Les prières à Sainte-Sophie "déclenchent de nouveaux cas de Covid-19 en Turquie"

Environ 350 000 personnes ont envahi Sainte-Sophie le 24 juillet et la zone qui l'entoure après que le monument de l'époque byzantine a été transformé en mosquée. (Photo AP).
Environ 350 000 personnes ont envahi Sainte-Sophie le 24 juillet et la zone qui l'entoure après que le monument de l'époque byzantine a été transformé en mosquée. (Photo AP).
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Publié le Mercredi 12 août 2020

Les prières à Sainte-Sophie "déclenchent de nouveaux cas de Covid-19 en Turquie"

  • Les chiffres du gouvernement sont contestés par les professionnels de santé
  • Les médecins préviennent: plusieurs provinces sont très touchées par la pandémie

ISTANBUL: Les prières à Sainte-Sophie ont déclenché de nouveaux cas de coronavirus en Turquie car les mesures préventives n'ont pas été strictement suivies pendant la congrégation pour le culte, selon des professionnels de la santé.

Environ 350 000 personnes ont envahi Sainte-Sophie le 24 juillet et la zone qui l'entoure après que le monument de l'époque byzantine a été transformé en mosquée après avoir fonctionné pendant des décennies comme musée.

Certains des 500 invités à l'intérieur de la mosquée, y compris des parlementaires et des journalistes, ont été diagnostiqués avec la maladie. La distanciation sociale et le port de masque n’étaient pas respectés. 

Le nombre de nouveaux cas quotidiens de Covid-19 a commencé à augmenter et à dépasser 1 000 cas juste après l'Aïd Al-Adha. La décision du gouvernement de ne pas divulguer les chiffres sur le nombre de patients en soins intensifs et ceux qui sont intubés a accru l'inquiétude quant à la réalité du coronavirus dans le pays.

Les professionnels de la santé contactés par Arab News ont déclaré que la pandémie s'était aggravée au cours du mois dernier et que l'ouverture de Sainte-Sophie pour les prières sans la mise en place de précautions appropriées et strictes était une raison de la flambée.

« Suite à l'ouverture de Sainte-Sophie, nous avons également entendu parler de nombreux cas parmi les politiciens », a déclaré un médecin qui a préféré garder l'anonymat à Arab News. « Mais c'est parce qu'ils subissent un dépistage régulier tous les trois jours afin de s'assurer qu'ils sont en bonne santé.»

Le médecin, qui travaille dans un hôpital de la province anatolienne centrale de Sivas, a ajouté : « Si les citoyens ordinaires subissaient également un test similaire, les taux de cas réels seraient plus élevés. Si les choses continuent comme ça, toutes les personnes à l'hôpital seront infectées… Il pourrait même y avoir une pénurie de personnel médical qui démissionne de son travail ou tombe malade. »

Une « longue liste » de dirigeants des mondes musulman et chrétien, dont le pape François, ont été invités à la prière inaugurale à Sainte-Sophie, selon le Dr Ergin Kocyildirim, chirurgien cardiaque pédiatrique et professeur assistant au Département de chirurgie cardiaque à l'École de médecine de l'Université de Pittsburgh.

« Il semble qu'aucun d'entre eux n'a assisté à la prière, mais le coronavirus l'a fait », a-t-il déclaré à Arab News. 

Kocyildirim a annoncé qu'une visite du président Recep Tayyip Erdogan à Sainte-Sophie la semaine suivante donnait l'impression que les règles de distanciation sociale étaient difficiles à respecter à l'intérieur du monument en raison de la grande foule qui voulait voir le président ou prendre des photos.

« Je pense que ces images ont bouleversé de nombreux professionnels de la santé, car une mesure soudaine comme celle-ci pourrait ruiner les efforts de plusieurs mois pour contenir le virus. Alors que la confiance prend du temps à s'établir, elle peut être perdue rapidement », a-t-il ajouté.

Les professionnels de la santé ont averti que plusieurs provinces anatoliennes portaient le poids de la pandémie avec une forte augmentation des cas locaux depuis le début du mois de juin, lorsque les mesures anti-contagion ont été assouplies et que les voyages interurbains ainsi que les cérémonies de mariage surpeuplées ont été autorisés.

Les rapports gouvernementaux sur des cas quotidiens ont été contestés par certains professionnels de la santé et l'Association médicale turque (TTB), affirmant que le chiffre quotidien réel est supérieur à 3 000. Le ministère de la Santé a également été critiqué pour avoir ignoré la méthode de filiation comme forme de recherche des contacts entre proches afin de réduire artificiellement le nombre de cas et d'ouvrir la voie au tourisme et à la normalisation de l'activité économique.

« Quand des milliers de professionnels de la santé luttent contre la maladie, et quand des dizaines de citoyens perdent la vie à cause de la pandémie, tout le monde et en particulier les pouvoirs publics auraient dû être beaucoup plus responsables », a déclaré à Arab News Murat Emir, parlementaire du principal parti d'opposition, le Parti républicain du peuple, et un médecin de profession.

