Air France-KLM, alliance de deux fleurons nationaux fragilisée par la crise et la concurrence

Les «low cost» comme EasyJet ou Vueling, outre le géant Ryanair, taillent des croupières à l'entreprise, en particulier à Air France qui est moins rentable que KLM (Photo, AFP).
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Publié le Lundi 15 février 2021

Air France-KLM, alliance de deux fleurons nationaux fragilisée par la crise et la concurrence

  • L'année 2020 devrait se traduire par un trou béant dans les comptes, avec une perte nette prévue de plus de 7 milliards d'euros sur un chiffre d'affaires qui aura dégringolé de 60% à quelque 11 milliards
  • Air France-KLM a bénéficié dès le début de la crise d'une aide d'urgence des États français et néerlandais, plus de 10 milliards d'euros au total, sous forme de prêts directs ou garantis

PARIS: Héritier de deux compagnies aériennes emblématiques de la France et des Pays-Bas, le groupe Air France-KLM perd des milliards d'euros à cause de la Covid-19, mais subissait déjà auparavant une concurrence effrénée et des crises à répétition.

Tant KLM, acronyme de «Compagnie royale aérienne néerlandaise», fondée en 1919, qu'Air France, née en 1933 du regroupement de cinq compagnies pionnières, dont la légendaire Aéropostale, sont d'anciennes entreprises d’État et restent les prestigieux porte-drapeaux de leur pays dans le monde.

Avec 104 millions de passagers transportés en 2019, avant que la crise sanitaire ne bouleverse le secteur, l'alliance franco-néerlandaise pointait à la quatrième place européenne, derrière Ryanair, Lufthansa et IAG (maison mère de British Airways et Iberia). Ce chiffre la plaçait toutefois en dehors du «Top 10» mondial, dominé par les compagnies américaines.

C'est en 2003-2004 qu'Air France et KLM se rapprochent, fortes notamment de lignes complémentaires. Une holding coiffe les deux entreprises, dont l’État français détient aujourd'hui encore 14,3% et l'Etat néerlandais 14%. Les compagnies américaine Delta et chinoise China Eastern en contrôlent chacune 8,8%.

Outre KLM et Air France, le groupe, qui exploite actuellement 530 appareils, inclut la «low cost» Transavia, un des moteurs espérés de son développement.

Air France-KLM, qui publie jeudi ses résultats financiers annuels, revendiquait avant la tourmente de Covid-19 la desserte de plus de 250 destinations pour les passagers, avec ses deux plates-formes de correspondances de Paris-Charles-de-Gaulle et Amsterdam-Schiphol, et de près de 400 pour le fret. Elle fait partie du programme de fidélité SkyTeam rassemblant 19 compagnies au total.

En 2019, l'entreprise a réalisé un chiffre d'affaires de 27,2 milliards d'euros et dégagé un bénéfice net de 290 millions d'euros. 

Perfusion d'argent public 

Fermeture de frontières, coup d'arrêt au tourisme international: l'année 2020 devrait se traduire par un trou béant dans les comptes, avec une perte nette prévue de plus de 7 milliards d'euros sur un chiffre d'affaires qui aura dégringolé de 60% à quelque 11 milliards, selon les consensus d'analystes.

Air France-KLM a bénéficié dès le début de la crise d'une aide d'urgence des États français et néerlandais, plus de 10 milliards d'euros au total, sous forme de prêts directs ou garantis.

Mais avant ce cataclysme, l'entreprise, sensible à la conjoncture et vulnérable aux évolutions des changes et des prix des carburants, avait déjà traversé de nombreuses turbulences.

L'une des plus spectaculaires: le départ de son PDG Jean-Marc Janaillac en mai 2018 après un rejet d'un accord de revalorisation salariale dans la foulée d'une série de grèves à Air France.

D'autres mouvements sociaux ou épisodes houleux ont marqué l'histoire récente, comme en France celui de la «chemise arrachée» du directeur des ressources humaines pendant une manifestation en 2015. Par ailleurs, la cohabitation des cultures des entreprises française et néerlandaise sous le même toit ne se fait pas toujours sans heurts.

C'est un transfuge d'Air Canada, Benjamin Smith, qui prend la direction opérationnelle du groupe à l'été 2018 avec comme feuille de route le rétablissement de la compétitivité face à une concurrence exacerbée.

