En Israël, des coraux menacés par un accord pétrolier avec les Emirats

 Des plongeurs s'approchent d'un récif de corail lors d'une plongée dans les eaux de la mer Rouge au large des côtes de la ville portuaire d'Eilat, dans le sud d'Israël, le 9 février 2021 (Photo, AFP).
Des plongeurs s'approchent d'un récif de corail lors d'une plongée dans les eaux de la mer Rouge au large des côtes de la ville portuaire d'Eilat, dans le sud d'Israël, le 9 février 2021 (Photo, AFP).
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Publié le Lundi 15 février 2021

En Israël, des coraux menacés par un accord pétrolier avec les Emirats

  • De cette cité balnéaire située dans l'extrême-sud d'Israël, le brut devrait être acheminé par oléoduc jusqu'à Ashkelon avant d'être exporté vers l'Europe
  • Avec des infrastructures pétrolières vieillissantes, le risque de fuites est énorme, s'alarment des militants écologistes

EILAT: Dans le sud d'Israël, les coraux de la cristalline mer Rouge pourraient être au cœur du «prochain désastre écologique», alertent des militants. En cause: un accord pétrolier avec les Emirats arabes unis, résultat de la normalisation des relations entre les deux pays.

L'accord visant à acheminer le pétrole brut émirati par pétrolier vers un pipeline dans le port d'Eilat de la mer Rouge a été signé après qu'Israël ait normalisé ses relations avec les Émirats arabes unis à la fin de l'année dernière et devrait entrer en vigueur dans quelques mois. 

Avec des experts mettant en garde contre d'éventuelles fuites et déversements dans le port vieillissant d'Eilat, et le ministère israélien de la protection de l'environnement exigeant des pourparlers «urgents» sur l'accord, les militants se sont mobilisés la semaine dernière.

Ils ont organisé une manifestation dans un parking surplombant la jetée pétrolière d’Eilat contre ce qu’ils considèrent comme une catastrophe en attente de se produire, scandant que les profits seront réalisés «aux dépens des coraux».

«Les récifs coralliens sont à 200 mètres de l'endroit où le pétrole est déchargé. On nous dit que les tankers sont modernes et qu'il n'y aura pas de problème, mais les défaillances sont inévitables», Il a prédit qu'avec l'arrivée prévue de deux à trois pétroliers par semaine, le trafic sera «ininterrompu».

Cela, a-t-il dit, aurait également un impact sur l'esthétique d'une ville promouvant le tourisme écologique.

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Vue de la vie marine sur un récif de corail dans les eaux de la mer Rouge au large de la ville portuaire d'Eilat, au sud d'Israël (Photo, AFP).

«Vous ne pouvez pas vendre du tourisme vert quand vous avez des pétroliers sur le quai», a-t-il déclaré.

L'État juif et les Émirats arabes unis ont établi des liens l'année dernière dans le cadre des «Accords d'Abraham» négociés par les États-Unis.

En octobre, la société publique israélienne «Europe-Asia Pipeline Company» (EAPC) a annoncé un «protocole d'entente contraignant» avec une coentreprise israélo-émiratie (MED-RED) récemment créée, portant sur le transport maritime de pétrole émirati vers Eilat.

De cette cité balnéaire située dans l'extrême-sud d'Israël, le brut devrait être acheminé par oléoduc jusqu'à Ashkelon, plus au nord sur la côte méditerranéenne, avant d'être exporté vers l'Europe.

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Vue de la vie marine sur un récif de corail dans les eaux de la mer Rouge au large de la ville portuaire d'Eilat, au sud d'Israël (Photo, AFP).

Taggar a fait valoir que les accords bénéficiant à l'industrie des combustibles fossiles au détriment de l'environnement «ne sont pas dans l'esprit de notre époque».

«Cela aurait pu être approprié dans les années 1960 et 1970, avant que nous ne soyons un État développé», a-t-il déclaré.

Les militants affirment que l’accord a échappé à un examen réglementaire rigoureux en raison du statut de l’EAPC en tant qu’entreprise publique travaillant dans le secteur sensible de l’énergie.

Alors que les populations de coraux du monde entier sont menacées par le blanchissement causé par le changement climatique, les récifs d'Eilat sont restés stables en raison de leur résistance à la chaleur unique.

La réserve de plage de corail d’Eilat s’étend à environ 1,2 km au large de la côte de la ville, protégeant les récifs qui abritent une riche variété de vie marine.

Mais leur proximité avec le port EAPC les expose à de graves risques, a déclaré Nadav Shashar, professeur de biologie marine à l’université Ben Gourion de Beersheba.

