Etablie aujourd’hui en France, une rescapée de l’attentat de l’église de Bagdad témoigne

Nadra Solaqa, 57 ans, a quitté l’Irak pour le Liban en 2017 et quelques mois plus tard pour la France (fournie)
Nadra Solaqa, 57 ans, a quitté l’Irak pour le Liban en 2017 et quelques mois plus tard pour la France (fournie)
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Publié le Samedi 06 mars 2021

Etablie aujourd’hui en France, une rescapée de l’attentat de l’église de Bagdad témoigne

  • A partir de 2003, Bagdad, Bassora, Mossoul et la plaine de Ninive se sont vidés de leurs chrétiens, qui constituaient la plus importante minorité du pays
  • Je me rappelle le commando entré à l’église, les personnes ensanglantées assises à côté de moi sur le banc, toutes ont été tuées

BEYROUTH : « J’aurais aimé être en Irak pour accueillir le pape François. C’aurait été ma seule chance de le rencontrer. Cela me rend très heureuse qu’il soit chez nous. Mais que faire ? Les choses sont ainsi faites  et maintenant, je suis dans un pays où je me sens en sécurité », souligne Nadra Solaqa, 57 ans, qui habite actuellement la ville française de Lyon et qui a quitté l’Irak pour le Liban en 2017 et quelques mois plus tard pour la France.

Nadra Solaqa fait partie de ces plus d’un million de chrétiens d’Irak à avoir été poussés à l’exode. Pour les chrétiens d’Irak, qui appartiennent aux communautés syriaque, chaldéenne, assyrienne et arménienne, le vrai calvaire a commencé en avril 2003 avec l’invasion américaine pour atteindre son paroxysme en juin 2014 avec l’invasion du groupe Etat islamique.

A partir de 2003, à cause des enlèvements et des attentats qui les ciblaient, quelques centaines de milliers d’entre eux ont choisi de partir s’établir sous d’autres cieux ;  mais le coup de grâce est venu avec l’invasion du Groupe  Etat Islamique entre les mois de juin et juillet 2014.

Bagdad, Bassora, Mossoul et la plaine de Ninive se sont vidés de leurs chrétiens, qui constituaient la plus importante minorité du pays. Aujourd’hui, il en reste très peu et Nadra Solaqa fait partie des centaines de milliers de personnes qui se sont établies avec leurs familles, à travers le Haut Commissariat aux Réfugiés des Nations Unies (UNHCR) sous d’autres cieux, plus cléments que ceux du Moyen-Orient.

«En France, je me sens en sécurité. Je suis en train d’apprendre la langue. Je suis avec mon mari et mes deux fils. L’un d’eux est parti un peu avant nous avec sa famille. Nous l’avons suivi au bout de quelques mois », raconte-t-elle évoquant son quotidien en France, entre les cours de langues, l’apprentissage d’une nouvelle vie et la découverte d’une nouvelle ville loin de sa Bagdad natale.

« Ici, je suis tranquille. Il y a le courant électrique 24 heures sur 24, l’eau ou le gaz ne sont jamais coupés et j’ai appris à prendre les transports en commun. Je suis surtout en sécurité. J’espère pouvoir travailler auss,i une fois que j’apprendrai la langue », dit-elle, espérant que son fils cadet, spécialisé en génie dans son pays natal, puisse se recycler à l’université et trouver ultérieurement du travail.

Originaire de Bagdad, Nadra Solaqa fait partie des survivants de l’attaque du 31 octobre 2010, menée par le groupe al-Qaëda contre la cathédrale Notre-Dame de la Délivrance, une prise d’otages qui avait duré plusieurs heures et qui avait fait 47 tués et 60 blessés.

C’est en célébrant la messe dans cette cathédrale que le pape Francis a entamé sa visite vendredi.

«Je n’oublierai jamais cette journée du 31 octobre 2010. Jusqu’à aujourd’hui, les images défilent dans ma tête comme dans un film. Je me rappelle le commando qui était entré à l’église, les personnes ensanglantées assises à côté de moi sur le banc, toutes ont été tuées. Le père Thaer, qui périra un peu plus tard dans l’attaque, a vite ouvert la porte de la sacristie et nous a dit d’y entrer. J’ai couru et je me suis cachée dans une armoire où je suis restée plus de cinq heures, durant toute l’opération. J’entendais les cris, les menaces, les coups de feu, les grenades qui explosent, les exécutions... Pour quitter l’église, il fallait marcher sur les cadavres et sur le sang des victimes. J’ai perdu des amis proches dans l’attaque », se souvient-elle.

