Après la Covid, l'électronique va traquer l'employé et sa santé sur le lieu de travail

Ginni Rometty, PDG d'IBM, lors du New York Times Dealboo, le 6 novembre 2019 à New York. (MICHAEL COHEN / GETTY IMAGES NORTH AMERICA|)
Ginni Rometty, PDG d'IBM, lors du New York Times Dealboo, le 6 novembre 2019 à New York. (MICHAEL COHEN / GETTY IMAGES NORTH AMERICA|)
Short Url
Publié le Dimanche 21 février 2021

Après la Covid, l'électronique va traquer l'employé et sa santé sur le lieu de travail

  • Les géants de la technologie et les start-up proposent une kyrielle de solutions qui incluent la détection visuelle de signes vitaux par ordinateur
  • Les employeurs sont confrontés à un équilibre délicat entre assurer la sécurité au travail sans empiéter sur la vie privée, observe Forrest Briscoe, professeur à Penn State University

WASHINGTON : Contrôles de température, détecteurs de respect de la distanciation physique, "passeports" de santé numériques, enquêtes sur le bien-être et systèmes robotisés de nettoyage ont fait florès depuis la pandémie sur les lieux de travail alors que les entreprises cherchent à faire revenir leurs employés au bureau.

Mais ces gadgets technologiques pourraient présenter des risques pour la vie privée et le secret médical à long terme.

Les géants de la technologie et les start-up proposent une kyrielle de solutions qui incluent la détection visuelle de signes vitaux par ordinateur, celle d'appareils portables qui peuvent donner des indications précoces de l'apparition de Covid-19 sans compter les multiples applications qui surveillent les paramètres de santé. 

Salesforce et IBM se sont associés pour lancer "un laissez-passer de santé numérique" permettant aux détenteurs de partager leurs vaccinations et état de santé via leur smartphone.

Un autre système, inventé par Clear, une start-up connue pour le contrôle des aéroports, a créé son propre laissez-passer santé déjà utilisé par la Ligue nationale de hockey américaine et MGM Resorts. 

Fitbit, le spécialiste des objets connectés et propriété de Google, dispose d'un programme baptisé "Prêt à travailler" comprenant des enregistrements quotidiens des signes vitaux à l'aide des données de ses appareils.

Microsoft et le géant de l'assurance santé américaine United HealthCare ont déployé une application ProtectWell qui comprend un dépistage quotidien des symptômes, tandis qu'Amazon a déployé un "assistant à distance" dans ses propres entrepôts pour aider les employés à maintenir des distances de sécurité. 

Quelles limites ? 

Avec ces systèmes, les employés sont surveillés dès qu'ils pénètrent dans le hall d'un immeuble, dans un ascenseur, les couloirs et dans tout le lieu de travail.

La surveillance "brouille la frontière entre le lieu de travail et la vie personnelle", souligne Darrell West, vice-président à la Brookings Institution. "Cela érode les protections du secret médical pour de nombreux travailleurs".

Un rapport publié l'an dernier par le groupe de défense des consommateurs Public Citizen a identifié au moins une cinquantaine d'applications et de technologies lancées pendant la pandémie et "commercialisées comme des outils de surveillance du lieu de travail pour lutter contre Covid-19". 

Le rapport indique que certains systèmes vont jusqu'à identifier les personnes qui ne passent pas assez de temps devant un évier pour constater un lavage des mains inadéquat.

"L'intrusion dans la vie privée à laquelle sont confrontés les travailleurs est alarmante, d'autant plus que l'efficacité de ces technologies pour atténuer la propagation du Covid-19 n'a pas encore été établie", indique le rapport.

Délicat équilibre 

Les employeurs sont confrontés à un équilibre délicat entre assurer la sécurité au travail sans empiéter sur la vie privée, observe Forrest Briscoe, professeur à Penn State University. 

S'il existe, selon lui, des raisons légitimes pour exiger une preuve de vaccination, elles sont parfois en conflit avec les réglementations concernant le secret médical qui limitent l'accès d'une entreprise aux données de santé des employés. 

"Vous ne voulez pas que l'employeur accède à ces informations pour des décisions liées au travail", indique-t-il.

Certes, "l'utilisation de fournisseurs tiers permet de conserver les données séparément", a ajouté l'expert, "mais pour certaines de ces entreprises technologiques, leur modèle commercial implique la collecte de données et leur utilisation à des fins monétisables, ce qui présente un risque pour la vie privée".

Le dernier grand rendez-vous de l'électronique grand public, le Consumer Electronics Show 2021, regorgeait d'innovations par des start-up du monde entier cherchant à limiter la transmission de virus. FaceHeart, basée à Taïwan, a par exemple présenté un logiciel qui peut être installé dans des caméras pour mesurer des signes vitaux et dépister un essoufflement, une fièvre, une déshydratation, une fréquence cardiaque élevée.

