L'Iran accusé d’un complot visant à attaquer l'ambassade des Émirats arabes unis en Éthiopie

Les 15 suspects ont été arrêtés pour avoir planifié une attaque contre l'ambassade des Émirats arabes unis dans la capitale éthiopienne Addis-Abeba (Fichier/AFP)
Short Url
Publié le Lundi 15 février 2021

L'Iran accusé d’un complot visant à attaquer l'ambassade des Émirats arabes unis en Éthiopie

  • L’opération déjouée visait à rechercher des cibles plus faciles en Afrique pour venger l’assassinat du commandant iranien Qassem Soleimani et de Mohsen Fakhrizadeh, l’architecte du programme nucléaire iranien
  • L'Éthiopie a déclaré avoir arrêté quinze personnes au début du mois et saisi des armes et des explosifs dans le cadre d’un complot visant l'ambassade des EAU

LONDRES: L'Iran a été à l'origine d'un complot visant à attaquer l'ambassade des Émirats arabes unis (EAU) en Éthiopie, ont révélé des responsables américains et israéliens. 

Les services de renseignement iraniens ont également activé une cellule dormante à Addis-Abeba à la fin de l'année dernière, afin de recueillir des renseignements sur les ambassades des États-Unis et d'Israël, ont déclaré des responsables américains au New York Times. 

L’opération s’inscrit dans une perspective plus large de l’Iran, visant à venger l’assassinat du commandant iranien Qassem Soleimani et de Mohsen Fakhrizadeh, l’architecte du programme nucléaire iranien. Il s’agissait avec cette opération de rechercher des cibles plus faciles en Afrique. 

L'Éthiopie a déclaré avoir arrêté quinze personnes au début du mois et saisi des armes et des explosifs dans le cadre d’un complot visant l'ambassade des EAU. «Le groupe a reçu cette mission d'une cellule terroriste à l’étranger et se préparait à causer des dommages importants sur des biens et des vies humaines», a rapporté l'Agence de presse éthiopienne (EPA). Un deuxième groupe prévoyait par ailleurs d'attaquer l’ambassade des EAU au Soudan, a indiqué l'EPA. 

La connexion avec l’Iran a pu être établie à la suite de l'arrestation du chef de réseau, Ahmed Ismail, en Suède. La contre-amiral Heidi K. Berg, directrice chargée du renseignement au sein du Commandement du Pentagone pour l'Afrique, a déclaré au New York Times que l'Iran avait fomenté ce complot. «L'Éthiopie et la Suède ont permis de déjouer l’organisation de cette attaque», a-t-elle précisé. 

Un haut responsable américain de la Défense a affirmé que les arrestations étaient liées à un complot iranien, visant à assassiner l'ambassadeur américain en Afrique du Sud. Selon le New York Times, l'Iran nie avoir été impliqué dans le complot d'Addis-Abeba. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur arabnews.com 


La Jordanie condamne l'intrusion de la police israélienne à Al-Aqsa

La Jordanie a condamné mercredi la police israélienne pour avoir forcé les serrures des portes de quatre minarets de la mosquée Al-Aqsa dans le but de faire taire l'appel des musulmans à la prière. (Photo, Shutterstock)
Short Url
  • Les employés du Waqf de Jérusalem et du département des affaires d'Al-Aqsa, géré par la Jordanie, ont été harcelés pendant l'opération policière
  • Les Israéliens voulaient faire taire l'appel à la prière d'Al-Isha du ramadan pendant que des soldats priaient au mur du Buraq

AMMAN: La Jordanie a condamné mercredi la police israélienne qui a forcé les serrures des portes de quatre minarets de la mosquée Al-Aqsa dans le but de faire taire l'appel à la prière des musulmans.

Cette décision a eu lieu après que les responsables du Waqf, qui supervisent les lieux saints de Jérusalem, aient refusé d’éteindre les haut-parleurs le premier jour du ramadan. D’après eux, les Israéliens voulaient imposer le silence pendant que de nouveaux soldats priaient au mur occidental du Buraq.

Des responsables jordaniens affirment que des employés du Waqf de Jérusalem et du département des affaires d'Al-Aqsa, géré par la Jordanie, ont été harcelés pendant l'opération policière.

Daifallah Al-Fayez, porte-parole du ministère jordanien des Affaires étrangères, décrit les actions israéliennes comme une provocation contre les musulmans du monde entier, et une violation du droit international et du statu quo historique.

Al-Fayez explique que la mosquée Al-Aqsa est un lieu islamique saint «pur», et que le département du Waqf de Jérusalem est «la seule autorité» chargée de gérer toutes les affaires qui le concernent.

Une source proche du Conseil du Waqf de Jérusalem confie à Arab News que c’est «la première fois depuis 1967 que l’occupant israélien crochète les serrures pour entrer dans les minarets et couper l'électricité des haut-parleurs. Ils ont poursuivi les fonctionnaires et le personnel du Waqf qui ont refusé d’obtempérer».

Israël est signataire de nombreux traités internationaux le contraignent à respecter le caractère sacré des lieux saints.

