Comment les entreprises saoudiennes sortiront-elles du mode de survie imposé par la Covid-19 ?

Selon A&M, le tourisme interne au Royaume connaît une croissance rapide et cette tendance va perdurer avec la mise en place de nouvelles stations balnéaires (Photo fournie).
Selon A&M, le tourisme interne au Royaume connaît une croissance rapide et cette tendance va perdurer avec la mise en place de nouvelles stations balnéaires (Photo fournie).
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Publié le Dimanche 07 mars 2021

Comment les entreprises saoudiennes sortiront-elles du mode de survie imposé par la Covid-19 ?

  • Alvarez et Marsal ont fourni des conseils aux entreprises du Royaume sur la meilleure façon de sortir de la crise
  • Pour répondre à la demande accrue de ses services, la société prévoit de faire passer son effectif au Moyen-Orient de 10 à 150 personnes au cours des cinq prochaines années

DJEDDAH: Alvarez and Marsal (A&M) est une entreprise mondiale de services professionnels basée à New York, connue dans le secteur comme « les gens du redressement ». On raconte que son co-fondateur, Bryan Marsal, a été parmi les premiers à être contacté lorsque le groupe Lehman Brothers allait devenir la première grande victime de la crise financière mondiale survenue en 2008.

A&M a été fondée en 1983 et compte aujourd'hui des représentants dans 25 pays, y compris à Dubaï, d'où elle cherche aujourd'hui à accompagner les clients du Moyen-Orient dans la restructuration de leurs entreprises après les défis de l'année 2020. Pour répondre à la demande accrue de ses services, la société prévoit de faire passer son effectif au Moyen-Orient de 10 à 150 personnes au cours des cinq prochaines années.

Selon Paul Gilbert, responsable du département Redressement et restructuration pour le Moyen-Orient  chez Alvarez and Marsal (A&M), deux des principales mesures que toute entreprise devrait adopter afin de traverser les crises sont de contrôler entièrement le flux de liquidités et de mettre en place un plan d'urgence sur 12 mois pour pouvoir poursuivre leurs activités. M. Gilbert travaille à présent sur la restructuration de NMC Health à Abou Dhabi et a déjà fourni des conseils à la compagnie South African Airways dans le cadre des procédures de sauvetage.

« Continuez à conserver les liquidités et à contrôler les coûts. Parlez à vos fournisseurs et aux propriétaires de vos locaux - ils souffrent eux aussi, mais ils désirent quand même que votre entreprise sorte de l'impasse », explique M. Gilbert dans un entretien avec Arab News. « Ces gens-là souhaitent vous parler parce qu'ils veulent s’assurer que vous les aiderez plus tard à reconstruire leur propre entreprise ».

Pour Dr Saeeda Jaffar, directrice générale et responsable régionale pour le Moyen-Orient au sein d'A&M, la pandémie a affecté les entreprises de trois manières principales. Certaines entreprises ont immédiatement pris conscience de ce qui se passait et ont profité de la « discontinuité » pour trouver des moyens de réussir. Ces entreprises disposaient déjà d'un modèle commercial numérique qui les a aidées à passer au numérique, ou elles ont fait preuve de souplesse pour acquérir une solution numérique. Ainsi, leur transition n'a pas été aussi brutale que pour d'autres entreprises.

Le second groupe est passé en mode « d'hibernation », comme l'appelle Mme Jaffar. Il a choisi de limiter ses pertes en diminuant les dépenses, en conservant ses liquidités, en plafonnant les prêts et les soldes tout en renonçant à prendre des décisions audacieuses en attendant que les incertitudes se dissipent.

Saeeda Jaffar, directrice générale et responsable régionale pour le Moyen-Orient au sein d'A&M. (Photo fournie).

Quant au troisième groupe de sociétés, Dr. Jaffar explique que leurs modèles économiques étaient faibles et peu attrayants pour les investisseurs. Ils ont donc été confrontés à des difficultés.

Parmi les secteurs qui ont le plus souffert, on trouve les détaillants, indique M. Gilbert. « Nous les avons aidés dans toute l'Europe à négocier avec les propriétaires fonciers et avec d'autres créanciers. Nous leur avons permis de passer du commerce de détail au numérique, tout en les aidant à conserver leur clientèle pour le moment où ils sortiront de la crise », précise-t-il. « Nombre d'entre eux émergent de cette situation avec un bilan extrêmement étiré ou avec un bilan remanié de telle sorte que plusieurs prêteurs ont été obligés de récupérer leurs fonds ». D'autres secteurs, notamment les voyages, le tourisme, l'aviation et l'immobilier, ont eux aussi enregistré des pertes énormes au cours de la pandémie.