Shashar, l'un des 230 experts qui ont adressé une pétition au Premier ministre Benjamin Netanyahu contre l'accord, a fait valoir qu'avec l'augmentation des expéditions, «le résultat sera une fuite constante de pollution par les hydrocarbures».

Suite à la conclusion de l'accord en octobre, l'EAPC a déclaré qu'il pourrait augmenter le flux de pétrole à travers Eilat de «dizaines de millions de tonnes par an».

Contactée par l'AFP, la société a refusé de discuter des détails de l'opération mais a souligné que son équipement était «à la pointe de la technologie» et aux normes internationales.

Le ministère de la protection de l'environnement a déclaré qu'il avait rempli son rôle de supervision, mais a également appelé à une «discussion urgente de tous les organes gouvernementaux concernés» pour examiner l'accord.

Les pourparlers, selon un communiqué, «examineraient tous les angles - y compris les aspects environnementaux - de l'augmentation du volume de pétrole brut transporté».

Pour Nadav Shashar a déclaré que l'objectif n'est pas de mettre terme au projet de l'EAPC mais d'«en limiter l'étendue pour faire quelque chose de gérable».

Certains militants soutiennent des opinions plus tranchées, comme Michaël Raphaël, du mouvement écologiste Extinction Rebellion.

Raphael, qui est venu au récent rassemblement armé d'un porte-voix, a déclaré qu'il visait à créer un chapitre de la rébellion d'extinction à Eilat pour résister à l'accord avec les EAU.

«Si le problème n'est pas résolu, nous devrons nous en mettre en travers des choses (...) Nous ne faisons pas que manifester, nous bloquons (des routes) et nous perturbons le travail de ceux qui polluent».


Carrefour s'engage à retirer 5.000 tonnes de plastique de ses rayons d'ici à 2030

Carrefour s'est engagé mardi à retirer 5.000 tonnes d'emballages plastique de ses magasins d'ici à 2030 au profit de matériaux plus durables et moins coûteux, et revendique avoir déjà enlevé "25.000 tonnes" de plastique de ses rayons depuis 2017. (AFP)
Carrefour s'est engagé mardi à retirer 5.000 tonnes d'emballages plastique de ses magasins d'ici à 2030 au profit de matériaux plus durables et moins coûteux, et revendique avoir déjà enlevé "25.000 tonnes" de plastique de ses rayons depuis 2017. (AFP)
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  • Carrefour veut aussi favoriser les "ventes de produits consignés" avec des prix "en moyenne 5% moins chers au litre que leur équivalent non réutilisable" et "plus de 1.000 références"
  • Objectif: 50 millions de bouteilles réutilisables ainsi commercialisées d'ici à 2030

PARIS: Bouteilles réutilisables, recharges pour les produits d'hygiène... Carrefour s'est engagé mardi à retirer 5.000 tonnes d'emballages plastique de ses magasins d'ici à 2030 au profit de matériaux plus durables et moins coûteux, et revendique avoir déjà enlevé "25.000 tonnes" de plastique de ses rayons depuis 2017.

Cette annonce survient dans "contexte de fortes tensions sur le prix et la disponibilité du plastique", dérivé du pétrole renchéri avec la guerre au Moyen-Orient, selon un communiqué du distributeur.

Le groupe compte ainsi économiser 5 millions d'euros qui seront réinvestis dans des baisses de prix pouvant aller jusqu'à 10%, est-il ajouté.

"La forte instabilité des marchés pétroliers et la hausse des éco-contributions (payées par les producteurs et distributeurs, NDLR) associées au prix des emballages ont entraîné une hausse de la tonne de plastique vierge de 50%", résume Carrefour.

Cinq actions sont prévues "dans des rayons" où le plastique reste "encore trop souvent la norme", avec l'objectif d"'initier une transformation complète" via de "nouveaux standards de marché", explique le groupe dirigé depuis 2017 par Alexandre Bompard.

Après de précédentes mesures de "déplastification" concernant les fruits et légumes, les piles, les ampoules et le textile, le distributeur promet de supprimer le suremballage plastique sur les lots promotionnels dès 2028 pour ses produits en marque propre et dès 2030 pour ceux des marques nationales.

Il entend réduire de 30% les emballages plastiques des produits d'hygiène et d'entretien "via le développement de format recharges en plastique recyclé, à un prix 10 à 20% moins cher" ou encore "de grands contenants", pour "2.000 tonnes de plastique" en moins.

Egalement au programme, un "emballage 100% papier" pour le papier hygiénique, pour une réduction de 1.500 tonnes.

