Attaque contre le bureau d’un gouverneur iranien après des tirs à la frontière pakistanaise

Un membre des forces de sécurité iraniennes se tient près de la frontière avec le Pakistan (Photo, AFP).
Un membre des forces de sécurité iraniennes se tient près de la frontière avec le Pakistan (Photo, AFP).
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Publié le Jeudi 25 février 2021

Attaque contre le bureau d’un gouverneur iranien après des tirs à la frontière pakistanaise

  • La fusillade à la frontière a fait au moins deux morts et six blessés
  • Un responsable iranien accuse les forces pakistanaises d'ouvrir le feu sur des contrebandiers de carburant à la frontière avec l’Iran

KARACHI: Au moins un Pakistanais a été blessé après que les forces iraniennes ont ouvert le feu sur des contrebandiers dans une zone à la frontière de l’Iran et de la province du Baloutchistan, dans le sud-ouest du Pakistan, a affirmé mercredi un responsable pakistanais local.

L'Associated Press a rapporté que la fusillade à la frontière avait fait au moins deux morts et six blessés. L’agence de presse a cité des responsables iraniens qui ont déclaré que les forces pakistanaises avaient tiré sur plusieurs contrebandiers de carburant du côté pakistanais de la frontière près de Saravan la veille.

Mohammad Hadi Marashi, vice-gouverneur de la province du Sistan et du Baloutchistan, a également accusé les forces pakistanaises d'avoir ouvert le feu sur un groupe de contrebandiers de carburant qui tentait de rentrer en Iran, tuant un et en blessant quatre autres.

Le Pakistan a débloqué près de 20 millions de dollars pour construire une clôture le long de sa frontière de 900 km avec l'Iran, fréquemment utilisée pour le commerce ainsi que par les musulmans chiites minoritaires qui voyagent du Pakistan vers l'Iran pour des pèlerinages religieux. Mais la frontière est également le point d'entrée de militants transfrontaliers et d'un commerce illégal de carburant que les autorités ont du mal à contenir depuis des décennies.

Le journal pakistanais Dawn a rapporté que la fusillade faisait partie d’une initiative des autorités iraniennes contre les trafiquants d’essence iranienne. «Aucun Pakistanais n'est donc mort ... une seule personne de Kharan a été blessée par une balle dans la jambe, sa situation est maintenant stable», a déclaré à Arab News Abdul Razzaq Sasoli, commissaire adjoint de Panjgur, un district pakistanais limitrophe du Balouchistan, démentant les informations selon lesquelles un Pakistanais avait été tué dans cet incident.

Toutefois, un responsable des frontières a déclaré sous couvert d'anonymat qu'un Pakistani avait été tué lors de la fusillade. Arab News n’a pas pu vérifier cette affirmation du ministère des Affaires étrangères du Pakistan ou du ministre de l’Intérieur du Baloutchistan, Mir Ziaullah Langove, qui n’a pas répondu aux tentatives répétées de commentaires sur la fusillade.

Sanaullah Baloch, un député pakistanais et chef du Parti national du Baloutchistan, a déclaré que le nombre de personnes décédées et blessées était beaucoup plus élevé que ce qui avait été rapporté.

«Nous avons des rapports selon lesquels plusieurs morts et blessés ont été amenés au Panjgur et dans d'autres régions du Baloutchistan», a souligné Baloch. «J'exige une commission trilatérale composée de membres des ministères des Affaires étrangères iranien et pakistanais, de représentants baloutches et de sages pour enquêter sur cet incident malheureux afin de découvrir les raisons pour lesquelles le feu a été ouvert sur des innocents».

Téhéran n'a pas encore officiellement confirmé ou nié l'incident.

Une foule en colère a pris d'assaut le bureau d'un gouverneur de district dans le sud-est de l'Iran mardi, ont montré des images largement diffusées sur les réseaux sociaux, un jour après les tirs à la frontière.