Mais il y a des risques à se fier trop à des technologies qui en outre peuvent s'avérer inexactes, souligne Jay Stanley, analyste à la puissante association de défense des droits civiques ACLU.

"Les employeurs ont un intérêt légitime à protéger les lieux de travail et à maintenir les employés en bonne santé dans le contexte de la pandémie", affirme cet expert. "Mais ce qui m'inquiète, c'est que les employeurs utilisent la pandémie pour recueillir et stocker des informations de manière systématique au-delà de ce qui est nécessaire".


Israël: les militants d'une nouvelle flottille en détention après leur interception en mer

Short Url
  • Dans la nuit de mardi à mercredi, le ministère israélien des Affaires étrangères a indiqué que les 430 membres de la flottille avaient été transférés à bord de navires israéliens et faisaient route vers Israël
  • Une organisation de défense des droits humains, Adalah, a indiqué mercredi que certains d'entre eux étaient arrivés au port d'Ashdod où ils étaient détenus

ASHDOD: Les autorités israéliennes ont entamé mercredi le transfert et le placement en détention à Ashdod, dans le sud d'Israël, de centaines de militants propalestiniens arrêtés à bord d'une flottille à destination de Gaza, selon une ONG.

Les forces israéliennes avaient intercepté lundi au large de Chypre des bateaux participant à une nouvelle "flottille pour Gaza".

Dans la nuit de mardi à mercredi, le ministère israélien des Affaires étrangères a indiqué que les 430 membres de la flottille avaient été transférés à bord de navires israéliens et faisaient route vers Israël.

Une organisation de défense des droits humains, Adalah, a indiqué mercredi que certains d'entre eux étaient arrivés au port d'Ashdod où ils étaient détenus.

"Ayant mis le cap sur Gaza pour y apporter de l'aide humanitaire et contester le blocus illégal, ces participants civils ont été enlevés de force dans les eaux internationales et conduits en territoire israélien entièrement contre leur volonté" a déclaré Adalah.

Une cinquante de navires avaient quitté la Turquie la semaine dernière avec pour objectif une nouvelle tentative de briser le blocus imposé par Israël à la bande de Gaza, ravagée par deux ans de guerre.

Un porte-parole du ministère israélien des Affaires étrangères a déclaré dans la nuit de mardi à mercredi que les 430 militants pourraient rencontrer leurs représentants consulaires.

"Cette flottille s'est une fois de plus révélée n'être rien de plus qu'un coup de communication au service du Hamas", a ajouté le porte-parole, en référence au mouvement islamiste palestinien qui a mené l'attaque sans précédent contre Israël en octobre 2023, déclenchant la guerre à Gaza.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu avait dénoncé plus tôt "un plan malveillant destiné à briser le blocus (...) imposé aux terroristes du Hamas".

Neuf ressortissants indonésiens, membres de la flottille, "ont été signalés comme ayant été arrêtés par Israël", a déclaré une porte-parole du ministère indonésien des Affaires étrangères, citant des informations datées de mercredi.

L'Indonésie a appelé Israël à libérer immédiatement tous les navires et membres d'équipage. Le journal indonésien Republika avait indiqué plus tôt que deux de ses journalistes figuraient parmi les personnes interpellées.

La Turquie et l'Espagne ont condamné l'interception. Les organisateurs ont indiqué que la flottille comptait également 15 citoyens irlandais, dont Margaret Connolly, la sœur de la présidente Catherine Connolly.

Israël contrôle tous les points d'entrée vers la bande de Gaza, sous blocus israélien depuis 2007.

Pendant la guerre à Gaza, où une trêve fragile est en vigueur depuis octobre 2025, le territoire a connu de graves pénuries de nourriture, de médicaments et d'autres biens essentiels, Israël ayant parfois complètement interrompu les livraisons d'aide humanitaire.

Une précédente flottille avait été interceptée en avril dans les eaux internationales au large de la Grèce et la plupart des militants expulsés vers l'Europe. Deux d'entre eux ont été amenés en Israël, détenus pendant plusieurs jours puis expulsés.

 


Négociations Etats-Unis-Iran: nouvelle visite d'un ministre pakistanais à Téhéran

Short Url
  • Le ministre de l'Intérieur du Pakistan, pays médiateur entre les Etats-Unis et l'Iran, s'est rendu à Téhéran pour la deuxième fois en moins d'une semaine
  • "Mohsen Naqvi est venu à Téhéran pour rencontrer des responsables de la République islamique d'Iran"

TEHERAN: Le ministre de l'Intérieur du Pakistan, pays médiateur entre les Etats-Unis et l'Iran, s'est rendu à Téhéran pour la deuxième fois en moins d'une semaine, a rapporté mercredi l'agence officielle Irna, en pleine impasse dans les négociations de paix.