Carrefour veut aussi favoriser les "ventes de produits consignés" avec des prix "en moyenne 5% moins chers au litre que leur équivalent non réutilisable" et "plus de 1.000 références". Objectif: 50 millions de bouteilles réutilisables ainsi commercialisées d'ici à 2030.

Enfin, de nouveaux emballages "associant boîte carton et fenêtre plastique" sont prévus pour les pâtisseries et viennoiseries "au rayon traditionnel".

Ces dernières semaines, des associations ont dénoncé l'omniprésence du plastique dans les supermarchés et leur recours encore trop faible à la consigne du verre pour réemploi.

Le gouvernement envisage par ailleurs la mise en place d'une consigne sur les bouteilles en plastique pour recyclage, objet d'une réunion de concertation mardi.


À Dubaï, L’Oréal accélère sa transition durable entre climat, économie circulaire et beauté inclusive

L’Oréal Middle East a réuni à Dubaï des représentants du gouvernement, des experts du développement durable et des partenaires de l’industrie à l’occasion du L’Oréal For the Future Summit 2026. (Photo: fournie)
L’Oréal Middle East a réuni à Dubaï des représentants du gouvernement, des experts du développement durable et des partenaires de l’industrie à l’occasion du L’Oréal For the Future Summit 2026. (Photo: fournie)
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  • L’Oréal Middle East a signé le UAE Climate-Responsible Companies Pledge avec le ministère du Changement climatique et de l’Environnement, consolidant son engagement en faveur de la stratégie Net Zero 2050 des Émirats arabes unis
  • Le groupe annonce l’extension de ses initiatives de beauté durable grâce au développement des solutions de recharge, tout en renforçant l’inclusion avec le don de plus de 30 dispositifs Lancôme HAPTA au centre Al Noor

DUBAÏ: L’Oréal Middle East a franchi une nouvelle étape dans sa stratégie de développement durable à l’occasion de la troisième édition du L’Oréal For the Future Summit, organisée dans ses bureaux récemment rénovés à Dubaï. Réunissant représentants gouvernementaux, experts du développement durable, partenaires du commerce de détail et acteurs de l’industrie, l’événement a été marqué par la signature du UAE Climate-Responsible Companies Pledge avec le ministère du Changement climatique et de l’Environnement (MOCCAE).

Cette signature formalise l’engagement de L’Oréal Middle East dans la stratégie nationale de décarbonation des Émirats arabes unis et dans l’objectif de neutralité carbone à l’horizon 2050. Réalisée en présence de l’ingénieure Aisha Mohamed Al Abdooli, directrice du département du Développement vert et des Affaires environnementales au sein du ministère, cette initiative illustre la volonté du groupe d’inscrire ses actions climatiques dans un cadre mesurable et transparent. 

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L’ingénieure Aisha Mohamed Al Abdooli, directrice du département du Développement vert et des Affaires environnementales au ministère du Changement climatique et de l’Environnement des Émirats arabes unis, lors du L’Oréal For the Future Summit 2026 à Dubaï. (Photo: fournie)

Pour L’Oréal, les Émirats arabes unis occupent une place centrale dans le déploiement de ses initiatives environnementales. Le pays constitue aujourd’hui un laboratoire régional pour tester et accélérer des solutions de beauté durable conciliant impact environnemental et performance économique.

Le sommet s’est tenu dans les bureaux rénovés de L’Oréal Middle East à Dubaï, conçus pour refléter concrètement les ambitions du programme « L’Oréal For the Future ». Efficacité énergétique, pratiques de travail responsables et choix de matériaux durables font de cet espace un exemple tangible de la transformation environnementale engagée par le groupe.

Lors de l’événement, L’Oréal Middle East a également annoncé le renforcement prochain de ses partenariats avec plusieurs acteurs du commerce de détail afin d’étendre l’accès aux stations de recharge de produits de beauté à travers les Émirats arabes unis.

Après une première collaboration avec BinSina Pharmacy, de nouvelles alliances stratégiques doivent permettre d’accélérer l’adoption de modèles de consommation plus circulaires et de réduire les déchets plastiques. Les solutions rechargeables sont désormais disponibles dans l’ensemble des catégories du groupe, des soins de la peau aux parfums, en passant par le maquillage et les soins capillaires.

Parmi les exemples mis en avant, le parfum rechargeable Prada Paradoxe permet de réduire l’utilisation de matériaux de 44 % pour le verre, 67 % pour le plastique, 100 % pour les métaux et 61 % pour le carton, par rapport aux formats traditionnels.

