Pétrole: Aramco optimiste sur une reprise de la demande en dépit de la pandémie

Le PDG d’Aramco, Amin Nasser, lors du lancement de l’émission public d’actions à la bourse de Riyad en décembre 2019. (SAUDI ARAMCO/AFP)
Le PDG d’Aramco, Amin Nasser, lors du lancement de l’émission public d’actions à la bourse de Riyad en décembre 2019. (SAUDI ARAMCO/AFP)
Short Url
Publié le Lundi 10 août 2020

Pétrole: Aramco optimiste sur une reprise de la demande en dépit de la pandémie

  • « Nous assistons à une reprise partielle du marché de l'énergie au cours du second semestre de 2020, alors que les pays du monde prennent des mesures pour assouplir les restrictions et redémarrer leurs économies »
  • Au cours des trois mois précédents le 30 juin, l'entreprise a affiché un bénéfice net de 6,6 milliards de dollars, contre 24,7 millions de dollars pour la même période en 2019

RIYAD: Le patron de Saudi Aramco, un géant du secteur énergétique dans le monde, s'est dit lundi optimiste quant à la croissance de la demande mondiale sur le pétrole, malgré la pandémie du nouveau coronavirus.

Le PDG d'Aramco, Amin Nasser, a indiqué que la demande mondiale s'élève actuellement à environ 90 millions de barils par jour, soit à peine 10 millions de barils de moins qu'avant la pandémie.

« En fin d'année, la demande devrait se situer au niveau de celui des années 1990 », a-t-il assuré lors d'une visioconférence de presse sur les résultats d'Aramco annoncés la veille.

La demande a été durement touchée par l'arrêt de l'économie mondiale. Elle avait chuté à un moment donné de plus de 20 millions de barils par jour.

« Bien que l'on ne sache pas encore combien de temps l'incertitude actuelle va durer, nous constatons de plus en plus que le pire de la crise pourrait être derrière nous », a déclaré M. Nasser.

« Nous assistons à une reprise partielle du marché de l'énergie au cours du second semestre de 2020, alors que les pays du monde prennent des mesures pour assouplir les restrictions et redémarrer leurs économies ».

M. Nasser a décrit la performance du deuxième trimestre d'Aramco comme la pire depuis des générations.

« En raison de la pandémie, le deuxième trimestre s'est avéré être la période la plus difficile depuis des générations, la plupart des industries ayant subi de graves perturbations », a-t-il poursuivi.

Aramco a annoncé dimanche une chute de 73% de son bénéfice net au deuxième trimestre en raison de la faiblesse des prix du pétrole et de la production.

Au cours des trois mois précédents le 30 juin, l'entreprise a affiché un bénéfice net de 6,6 milliards de dollars, contre 24,7 millions de dollars pour la même période en 2019.

Le bénéfice net d'Aramco au cours des six premiers mois de l'année a également chuté de 50%, à 23,2 milliards de dollars, contre 46,9 milliards de dollars pour la même période de l'année dernière.

M. Nasser a déclaré que la firme réduira ses investissements dans les années à venir et qu'en 2021, ils seront « nettement inférieurs » aux chiffres annoncés précédemment. Mais il a insisté sur le fait qu'Aramco ira de l'avant avec des plans visant à augmenter sa capacité de production à 13 millions de barils de pétrole par jour contre 12 actuellement.

La production de l'Arabie saoudite, premier exportateur mondial de brut, a chuté à 7,5 millions de barils par jour contre une production moyenne de 10 millions l'année dernière, après que l'alliance Opec+ a commencé à réduire sa production à un niveau record en mai.


Le pétrole bondit après les déclarations Trump sur la fin du cessez-le-feu avec l'Iran

Les contrats à terme sur le Brent ont progressé de 3,82 dollars, soit 5,15 %, pour atteindre 77,98 dollars le baril à 11h32 (heure saoudienne). (Shutterstock)
Les contrats à terme sur le Brent ont progressé de 3,82 dollars, soit 5,15 %, pour atteindre 77,98 dollars le baril à 11h32 (heure saoudienne). (Shutterstock)
  • Les prix du pétrole ont bondi de plus de 6 % après les déclarations de Donald Trump annonçant la fin du cessez-le-feu avec l’Iran
  • La reprise des tensions au détroit d’Ormuz ravive les craintes sur l’approvisionnement mondial en pétrole, malgré la poursuite possible des négociations

LONDRES: Les cours du pétrole bondissent mercredi après les déclarations de Donald Trump affirmant mettre fin au cessez-le-feu avec l'Iran, dans la foulée d'une reprise des hostilités à la suite d'attaques de bateaux dans le détroit d'Ormuz.

Vers 09H15 GMT (11H15 à Paris), le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en septembre, s'envolait de 6,45% à 78,94 dollars.

Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison en août, grimpait de 6,49% à 75,01 dollars.

Les deux références du brut évoluaient à leurs plus hauts niveaux depuis deux semaines.

Le président américain a affirmé mercredi à Ankara que le cessez-le-feu avec l'Iran était "terminé", qualifiant les Iraniens de "menteurs".

"En ce qui me concerne, c'est terminé (...) c'est juste une perte de temps de négocier avec eux, ce sont des menteurs", a-t-il affirmé, interrogé sur le cessez-le-feu avec l'Iran, qu'il a qualifié de pays "malade".

Le locataire de la Maison Blanche a toutefois laissé entendre que les négociateurs pourraient poursuivre les discussions.

Si "le prix du baril a fortement progressé" ce matin, il n'est pas revenu à ses plus hauts atteints durant la guerre, tempère John Plassard, analyste chez Cité Gestion, interrogé par l'AFP.

