Covid-19: Véran voit «l'adhésion» à la vaccination monter chez les soignants

Le ministre français de la Santé, Olivier Veran, lors d'une conférence de presse sur la stratégie actuelle du gouvernement français pour lutter contre la pandémie de Covid-19, le 4 mars 2021, à Paris
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Publié le Dimanche 07 mars 2021

Covid-19: Véran voit «l'adhésion» à la vaccination monter chez les soignants

  • Dans une lettre diffusée vendredi, le ministre de la Santé, Olivier Véran avait appelé les soignants à se faire vacciner «rapidement» au nom de la «sécurité collective»
  • Il s'est félicité que l'«effort exceptionnel» consenti ce week-end pour accélérer les vaccinations sur tout le territoire français

BOULOGNE-SUR-MER: Le ministre de la Santé, Olivier Véran, a mis en avant dimanche un « engouement qui monte chez les soignants » pour se faire vacciner face à la Covid-19, excluant dans l'immédiat toute obligation de vaccination pour ces professionnels.  
Après une visite dans un centre de vaccination de Boulogne-sur-Mer, le ministre s'est dit « convaincu que le taux d'adhésion à la vaccination des soignants rejoindra le taux général des Français à la vaccination ».  
Dans une lettre diffusée vendredi, il avait appelé les soignants à se faire vacciner « rapidement » au nom de la « sécurité collective ».  
Les sept ordres des professions de santé ont fait écho à cet appel dans un communiqué rendu public dimanche, appelant « d'une seule voix l'ensemble des soignants à se faire vacciner » contre la Covid-19, soulignant qu'il s'agit d'un « devoir déontologique » pour « freiner la propagation de l'épidémie ».  
Interrogé sur une proposition du député LREM du Pas-de-Calais, Jean-Pierre Pont, de rendre obligatoire la vaccination pour les soignants, le ministre a jugé cette démarche « légitime », mais indiqué privilégier « pour l'instant le dialogue et la conviction ».  
Il s'est félicité que l'« effort exceptionnel » consenti ce week-end pour accélérer les vaccinations sur tout le territoire français ait permis de réaliser samedi 220 000 injections « contre 80 000-85 000 habituellement les samedis ».  
« J'espère qu'il y en aura au moins plus de 100 000 aujourd'hui », a-t-il ajouté.  
« Tous les élus demandent à ce qu'on ait plus de vaccins, moi-même je demande à ce qu'on ait plus de vaccins », a-t-il ajouté.  
En matière de dotation territoriale, « lorsqu'il y a une inéquité qui se crée, quelles qu'en soient les raisons, nous devons évidemment la corriger », a-t-il ajouté, alors que les apports de vaccins ont été renforcés dans les Hauts-de-France après que de nombreux élus aient dénoncé un retard.  
Cet effort « nous permet de réduire les écarts régionaux constitués au début de la vaccination », a affirmé Benoît Vallet, directeur de l'Agence régionale de santé des Hauts-de-France.  
Il a précisé qu'à sa demande, et pour « rattraper le retard sur les Hauts-de-France (...) nous aurons 6 000 doses toutes les semaines à partir de cette semaine », ce qui représente « environ 10% de vaccinations en plus possible chaque semaine ».   


Le tueur présumé du policier mort à Avignon mis en examen et écroué après l'hommage national

Le Premier ministre français Jean Castex (à droite) passe devant un portrait du policier Eric Masson, tué le 5 mai lors d'une opération anti-drogue, lors d'une cérémonie d'hommage à Avignon le 11 mai 2021. (Photo, AFP)
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  • Le jeune homme a contre lui le témoignage du collègue d'Eric Masson qui se trouvait à ses côtés le jour du drame et l'a formellement reconnu
  • Castex a annoncé une peine de sûreté de 30 ans pour les personnes condamnées à perpétuité pour un crime commis contre les forces de l'ordre

AVIGNON: Le meurtrier présumé du policier tué à Avignon a été mis en examen et écroué mardi soir, quelques heures après l'hommage national présidé par le Premier ministre Jean Castex, qui a salué le «courage» d'Eric Masson, qui «a servi jusqu'au sacrifice de sa vie».