Une sirène israélienne a retenti à Jérusalem mardi à 20 heures afin de rendre hommage aux 23 928 soldats morts au combat. L'appel à la prière d’Al-Isha dans la ville était à 20 h 29 ce jour-là.

Hanna Issa, chef du Comité islamo-chrétien pour Jérusalem, affirme à Arab News que l'action israélienne est une violation de la Convention de Rome de 1998. Il a appelé la communauté internationale à tenir Israël pour responsable.

Dimitri Diliani, président de la Coalition nationale chrétienne en Terre Sainte, estime que l'incident est une tentative d'étouffer les libertés religieuses, et représente une réelle attaque contre des lieux islamiques saints.

«De plus, il reflète la politique raciste des occupants israéliens, incapables d’accepter quiconque qui ne soit juif», a-t-il ajouté.

Ahmad Tamimi, membre du comité exécutif de l’Organisation de libération de la Palestine, a exhorté la communauté internationale à mettre fin aux violations israéliennes des lieux islamiques saints à Jérusalem.

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


«Seize ans d’échec» affectent l’attitude des électeurs palestiniens

Un employé électoral quitte le bureau de la Commission électorale centrale palestinienne à Gaza. (Photo, Reuters)
Short Url
  • Un nombre de listes indépendantes parient à présent sur un changement d’humeur des électeurs
  • «Le tribalisme n’aura pas d’importance dans ces élections, et la priorité ne sera pas accordée au programme politique»

GAZA CITY: Lors des dernières élections législatives, Muhammad Al-Astal a voté pour Muhammad Dahlan, candidat du Fatah dans la ville de Khan Yunis dans le sud de la bande de Gaza, au lieu de donner sa voix à un membre de sa famille, Yunus Al-Astal, candidat du Hamas.

Cette fois-ci, Muhammad votera à nouveau pour le Fatah lors des élections prévues le 22 mai, malgré la présence de ses proches dans les listes factions.

Aujourd’hui, bien après les dernières élections qui datent du début de 2006, 36 listes, dont sept qui appartiennent à des partis politiques et le reste formées d’indépendants, sont en lice aujourd’hui. Mais les électeurs sont exténués par des années de division interne.

En raison de l'occupation israélienne, les Palestiniens sont traditionnellement affiliés à des partis ou à de larges groupes avec des tendances politiques qui décident souvent de leur choix aux urnes.

Cependant, un nombre de listes indépendantes parient à présent sur un changement d’humeur des électeurs, en raison de ce qu’elles appellent «des années d’errance et d’échec politique».

Mohammad fait partie de ces électeurs. Il a hérité d'une affiliation au Fatah de son père et de ses frères, et il croit que ce parti est «le plus apte à diriger le peuple palestinien».

Les divergences internes au Fatah, représenté par trois listes dans les législatives, n'ont pas affecté sa position. Il soutient la liste officielle du Fatah formée par le président Mahmoud Abbas.

«Nous ne devons pas perdre de vue nos objectif, ni en votant pour des candidats sur la base de nos liens de parenté, ni pour d'autres listes. Nous avons besoin de l'unité du Fatah pour achever la continuité de la lutte et de la libération de la Palestine», déclare Mohammad à Arab News.

Les factions du Dialogue du Caire ont accepté d’adopter une représentation proportionnelle complète lors des prochaines élections, au lieu d’un système mixte des listes et des candidats. La personnalité d’un candidat n’est plus un facteur principal pour attirer les électeurs.

Les experts appellent les électeurs comme Mohammad le «bloc solide», qui est composé de ceux qui appartiennent à des partis politiques et dont les votes sont réglés en faveur de leurs listes de parti, et ne sont pas influencés par leur tribu ou leur région géographique. Ils ne font pas attention à la campagne électorale.

Mohammad n'a tenu compte, lors des dernières élections, d'aucune critique à l'encontre de Dahlan, qui dirigeait le mouvement de réforme démocratique au sein du Fatah jusqu’à sa révocation du parti en 2018. Cette fois, il a formé une liste électorale indépendante, mais Mohammad ne compte certainement pas voter pour lui.

Le Centre de vision pour le développement politique a interrogé des experts et des universitaires sur les priorités des électeurs pour une liste particulière, en demandant comment l'éducation sociale et les facteurs d'appartenance aux espaces sociaux tels que la famille et la tribu, ou à l'espace géographique comme la ville et le village, affectent les attitudes.

Le sondage arrive à la conclusion que «le tribalisme n’aura pas d’importance dans ces élections, et la priorité ne sera pas accordée au programme politique». Le facteur décisif sera l’affiliation à un parti, en plus des chances de fournir une liste qui s’intéresse en premier lieu sur le plan économique.

Samer Najm Al-Din, professeur de droit à l'Université d'Hébron en Cisjordanie, explique que «l'affiliation politique sera sans doute le principal acteur dans l'orientation de l'électeur, car il n'y a pas de Palestinien qui ne soit pas encadré intellectuellement.

