Algérie: le président Tebboune garde la même équipe face à la contestation

Le président algérien Abdelmadjid Tebboune. (AFP)
Le président algérien Abdelmadjid Tebboune. (AFP)
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Publié le Lundi 22 février 2021

Algérie: le président Tebboune garde la même équipe face à la contestation

  • Le Premier ministre, Abdelaziz Djerad, pourtant critiqué, reste à son poste ainsi que les détenteurs des ministères régaliens, selon la liste publiée par la présidence de la République
  • Sont partants le ministre de l'Energie, Abdelamadjid Attar, chargé d'une rente pétrolière sur le déclin, et son collègue de l'Industrie, Ferhat Aït Ali, qui paie sa gestion du dossier de la relance de l'industrie automobile

ALGER : Le président algérien Abdemadjid Tebboune a procédé dimanche à un remaniement de son gouvernement, très attendu mais sans changement d'équipe majeur face au mouvement de protestation populaire du Hirak qui marque lundi son 2e anniversaire. 

Le Premier ministre, Abdelaziz Djerad, pourtant critiqué, reste à son poste ainsi que les détenteurs des ministères régaliens, selon la liste publiée par la présidence de la République.

Sont partants le ministre de l'Energie, Abdelamadjid Attar, chargé d'une rente pétrolière sur le déclin, et son collègue de l'Industrie, Ferhat Aït Ali, qui paie sa gestion du dossier de la relance de l'industrie automobile. 

Les ministres des Ressources en eau, du Tourisme, de l'Environnement et des Travaux publics quittent également le gouvernement. 

En revanche, le ministre de la Justice, Belkacem Zeghmati, symbole de la lutte anti-corruption mais aussi de la répression judiciaire contre l'opposition et les militants du Hirak, garde son portefeuille, tout comme le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement Ammar Belhimer, qui a la haute main sur les médias.

Avant de s'envoler pour Berlin début janvier, pour s'y faire soigner de «complications» post-Covid, M. Tebboune avait pourtant exprimé publiquement son insatisfaction devant l’action du gouvernement Djerad.   

«Ce remaniement concernera des secteurs qui enregistrent des déficits dans leur gestion ressentis par les citoyens et nous mêmes», avait-t-il alors promis. 

«De la poudre aux yeux ce remaniement... Il indique que rien ne va changer», a réagi dimanche un internaute sur Twitter.

«Le remaniement ne me concerne pas, ce sont les mêmes pions. C’est la même chose pour le Parlement, les nouveaux (députés) travailleront comme le régime actuel pour leurs propres intérêts. Ils ne travaillent pas pour le peuple», a déclaré à l'AFP Zaki Hannache, un militant de 33 ans.

Le président Tebboune avait auparavant dissous l'Assemblée populaire nationale (APN), la chambre basse du Parlement, ouvrant comme prévu la voie à des élections législatives anticipées dans les six mois.

M. Tebboune «a signé un décret présidentiel portant dissolution de l'Assemblée populaire nationale», dont le mandat devait expirer en 2022, a précisé la télévision nationale.

- «Poudre aux yeux» -

Aucune date n'a encore été fixée pour le scrutin. Mais la classe politique table sur le mois de juin.

Selon la Constitution, les élections doivent avoir lieu dans un délai de trois mois. Dans le cas où ces élections ne peuvent être organisées avant cette échéance, le scrutin peut être prorogé d'une durée unique de trois mois.

Dans un discours à la Nation, jeudi soir, le président Tebboune avait annoncé la dissolution de l'ANP et l'organisation d'élections locales et législatives anticipées pour faire face à la triple crise politique, économique et sanitaire qui ébranle l'Algérie.

Il avait aussi promis de remanier le gouvernement «sous les 48 heures». Un remaniement qui aura pris finalement plus de temps que prévu.  

Pour tenter de répondre à la rue, M. Tebboune avait également décrété jeudi une grâce présidentielle en faveur d'une soixantaine de détenus d'opinion, un geste d'apaisement adressé au mouvement de protestation populaire du Hirak.

Depuis, près de 40 prisonniers ont été libérés, dont l'opposant Rachid Nekkaz et le journaliste Khaled Drareni, devenu un symbole du combat pour la liberté de la presse. 

Mais malgré le discours du chef de l'Etat, des appels à manifester lundi dans tout le pays, notamment à Alger, pour l'anniversaire du Hirak, circulent sur les réseaux sociaux, après plusieurs rassemblements en province cette semaine. 

Le Hirak a dû suspendre en mars ses manifestations hebdomadaires en raison de l'épidémie de coronavirus.

Dimanche, plusieurs centaines de manifestants se sont réunis à Paris pour appeler entre autres à la libération de tous les prisonniers d'opinion et réclamer un «changement radical» du système.

Déclenché le 22 février 2019, le Hirak - mouvement de protestation populaire inédit en Algérie - avait poussé le président Abdelaziz Bouteflika, au pouvoir depuis deux décennies, à la démission deux mois plus tard. 

Le président français Emmanuel Macron a «salué l'amnistie» des détenus d'opinion et apporté «son soutien à la mise œuvre des réformes en cours» en Algérie, selon un communiqué de l'Elysée dimanche.