Mis en examen mardi soir pour «homicide volontaire sur personne dépositaire de l'autorité publique», le jeune homme de 19 ans a été écroué à la prison marseillaise des Baumettes, a précisé son avocat Louis-Alain Lemaire.

«Mon client conteste les faits et il n'est pas établi dans la procédure que l'auteur des tirs était au courant de la qualité de policier de la victime», a réagi l'avocat, en contestant la qualification retenu par les juges d'instruction en charge du dossier.

Le jeune homme a contre lui le témoignage du collègue d'Eric Masson qui se trouvait à ses côtés le jour du drame et l'a formellement reconnu, ainsi que celui de son complice présumé âgé de 20 ans qui a reconnu en fin de garde à vue qu'ils étaient bien tous les deux présents sur la scène du crime, selon une source policière.

Ce complice présumé devait lui aussi être présenté aux juges d'instruction chargés de l'enquête dans la soirée de mardi en vue de sa mise en examen. Les deux jeunes gens ont déjà été condamnés pour des faits de violences et d'infraction à la législation sur les stupéfiants, selon le procureur d'Avignon Philippe Guémas.

La mise en examen du tueur présumé d'Eric Masson est survenue quelques heures à peine après la cérémonie d'hommage national présidée à Avignon par le Premier ministre Jean Castex, devant quelque 300 personnes rassemblées dans la cour de la préfecture du Vaucluse, face aux remparts de la Cité des Papes.

Devant un portrait géant du brigadier, Jean Castex a notamment salué le «courage» du policier qui «a servi jusqu'au sacrifice de sa vie», pour que «ses filles (...) puissent se dire: mon père était un homme de bien, un policier exemplaire (...) tombé pour que nous puissions vivre en sécurité». Eric Masson a été promu à titre posthume au grade de commandant de police et élevé au titre de chevalier de la Légion d'honneur à titre posthume.

Immense émotion

Appelé avec ses collègues le 5 mai sur un point de trafic de drogue dans le centre d'Avignon, il avait procédé avec un autre policier au contrôle d'une cliente «de ce qui ressemblait à un échange de stupéfiants», avait expliqué le procureur Philippe Guémas. Deux jeunes hommes ont alors approché et leur ont demandé ce qu'ils faisaient, toujours selon le magistrat: «Eric Masson déclinait sa qualité de policier et l'individu sortait une arme de poing et faisait feu à deux reprises, l'atteignant au thorax et à l'abdomen». 

Les deux jeunes hommes suspectés d'être directement impliqués dans ce meurtre ont été interpellés dimanche soir au péage de Remoulins, à une vingtaine de kilomètres d'Avignon, alors qu'ils s'apprêtaient à fuir vers l'Espagne, selon les enquêteurs.

Les gardes à vue de la sœur du tireur présumé et du conducteur de la voiture dans laquelle ils ont été arrêtés ont en revanche été levées mardi sans poursuite à ce stade. Selon une source policière, les enquêteurs cherchaient notamment à savoir si la sœur du tireur présumé avait effectué un trajet vers l'Espagne pour reconnaître le parcours. 

Onze jours après la mort de Stéphanie Monfermé, une agente administrative du commissariat de Rambouillet, la mort d'Eric Masson avait suscité une immense émotion en France et alimenté la colère dans la profession. 

Ses obsèques se dérouleront dans l'intimité familiale mercredi dans la commune de Bédarrides (Vaucluse), où il habitait avec sa compagne et ses deux fillettes. 

Lundi soir, Jean Castex a annoncé un durcissement des peines encourues par les agresseurs de policiers et de gendarmes et notamment une peine de sûreté de 30 ans pour les personnes condamnées à perpétuité pour un crime commis contre les forces de l'ordre. Ces mesures ne s'appliqueront pas, quoi qu'il en soit, au cas du meurtrier d'Eric Masson, en vertu du principe de la non-rétroactivité de la loi. 