Selon Mme Jaffar, à la fin de l'année 2020, les résultats du tourisme intérieur en Arabie Saoudite ont dépassé les prévisions.

« Je pense que cette tendance va perdurer. Elle correspond parfaitement à la Vision 2030. Nous remarquons que le Royaume connaît un développement important et constant ; les nouvelles stations balnéaires, les nouveaux endroits et projets contribuent à la croissance du tourisme », affirme-t-elle.

Mme Jaffar pense que le transport aérien mettra plus de temps à se rétablir que de nombreuses autres industries: il faut attendre environ trois à quatre ans, selon elle.

En revanche, deux secteurs ont prospéré pendant la pandémie : la technologie - qui, selon Mme Jaffar, a constitué la « colonne vertébrale » de bien d'autres secteurs - et les soins de santé - qui ont enregistré des investissements considérables dans les produits pharmaceutiques consommables. Cette tendance semble destinée à persister dans un avenir proche.

Les deux consultants d'A&M suggèrent qu'à mesure que les entreprises sortiront de la pandémie, nombre d'entre elles envisageront une éventuelle consolidation. Ainsi, ils estiment que les activités de fusions et d'acquisitions vont culminer en 2021.

« De nombreux investisseurs stratégiques de la région ont compris au cours des derniers cycles que le moment est propice, en termes d'attractivité financière, pour investir dès maintenant, alors que les valorisations sont plus abordables », explique Mme Jaffar.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com.


Le pétrole temporise faute de nouvelles avancées diplomatiques au Moyen-Orient

Un trader travaille sur le parquet de la Bourse de New York (NYSE), à New York, lors de la sonnerie d'ouverture, le 4 août 2026. (AFP)
Un trader travaille sur le parquet de la Bourse de New York (NYSE), à New York, lors de la sonnerie d'ouverture, le 4 août 2026. (AFP)
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  • Les prix du pétrole évoluent prudemment, les marchés attendant un accord durable entre l'Iran et les États-Unis sur le détroit d'Ormuz
  • Un compromis Iran-Oman sur le transit a été annoncé, mais des désaccords avec Washington continuent de peser sur les flux énergétiques

LONDRES: Les cours du pétrole sont indécis jeudi, après une forte baisse en début de semaine, le marché attendant un arrangement entre Téhéran et Washington après que l'Iran a affirmé mercredi avoir conclu un accord avec Oman.

Vers 10H40 GMT (12H40 à Paris), le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en octobre prenait 0,97% à 80,22 dollars.

Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison en septembre, gagnait 0,77% à 75,80 dollars.

L'Iran a indiqué mercredi s'être accordé avec le sultanat d'Oman sur un nouvel itinéraire de transit des navires dans le détroit d'Ormuz, dont ils sont tous deux riverains.

Mais toute réouverture de cette voie maritime, verrouillée par Téhéran, dépendra des actions de Washington qui a de son côté imposé un blocus des ports iraniens, ont affirmé des sources iraniennes auprès de médias locaux.

Le problème est que Téhéran envisage des frais de service pour le passage dans le détroit, qui sont rejetés par les Etats-Unis et qui vont à l'encontre du droit international.

"Tout accord pourrait donc se révéler aussi fragile que le protocole d'accord initial de juin", prévient Arne Lohmann Rasmussen, analyste chez Global Risk Management.

En juin, Téhéran et Washington s'étaient accordés sur une trêve de 60 jours durant laquelle les deux pays devaient garantir le passage gratuit des navires via le détroit d'Ormuz.

Le flux maritime avait fortement rebondi à ce moment mais la reprise des hostilités en juillet l'a de nouveau plombé.

Les marchés des produits pétroliers dérivés (essence, carburant aérien, etc.) "sont particulièrement tendus" et le "le besoin de reconstituer les stocks de produits raffinés est plus important que celui de reconstituer les stocks de pétrole brut" affirme M. Rasmussen.

Pour permettre une nouvelle baisse des cours, et un retour à la normale des flux énergétiques dans cette région, "des progrès significatifs sont indispensables" entre les Etats-Unis et l'Iran, expliquent les analystes d'ING.


TotalEnergies acquiert les activités renouvelables terrestres de Shell en Europe

Le logo de l’entreprise française TotalEnergies, cotée au CAC 40, le principal indice boursier de la Bourse de Paris, à Toulouse le 31 mars 2026. (AFP)
Le logo de l’entreprise française TotalEnergies, cotée au CAC 40, le principal indice boursier de la Bourse de Paris, à Toulouse le 31 mars 2026. (AFP)
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  • TotalEnergies rachète les activités d’énergies renouvelables terrestres de Shell en Europe, comprenant des actifs solaires, éoliens et de stockage par batteries
  • Le groupe français cède parallèlement 50% d’un portefeuille d’actifs renouvelables à KKR pour 1,8 milliard d’euros afin de renforcer sa stratégie énergétique

PARIS: Le géant pétrogazier français TotalEnergies a annoncé lundi l'acquisition de l'ensemble des activités d'énergies renouvelables terrestres en Europe du groupe britannique Shell et la vente au fonds d'investissement américain KKR d'un portefeuille d'actifs, aussi dans l'énergie renouvelable.