"Mohsen Naqvi est venu à Téhéran pour rencontrer des responsables de la République islamique d'Iran", a précisé l'agence, citant "des sources diplomatiques à Islamabad".

 

 


L'armée iranienne prévient qu'elle «ouvrira de nouveaux fronts» en cas de nouvelle attaque américaine

Donald Trump a annoncé lundi avoir renoncé à une attaque contre l'Iran prévue mardi, cela en réponse à une demande de dirigeants de pays du Golfe, et a affirmé que des "négociations sérieuses" avaient lieu. (AFP)
Donald Trump a annoncé lundi avoir renoncé à une attaque contre l'Iran prévue mardi, cela en réponse à une demande de dirigeants de pays du Golfe, et a affirmé que des "négociations sérieuses" avaient lieu. (AFP)
Short Url
  • Téhéran continue de contrôler le détroit d'Ormuz, stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures, tandis que l'armée américaine poursuit le blocus des ports iraniens
  • La quasi-paralysie du détroit a secoué l'économie mondiale, faisant flamber les cours du pétrole

TEHERAN: L'armée iranienne a averti mardi dans un communiqué qu'elle "ouvrira de nouveaux fronts" si les Etats-Unis reprennent leurs attaques contre l'Iran, interrompues depuis l'entrée en vigueur d'un cessez-le-feu le 8 avril.

"Si l'ennemi commet la bêtise de tomber à nouveau dans le piège des sionistes et de commettre une nouvelle agression contre notre Iran bien-aimé, nous ouvrirons de nouveaux fronts contre lui", a déclaré le porte-parole de l'armée Mohammad Akraminia, cité par l'agence de presse iranienne Isna.

Lundi, le président américain Donald Trump avait annoncé avoir annulé au dernier moment une nouvelle attaque contre l'Iran qui aurait dû avoir lieu mardi selon lui, tout en assurant qu'il existait de "très bonnes chances" de parvenir à un accord avec Téhéran.

Il n'avait jamais parlé de ce projet d'attaque avant ce lundi et un message sur sa plateforme Truth Social dans lequel il a expliqué avoir renoncé à une nouvelle offensive à la demande des dirigeants du Qatar, d'Arabie saoudite et des Emirats arabes unis, qui, selon lui, jugent possible la conclusion d'un accord.

Depuis l'entrée en vigueur du cessez-le-feu le 8 avril, après quasiment 40 jours de frappes, des tractations sont en cours pour tenter de trouver un accord mais les positions des deux parties restent très éloignées, notamment sur le volet nucléaire.

Une seule session de discussions entre représentants américains et iraniens a eu lieu, le 11 avril à Islamabad, se soldant par un échec.

Lundi matin, la diplomatie iranienne avait déclaré avoir répondu à une nouvelle proposition des Etats-Unis visant à sortir de l'impasse diplomatique et à mettre fin durablement à la guerre au Moyen-Orient.

Elle a réitéré ses exigences, réclamant en particulier le déblocage des avoirs iraniens gelés à l'étranger et la levée des sanctions internationales asphyxiant son économie.

Lundi, M. Trump avait estimé devant la presse qu'il avait "de très bonnes chances" de s'entendre avec l'Iran, disant observer une évolution "très positive" des tractations avec Téhéran, mais sans fournir aucun détail sur leur contenu.

Il avait toutefois assuré que les Etats-Unis se tenaient prêts à lancer une "attaque totale et à grande échelle contre l'Iran à tout moment, si un accord acceptable n'était pas trouvé" avec Téhéran.

Le chef du commandement des forces armées iraniennes, Ali Abdollahi, avait répondu en mettant en garde "les Etats-Unis et leurs alliés" contre toute nouvelle "erreur stratégique et de calcul".

L'accord en question doit assurer que l'Iran ne se dote pas de l'arme nucléaire, a écrit Donald Trump sur son réseau.

Des médias iraniens avaient déjà dénoncé les "conditions excessives" imposées par les Etats-Unis dans leur dernière offre.

Selon l'agence Fars, Washington exige que l'Iran ne maintienne qu'un seul site nucléaire en activité et transfère son stock d'uranium hautement enrichi aux Etats-Unis.

Washington a également refusé de débloquer "ne serait-ce que 25%" des avoirs ou de verser des compensations pour les dommages subis par l'Iran pendant la guerre, selon la même source.