Le voile d'une candidate LREM sur une affiche électorale fait polémique

L'affiche éléctorale de la République en Marche pour les élections départementales dans l’Hérault. (Capture d'écran)
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  • Face aux attaques sur les réseaux sociaux, Stanislas Guérin, délégué général du parti LREM, a exigé le retrait de cette photo sous peine de retirer l’investiture
  • Les colistiers de Sara Zemmahi ont indiqué « respecter la loi, rien que la loi »

 LYON : Sur une affiche électorale de la République en Marche pour les élections départementales dans l’Hérault, une candidate prénommée Sara Zemmahi apparaît voilée aux côtés de deux de ses colistiers.

Cette affiche, sur laquelle il est marqué en gras «différents mais unis», a suscité l’ire de certains politiques.


Macron prône «l'esprit d'apaisement» dans le débat sur la «réconciliation» franco-algérienne

Le président français Emmanuel Macron tient le rapport sur la colonisation et la guerre d'Algérie par l'historien français Benjamin Stora lors de sa livraison à l'Elysée à Paris le 20 janvier 2021 (Photo, AFP)
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  • Le chef de l'Etat français «est revenu avec M. Tebboune sur le travail de mémoire, qui doit se poursuivre dans un esprit d’apaisement pour la réconciliation entre les peuples français et algérien»
  • «L'entretien a été l'occasion d'examiner les relations bilatérales», a précisé un bref communiqué de la présidence algérienne

PARIS: Emmanuel Macron a souhaité mardi, en s'entretenant avec le président algérien Abdelmadjid Tebboune, que le travail de mémoire entrepris entre Paris et Alger « se poursuive dans un esprit d’apaisement », a indiqué l'Elysée.  

Au cours de cet entretien téléphonique, le chef de l'Etat français « est revenu avec M. Tebboune sur le travail de mémoire, qui doit se poursuivre dans un esprit d’apaisement pour la réconciliation entre les peuples français et algérien et, tout particulièrement, entre les jeunesses des deux pays », a précisé la présidence.  

Premier président français né après la guerre d'Algérie (1954-62), Emmanuel Macron a engagé une série d'« actes symboliques » et unilatéraux pour tenter de « réconcilier les mémoires » entre les deux rives de la Méditerranée, à l'approche du 60e anniversaire de l'indépendance.  

Les relations entre les deux pays peinent à se réchauffer durablement alors que l'Algérie a de nouveau réclamé samedi, à l'occasion de sa première « journée de la Mémoire », la »repentance » de Paris pour ses crimes durant la colonisation.  

M. Tebboune a réaffirmé ce jour-là que « l'excellence des relations avec la République française ne saurait exister en dehors de l'Histoire et du traitement des dossiers de la Mémoire, qui ne sauraient faire l'objet d'aucune renonciation ».  

Début avril, une visite du Premier ministre Jean Castex avait été reportée sine die à la demande de la partie algérienne, fâchée entre autre par la taille réduite de la délégation ministérielle française qui devait participer à un Comité intergouvernemental de haut niveau (CIHN).   

« L'entretien a été l'occasion d'examiner les relations bilatérales et de convenir de mettre à jour la réunion du Comité intergouvernemental de haut niveau », a précisé un bref communiqué de la présidence algérienne.  

Ce communiqué, publié par l'agence officielle APS, qui évoque un « échange de vues » sur les questions régionales, Sahel et Libye, ne fait aucune mention du dossier mémoriel.   

Fin avril, Emmanuel Macron avait estimé, dans un entretien au Figaro, que la volonté de réconciliation était « très largement partagée » malgré « quelques résistances » en Algérie.  

Au cours de leur entretien, MM. Macron et Tebboune « sont convenus de poursuivre leur action commune en faveur de la stabilité et la sécurité, notamment au Sahel et en Libye », a indiqué la présidence. Ils ont également « exprimé leur volonté de renforcer les échanges et la coopération bilatérale dans tous les domaines », selon elle.