« Malheureusement, à l’ouverture de la mosquée Sainte-Sophie, des milliers de citoyens se sont rassemblés sans respecter les mesures de distanciation sociale et le port des masques. Diverses municipalités d'Anatolie ont organisé des visites en bus pour cette ouverture, et personne ne sait si elles ont reçu un code officiel du ministère de la Santé pour les voyages intérieurs ou si elles se sont mises à distance sociale pendant le transit. »

Emir a averti que de tels rassemblements où les mesures de distanciation sociale ne sont pas appliquées sont suffisants pour alimenter la propagation du Covid-19.

À ce jour, le virus a fait 5858 morts en Turquie, selon les chiffres officiels, et le pays ne figure pas encore sur la liste des pays de voyage sécurisés régulièrement mise à jour par l'UE.

Ce texte est la traduction d'un article paru sur Arabnews.com


L'Arabie Saoudite remporte un siège au Comité exécutif de la Fédération internationale des journalistes

L’Arabie Saoudite entre pour la première fois au Comité exécutif de la FIJ, renforçant sa présence dans les instances médiatiques internationales. (SPA)
L’Arabie Saoudite entre pour la première fois au Comité exécutif de la FIJ, renforçant sa présence dans les instances médiatiques internationales. (SPA)
L’Arabie Saoudite entre pour la première fois au Comité exécutif de la FIJ, renforçant sa présence dans les instances médiatiques internationales. (SPA)
L’Arabie Saoudite entre pour la première fois au Comité exécutif de la FIJ, renforçant sa présence dans les instances médiatiques internationales. (SPA)
L’Arabie Saoudite entre pour la première fois au Comité exécutif de la FIJ, renforçant sa présence dans les instances médiatiques internationales. (SPA)
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  • L’Arabie Saoudite a obtenu pour la première fois un siège au Comité exécutif de la Fédération internationale des journalistes (FIJ), via l’élection d’Adhwan Al-Ahmari, président de l’Association des journalistes saoudiens
  • Cette élection, dans un contexte très compétitif (148 pays en lice pour seulement 16 sièges), reflète une reconnaissance internationale accrue de la position du Royaume dans le secteur des médias

PARIS: L'Arabie Saoudite a réalisé un nouvel exploit en remportant un siège au Comité exécutif de la Fédération internationale des journalistes (FIJ). Cette étape est une première du genre dans l'histoire de la présence du Royaume au sein de cette entité médiatique internationale, grâce à l'élection du président de l'Association des journalistes saoudiens, Adhwan Al-Ahmari, en tant que représentant du Royaume au sein du Comité.

Cette victoire intervient dans un contexte de forte compétition internationale au sein de la fédération, à laquelle ont participé plus de 148 pays pour les sièges proposés. Seuls 16 pays ont réussi à remporter l'adhésion au Comité exécutif, ce qui reflète l'ampleur de la confiance internationale dont jouit l'Arabie Saoudite et sa position croissante dans le secteur des médias et de la presse.

Cette réalisation renforce la présence saoudienne dans les institutions médiatiques internationales et ouvre la voie à une plus grande participation à la prise de décision concernant la profession de journaliste à l'échelle mondiale, tout en transmettant l'expérience médiatique saoudienne sur les plateformes internationales.


Négociations avec Israël: le chef de la délégation libanaise va se rendre à Washington

Le président libanais Joseph Aoun (sur la photo) a rencontré vendredi le diplomate Simon Karam, chef de la délégation qui se rendra à Washington la semaine prochaine pour des discussions prévues avec Israël. (Photo d’archives/AFP)
Le président libanais Joseph Aoun (sur la photo) a rencontré vendredi le diplomate Simon Karam, chef de la délégation qui se rendra à Washington la semaine prochaine pour des discussions prévues avec Israël. (Photo d’archives/AFP)
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  • Le Liban prépare une nouvelle session de négociations de paix avec Israël à Washington, avec comme priorités la consolidation du cessez-le-feu, le retrait israélien et le rétablissement complet de la souveraineté libanaise
  • Malgré les efforts diplomatiques soutenus par Washington, les tensions restent fortes : Israël poursuit ses frappes et le Hezbollah rejette des discussions directes

BEYROUTH: Le président libanais Joseph Aoun a donné vendredi ses directives au chef de la délégation libanaise aux négociations de paix avec Israël prévues la semaine prochaine à Washington, a annoncé la présidence.

Les deux premières sessions de ces discussions destinées à aboutir à un accord de paix s'étaient tenues aux Etats-Unis au niveau des ambassadeurs des deux pays, toujours en état de guerre.

Joseph Aoun a reçu Simon Karam, un diplomate chevronné, et "lui a donné ses directives" avant la réunion prévue le 14 mai, selon un communiqué de la présidence.

M. Karam "va se rendre bientôt à Washington", a indiqué une source officielle à l'AFP.

L'ambassadrice libanaise à Washington, le chargé d'affaires adjoint et "un militaire" feront partie de la délégation, a précisé cette source.