Ces deux transactions en Europe doivent être finalisées d'ici la fin de 2026, sous réserve de l'approbation des autorités compétentes, a précisé TotalEnergies dans un communiqué.

La première opération concerne donc un accord signé avec Shell pour l'acquisition de l'ensemble de ses activités renouvelables terrestres en Europe, dont "500 MW d'actifs solaires et éoliens en opération ou en construction", notamment en Italie et aux Pays-Bas, ainsi que 3,5 GW de projets dans le domaine des énergies solaires, éoliennes et de stockage par batterie en Italie, au Royaume-Uni et en Espagne.

Ce portefeuille d'actifs sera détenu "à 100% par TotalEnergies à l'issue de la transaction", précise le groupe français, qui a indiqué à l'AFP que le montant de l'opération n'était pas dévoilé.

Le montant serait de l'ordre de quelques centaines de millions d'euros, a appris l'AFP de source proche de la transaction.

Cette opération vise à "compléter les activités de production d'électricité de TotalEnergies dans ces quatre marchés clés pour le déploiement de sa stratégie Integrated Power en Europe", ajoute TotalEnergies, qui doit doubler sa production d'électricité renouvelable et à partir d'actifs flexibles (centrales gaz, batteries) à 100-120 TWh en 2030 contre environ 48 TWh en 2025.

Le groupe dispose d'environ 105 GW de capacités d'énergies renouvelables en production, en construction ou en développement.

"Cet accord reflète la poursuite de l'objectif, par Shell, de gestion active" de son portefeuille dans l'énergie, "correspondant à sa stratégie" énoncée en 2025, a indiqué Machteld de Haan, directrice de l'aval, des renouvelables et des solutions énergétiques du groupe britannique, dans un communiqué séparé.

Shell met en oeuvre depuis plusieurs années une stratégie de désengagement des énergies renouvelables pour se concentrer notamment sur ses activités liées aux combustibles fossiles et doper ses bénéfices.

Dans ce contexte, Shell avait notamment annoncé mi-juillet céder au conglomérat indien Aditya Birla Group de sa filiale Sprng Energy, spécialisée dans le solaire et l'éolien en Inde.

La vente annoncée lundi s'inscrit elle aussi dans le cadre de cette stratégie, qui vise notamment à "privilégier les investissements dans des moyens de production flexibles, tels que les centrales électriques à gaz, les batteries de grande capacité et les technologies numériques" - qui permettent de compenser l'intermittence d'énergies renouvelables en plein essor -, a rappelé Shell lundi auprès de l'AFP.

La deuxième transaction annoncée par TotalEnergies concerne la cession à KKR de 50% d'un portefeuille d'actifs renouvelables, déjà largement développés, de 1,2 GW en Europe pour une valeur d'entreprise de 1,8 milliard d'euros.

Ces actifs, dans le solaire et l'éolien terrestre, se trouvent en Allemagne, Espagne, France et Pologne. L'électricité produite par ces actifs est déjà vendue à des tiers ou sera commercialisée par TotalEnergies.

Vers 14H30 GMT, Shell cédait 0,34% à 33,72 livres à la Bourse de Londres et TotalEnergies 0,44% à 76,08 euros à la Bourse de Paris.


Pétrole: le baril chute de près de 5% après l'annonce de négociations Etats-Unis/Iran

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Les prix du pétrole chutent lundi à l'ouverture des échanges asiatiques après l'annonce par Donald Trump de nouvelles négociations pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient et rouvrir le détroit d'Ormuz.

Vers 22H50 GMT dimanche, le prix du baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en septembre reculait de 4,69% à 83,81 dollars.

Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate cédait 4,67% à 80,72 dollars.

Après avoir menacé l'Iran d'une attaque massive, Donald Trump a dit samedi soir renoncer à de nouvelles frappes à condition qu'un accord soit conclu rapidement, en particulier sur le détroit d'Ormuz.

L'Iran a de son côté assuré dimanche être proche d'un accord avec Oman sur ce passage stratégique crucial pour le commerce mondial d'hydrocarbures.

Le président américain a ensuite annoncé que des nouvelles négociations avec Téhéran commenceraient lundi.