Les «low cost» comme EasyJet ou Vueling, outre le géant Ryanair, taillent des croupières à l'entreprise, en particulier à Air France qui est moins rentable que KLM. Et sur le long-courrier, il lui faut notamment ferrailler avec les compagnies du Golfe, soutenues par les pétrodollars, et les transporteurs basés en Asie où se concentre l'essentiel de la croissance du trafic.

Quant au marché hexagonal, qu'Air France exploite jusqu'ici principalement sous la marque Hop! En attendant une montée en puissance de Transavia, il est déficitaire et concurrencé par les liaisons ferroviaires à grande vitesse. D'autant que le gouvernement bannit l'avion de destinations intérieures pouvant être reliées en train en moins de deux heures et demie, au nom de la transition écologique.

Après une série de plans de départs volontaires, touchant très majoritairement les effectifs au sol, Air France-KLM comptait 83 000 salariés fin 2019, une chute de 20% en huit ans. D'autres importantes réductions d'effectif, concernant des milliers d'employés, sont en cours.


Les leaders de l’investissement durable se réuniront lors du sommet de Riyad

Le Future Investment Initiative Institute examinera les investissements durables dans la reprise postpandémique, ainsi que le rôle des marchés émergents comme l’Arabie saoudite (Photo: Shutterstock)
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  • L’investissement durable a récemment pris son essor dans le contexte de la pandémie
  • Des signes montrent que les principes ESG commencent à se répandre parmi les investisseurs régionaux, en particulier chez la jeune génération

DUBAÏ: Les experts dans la réflexion sur l’investissement durable se réuniront virtuellement jeudi à Riyad pour étudier l’un des sujets les plus brûlants du monde de la finance: le passage aux références environnementales, sociales et de gouvernance (ESG) des grands investisseurs mondiaux. 

L’événement, sous les auspices du Future Investment Initiative (FII) Institute, concentrera l’attention sur les investissements durables dans la reprise postpandémique et le rôle des marchés émergents comme l’Arabie saoudite, dans la nouvelle philosophie de l’investissement. 

L’investissement ESG a récemment pris de l’essor, attirant des centaines de milliards de dollars dans des fonds qui s’engagent à prendre en compte des considérations plus larges au moment de décider où placer l’argent, plutôt que de simples retours en espèces. 

Richard Attias, directeur général du FII Institute, a déclaré: «Bien que l’ESG ait fait ses preuves, il reste encore beaucoup à faire pour s’assurer que nous l’utilisons dans son plein potentiel. Le faible niveau d’intégration et de participation des marchés émergents à l’élaboration des cadres de l’investissement ESG est contre-productif pour la durabilité mondiale.» 

«Peut-être que la tâche la plus difficile – celle que nous aborderons lors de cet événement –, est de savoir comment nous nous efforçons de penser au-delà de l’investissement ESG en tant qu’outil de gestion des risques, et de le déployer pour créer un avenir vraiment durable», a-t-il ajouté. 

Bien que l’investissement durable soit préconisé en tant que concept depuis de nombreuses années, il a récemment pris son essor dans le contexte de la pandémie de Covid-19, qui a persuadé de nombreux grands investisseurs traditionnels de revoir leurs critères de base. 

Le plus récemment converti à ce nouveau concept a été Larry Fink, patron du géant de la gestion d’actifs BlackRock, qui a promis de diriger les fonds vers les secteurs ESG et de les éloigner des domaines d’investissement traditionnels, en particulier pour ce qui impacte le changement climatique. 

«Les risques que représente le changement climatique pour le monde de la finance ne peuvent plus être ignorés», a écrit Fink dans sa lettre annuelle aux directeurs généraux mondiaux. 

De nombreux gestionnaires de placements semblent être d’accord avec le patron de BlackRock. Les chiffres de Refinitiv, le fournisseur de données, montrent que les flux vers les fonds ESG ont totalisé environ 562,6 milliards de SR, soit 150 milliards de dollars (1 dollar = 0,84 euro), pour le seul dernier trimestre de 2020, soit le double de la même période en 2019, avant la pandémie. 

