Une foule de Libanais soutient le patriarche maronite critiqué par le Hezbollah

Des manifestants libanais se sont rassemblés dans la cour du patriarcat maronite, au nord de Beyrouth, pour apporter leur soutien au patriarche, le 27 février 2021 (Photo, AFP)
Des manifestants libanais se sont rassemblés dans la cour du patriarcat maronite, au nord de Beyrouth, pour apporter leur soutien au patriarche, le 27 février 2021 (Photo, AFP)
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Publié le Samedi 27 février 2021

Une foule de Libanais soutient le patriarche maronite critiqué par le Hezbollah

  • Pour répondre aux critiques du Hezbollah visant le patriarche, des milliers se sont rassemblés à Bkerké, dans la cour du patriarcat maronite
  • «Vous laissez la situation telle quelle, l'Etat s'effondre, le peuple est affamé», a lancé le patriarche

BKERKÉ: Des milliers de Libanais se sont rassemblés samedi dans la cour du patriarcat maronite, au nord de Beyrouth, pour apporter leur soutien au patriarche et à ses prises de positions, critiquées par l'influent mouvement chiite du Hezbollah. 

Le patriarche Béchara Raï avait réclamé une « conférence internationale » parrainée par l'ONU pour sauver le Liban en faillite, un appel que le chef du Hezbollah Hassan Nasrallah avait dénoncé à la mi-février, estimant qu'il ouvrait la porte aux ingérences étrangères, voire à une »occupation ». 

Et alors que le Hezbollah, financé et armé par Téhéran, est militairement impliqué dans la guerre en Syrie voisine, le patriarche n'a de cesse de répéter qu'il faut éloigner le Liban des « guerres régionales ». 

Pour répondre aux critiques du Hezbollah visant le patriarche, des milliers se sont rassemblés à Bkerké, dans la cour du patriarcat maronite, plus grosse communauté chrétienne du Liban, a constaté un journaliste. 

Dans une allocution devant la foule, le patriarche a réitéré son appel à la neutralité pour que le Liban « ne soit plus victime des conflits ». 

Il a fustigé une classe politique qui depuis plus de six mois n'arrive pas à former un nouveau gouvernement, empêtrée dans des marchandages interminables. Le gouvernement actuel avait démissionné après l'explosion meurtrière et dévastatrice du 4 août au port de Beyrouth. 

« Vous laissez la situation telle quelle, l'Etat s'effondre, le peuple est affamé », a lancé le patriarche, appelant les Libanais à réagir face à « l'échec » de cette classe politique. 

Dans ce contexte de déliquescence, il a répété la nécessité d'une conférence internationale: « Tout ce que nous proposons, c'est pour revitaliser l'Etat libanais dispersé, en panne, et confisqué ». 

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Des manifestants libanais, portent des pancartes dans lesquels il est précisé « Non à l'occupation iranienne » (Photo, AFP)

Le patriarche a énuméré les objectifs, notamment « le soutien à l'armée libanaise pour qu'elle soit l'unique défenseur du Liban », critique implicite du Hezbollah, seule faction libanaise à ne pas avoir abandonné son arsenal au sortir de la guerre civile (1975-1990). 

Brandissant des drapeaux libanais, les manifestants ont scandé des slogans en faveur de l'armée, dénonçant le Hezbollah qualifié de « terroriste ». 

« #Neutralité_Souveraineté_Stabilité », pouvait-on lire sur une bannière accrochée à la façade de la grande église. 

« Nous sommes venus soutenir le patriarche dans son appel à la neutralité, nous voulons la stabilité, nous voulons que notre pays reste loin des problèmes et des guerres », a témoigné une participante, Olga Abou Mereï. 

 


L'armée libanaise annonce la mort de plusieurs militaires dans une frappe israélienne

Des habitants inspectent les dégâts sur le site d’une frappe israélienne survenue la veille dans la ville côtière de Tyr, dans le sud du Liban, le 5 juin 2026. Des frappes israéliennes menées durant la nuit sur la ville de Tyr ont fait sept morts, a indiqué à l’AFP une source de la défense civile libanaise, malgré le cessez-le-feu en vigueur dans la guerre entre Israël et Hezbollah. (Photo : Kawnat HAJU / AFP)
Des habitants inspectent les dégâts sur le site d’une frappe israélienne survenue la veille dans la ville côtière de Tyr, dans le sud du Liban, le 5 juin 2026. Des frappes israéliennes menées durant la nuit sur la ville de Tyr ont fait sept morts, a indiqué à l’AFP une source de la défense civile libanaise, malgré le cessez-le-feu en vigueur dans la guerre entre Israël et Hezbollah. (Photo : Kawnat HAJU / AFP)
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  • L’armée libanaise annonce la mort de plusieurs soldats, dont un officier, dans une frappe israélienne visant un véhicule militaire dans le sud du Liban malgré le cessez-le-feu annoncé cette semaine
  • Les combats se poursuivent entre Israël et le Hezbollah, tandis que l’armée israélienne a appelé à l’évacuation de plusieurs villages du sud et de l’est du Liban avant de nouvelles frappes

BEYROUTH: L'armée libanaise a annoncé samedi la mort de plusieurs de ses membres dans une frappe israélienne dans le sud du pays, malgré le cessez-le-feu théoriquement en vigueur.