«Malheureusement, les programmes électoraux détaillés des candidats en bloc n'auront pas un rôle décisif pour influencer l'électeur. Ce qui peut influer sur l’orientation des électeurs, ce sont les titres clairs ou généraux du programme électoral, tels que l’adoption de la résistance ou la prospérité économique, sans prêter grande attention aux détails. Le programme électoral qui est fondé sur des idées claires et simplifiées, faisant appel aux Palestiniens avec des gros titres attirants, est le programme qui attire l’électorat en général».

Sania Al-Husseini, professeur de sciences politiques et de relations internationales à l'Université arabe américaine de Ramallah, a indiqué: «Il ne fait aucun doute que la scène palestinienne est complexe, en particulier à l’étape actuelle, et ses priorités en matière de vote pour une liste se distinguent en fonction de la situation économique et sociale, etc…».

En ce qui concerne les conditions d'éducation sociale et les facteurs d'appartenance à une famille ou à une tribu, Al-Husseini croit que les deux auront probablement un impact sur les attitudes des électeurs, mais la nature du système existant limite ces effets, à cause du système de vote proportionnel.

Le chercheur en développement politique Thamer Sabaana estime que, sur la base des sondages d'opinion, le factionnalisme continuera à jouer un rôle crucial dans les résultats des votes.

Hussam Al-Dajani, professeur de sciences politiques à l'Université Al-Oumma à Gaza, reconnaît que «l'appartenance au parti est plus forte que l'appartenance à une tribu ou à une région géographique». Il ajoute cependant que «seize ans d’échec et d’errance politique auront décidément un impact significatif sur l’attitude des électeurs».

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Blinken dénonce la «provocation» iranienne

Le secrétaire d'État américain Antony Blinken lors d'une conférence de presse mercredi au siège de l'OTAN à Bruxelles. (Photo, AP)
Short Url
  • Blinken affirme que l'enrichissement de l'uranium remet en question le sérieux de l’Iran dans les négociations sur le nucléaire
  • Les puissances européennes ont averti Téhéran que ses actions sont «particulièrement regrettables» et «dangereuses»

WASHINGTON: Le secrétaire d'État américain Antony Blinken a qualifié mercredi l'annonce de l’Iran de son intention de commencer à enrichir de l'uranium à 60% de pureté de «provocante», affirmant que cette mesure soulevait évidemment des questions sur le sérieux de Téhéran au sujet des pourparlers nucléaires à Vienne.

L'Iran a annoncé qu'il compte enrichir l'uranium à 60%, un grand pas de plus vers les 90% de qualité militaire par rapport au maximum de 20% qu'il a atteint jusqu'à présent. Sa réaction survient à la suite ce qu'il pense être un acte de sabotage israélien contre son installation nucléaire de grande importance.

«Nous prenons très au sérieux l'annonce provocante de son intention de commencer à enrichir de l'uranium à 60%», affirme Blinken lors d'une conférence de presse au siège de l'OTAN à Bruxelles, faisant référence à l'Iran.

Les pays européens qui font partie de l'accord nucléaire iranien de 2015 ont également informé Téhéran que cette mesure est contraire aux efforts qui visent à relancer l'accord.

«Je dois vous dire que cette mesure remet en question le sérieux de l'Iran en ce qui concerne les pourparlers nucléaires, tout comme elle souligne l’importance de revenir au respect mutuel du (JCPOA)», indique Blinken, se référant à l'accord nucléaire, également connu sous le nom du Plan d'Action Global Commun.

L'accord nucléaire s'est effondré quand l'Iran a violé ses limites d'enrichissement d'uranium dans une réaction progressive au retrait des États-Unis de l'accord en 2018 et aux sanctions économiques sévères imposées par Washington contre la République islamique.

L'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a déclaré mercredi que l'Iran a «presque terminé les préparatifs» pour débuter l'enrichissement d'uranium à 60%.

La semaine dernière, l'Iran et les pays signataires de l’accord ont tenu des pourparlers «constructifs» afin de rétablir l'accord abandonné par l'ancienne administration Trump.

L'attachée de presse de la Maison Blanche, Jen Psaki, a déclaré mercredi que les pourparlers indirects à Vienne reprendront jeudi.

«Nous croyons comprendre que les Iraniens prévoient d'y assister demain. Nous sommes également très ouverts sur la façon dont ce sera un long processus. Cela se passe par des négociations indirectes, mais nous pensons toujours que c'est un pas en avant », ajoute-t-elle.

Le leader suprême iranien a rejeté mercredi les offres initiales issues des pourparlers de Vienne, pour sauver l'accord nucléaire en péril. Elles «ne valant pas la peine d'être examinées», dit-il.

Les remarques de l’ayatollah Ali Khamenei, qui a le dernier mot sur toutes les questions d’État en République islamique, surviennent après une journée au cours de laquelle le président iranien a également accru la pression sur l’accord. Les puissances européennes ont quant à elles averti Téhéran que ses actions sont «particulièrement regrettables» et «dangereuses».

 

(Avec Reuters, l’AFP et l’AP)

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com