Plus le temps passait, plus la vie quotidienne étaient dure pour les chrétiens qui devait faire avec les attentats, les exécutions, les enlèvements et les menaces et qui étaient devenus plus vulnérables que les autres communautés.

La famille quittera Bagdad pour un certain temps pour s’installer dans la plaine de Ninive, dans la ville de Qaraqosh, qui sera visitée également par le pape.

Le 6 août 2014, le jour de l’invasion de la plaine de Ninive par le Groupe Etat Islamique, Nadra Solaqa se trouvait à Irbil ; elle s’envolera directement avec sa famille pour Bagdad sans plus rentrer dans sa maison de Qaraqosh, qu’elle découvrira, quelques mois après le départ de Daech, partiellement détruite.

«Le temps passe rapidement et j’ai passé la plupart des années de ma vie à vivre dans l’insécurité. J’ai le droit de vivre normalement et en paix. C’est pour cela que j’aime être en France. J’ai même trouvé une église irakienne à Lyon », dit-elle.

Mais cela ne l’empêche pas de porter en elle la nostalgie de sa ville natale, les beaux quartiers de Bagdad avant l’invasion américaine, la vie littéraire et culturelle, et les promenades au bord du Tigre avec  un soleil rose qui éclaire le ciel juste avant de se coucher. 


Deux militaires des Émirats arabes unis tués, l'Iran poursuit ses frappes dans le Golfe

Le 8 mars 2026, des immeubles de grande hauteur se dressent sous un ciel couvert le long de la corniche de Doha. (File/AFP)
Le 8 mars 2026, des immeubles de grande hauteur se dressent sous un ciel couvert le long de la corniche de Doha. (File/AFP)
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  • De fortes explosions ont été entendues à Doha
  • Les défenses aériennes des Émirats arabes unis ont déclaré avoir détecté 15 missiles balistiques.

DUBAI : Les défenses aériennes du Qatar et des Émirats arabes unis ont intercepté des missiles et des drones lundi, alors que le conflit avec l'Iran continue de se propager dans le Golfe, les autorités des deux pays faisant état d'explosions et d'interceptions aériennes.

Les Émirats arabes unis ont déclaré que deux membres des forces armées ont été tués à la suite du crash d'un hélicoptère dû à une défaillance technique alors qu'ils exerçaient leurs fonctions dans le pays lundi.

Le ministère de la défense a présenté "ses plus sincères condoléances et sa sympathie aux familles".

Le ministère de la défense du Qatar a indiqué que les forces armées avaient intercepté une attaque au missile.

Des témoins de l'agence Reuters et des journalistes de l'AFP ont également rapporté avoir entendu de fortes explosions à Doha.

Les défenses aériennes des Émirats arabes unis ont déclaré avoir détecté 15 missiles balistiques, dont 12 ont été détruits, tandis que 3 missiles sont tombés en mer.

Au total, 18 drones ont également été détectés, dont 17 ont été interceptés, tandis qu'un autre est tombé à l'intérieur du territoire national.

Depuis le début de la guerre, les Émirats arabes unis ont déclaré avoir intercepté 233 des 253 missiles balistiques, 1 359 des 1 440 drones et détruit 8 missiles de croisière.

Ces attaques ont fait 4 morts parmi les ressortissants pakistanais, népalais et bangladais, et 117 personnes ont été légèrement blessées.


Un mort après une salve de missiles iraniens sur le centre d'Israël

 Les secouristes israéliens ont annoncé lundi la mort d'un homme d'environ 40 ans, tué sur un chantier de construction, après une salve de missiles iraniens sur le centre d'Israël qui a fait aussi un blessé grave. (AFP)
Les secouristes israéliens ont annoncé lundi la mort d'un homme d'environ 40 ans, tué sur un chantier de construction, après une salve de missiles iraniens sur le centre d'Israël qui a fait aussi un blessé grave. (AFP)
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  • Des images tournées par l'AFP ont montré des équipes de secouristes et forces de sécurité déployées dans une rue de la localité de Yehud, dans le centre d'Israël, allant ensuite inspecter un bâtiment voisin
  • Sur place, un journaliste de l'AFP a vu un monte-charge explosé sous l'effet d'un impact, qui a touché selon les secouristes une structure bétonnée encore en construction

YEHUD: Les secouristes israéliens ont annoncé lundi la mort d'un homme d'environ 40 ans, tué sur un chantier de construction, après une salve de missiles iraniens sur le centre d'Israël qui a fait aussi un blessé grave.