"Plusieurs militaires, dont un officier", ont été tués "dans une attaque israélienne brutale" ayant ciblé un véhicule militaire sur la route entre Khardali et Nabatiyé, a indiqué l'armée dans un communiqué.

Sollicitée par l'AFP, l'armée israélienne a indiqué vérifier ces informations.

Mercredi, à l'issue d'une quatrième session de négociations entre le Liban et Israël à Washington, un nouvel accord de cessez-le-feu avait été annoncé, la trêve en vigueur à partir du 17 avril n'ayant jamais été respectée.

L'accord prévoit un cessez-le-feu conditionné à un "arrêt complet" des tirs du Hezbollah et un maintien à ce stade des tirs et opérations de l'armée israélienne dans le sud du Liban.

Mais le Hezbollah a rejeté cet accord, comme le précédent.

Sur le terrain, les affrontements se poursuivent.

L'armée israélienne a de nouveau appelé samedi à l'évacuation de cinq villages dans le sud et l'est du Liban en prévision de frappes contre le Hezbollah.

"Vous devez évacuer immédiatement vos domiciles et vous déplacer au nord du fleuve Zahrani", a affirmé Avichay Adraee, un porte-parole militaire arabophone, sur son compte Telegram.

Le Hezbollah a relancé les hostilités avec Israël début mars, en visant le sol israélien pour venger la mort du guide suprême iranien Ali Khamenei dans l'offensive israélo-américaine sur Téhéran.

Les frappes israéliennes sur le Liban ont fait plus de 3.560 morts depuis le début de la guerre, selon le dernier bilan des autorités. Côté israélien, 27 soldats et un contractuel civil ont été tués au Liban, d'après l'armée.


Bahreïn dénonce une "agression flagrante" après des frappes iraniennes

Des véhicules circulent sur une route dans la capitale du Bahreïn, Manama, le 11 mars 2026. (AFP)
Des véhicules circulent sur une route dans la capitale du Bahreïn, Manama, le 11 mars 2026. (AFP)
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  • Bahreïn affirme avoir intercepté sept missiles tirés lors de frappes iraniennes visant son territoire et le Koweït, qu’il qualifie d’attaque contre sa souveraineté
  • Téhéran a revendiqué des tirs de missiles en représailles à des frappes américaines, ciblant notamment une base aérienne au Koweït et un site militaire américain à Bahreïn

MANAMA: Bahreïn, déjà ciblé en début de semaine, a dénoncé samedi les frappes menées par l'Iran contre son territoire et le Koweït voisin, disant avoir intercepté sept missiles.

"Le ministère des Affaires étrangères condamne fermement ces nouvelles attaques", a-t-il écrit dans un communiqué. "Cette agression flagrante constitue une violation manifeste de la souveraineté des deux pays", a-t-il ajouté.

Les Gardiens de la Révolution iraniens avaient dit dans la nuit avoir tiré, en représailles à des frappes américaines, des missiles balistiques vers la base aérienne Ali Al-Salem au Koweït, où sont stationnés des appareils américains, et le quartier général de la Ve flotte américaine à Bahreïn.


L'Iran n'a pas à "intervenir au Liban", dit le président libanais

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  • Le président libanais Joseph Aoun a appelé l’Iran à cesser toute ingérence au Liban, affirmant la souveraineté du pays dans une interview à CNN
  • Il a également exhorté le Hezbollah à privilégier la diplomatie et la négociation comme seule voie pour résoudre le conflit avec Israël

BEYROUTH: Le président libanais, Joseph Aoun, a sommé l'Iran de ne plus "intervenir" dans son pays, dans une interview à la chaîne CNN diffusée vendredi, et affirmé au Hezbollah soutenu par Téhéran que la diplomatie était la seule solution au conflit avec Israël.

"Ce n'est pas votre pays, c'est le nôtre (...) Vous n'avez pas à intervenir dans notre pays", a lancé le dirigeant libanais à l'adresse de l'Iran.

"Le Hezbollah doit comprendre qu'il (n'y a pas) d'autre solution que de s'asseoir et de parler, pas d'autre moyen (...) de sauver ce qu'il reste sauf à travers la négociation et la diplomatie", a-t-il ajouté.