 

 


Les Emirats interdisent à leurs ressortissants de se rendre en Iran, au Liban et en Irak

Le drapeau des Émirats arabes unis flotte sur fond de la skyline d’Abou Dhabi. (Archive/AFP)
Le drapeau des Émirats arabes unis flotte sur fond de la skyline d’Abou Dhabi. (Archive/AFP)
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  • Les Émirats arabes unis interdisent à leurs citoyens de voyager en Iran, au Liban et en Irak en raison des tensions régionales
  • Les autorités demandent aux Émiratis présents dans ces pays de rentrer immédiatement, après des attaques de missiles iraniennes visant des infrastructures aux EAU

DUBAI: Les Emirats arabes unis ont interdit jeudi à leurs ressortissants  de se rendre en Iran, au Liban et en Irak, en invoquant l'évolution de la situation dans la région.

"A la lumière des développements régionaux actuels", le ministère des Affaires étrangères du pays a émis "une interdiction de voyager pour les ressortissants émiratis se rendant en République islamique d'Iran, en République libanaise et en République d'Irak", a rapporté l'agence de presse officielle WAM, indiquant qu'il appelait "tous les ressortissants émiratis actuellement dans ces pays à accélérer leur retour immédiat".

L'Iran a pris pour cible les Emirats, par des tirs de missiles visant des infrastructures civiles et énergétiques, lors du conflit déclenché le 28 février par l'attaque israélo-américaine contre Téhéran, avant l'annonce d'un fragile cessez-le-feu.


Liban: le président condamne les «violations persistantes» du cessez-le-feu par Israël

Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international. (AFP)
Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international. (AFP)
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  • "Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition de maisons (...), alors que le nombre de victimes (...) monte"
  • "Il faut faire pression sur Israël pour qu'il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils et les secouristes"

BEYROUTH: Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international.

"Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition de maisons (...), alors que le nombre de victimes (...) monte", a-t-il déclaré, selon un communiqué de la présidence. De nouvelles frappes israéliennes meurtrières ont visé jeudi des localités dans le sud, selon un média officiel.

"Il faut faire pression sur Israël pour qu'il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils et les secouristes", a ajouté Joseph Aoun, alors que la trêve est entrée en vigueur le 17 avril.

 


Le président iranien affirme que le blocus naval américain est «voué à l'échec»

Des jeunes filles chantent une chanson tout en mimant le mouvement des missiles avec leurs mains, à côté des portraits de l'ayatollah Khomeini, fondateur de la révolution iranienne aujourd'hui décédé, et de ses successeurs (Photo AP/Vahid Salemi)
Des jeunes filles chantent une chanson tout en mimant le mouvement des missiles avec leurs mains, à côté des portraits de l'ayatollah Khomeini, fondateur de la révolution iranienne aujourd'hui décédé, et de ses successeurs (Photo AP/Vahid Salemi)
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  • "Toute tentative d'imposer un blocus maritime est contraire aux lois internationales (...) et est vouée à l'échec"
  • Si un cessez-le-feu est en vigueur depuis le 8 avril, les Etats-Unis imposent un blocus des ports iraniens depuis le 13 avril

TEHERAN: Le président iranien a affirmé jeudi que le blocus des ports de son pays par les Etats-Unis était "voué à l'échec" et ne ferait qu'aggraver les perturbations dans le Golfe.

"Toute tentative d'imposer un blocus maritime est contraire aux lois internationales (...) et est vouée à l'échec", a assuré Massoud Pezeshkian dans un communiqué, après qu'un haut responsable de la Maison Blanche a mentionné une possible prolongation de ce blocus "pendant plusieurs mois".

Alors que ces déclarations ont contribué à provoquer un bond des cours du pétrole, le président iranien a estimé que de telles mesures de blocage "non seulement ne permettaient pas d'améliorer la sécurité régionale, mais constituaient une source de tension et une perturbation de la stabilité à long terme du golfe".

Si un cessez-le-feu est en vigueur depuis le 8 avril, les Etats-Unis imposent un blocus des ports iraniens depuis le 13 avril.

Dans ces conditions, les forces armées iraniennes ont décidé de maintenir leur contrôle sur le détroit d'Ormuz, par lequel transitait avant le conflit un cinquième des hydrocarbures consommés dans le monde.

Elles menacent de représailles si Washington ne lève pas son blocus.

"Nous ne tolérerons pas le blocus naval. S'il se poursuit, l'Iran ripostera", a averti mercredi sur la télévision d'Etat Mohsen Rezaei, ancien commandant en chef des Gardiens de la Révolution, nommé en mars conseiller militaire du nouveau guide suprême Mojtaba Khamenei.

Il a également mis en garde contre une reprise des hostilités entre l'Iran et les Etats-Unis, qui pourrait selon lui se solder par le naufrage de navires américains et la mort ou l'emprisonnement de nombreux soldats ennemis.

Et un haut responsable de la marine iranienne a évoqué le déploiement "dans un avenir très proche" d'armes navales récemment mises au point.

Le ministre du Pétrole, Mohsen Paknejad, a pour sa part minimisé l'impact du blocus mené par les Etats-Unis, assurant qu'il "ne produirait aucun résultat".

"Les employés de l'industrie pétrolière travaillent sans relâche pour garantir un approvisionnement sans problème", a-t-il dit.