Le CICR craint que la Syrie ne devienne une crise oubliée

Le président du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a affirmé jeudi craindre que la communauté internationale n'oublie la Syrie, dix ans après le début de la guerre. (AFP)
Le président du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a affirmé jeudi craindre que la communauté internationale n'oublie la Syrie, dix ans après le début de la guerre. (AFP)
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Publié le Vendredi 05 mars 2021

Le CICR craint que la Syrie ne devienne une crise oubliée

  • «La communauté internationale ne peut pas se détourner de la Syrie. Sa population a besoin d'une solution politique, d'un soutien financier (...) et d'un avenir»
  • Cet appel est d'autant plus pressant que les besoins humanitaires des Syriens ne cessent de s'accroître, aggravés notamment par la pandémie de Covid-19

GENEVE : Le président du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a affirmé jeudi craindre que la communauté internationale n'oublie la Syrie, dix ans après le début de la guerre, et se focalise sur un autre conflit.

«La communauté internationale ne peut pas se détourner de la Syrie. Sa population a besoin d'une solution politique, d'un soutien financier (...) et d'un avenir», a déclaré le Suisse Peter Maurer, qui doit se rendre prochainement dans ce pays.

Mais, a-t-il souligné, «je crains que la communauté internationale ne considère la Syrie comme un problème politique insoluble et passe à la crise suivante, laissant des millions de vie détruites sans guère de solutions».

Cet appel est d'autant plus pressant que les besoins humanitaires des Syriens ne cessent de s'accroître, aggravés notamment par la pandémie de Covid-19.

«Près des 3/4 de la population a désormais besoin d'une aide humanitaire, soit une augmentation de 20% par rapport à il y a 12 mois. La Syrie est la plus grande opération du CICR et l'opération la plus complexe au monde aujourd'hui», a souligné M. Maurer.

«Il est clair que la Syrie se trouve prise dans une spirale meurtrière, avec la guerre, le ralentissement économique, la pandémie et les sanctions» internationales, a-t-il relevé, en demandant à la communauté internationale de s'entendre sur «des réponses concrètes et des mesures pragmatiques», notamment sur le plan humanitaire.

Le chef du CICR a également souligné l'importance de réparer «tout le tissu social» en Syrie afin de prévenir d'autres conflits, mais a indiqué que cela ne pourra être possible que si les droits, notamment des détenus, des personnes déplacées, des réfugiés et des familles des combattants étrangers, sont respectés.

A cet égard, a-t-il dit, la recherche des personnes disparues est «cruciale et urgente», alors que des dizaines de milliers de familles attendent des nouvelles de leur proche. «Leur décennie de douleur empêche les sociétés de se réconcilier», a-t-il insisté.

Le dirigeant a également demandé que les détenus soient traités «avec humanité et dignité», soient autorisés à maintenir des liens avec leur famille et puissent se voir offrir une «certaine perspective» de retour chez eux.

Le conflit en Syrie a fait plus de 387 000 morts depuis 2011. Mais dix ans après le début de la guerre, le conflit continue de diviser la communauté internationale, les pourparlers menés sous l'égide de l'ONU n'ayant abouti à aucune avancée.

 


Trump et Netanyahu sur le Liban, un « petit différend »

Donald Trump a vanté mercredi, depuis le sommet du G7 en France, son "formidable partenariat" avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, un changement de ton après ses critiques acerbes de la veille. (AFP)
Donald Trump a vanté mercredi, depuis le sommet du G7 en France, son "formidable partenariat" avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, un changement de ton après ses critiques acerbes de la veille. (AFP)
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  • "Pour être tout à fait juste envers Bibi (surnom du Premier ministre israélien) Netanyahu, qui se trouve être un homme bien, il s'emporte un peu parfois", a-t-il déclaré
  • "Nous avons un partenariat formidable", a-t-il ajouté, qualifiant leur désaccord sur le Liban de "petit différend"

EVIAN: Donald Trump a vanté mercredi, depuis le sommet du G7 en France, son "formidable partenariat" avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, un changement de ton après ses critiques acerbes de la veille.

"Pour être tout à fait juste envers Bibi (surnom du Premier ministre israélien) Netanyahu, qui se trouve être un homme bien, il s'emporte un peu parfois", a-t-il déclaré.

"Nous avons un partenariat formidable", a-t-il ajouté, qualifiant leur désaccord sur le Liban de "petit différend".

Le président américain a indiqué que le protocole d'accord avec l'Iran pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient serait signé "bientôt", "peut-être" jeudi ou vendredi.

La signature a été annoncée pour vendredi à Genève.