Des images tournées par l'AFP ont montré des équipes de secouristes et forces de sécurité déployées dans une rue de la localité de Yehud, dans le centre d'Israël, allant ensuite inspecter un bâtiment voisin.

Sur place, un journaliste de l'AFP a vu un monte-charge explosé sous l'effet d'un impact, qui a touché selon les secouristes une structure bétonnée encore en construction.

"Immédiatement après l'activation des sirènes", des équipes de secours ont été dépêchées "sur plusieurs sites du centre d'Israël", parmi lesquels le chantier de Yehud, a déclaré le Magen David Adom (MDA), l'équivalent israélien de la Croix-Rouge.

Deux hommes "souffrant de blessures graves provoquées par des débris" ont été dégagés des décombres, et l'un est décédé peu après, a ajouté le MDA.

"La situation était difficile. Les deux victimes gisaient inconscientes et souffraient de graves blessures dues à des débris", a témoigné Liz Goral, une ambulancière paramédicale du MDA, citée dans un communiqué.

Le chef de l'opposition israélienne, Yaïr Lapid, qui s'est rendu sur les lieux, a affirmé aux journalistes que "l'Iran visait des civils de manière délibérée".

"Voyez-vous des installations militaires autour de vous?", a-t-il dit, "ce qu'ils essaient de faire, c'est de transformer cette guerre, d'une guerre entre armées en une guerre contre les civils".

Dans une rue de Bat Yam, une autre localité frappée au sud de Tel-Aviv, un photographe de l'AFP a vu une voiture écrasée alors que les forces de sécurité inspectaient les lieux.

L'armée a indiqué que des soldats menaient des recherches sur plusieurs sites touchés dans le centre d'Israël.

Selon les services de secours, 11 personnes ont été tuées et des dizaines d'autres blessées, dont trois grièvement, après des tirs de missiles en Israël depuis le début de la guerre avec l'Iran, le 28 février, déclenchée par une offensive israélo-américaine massive contre la République islamique.

 

 


L'émir du Koweït condamne l'attaque «brutale» de l'Iran contre son pays

L'émir du Koweït a condamné lundi les attaques de l'Iran contre son pays, où 12 personnes ont été tuées jusqu'à présent, alors que Téhéran lance missiles et drones sur le Golfe en représailles à des frappes américano-israéliennes. (AFP)
L'émir du Koweït a condamné lundi les attaques de l'Iran contre son pays, où 12 personnes ont été tuées jusqu'à présent, alors que Téhéran lance missiles et drones sur le Golfe en représailles à des frappes américano-israéliennes. (AFP)
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  • "Notre pays a été la cible d'une attaque brutale de la part d'un pays musulman voisin, que nous considérons comme ami, alors même que nous n'avons autorisé l'utilisation ni de notre territoire, ni de notre espace aérien"
  • Il a également réaffirmé le "droit plein et inhérent du Koweït à la légitime défense", s'exprimant pour la première fois depuis le début des attaques iraniennes le 28 février

KOWEIT: L'émir du Koweït a condamné lundi les attaques de l'Iran contre son pays, où 12 personnes ont été tuées jusqu'à présent, alors que Téhéran lance missiles et drones sur le Golfe en représailles à des frappes américano-israéliennes.

"Notre pays a été la cible d'une attaque brutale de la part d'un pays musulman voisin, que nous considérons comme ami, alors même que nous n'avons autorisé l'utilisation ni de notre territoire, ni de notre espace aérien, ni de nos côtes pour aucune action militaire contre lui, et que nous le leur avons répété à maintes reprises par nos canaux diplomatiques", a déclaré l'émir, Mechaal al-Ahmad Al-Sabah, dans un discours télévisé.

Il a également réaffirmé le "droit plein et inhérent du Koweït à la légitime défense", s'exprimant pour la première fois depuis le début des attaques iraniennes le 28 février.