Des affrontements violents avaient également éclaté lundi dans un poste de police de Saravan. Les gardes-frontières iraniens ont ouvert le feu sur des trafiquants de carburant qui tentaient de prendre d'assaut le poste de police, blessant plusieurs personnes, a rapporté l'AP.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Witkoff voit des «signaux forts» en faveur d'un accord avec l'Iran

Il existe des "signaux forts" que l'Iran veut passer un accord avec les Etats-Unis pour mettre fin à la guerre, a assuré jeudi l'émissaire américain Steve Witkoff. (AFP)
Il existe des "signaux forts" que l'Iran veut passer un accord avec les Etats-Unis pour mettre fin à la guerre, a assuré jeudi l'émissaire américain Steve Witkoff. (AFP)
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  • "Nous avons des signaux forts nous disant que cela est possible", a-t-il dit pendant un conseil des ministres à la Maison Blanche
  • Steve Witkoff a par ailleurs confirmé que Washington avait soumis à Téhéran "une liste de 15 points" via le gouvernement pakistanais, qui agit comme médiateur

WASHINGTON: Il existe des "signaux forts" que l'Iran veut passer un accord avec les Etats-Unis pour mettre fin à la guerre, a assuré jeudi l'émissaire américain Steve Witkoff.

"Nous avons des signaux forts nous disant que cela est possible", a-t-il dit pendant un conseil des ministres à la Maison Blanche.

Steve Witkoff a par ailleurs confirmé que Washington avait soumis à Téhéran "une liste de 15 points" via le gouvernement pakistanais, qui agit comme médiateur.

 

 


Les alliés de Washington du G7 poussent à la désescalade

Outre le Moyen-Orient, les ministres du G7 consacreront une session de travail à l'Ukraine envahie par la Russie.  "La résistance ukrainienne se porte bien et que nous allons continuer de la soutenir", a assuré jeudi Jean-Noël Barrot, rappelant que l'Europe constitue le "premier" soutien de l'Ukraine. (AFP)
Outre le Moyen-Orient, les ministres du G7 consacreront une session de travail à l'Ukraine envahie par la Russie. "La résistance ukrainienne se porte bien et que nous allons continuer de la soutenir", a assuré jeudi Jean-Noël Barrot, rappelant que l'Europe constitue le "premier" soutien de l'Ukraine. (AFP)
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  • L'Allemagne, le Canada, la Grande-Bretagne, la France, l'Italie et le Japon ont clairement signalé jeudi leur souhait de trouver une issue diplomatique à l'offensive militaire américano-israélienne en Iran
  • A son arrivée, la cheffe de la diplomatie européenne Kaja Kallas a suggéré aux Etats-Unis de mettre davantage de pression sur la Russie, estimant que les guerres en Ukraine et au Moyen-Orient étaient "étroitement liées"

ABBAYE-DES-VAUX-DE-CERNAY: Les ministres des Affaires étrangères du Groupe G7 ont entamé jeudi, sans l'Américain Marco Rubio, une réunion près de Paris avec la volonté affichée de pousser Washington à une désescalade au Moyen-Orient sans pour autant oublier l'Ukraine.

Le secrétaire d'Etat américain rejoindra vendredi matin ses homologues à l'Abbaye des Vaux-de-Cernay, près de Rambouillet, à une cinquantaine de kilomètres de Paris.

L'Allemagne, le Canada, la Grande-Bretagne, la France, l'Italie et le Japon ont clairement signalé jeudi leur souhait de trouver une issue diplomatique à l'offensive militaire américano-israélienne en Iran, qui a des répercussions économiques mondiales en raison du quasi blocage du détroit d'Ormuz par Téhéran depuis près d'un mois.

A son arrivée, la cheffe de la diplomatie européenne Kaja Kallas a suggéré aux Etats-Unis de mettre davantage de pression sur la Russie, estimant que les guerres en Ukraine et au Moyen-Orient étaient "étroitement liées".

"Nous constatons que la Russie aide l'Iran sur le plan du renseignement pour cibler des Américains, pour tuer des Américains (au Moyen-Orient), et la Russie fournit également désormais des drones à l'Iran afin que (ce pays) puisse attaquer les pays voisins ainsi que les bases militaires américaines", a-t-elle déclaré à des journalistes.

"Si l'Amérique veut que la guerre au Moyen-Orient cesse, (...) elle doit aussi exercer une pression sur la Russie afin qu'elle ne puisse pas aider (l'Iran) dans ce sens", a-t-elle souligné.

"On a des raisons de penser qu'aujourd'hui la Russie soutient les efforts militaires de l'Iran qui semblent être dirigés notamment sur des cibles américaines", a de son côté déclaré jeudi soir le ministre français Jean-Noël Barrot, lors d'une conférence de presse clôturant la première journée des discussions.

