Tunisie : Le FMI souligne la nécessité d’un nouveau pacte social pour relancer l'économie

Des Tunisiens achètent du poisson au marché municipal de la ville tunisienne centrale de Sidi Bouzid le 28 octobre 2020. FETHI BELAID / AFP
Des Tunisiens achètent du poisson au marché municipal de la ville tunisienne centrale de Sidi Bouzid le 28 octobre 2020. FETHI BELAID / AFP
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Publié le Jeudi 04 mars 2021

Tunisie : Le FMI souligne la nécessité d’un nouveau pacte social pour relancer l'économie

  • Les acteurs politiques, économiques et sociaux doivent aborder la question des réformes « avec un esprit ouver t», explique Chris Geiregat
  • L’adoption d’un nouveau programme de financement pluriannuel pour la Tunisie n’est pas encore à l’ordre du jour

TUNIS: Les acteurs politiques, économiques et sociaux doivent aborder la question des réformes « avec un esprit ouvert » et « savoir qu’elles doivent faire des concessions », insiste Chris Geiregat, chef de mission du Fonds monétaire international (FMI) pour la Tunisie.

Coupé depuis près d’un an et demi à la Tunisie, le robinet du FMI n’est pas près de se rouvrir. Certes, le bras financier de la communauté internationale a accordé à ce pays, au mois d’avril 2020, un prêt de 745 millions de dollars (soit 615 millions d’euros) « pour lui permettre de répondre aux besoins urgents de financement du budget et de la balance des paiements causés par la pandémie de Covid-19 ». Toutefois, l’adoption d’un nouveau programme de financement pluriannuel n’est pas encore à l’ordre du jour.

Chris Geiregat l’a confirmé mardi 2 mars dernier, en déclarant lors d’un briefing de presse à distance – Covid-19 oblige – que les récents échanges avec le gouvernement tunisien n’avaient pas pour objet la négociation d’un nouvel accord, mais uniquement « la prise du pouls économique du pays ». Car la situation qui avait amené le fonds, au mois de décembre, à suspendre le paiement des deux dernières tranches – totalisant 1,2 milliard sur un prêt de 2,8 milliards de dollars (2,31 milliards d’euros) accordé en avril 2016 – n’a pas changé d’un iota: les réformes décidées alors n’ont pas été mises en œuvre.

Sortir de l'impasse

Pour sortir de cette impasse, le FMI suggère au gouvernement d’élaborer un « ambitieux plan de réformes » et d’organiser un débat national afin de convaincre tous les acteurs politiques, économiques et sociaux de l’approuver et de se l’approprier.

Dans son dernier rapport sur la Tunisie, publié le 2 février, le fonds rappelle les défis auxquels le pays est aujourd’hui confronté: dans l’immédiat, «sauver les vies et préserver les conditions de vie, ce qui, en raison du manque d’espace politique fiscal, nécessitera une priorisation des dépenses». Et, à moyen terme: « D’un côté, soutenir la reprise, atténuer les inégalités sociales, promouvoir une croissance inclusive créatrice d’emplois et entraînée par le secteur privé; de l’autre, réduire les importants déséquilibres et restaurer la durabilité fiscale et externe. »

Pour cela, il faudra « renforcer le filet social », réformer les entreprises publiques, améliorer la gouvernance, lutter contre la corruption et promouvoir la compétition dans le domaine économique.

Les réformes seront difficiles

Le responsable du FMI ne le cache pas: les réformes seront difficiles et « le coût de l’ajustement peut être difficile à supporter à court terme ».

Pour pouvoir l’engager, il faudra, d’après Chris Geiregat, « gagner la confiance de la société en améliorant la gouvernance et en luttant contre la corruption ». Ensuite, les autorités – dont le responsable du FMI a pointé les lacunes en matière de communication – devront commencer par expliquer à la population « la gravité de la situation économique » et « la nécessité d’une nouvelle direction économique », ainsi que ce qu’elle a à y gagner. «Les Tunisiens ne peuvent accepter de difficiles réformes s’ils n’en voient pas les bénéfices», souligne-t-il.

Inexistante jusqu’ici, l’appropriation des réformes par les Tunisiens « est plus importante qu’elle ne l’a pas été par le passé. Car le succès en dépend », indique Chris Geiregat.