Le groupe indique également que l’ensemble de ses supports promotionnels en point de vente sont désormais éco-conçus, tandis qu’un travail est mené avec les fournisseurs pour mesurer et réduire les émissions de CO₂ tout au long de la chaîne de valeur.

Au-delà de ses ambitions environnementales, L’Oréal Middle East a réaffirmé son engagement en faveur de l’inclusion. Dans ce cadre, l’entreprise a annoncé le don de plus de 30 dispositifs Lancôme HAPTA au centre de formation Al Noor.

Présenté comme le premier applicateur de maquillage informatisé portable au monde, HAPTA a été développé pour accompagner les personnes souffrant de troubles de la motricité, d’arthrite, de la maladie de Huntington ou de séquelles liées à un accident vasculaire cérébral. Grâce à ses capteurs avancés et à sa technologie de stabilisation du mouvement, l’appareil facilite l’accès au maquillage et favorise l’autonomie des utilisatrices.

« La signature du UAE Climate-Responsible Companies Pledge démontre notre volonté de contribuer concrètement à l’ambitieux programme de durabilité des Émirats arabes unis. L’expansion de nos initiatives de recharge et de nos partenariats dans le commerce de détail permettra également de rendre les choix de beauté durable plus accessibles à un plus grand nombre de consommateurs », a déclaré Laurent Duffier, directeur général de L’Oréal Middle East.

À travers ce sommet, L’Oréal Middle East entend démontrer que leadership environnemental, innovation et croissance économique peuvent avancer de concert, tout en accélérant la transition vers une industrie de la beauté plus responsable dans la région.


La Bourse de Paris recule avec le regain de tensions au Moyen-Orient

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  • "Les tensions au Moyen-orient s'intensifient à nouveau", ce qui "complique la perspective d'un accord imminent" dans la région, s'inquiètent les analystes de la Deutsche Bank
  • Israël et l'Iran ont lancé lundi des attaques réciproques après le tir de missiles par Téhéran en direction du territoire israélien, menaçant la trêve en vigueur

PARIS: La Bourse de Paris évolue en baisse lundi, plombée par une nouvelle hausse du pétrole causée par des échanges de frappes entre Israël et l'Iran, mettant en danger le cessez-le-feu au Moyen-Orient.

Vers 9H40 (heure de paris) le CAC 40 cédait 0,76% à 8.155,97 points, soit un recul de 62,32 points. Vendredi, l'indice vedette parisien avait perdu 0,32%.

"Les tensions au Moyen-orient s'intensifient à nouveau", ce qui "complique la perspective d'un accord imminent" dans la région, s'inquiètent les analystes de la Deutsche Bank.

Israël et l'Iran ont lancé lundi des attaques réciproques après le tir de missiles par Téhéran en direction du territoire israélien, menaçant la trêve en vigueur et les espoirs de Donald Trump d'arriver à un accord pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient.

Deux mois après l'entrée en vigueur d'un cessez-le-feu précaire dans une guerre qui dure depuis 100 jours, la région menace de s'embraser une nouvelle fois, malgré les appels du président américain à la retenue adressés à Israël.

Jérusalem s'est réveillé au son des explosions et des alertes, ont constaté des journalistes AFP. L'armée a fait état de deux nouveaux barrages de missiles iraniens visant le pays, après deux premières salves la veille.

Quelques heures plus tôt, la télévision d'Etat iranienne avait rapporté des explosions à Téhéran et dans les villes de Tabriz (nord-ouest) et Ispahan (centre), au moment où l'armée israélienne annonçait que son aviation avait bombardé "des cibles militaires".

Comme à chaque regain de tension dans la région, le prix du brut augmente: vers 9H40, le baril de Brent, référence européenne, gagnait 4,95% à 97,70 dollars, et celui de West Texas Intermediate, son équivalent américain, prenait 4,58% à 94,69 dollars.

Les taux d'intérêt étaient orientés à la hausse: le rendement de la dette allemande à dix ans, référence en Europe, atteignait 3,06%, contre 3,04% vendredi soir. Son équivalent français atteignait 3,82%, contre 3?80% vendredi soir.

TotalEnergies profite de la hausse des prix du pétrole

Le groupe énergétique français TotalEnergies (+0,80% à 77,99 euros) profite de la nouvelle hausse des prix du brut.

Sanofi, un traitement anticancereux approuvé par l'UE

Le géant pharmaceutique français Sanofi (-0,56% à 77,51 euros) a annoncé lundi avoir obtenu l'approbation de la Commission européenne de son traitement anticancéreux Sarclisa en formulation sous-cutanée, via un injecteur portable, pour traiter le myélome multiple.