanais, Ishaq Dar. (AFP)
Des négociations indirectes sont en cours pour mettre fin à la guerre en Iran et Islamabad joue le rôle d'intermédiaire, a confirmé jeudi le ministre des Affaires étrangères pakistanais, Ishaq Dar. (AFP)
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  • M. Dar, qui est également vice-Premier ministre, a qualifié les spéculations sur des "pourparlers de paix" d’"inutiles", ajoutant : "En réalité, des discussions indirectes entre les États-Unis et l’Iran ont lieu par le biais du Pakistan"
  • "Dans ce contexte, les États-Unis ont transmis 15 points, qui sont actuellement examinés par l'Iran", a-t-il poursuivi sur X

ISLAMABAD: Des négociations indirectes sont en cours pour mettre fin à la guerre en Iran et Islamabad joue le rôle d'intermédiaire, a confirmé jeudi le ministre des Affaires étrangères pakistanais, Ishaq Dar.

M. Dar, qui est également vice-Premier ministre, a qualifié les spéculations sur des "pourparlers de paix" d’"inutiles", ajoutant : "En réalité, des discussions indirectes entre les États-Unis et l’Iran ont lieu par le biais de messages transmis par le Pakistan".

"Dans ce contexte, les États-Unis ont transmis 15 points, qui sont actuellement examinés par l'Iran", a-t-il poursuivi sur X.

"Des pays frères comme la Turquie et l'Égypte, entre autres, apportent également leur soutien à cette initiative", a-t-il ajouté.

Les déclarations de M. Dar constituent la première confirmation officielle de la part d'Islamabad que le Pakistan joue un rôle de facilitateur.

Islamabad a été présenté comme un médiateur potentiel, compte tenu de ses liens anciens avec l’Iran voisin et avec les États-Unis, ainsi que de son réseau de contacts dans la région.

Le Premier ministre Shehbaz Sharif et M. Dar sont tous deux en contact régulier avec de hauts responsables du gouvernement iranien, ainsi qu'avec leurs alliés du Golfe, notamment l’Arabie saoudite.

Le puissant chef de l’armée pakistanaise, le maréchal Asim Munir, est lui aussi impliqué dans ces efforts diplomatiques et a parlé au président américain Donald Trump dimanche dernier, ont indiqué des responsables.

Mais le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a maintenu que l'Iran n'avait "pas l'intention de négocier" et comptait "continuer à résister".

L'Iran veut "mettre fin à la guerre à ses propres conditions", a-t-il souligné. "Parfois, des messages peuvent être transmis (...) mais ça ne peut en aucun cas être qualifié de dialogue ni de négociation".