2020, l'année où le jeu vidéo a explosé en France

Détail de la manette de jeu d'une personne jouant à des jeux vidéo lors d'un cours d'été gratuit d'Esport pour les jeunes à Boulogne-Billancourt le 22 juillet 2020. (BERTRAND GUAY / AFP)
Détail de la manette de jeu d'une personne jouant à des jeux vidéo lors d'un cours d'été gratuit d'Esport pour les jeunes à Boulogne-Billancourt le 22 juillet 2020. (BERTRAND GUAY / AFP)
Short Url
Publié le Mercredi 03 mars 2021

2020, l'année où le jeu vidéo a explosé en France

  • Les Français ont, de loin, dépensé plus en consoles et en jeux qu'en livres
  • "Le Covid-19 a eu un impact sur le temps de jeu des Français et les dépenses en jeu. On a plus joué, donc on a dépensé plus", a expliqué Julie Chalmette

PARIS : Une année 2020 "record" pour le marché français du jeu vidéo: l'industrie vidéoludique a enregistré un chiffre d'affaires en hausse de 11,3%, porté notamment par l'effet confinement, les ventes de consoles et le succès de titres stars comme Fifa 21 et Animal Crossing.

Après avoir connu un léger repli l'an précédent (-2,7%), les ventes totales de matériel, PC et consoles, de jeux - y compris sur le mobile - et d'accessoires ont atteint en 2020 un chiffre d'affaires de 5,3 milliards d'euros, a annoncé le Syndicat des éditeurs de logiciels (SELL) dans son bilan annuel, "l'Essentiel du jeu vidéo", publié mercredi. 

Les Français ont, de loin, dépensé plus en consoles et en jeux qu'en livres (un marché qui pesait près de 4 milliards d'euros en 2020, selon Gfk).

"Le Covid-19 a eu un impact sur le temps de jeu des Français et les dépenses en jeu. On a plus joué, donc on a dépensé plus", a expliqué à l'AFP la présidente du SELL Julie Chalmette.

Dans un contexte sanitaire où les loisirs étaient peu nombreux, le jeu vidéo est lui resté accessible au plus grand nombre. Lors du premier confinement du mois de mars, le temps de jeu hebdomadaire a par exemple augmenté de 1h20 pour largement dépasser les 9 heures par semaine.

"Le jeu vidéo a tenu son rôle de divertissement, de loisir, et d'échappatoire. Cela a été l'occasion pour un certain nombre de personnes de découvrir, ou redécouvrir, que le jeu vidéo pouvait avoir un rôle positif, en permettant notamment aux gens de conserver un lien social et de traverser cette crise d'une manière un peu plus positive", observe Mme Chalmette.

Fifa 21 devance Animal Crossing 

Avec 2,7 milliards d'euros en 2020, le chiffre d'affaires généré par l'écosystème des consoles (comprenant les jeux et accessoires) a progressé de 10% sur un an. Il représente toujours plus de la moitié (51%) du marché total.

A eux seuls, les revenus générés par les ventes de consoles ont augmenté de 11%, sous l'effet notamment du succès de la Switch (Nintendo) et de l'arrivée sur le marché de la nouvelle génération des consoles Sony (PlayStation 5) et Microsoft (Xbox Series), dotées de performances accrues, depuis la fin de l'année.

Sur les ventes de jeux, qui représentent 1,76 milliards d'euros de revenus, le dématérialisé a connu une année faste avec une croissance de 19,1% en un an, sous l'effet de la crise sanitaire. Au contraire des ventes physiques, qui ont connu un repli de 3,2%, alors que de nombreux magasins spécialisés ont été fermés.

Parmi les jeux les plus plébiscités, c'est (encore) Fifa 21 qui s'est le mieux vendu en 2020 avec 1,324 million d'exemplaires écoulés, toutes plateformes confondues (hors données de ventes dématérialisées Nintendo). 

La simulation de football d'Electronic Arts, habituée à occuper la tête du classement depuis 2013, devance Animal Crossing: New Horizons (1,08 million), titre ayant connu un très fort engouement notamment pendant le premier confinement.

En progression de 16%, le marché du mobile a également connu un niveau historique en 2020, pour atteindre 1,43 milliard d'euros. Il devance en revenus l'écosystème PC, qui a généré 1,18 milliard d'euros (+8,9%) sur l'année.

Dans le segment mobile, ni ventes physiques, ni accessoires, ni matériels spécifiques encore marginaux: tous les revenus proviennent des ventes dématérialisées et des micro-dépenses au sein des jeux.

Si le studio finlandais Supercell (Clash of Clans, Brawl Stars), détenu par le géant chinois du numérique Tencent, domine le classement des téléchargements, c'est l'éditeur français Voodoo (Helix Jump, Crowd City) qui est N.1 au classement des dépenses.