"Le Liban attend de ces négociations trois objectifs essentiels: consolider le cessez-le-feu, obtenir le retrait d'Israël (...) et étendre l'entière souveraineté de l'Etat sur le territoire national", a déclaré le ministre des Affaires étrangères, Youssef Raggi, vendredi dans un communiqué.

La première réunion entre les deux pays, qui n'entretiennent pas de relations diplomatiques, s'était tenue le 14 avril à Washington. Il s'agissait de la première rencontre de ce type depuis 1993.

Le président américain Donald Trump avait annoncé, à l'issue de la seconde réunion organisée à la Maison Blanche, une prolongation de trois semaines du cessez-le-feu en vigueur depuis le 17 avril entre les deux pays.

Il avait alors dit s'attendre à ce que les dirigeants israélien Benjamin Netanyahu et libanais Joseph Aoun se rencontrent "dans les semaines à venir".

Mais le président Aoun a affirmé lundi qu'un accord de sécurité et la "fin des agressions israéliennes" devaient précéder toute rencontre.

Le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio avait dit mardi qu'il n'y avait "aucun problème entre les gouvernements libanais et israélien", affirmant que le Hezbollah constituait la pierre d'achoppement.

"Je pense qu'un accord de paix entre Israël et le Liban est rapidement accessible", a ajouté le secrétaire d'Etat américain.

Le mouvement Hezbollah, qui a entraîné le Liban dans la guerre le 2 mars en soutien à son allié iranien, est opposé à ces pourparlers et s'est prononcé pour des négociations indirectes.

Malgré la trêve, Israël poursuit ses frappes qui ont fait plus de 2.700 morts depuis le 2 mars, tandis que le Hezbollah revendique également des attaques contre Israël.


Liban: frappes israéliennes sur plusieurs localités du sud malgré la trêve

L'aviation israélienne vise jeudi plusieurs localités du sud du Liban, selon un média d'Etat et des correspondants de l'AFP, au lendemain d'une frappe sur la banlieue sud qui a tué un responsable militaire du Hezbollah pro-iranien. (AFP)
L'aviation israélienne vise jeudi plusieurs localités du sud du Liban, selon un média d'Etat et des correspondants de l'AFP, au lendemain d'une frappe sur la banlieue sud qui a tué un responsable militaire du Hezbollah pro-iranien. (AFP)
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  • La ville de Nabatiyé a été particulièrement touchée, avec des frappes sur le centre commercial et des immeubles résidentiels, selon un correspondant de l'AFP
  • Les frappes israéliennes, qui se poursuivent malgré une trêve entrée en vigueur le 17 avril, ont également visé plusieurs autres régions du sud, selon l'Agence nationale d'information (ANI, officielle)

NABATIYE: L'aviation israélienne vise jeudi plusieurs localités du sud du Liban, selon un média d'Etat et des correspondants de l'AFP, au lendemain d'une frappe sur la banlieue sud qui a tué un responsable militaire du Hezbollah pro-iranien.

La ville de Nabatiyé a été particulièrement touchée, avec des frappes sur le centre commercial et des immeubles résidentiels, selon un correspondant de l'AFP.

Les frappes israéliennes, qui se poursuivent malgré une trêve entrée en vigueur le 17 avril, ont également visé plusieurs autres régions du sud, selon l'Agence nationale d'information (ANI, officielle).

L'armée israélienne a ordonné jeudi aux habitants de trois villages du sud, situés loin de la frontière, d'évacuer.

Sur la route menant du village de Toul à Nabatiyé, une ambulance de Comité islamique de la santé, affilié au Hezbollah, a été visée, et deux secouristes blessés, a indiqué à l'AFP le porte-parole de l'organisation, Mahmoud Karaki.

Mercredi, 11 personnes avaient été tuées dans des frappes sur le sud et l'est du Liban, selon le ministère de la Santé.

D'autre part, quatre soldats israéliens ont été blessés dans le sud, dont un grièvement, mercredi, par un drone explosif, selon un communiqué militaire israélien publié jeudi.

Le Hezbollah revendique des attaques contre les forces israéliennes qui occupent des zones du sud du pays, malgré la trêve.

Mercredi soir, une frappe avait visé pour la première fois depuis près d'un mois la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah.

Le porte-parole de l'armée israélienne en arabe a affirmé jeudi que le chef de l'unité d'élite du Hezbollah, la force al-Radwan, "Ahmad Ghaleb Ballout", avait été tué dans cette frappe.

Une source proche du Hezbollah avait indiqué à l'AFP que Ballout, chef des opérations de la force al-Radwan selon elle, avait été tué. La formation pro-iranienne n'a pas confirmé.

Jeudi matin, les secouristes continuaient de rechercher des victimes dans les décombres de l'immeuble visé dans la banlieue sud, selon un photographe de l'AFP.

Les étages supérieurs de l'immeuble ont été soufflés.

Les frappes israéliennes au Liban ont fait plus de 2.700 morts, plus de 8.200 blessés et un million de déplacés depuis début mars.