Mais, selon de récentes recherches, les flux d’investissement mondiaux ne sont pas égaux. Les plus gros actifs des fonds d’investissement ESG, et de loin, se trouvent en Europe, avec un total de 1 340 milliards de dollars, selon les analystes du secteur financier. Cela en comparaison de seulement 236 milliards de dollars aux États-Unis, et d’un maigre total de 65 milliards de dollars dans le reste du monde, dont le Moyen-Orient. 

«L’événement donnera des informations sur la manière de stimuler la participation des marchés émergents aux investissements ESG, et approfondira également le rôle des ESG dans les entreprises, l’investissement de détail et la politique monétaire, dans la poursuite de l’objectif d’un monde durable», a précisé le FII Institute. 

Yasir al-Rumayyan, gouverneur du Fonds d’investissement public d’Arabie saoudite, qui a intégré les principes ESG dans ses 400 milliards de dollars d’investissements mondiaux, s’adressera notamment aux délégués.  

Ces derniers écouteront également Bandar Hajjar, président de la Banque islamique de développement, et Noel Quinn, directeur général de HSBC, qui a récemment décidé de cesser d’investir dans les actifs houillers, ainsi que des cadres supérieurs d’institutions financières de premier plan en Asie et en Afrique. 

Malgré la tendance des investissements à croissance rapide dans certaines régions du monde, il existe des points de désaccord au niveau mondial sur ce qui constitue des normes ESG équitables. 

Khalid Abdallah al-Hussan, PDG de la Bourse saoudienne (Tadawul), a récemment déclaré: «Il existe plusieurs normes appliquées dans le monde, et une méthode appliquée dans un pays ne convient pas nécessairement à un autre. Les agences doivent tenir compte des critères locaux lors de l’évaluation des ESG dans les marchés émergents.» 

Cette question est particulièrement pertinente dans le golfe Arabique, où la majeure partie des investissements est comprise dans des actifs liés au pétrole et au gaz, qui ont été attaqués par des activistes des ESG avec des appels à se désengager des investissements qualifiés ade «combustibles fossiles». 

Il y a toutefois des signes que les nouveaux principes d’investissements commencent à se répandre parmi les investisseurs régionaux, en particulier ceux de la jeune génération. 

Une enquête récente de la Barclays Private Bank a révélé que près de 60% des investisseurs des family offices (sociétés de gestion de biens familiaux) arabes se dirigeaient vers des directions d’investissement plus durables, souvent en raison des préoccupations des plus jeunes membres de la famille. 

«Les conclusions du rapport montrent que 76% des personnes du Moyen-Orient qui ont participé au sondage affirment que l’investissement responsable est important pour leur famille», a précisé Rahim Daya, responsable de la banque privée pour le Moyen-Orient. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur arabnews.com 


Mort de Bernie Madoff, auteur de la plus grande escroquerie financière de l'histoire

Bernie Madoff, auteur de la plus grande escroquerie financière de l'histoire, quitte la Cour fédérale le 10 mars 2009 à New York City (Photo, AFP/ Archives)
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  • La fraude pyramidale « à la Ponzi », consistait à piocher dans les dépôts de ses nouveaux clients pour rétribuer ou rembourser des investisseurs plus anciens
  • Bernie Madoff, incarnait une nouvelle génération de financiers, plus modernes, qui capitalisaient sur le développement de l'informatique

NEW YORK: Bernie Madoff, auteur de la plus grande escroquerie financière de l'histoire, à hauteur de plusieurs dizaines de milliards de dollars, est mort à 82 ans dans le pénitencier de Caroline du Nord où il purgeait une peine de 150 ans de prison, a indiqué mercredi un porte-parole de la prison. 

La fraude pyramidale -- « à la Ponzi » -- de cette figure de la finance new-yorkaise, mise au jour en décembre 2008, consistait à piocher dans les dépôts de ses nouveaux clients pour rétribuer ou rembourser des investisseurs plus anciens. 

Le porte-parole de la prison de Butner, situé dans le nord de la Caroline du Nord, s'est refusé à communiquer la cause du décès. 

En 2020, Bernie Madoff avait demandé sa libération anticipée pour raisons médicales, laquelle lui avait été refusée en juin. Il disait être en phase terminale d'une maladie rénale et n'avoir plus que 18 mois à vivre. 