Pour finir, s’adressant aux acteurs politiques, économiques et sociaux – et notamment l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), le syndicat historique –, le monsieur Tunisie du FMI insiste sur le fait que « toutes les parties » doivent aborder la question des réformes «avec un esprit ouvert » et « savoir qu’elles doivent faire des concessions ».


Le pétrole bondit après les déclarations Trump sur la fin du cessez-le-feu avec l'Iran

Les contrats à terme sur le Brent ont progressé de 3,82 dollars, soit 5,15 %, pour atteindre 77,98 dollars le baril à 11h32 (heure saoudienne). (Shutterstock)
Les contrats à terme sur le Brent ont progressé de 3,82 dollars, soit 5,15 %, pour atteindre 77,98 dollars le baril à 11h32 (heure saoudienne). (Shutterstock)
  • Les prix du pétrole ont bondi de plus de 6 % après les déclarations de Donald Trump annonçant la fin du cessez-le-feu avec l’Iran
  • La reprise des tensions au détroit d’Ormuz ravive les craintes sur l’approvisionnement mondial en pétrole, malgré la poursuite possible des négociations

LONDRES: Les cours du pétrole bondissent mercredi après les déclarations de Donald Trump affirmant mettre fin au cessez-le-feu avec l'Iran, dans la foulée d'une reprise des hostilités à la suite d'attaques de bateaux dans le détroit d'Ormuz.

Vers 09H15 GMT (11H15 à Paris), le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en septembre, s'envolait de 6,45% à 78,94 dollars.

Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison en août, grimpait de 6,49% à 75,01 dollars.

Les deux références du brut évoluaient à leurs plus hauts niveaux depuis deux semaines.

Le président américain a affirmé mercredi à Ankara que le cessez-le-feu avec l'Iran était "terminé", qualifiant les Iraniens de "menteurs".

"En ce qui me concerne, c'est terminé (...) c'est juste une perte de temps de négocier avec eux, ce sont des menteurs", a-t-il affirmé, interrogé sur le cessez-le-feu avec l'Iran, qu'il a qualifié de pays "malade".

Le locataire de la Maison Blanche a toutefois laissé entendre que les négociateurs pourraient poursuivre les discussions.

Si "le prix du baril a fortement progressé" ce matin, il n'est pas revenu à ses plus hauts atteints durant la guerre, tempère John Plassard, analyste chez Cité Gestion, interrogé par l'AFP.

L'analyste voit davantage une "pause" du cessez-le-feu que sa fin, car si le président américain dit qu'il "est terminé, c'est aussi un moyen de mettre de la pression".

Donald Trump n'a, selon lui, "aucun intérêt à ce que les discussions s'arrêtent totalement", pour des raisons électorales, après avoir mis en avant les prix bas à la pompe dans sa campagne.

Trois navires ont été frappés en 24 heures dans le détroit d'Ormuz, a rapporté l'agence de sécurité maritime britannique UKMTO mardi. Le Qatar et l'Arabie saoudite ont imputé deux de ces attaques à l'Iran.

Dénonçant des "attaques iraniennes" et une "violation flagrante du cessez-le-feu", l'armée américaine a lancé une série de "frappes puissantes" contre l'Iran, touchant plus de 80 cibles, dont des systèmes iraniens de défense antiaérienne.

Ces tirs américains ont déclenché mercredi des représailles de Téhéran, qui a dit avoir attaqué des bases américaines au Koweït et à Bahreïn.

Washington a également rétabli ses sanctions économiques sur le pétrole iranien.

Le protocole d'accord, signé le 17 juin pour mettre fin à la guerre déclenchée le 28 février par l'offensive américano-israélienne contre la République islamique, prévoit la réouverture du passage stratégique d'Ormuz ainsi que la levée des sanctions américaines sur le pétrole iranien.