« Marché stratégique » : PepsiCo souligne le rôle de l’Arabie saoudite dans sa croissance mondiale

Le PDG des boissons internationales chez PepsiCo, Eugene Willemsen, à Djeddah. (Fourni)
Le PDG des boissons internationales chez PepsiCo, Eugene Willemsen, à Djeddah. (Fourni)
Short Url
  • PepsiCo considère l’Arabie saoudite comme un marché stratégique majeur, avec des investissements continus et un fort alignement sur la Vision 2030
  • L’entreprise accélère l’innovation (IA, R&D, produits sans sucre) pour répondre à l’évolution des consommateurs et renforcer sa croissance régionale

RIYAD : PepsiCo considère l’Arabie saoudite comme un marché « stratégique » offrant des opportunités croissantes d’investissement et d’innovation, alors que le Royaume demeure une cible clé pour l’entreprise.

La société affirme s’être étroitement alignée sur les objectifs à long terme du Royaume, en s’appuyant sur une présence qui s’étend sur près de sept décennies.

« Nous opérons dans le Royaume depuis presque 70 ans », a déclaré Eugene Willemsen, PDG des boissons internationales chez PepsiCo, à Arab News. « Nous avons immédiatement adopté la Vision 2030 dès son lancement et avons clairement indiqué que nous voulions en faire partie, mais aussi y contribuer activement. »

Il a souligné plusieurs domaines dans lesquels PepsiCo a élargi son rôle, notamment en renforçant l’intégration des talents saoudiens et féminins, en faisant évoluer son portefeuille de produits et en soutenant des initiatives favorisant des modes de vie plus actifs.

« Nous nous voyons comme un contributeur à la Vision 2030… et nous nous réjouissons de continuer à le faire avec l’ensemble de nos activités en Arabie saoudite », a-t-il ajouté. 

--
Le PDG des boissons internationales chez PepsiCo, Eugene Willemsen, à Riyad. (Fourni)

L’Arabie saoudite est l’un des marchés les plus importants de PepsiCo à l’échelle mondiale, soutenu par de solides capacités locales et des partenariats de longue date.

« C’est un marché très important pour PepsiCo. C’est un marché stratégique pour nous », a déclaré Willemsen. « Nous disposons de capacités très solides et avancées en marketing, dans les domaines commerciaux et dans la chaîne d’approvisionnement, que nous pouvons exploiter à l’échelle de notre réseau international. »

Il a également mis en avant le rôle des partenaires d’embouteillage locaux, évoquant des relations « qui remontent à plusieurs décennies » et offrant des « capacités exceptionnelles » au bénéfice de l’ensemble du système PepsiCo.

L’entreprise emploie environ 9 000 personnes dans ses opérations en Arabie saoudite et a continué d’étendre sa présence locale. Parmi les investissements récents figure un nouveau centre de recherche et développement dans le quartier financier King Abdullah à Riyad, développé en collaboration avec son activité snacks.

« Il s’agit d’un investissement d’environ 30 millions de riyals saoudiens (8 millions de dollars) », a précisé Willemsen, ajoutant que ce centre vise à développer des produits adaptés aux besoins locaux et potentiellement intégrant des cultures locales, avec des applications pouvant s’étendre à l’ensemble du Moyen-Orient.

L’évolution des préférences des consommateurs influence également la stratégie de PepsiCo dans le Royaume, notamment avec une demande croissante pour des options plus saines.

« Nous avons fortement mis l’accent sur les offres sans sucre ici en Arabie saoudite, et nous avons observé un changement significatif vers le zéro sucre », a-t-il expliqué. « Les consommateurs, tous âges et profils confondus, recherchent des options permettant de réduire leur consommation de sucre. »

Parallèlement, l’hydratation est une priorité majeure, notamment en raison du climat du Royaume. Willemsen a évoqué des opportunités d’élargir les produits contenant des électrolytes, destinés aussi bien aux consommateurs actifs qu’à un usage quotidien.

PepsiCo intensifie également l’utilisation de l’intelligence artificielle dans ses opérations, de l’agriculture au développement de produits.

« Nous voulons être parmi les leaders dans l’adoption de l’IA dans le secteur des biens de consommation », a déclaré Willemsen. « L’IA permet de tester et valider des concepts beaucoup plus rapidement, de développer des produits plus vite et de les lancer plus rapidement sur le marché. »

Il a précisé que l’IA est utilisée dans les opérations agricoles mondiales de l’entreprise pour aider les agriculteurs à optimiser l’utilisation de l’eau, l’application d’engrais et les rendements.

Concernant les chaînes d’approvisionnement, Willemsen a indiqué que l’entreprise se concentre sur le renforcement de la résilience locale face à la volatilité mondiale.

« Notre objectif à travers le monde est de créer des chaînes d’approvisionnement aussi locales que possible », a-t-il déclaré. « Nous avons développé une grande résilience et agilité pour faire face à différents scénarios. »

Malgré l’incertitude mondiale, il s’est dit confiant quant aux perspectives à long terme du marché saoudien.