Issu d'une famille juive modeste du quartier new-yorkais du Queens, Bernard Madoff a fondé une société de courtage alors qu'il était encore à l'université, à la fin des années 1950. 

Il incarnait une nouvelle génération de financiers, plus modernes, qui capitalisaient sur le développement de l'informatique. 

Devenu une figure de Wall Street, il a offert, en plus des services de courtage (vente et achat de titres pour le compte de clients), un véhicule d'investissement, devenu rapidement un succès. 

Un nombre croissant d'investisseurs institutionnels mais aussi de particuliers fortunés, lui ont confié des milliards de dollars en gestion, séduits par la promesse d'un rendement élevé et surtout stable, dans un univers de la finance par définition imprévisible. 

Les sommes réclamées par les investisseurs qui ont saisi la justice après l'éclatement du scandale atteignaient plus de 17 milliards de dollars. En incluant les profits vantés par Bernie Madoff, qui se sont révélés virtuels, les pertes se montent à 65 milliards de dollars. 

Le fonds de recouvrement destiné à l'indemnisation des victimes de cet escroquerie sans précédent a reversé, jusqu'ici, environ 2,7 milliards de dollars. 


Les employés d'Alitalia dans la rue pour réclamer le sauvetage de la compagnie

Des salariés de la compagnie aérienne nationale Alitalia participent à une manifestation au Largo Santa Susanna près du ministère italien du Développement économique le 14 avril 2021 à Rome (Photo, AFP)
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  • Environ un millier de salariés d'Alitalia ont manifesté mercredi à Rome pour demander au gouvernement de renflouer la compagnie aérienne en grande difficulté financière
  • Les conditions que Bruxelles «dicte» pour faire redécoller la compagnie italienne sont «inacceptables, vexatoires et discriminatoires», ont dénoncé les salariés

ROME: Environ un millier de salariés d'Alitalia ont manifesté mercredi à Rome pour demander au gouvernement de renflouer la compagnie aérienne en grande difficulté financière et protester contre le « diktat » de Bruxelles, qui retarde selon eux son sauvetage. 

« Ne touchez pas à Alitalia! », « Tentez de dire aux Français de renoncer au logo Air France! » et « Un vrai pays fait voler son fleuron national au lieu de le piétiner », pouvait-on lire sur les banderoles agitées par les manifestants. 

« Les ressources financières d'Alitalia sont épuisées et il existe un risque réel que la compagnie soit clouée au sol d'ici quelques semaines », ont prévenu les syndicats Filt Cgil, Fit Cisl, Uiltrasporti et Ugl dans un communiqué. 

Les conditions que Bruxelles « dicte » pour faire redécoller la compagnie italienne sont « inacceptables, vexatoires et discriminatoires », ont-ils dénoncé. 

Parmi ces conditions figurent l'abandon de la marque « Alitalia » pour la nouvelle société publique qui doit naître de ses cendres, la vente séparée de la maintenance et des services au sol ainsi que la cession de créneaux aéroportuaires (« slots »).

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Les salariés d'Alitalia protestent contre le «diktat» de Bruxelles, qui retarde selon eux son sauvetage (Photo, AFP)

 Les négociations entre Rome et la Commission européenne sur le plan de sauvetage d'Alitalia entamées début mars sont « dans l'impasse », a reconnu il y a deux semaines le gouvernement italien. 

Sous la pression de Bruxelles, les ambitions du plan de relance d'Alitalia ont été revues à la baisse. Il est désormais question d'une flotte réduite de moitié, à 45 appareils, et d'effectifs ramenés à 4 500 salariés, voire moins, pour le secteur de l'aviation. Au total, la compagnie compte plus de 11 000 employés. 

« Des plans alternatifs sont à l'étude, il faudra tout reconsidérer » si les négociations avec Bruxelles « échouent », a indiqué mercredi le ministre du Développement économique Giancarlo Giorgetti lors d'une rencontre avec les syndicats. 

« Nous n'accepterons pas des discriminations arbitraires » de la part de Bruxelles, avait prévenu jeudi devant la presse le chef du gouvernement Mario Draghi, interrogé sur d'éventuelles inégalités de traitement par rapport à Air France. 

Bruxelles avait validé début avril un plan d'aide de 4 milliards d'euros pour Air France-KLM, durement frappée par la crise de la Covid-19.