De son côté, la ministre canadienne Anita Anand a appelé le G7 à soutenir "collectivement" une désescalade au Moyen-Orient, dans un entretien à l'AFP.

"Pour le gouvernement allemand, il est très important de savoir précisément ce que nos partenaires américains comptent faire", a pour sa part souligné le ministre allemand Johann Wadephul, alors que la confusion règne sur de potentielles négociations directes entre Washington et Téhéran pour mettre fin à la guerre.

L'Iran aurait répondu à la proposition annoncée par le président américain Donald Trump, et reçue via le médiateur pakistanais, a affirmé jeudi une source citée par l'agence de presse iranienne Tasnim.

Jeudi, l'émissaire américain Steve Witkoff a quant à lui assuré qu'il existait des "signaux forts" montrant que Téhéran veut passer un accord avec les Etats-Unis.

Mercredi, la télévision d'Etat avait pourtant affirmé que l'Iran avait rejeté ce plan tandis que la Maison Blanche menaçait de déchaîner "l'enfer" sur le pays en cas d'échec des négociations.

La France, qui exerce la présidence du G7 cette année, prône elle aussi la voie diplomatique, redoutant d'être entraînée dans le conflit.

Bien que disposant de bases militaires dans les pétromonarchies du Golfe avec lesquels elle est liée par des accords de coopération de sécurité, elle a constamment souligné que sa posture était "purement défensive".

Difficile convergence de vues 

Mais cette position semble de plus en plus difficile à tenir alors que ces Etats sont visés par les frappes iraniennes, en représailles aux tirs provenant de bases américaines implantées au Moyen-Orient.

Au G7, la principale session de travail consacrée à la guerre au Moyen-Orient se tiendra vendredi.

Les chefs de la diplomatie des grands pays émergents (Inde et Brésil) ont été invités, de même que les ministres ukrainien, saoudien et sud-coréen.

L'Italie compte "promouvoir une désescalade" et assurer de "la disponibilité du gouvernement italien à contribuer aux efforts visant à garantir un passage sûr à travers le détroit d'Ormuz", selon une source diplomatique italienne.

Le Royaume-Uni et la France vont réunir cette semaine une trentaine de pays prêts à former une coalition visant à participer à la sécurisation du détroit d'Ormuz.

Outre le Moyen-Orient, les ministres du G7 consacreront une session de travail à l'Ukraine envahie par la Russie.

"La résistance ukrainienne se porte bien et que nous allons continuer de la soutenir", a assuré jeudi Jean-Noël Barrot, rappelant que l'Europe constitue le "premier" soutien de l'Ukraine.

Signe de la difficulté à faire converger les vues, cette réunion s'achèvera vendredi avec la publication d'un communiqué de la présidence française, plutôt qu'un communiqué conjoint, a indiqué une source diplomatique.

La ministérielle Affaires étrangères précèdera un G7 Finances et Energie avec les Banques centrales programmée lundi en visio-conférence.

 


Iran: Trump repousse son ultimatum au 6 avril

Donald Trump a annoncé jeudi repousser jusqu'au 6 avril son ultimatum avant d'éventuelles frappes américaines contre les centrales électriques en Iran, assurant que les discussions avec Téhéran se passaient "très bien." (AFP)
Donald Trump a annoncé jeudi repousser jusqu'au 6 avril son ultimatum avant d'éventuelles frappes américaines contre les centrales électriques en Iran, assurant que les discussions avec Téhéran se passaient "très bien." (AFP)
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  • "A la demande du gouvernement iranien", le président américain a fait savoir sur son réseau Truth Social, "je suspends pour dix jours la destruction de centrales électriques jusqu'au lundi 6 avril à 20H00, heure de Washington."
  • "Les discussions se poursuivent et, contrairement à ce que disent les médias menteurs (...), elles se passent très bien", a-t-il ajouté.

WASHINGTON: Donald Trump a annoncé jeudi repousser jusqu'au 6 avril son ultimatum avant d'éventuelles frappes américaines contre les centrales électriques en Iran, assurant que les discussions avec Téhéran se passaient "très bien."

"A la demande du gouvernement iranien", le président américain a fait savoir sur son réseau Truth Social, "je suspends pour dix jours la destruction de centrales électriques jusqu'au lundi 6 avril à 20H00, heure de Washington."

"Les discussions se poursuivent et, contrairement à ce que disent les médias menteurs (...), elles se passent très bien", a-t-il ajouté.