« Le marché saoudien est en lui-même très résilient », a-t-il affirmé. « Parce qu’il évolue rapidement, il continue d’offrir des opportunités d’innovation et de réponse aux besoins changeants des consommateurs. »

Il a ajouté : « Il existe une forte résilience intrinsèque en Arabie saoudite, ce qui nous donne confiance dans le fait que ce pays continuera à croître et à prospérer. » 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


L’euro numérique, un enjeu stratégique de souveraineté européenne

Dans un contexte où près d’un Européen sur dix détient déjà des actifs numériques décentralisés, la question demeure : l’euro numérique parviendra-t-il à s’imposer comme une alternative crédible et à renforcer l’indépendance financière de l’Europe ? (AFP)
Dans un contexte où près d’un Européen sur dix détient déjà des actifs numériques décentralisés, la question demeure : l’euro numérique parviendra-t-il à s’imposer comme une alternative crédible et à renforcer l’indépendance financière de l’Europe ? (AFP)
Short Url
  • À la suite de l’émission d’un mandat d’arrêt contre le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou par la Cour pénale internationale, plusieurs juges de l’institution ont été visés par des sanctions américaines
  • Résultat : certains se sont retrouvés dans l’incapacité d’utiliser leurs cartes bancaires, y compris sur le territoire européen, révélant la portée extraterritoriale du système financier dominé par les États-Unis

PARIS: Derrière l’écrasante majorité des paiements par carte en Europe se cachent deux acteurs américains incontournables : Visa et Mastercard. Cette dépendance structurelle du système de paiement européen a récemment été mise en lumière par un épisode aux répercussions politiques et juridiques sensibles.

À la suite de l’émission d’un mandat d’arrêt contre le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou par la Cour pénale internationale, plusieurs juges de l’institution ont été visés par des sanctions américaines. Résultat : certains se sont retrouvés dans l’incapacité d’utiliser leurs cartes bancaires, y compris sur le territoire européen, révélant la portée extraterritoriale du système financier dominé par les États-Unis.

Cet incident illustre les vulnérabilités de l’Europe en matière de souveraineté financière. Pour y remédier, l’Union européenne accélère ses travaux sur un projet d’euro numérique. Cette monnaie digitale, émise directement par la Banque centrale européenne, ambitionne de garantir une autonomie accrue face aux infrastructures de paiement étrangères et de se prémunir contre d’éventuelles sanctions extérieures.

Mais le projet suscite des inquiétudes au sein du secteur bancaire. Les établissements privés redoutent une migration des dépôts vers cette monnaie publique, qui pourrait réduire leurs ressources et, par conséquent, leurs revenus liés aux services bancaires.

Dans un contexte où près d’un Européen sur dix détient déjà des actifs numériques décentralisés, la question demeure : l’euro numérique parviendra-t-il à s’imposer comme une alternative crédible et à renforcer l’indépendance financière de l’Europe ?


Dispositif pour les carburants: la France «n'a pas les moyens d'amortir les crises», estime Larcher

Le ministre français de l'Économie, des Finances et de l'Industrie, Roland Lescure, s'adresse à la presse à l'issue d'un conseil des ministres consacré à l'énergie, à l'Hôtel de Matignon à Paris, le 21 avril 2026. (Photo : Kenzo TRIBOUILLARD / AFP)
Le ministre français de l'Économie, des Finances et de l'Industrie, Roland Lescure, s'adresse à la presse à l'issue d'un conseil des ministres consacré à l'énergie, à l'Hôtel de Matignon à Paris, le 21 avril 2026. (Photo : Kenzo TRIBOUILLARD / AFP)
Short Url
  • "Nous n'avons pas les moyens d'amortir les crises et de faire face dans un pays qui est déjà surendetté et surfiscalisé", a affirmé sur BFMTV Gérard Larcher
  • "Cette réalité-là, elle ne donne pas au gouvernement d'autres marges de manœuvre que de faire ce qu'il est possible de faire en direction de certaines catégories", a expliqué le président du Sénat, écartant une baisse de la TVA comme le demande le RN

PARIS: Le président LR du Sénat Gérard Larcher a estimé mercredi que la France "n'a pas les moyens d'amortir les crises" au lendemain de la présentation par le Premier ministre Sébastien Lecornu d'un "dispositif d'accompagnement" pour les "grands rouleurs" touchés par la hausse du prix du carburant.

"Nous n'avons pas les moyens d'amortir les crises et de faire face dans un pays qui est déjà surendetté et surfiscalisé", a affirmé sur BFMTV Gérard Larcher.

"Cette réalité-là, elle ne donne pas au gouvernement d'autres marges de manœuvre que de faire ce qu'il est possible de faire en direction de certaines catégories", a expliqué le président du Sénat, écartant une baisse de la TVA comme le demande le RN.

Il a tenu Emmanuel Macron pour responsable de cette situation: "On paye le quoi qu'il en coûte, on paye un ensemble d'engagements où on n'a pas réduit la dépense publique, on n'a pas réformé l'État", a-t-il expliqué. "C'est quelque part le bilan de deux quinquennats d'Emmanuel Macron", a-t-il souligné, estimant que le chef de l'Etat a laissé la France en situation "d'hypoxie".

Sur la situation financière du pays, Gérard Larcher a précisé que le Sénat, contrôlé par une majorité de droite et du centre, présentera pour le budget 2027 "une proposition au gouvernement (...) à la fin du mois de juin".

L'exécutif a annoncé mardi une aide à trois millions de "travailleurs modestes grands rouleurs", et le renforcement du soutien aux pêcheurs et agriculteurs.