Le patron de TotalEnergies voit la Syrie comme une «route alternative» pour le pétrole

  • "Aujourd'hui, c'est clair que la situation sécuritaire ne permet pas encore de travailler, mais je trouve que c'est une belle initiative de venir ici, à Damas"
  • "C'est un pays qui est à la croisée des chemins dans le Moyen-Orient"

DAMAS: La Syrie peut devenir un "pays de transit important pour le pétrole qui vient d'Irak vers la Méditerranée", et offrir des "routes alternatives" au détroit d'Ormuz, a déclaré mardi à Damas le patron de TotalEnergies Patrick Pouyanné, en marge de la visite d'Emmanuel Macron.

"Aujourd'hui, c'est clair que la situation sécuritaire ne permet pas encore de travailler, mais je trouve que c'est une belle initiative de venir ici, à Damas", a-t-il dit à des journalistes juste avant l'annonce de l'explosion de deux bombes à proximité de l'hôtel où le président français avait passé la nuit.

"C'est un pays qui est à la croisée des chemins dans le Moyen-Orient", a-t-il ajouté.

Selon lui, "ce qui vient de passer avec le détroit d'Ormuz" dans le Golfe, bloqué durant la guerre américano-israélienne contre l'Iran, "lui donne également plus d'importance", "puisqu'on voit bien que maintenant, si on veut investir au Moyen-Orient, il va falloir qu'on trouve des routes alternatives".

Début avril, l'Irak avait annoncé avoir commencé à transporter du pétrole par camion à travers la Syrie en vue de sa réexportation, en raison de la fermeture du détroit d'Ormuz. L'Irak et la Syrie ont récemment évoqué un projet de restauration de l'oléoduc reliant les deux pays, fermé depuis des décennies.

TotalEnergies a conclu un mémorandum d'entente avec la Syrie pour un bloc d'exploration offshore en Méditerranée, mais n'a pas encore d'autre projet spécifique dans le pays, a souligné Patrick Pouyanné.

Sa visite à Damas, la première depuis la fin de la guerre civile en 2024, vise à "rencontrer les autorités" pour "des prises de contact", a-t-il précisé.

"Laissons au gouvernement le temps de prendre le contrôle de ce pays. Il ne faut pas trop demander" après plus de 13 ans de guerre civile, "il faut être un peu patient", a-t-il ajouté.


Saudia clarifie la vente d’anciens avions Boeing dans un contexte de rapports sur des sanctions

Photo Wikipedia (14 avril 2020) d’un Boeing 777-200 de Saudia, désormais remplacé par des appareils plus récents Airbus et Boeing. (John Taggart / Wikimedia Commons)
Photo Wikipedia (14 avril 2020) d’un Boeing 777-200 de Saudia, désormais remplacé par des appareils plus récents Airbus et Boeing. (John Taggart / Wikimedia Commons)
  • Saudia affirme que des Boeing 777-200 ont été vendus légalement à une société étrangère
  • La compagnie dit n’avoir aucun lien avec les appareils depuis la vente de juin 2023

RIYAD : Le transporteur national saoudien Saudia a clarifié samedi des informations circulant dans les médias et sur les réseaux sociaux concernant le transfert d’avions Boeing 777-200 qu’il possédait auparavant à une compagnie aérienne faisant l’objet de sanctions internationales.

Dans un communiqué publié sur la plateforme sociale X, la compagnie a indiqué que les appareils avaient été vendus le 7 juin 2023 à une société enregistrée en dehors de l’Arabie saoudite, et que la transaction avait été réalisée conformément à toutes les procédures commerciales et juridiques applicables.

« Depuis la finalisation de la vente, Saudia n’a plus aucun lien opérationnel ou commercial avec ces avions », a déclaré la compagnie, sans identifier l’acheteur ni fournir davantage de détails.

Cette déclaration intervient après des rapports et publications en ligne ayant lié d’anciens appareils de Saudia à un transporteur sanctionné, poussant la compagnie à prendre publiquement ses distances avec toute utilisation ultérieure de ces avions.

Saudia, anciennement connue sous le nom de Saudi Arabian Airlines, a été fondée en septembre 1945 et est la plus ancienne compagnie aérienne du Royaume. Selon son site internet, elle exploite actuellement une flotte d’environ 149 avions de passagers.

Sa flotte comprend 95 avions Airbus des familles A320, A321 et A330, ainsi que 54 appareils Boeing incluant les séries 777 et 787 Dreamliner. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com