L'analyste voit davantage une "pause" du cessez-le-feu que sa fin, car si le président américain dit qu'il "est terminé, c'est aussi un moyen de mettre de la pression".

Donald Trump n'a, selon lui, "aucun intérêt à ce que les discussions s'arrêtent totalement", pour des raisons électorales, après avoir mis en avant les prix bas à la pompe dans sa campagne.

Trois navires ont été frappés en 24 heures dans le détroit d'Ormuz, a rapporté l'agence de sécurité maritime britannique UKMTO mardi. Le Qatar et l'Arabie saoudite ont imputé deux de ces attaques à l'Iran.

Dénonçant des "attaques iraniennes" et une "violation flagrante du cessez-le-feu", l'armée américaine a lancé une série de "frappes puissantes" contre l'Iran, touchant plus de 80 cibles, dont des systèmes iraniens de défense antiaérienne.

Ces tirs américains ont déclenché mercredi des représailles de Téhéran, qui a dit avoir attaqué des bases américaines au Koweït et à Bahreïn.

Washington a également rétabli ses sanctions économiques sur le pétrole iranien.

Le protocole d'accord, signé le 17 juin pour mettre fin à la guerre déclenchée le 28 février par l'offensive américano-israélienne contre la République islamique, prévoit la réouverture du passage stratégique d'Ormuz ainsi que la levée des sanctions américaines sur le pétrole iranien.


Le patron de TotalEnergies voit la Syrie comme une «route alternative» pour le pétrole

  • "Aujourd'hui, c'est clair que la situation sécuritaire ne permet pas encore de travailler, mais je trouve que c'est une belle initiative de venir ici, à Damas"
  • "C'est un pays qui est à la croisée des chemins dans le Moyen-Orient"

DAMAS: La Syrie peut devenir un "pays de transit important pour le pétrole qui vient d'Irak vers la Méditerranée", et offrir des "routes alternatives" au détroit d'Ormuz, a déclaré mardi à Damas le patron de TotalEnergies Patrick Pouyanné, en marge de la visite d'Emmanuel Macron.

"Aujourd'hui, c'est clair que la situation sécuritaire ne permet pas encore de travailler, mais je trouve que c'est une belle initiative de venir ici, à Damas", a-t-il dit à des journalistes juste avant l'annonce de l'explosion de deux bombes à proximité de l'hôtel où le président français avait passé la nuit.

"C'est un pays qui est à la croisée des chemins dans le Moyen-Orient", a-t-il ajouté.

Selon lui, "ce qui vient de passer avec le détroit d'Ormuz" dans le Golfe, bloqué durant la guerre américano-israélienne contre l'Iran, "lui donne également plus d'importance", "puisqu'on voit bien que maintenant, si on veut investir au Moyen-Orient, il va falloir qu'on trouve des routes alternatives".

Début avril, l'Irak avait annoncé avoir commencé à transporter du pétrole par camion à travers la Syrie en vue de sa réexportation, en raison de la fermeture du détroit d'Ormuz. L'Irak et la Syrie ont récemment évoqué un projet de restauration de l'oléoduc reliant les deux pays, fermé depuis des décennies.

TotalEnergies a conclu un mémorandum d'entente avec la Syrie pour un bloc d'exploration offshore en Méditerranée, mais n'a pas encore d'autre projet spécifique dans le pays, a souligné Patrick Pouyanné.

Sa visite à Damas, la première depuis la fin de la guerre civile en 2024, vise à "rencontrer les autorités" pour "des prises de contact", a-t-il précisé.

"Laissons au gouvernement le temps de prendre le contrôle de ce pays. Il ne faut pas trop demander" après plus de 13 ans de guerre civile, "il faut être un peu patient", a-t-il ajouté.


Saudia clarifie la vente d’anciens avions Boeing dans un contexte de rapports sur des sanctions

Photo Wikipedia (14 avril 2020) d’un Boeing 777-200 de Saudia, désormais remplacé par des appareils plus récents Airbus et Boeing. (John Taggart / Wikimedia Commons)
Photo Wikipedia (14 avril 2020) d’un Boeing 777-200 de Saudia, désormais remplacé par des appareils plus récents Airbus et Boeing. (John Taggart / Wikimedia Commons)
  • Saudia affirme que des Boeing 777-200 ont été vendus légalement à une société étrangère
  • La compagnie dit n’avoir aucun lien avec les appareils depuis la vente de juin 2023

RIYAD : Le transporteur national saoudien Saudia a clarifié samedi des informations circulant dans les médias et sur les réseaux sociaux concernant le transfert d’avions Boeing 777-200 qu’il possédait auparavant à une compagnie aérienne faisant l’objet de sanctions internationales.

Dans un communiqué publié sur la plateforme sociale X, la compagnie a indiqué que les appareils avaient été vendus le 7 juin 2023 à une société enregistrée en dehors de l’Arabie saoudite, et que la transaction avait été réalisée conformément à toutes les procédures commerciales et juridiques applicables.

« Depuis la finalisation de la vente, Saudia n’a plus aucun lien opérationnel ou commercial avec ces avions », a déclaré la compagnie, sans identifier l’acheteur ni fournir davantage de détails.

Cette déclaration intervient après des rapports et publications en ligne ayant lié d’anciens appareils de Saudia à un transporteur sanctionné, poussant la compagnie à prendre publiquement ses distances avec toute utilisation ultérieure de ces avions.

Saudia, anciennement connue sous le nom de Saudi Arabian Airlines, a été fondée en septembre 1945 et est la plus ancienne compagnie aérienne du Royaume. Selon son site internet, elle exploite actuellement une flotte d’environ 149 avions de passagers.

Sa flotte comprend 95 avions Airbus des familles A320, A321 et A330, ainsi que 54 appareils Boeing incluant les séries 777 et 787 Dreamliner. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com