Interrogé sur son intention de rester en Europe pour la signature, il a répondu qu'il "pourrait" rester, tout en ajoutant: "Ce n'est pas le genre de document que je devrais signer".

Sur "la partie libanaise, c'est une chose sur laquelle il va falloir qu'on travaille un peu", a reconnu Donald Trump, alors que les Iraniens exigent qu'Israël cesse ses frappes contre le groupe armé pro-iranien Hezbollah au Liban.

"C'est en fait une toute petite pièce du puzzle, mais elle fait quand même beaucoup de bruit", a également commenté Donald Trump, estimant que "le vrai sujet, c'est l'accord avec l'Iran".

Car "c'est là qu'est l'argent, là que se trouvait le pouvoir", a-t-il ajouté.

Il a en outre répété que les Etats-Unis "prendront" l'uranium hautement enrichi de l'Iran même s'il est "sans valeur".

Le président américain a par ailleurs promis une discussion "parallèle" avec les pays du Golfe portant sur les missiles balistiques.

Ces pays ont été la cible des frappes de Téhéran durant la guerre américano-israélienne contre la République islamique iranienne.

Donald Trump était depuis lundi à Evian, station thermale des Alpes, pour le sommet des chefs d'Etat et de gouvernement de sept des plus grandes puissances industrialisées (Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Italie, Japon et Royaume-Uni).

Il prolonge son séjour en France avec un dîner au château de Versailles avec Emmanuel Macron.


Liban: plusieurs frappes israéliennes dans le sud malgré l'accord Washington-Téhéran

Israël a frappé le sud du Liban à plusieurs reprises mercredi matin malgré l'accord conclu entre Téhéran et Washighton, a rapporté l'agence nationale d'information libanaise (Ani, officielle). (AFP)
Israël a frappé le sud du Liban à plusieurs reprises mercredi matin malgré l'accord conclu entre Téhéran et Washighton, a rapporté l'agence nationale d'information libanaise (Ani, officielle). (AFP)
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  • Lundi soir, l'armée iranienne a menacé d'une "réponse sévère" si les attaques israéliennes se poursuivaient
  • Les frappes israéliennes ont diminué depuis l'annonce de l'accord mais elles ont tout de même continué, tuant cinq personnes depuis, selon l'Ani

BEYROUTH: Israël a frappé le sud du Liban à plusieurs reprises mercredi matin malgré l'accord conclu entre Téhéran et Washighton, a rapporté l'agence nationale d'information libanaise (Ani, officielle).

Ces frappes ont notamment touché la région de Nabatiyé et de Kfartebnit, selon la même source.

L'Iran a répété plusieurs fois depuis l'annonce d'un accord avec les Etats-Unis lundi qu'il devait inclure une cessation des hostilités au Liban, où Israël dit viser le Hezbollah allié de Téhéran.

Lundi soir, l'armée iranienne a menacé d'une "réponse sévère" si les attaques israéliennes se poursuivaient.

Les frappes israéliennes ont diminué depuis l'annonce de l'accord mais elles ont tout de même continué, tuant cinq personnes depuis, selon l'Ani.

Et si certains habitants du sud ont commencé à rentrer chez eux, l'armée libanaise a conseillé d'attendre à cause des "risques de violations" de l'accord de la part d'Israël.

Mardi, l'armée israélienne avait mené plusieurs frappes, tuant quatre personnes, et affirmé que ses soldats dans le sud du Liban avaient été ciblés par des roquettes.

Le Hezbollah ne s'est pas exprimé publiquement depuis. Son chef, Naïm Qassem, qui a exprimé sa "profondre gratitude" à l'Iran pour avoir poussé pour inclure le Liban dans l'accord, doit s'exprimer à la télévision mercredi.

Le protocole visant à mettre fin à la guerre qui a fait des milliers de morts au Moyen-Orient, principalement en Iran et au Liban, doit être formellement signé en Suisse vendredi.


Mettre fin à la guerre au Liban est la «question la plus importante» de l'accord avec Washington, selon l'Iran

Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, dans le cadre du protocole d'accord conclu avec Washington. (AFP)
Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, dans le cadre du protocole d'accord conclu avec Washington. (AFP)
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  • Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien
  • "Il s'agit sans doute de la question la plus importante du protocole: l'annonce de l'arrêt immédiat et permanent de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban"

TEHERAN: Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, dans le cadre du protocole d'accord conclu avec Washington.

"Il s'agit sans doute de la question la plus importante du protocole: l'annonce de l'arrêt immédiat et permanent de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban", a déclaré le ministre lors d'une réunion avec des diplomates étrangers diffusée à la télévision d'Etat.