Le Yémen exige une enquête sur l'incendie dans un centre de migrants

Les eaux étroites entre la Corne de l'Afrique et le Yémen constituent une route de migration populaire malgré le conflit en cours au Yémen. (Photo, AFP / Archives)
Les eaux étroites entre la Corne de l'Afrique et le Yémen constituent une route de migration populaire malgré le conflit en cours au Yémen. (Photo, AFP / Archives)
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Publié le Mercredi 10 mars 2021

Le Yémen exige une enquête sur l'incendie dans un centre de migrants

  • L'incendie de dimanche s'est produit dans un centre de détention à Sanaa, ville sous contrôle des Houthis
  • Le gouvernement yéménite condamne «fermement le crime odieux commis dans un centre sous le contrôle de la milice terroriste dans la capitale occupée Sanaa»

AL-MUKALLA: Le gouvernement du Yémen et les militants des droits humains ont appelé à une enquête internationale sur la mort de dizaines de migrants africains dans un camp de détention à Sanaa, la ville sous contrôle des Houthis.

Le gouvernement yéménite a accusé les Houthis de recruter des migrants détenus pour combattre dans la guerre civile. Les migrants auraient été brûlés vifs dans un incendie après avoir protesté contre les mauvais traitements et les conditions abominables à l'intérieur d'un centre de détention.

«Nous condamnons fermement le crime odieux commis dans un centre de détention de migrants sous le contrôle de la milice terroriste Houthi dans la capitale occupé Sanaa, et qui a causé des morts et des blessures à des centaines d'entre eux. Les victimes ont été enterrées dans une fosse commune par les Houthis qui tentaient de dissimuler ce crime atroce, mais en vain», a affirmé le ministre de l'Information du Yémen, Muammer Al-Aryani.

Al-Aryani a ajouté: «Nous demandons une enquête internationale transparente et indépendante dans le but de révéler les détails de ce crime odieux et exiger des comptes aux auteurs, faire pression sur les Houthis afin qu'ils cessent de recruter et d'exploiter des réfugiés au combat, libérer tous les détenus dans le respect des engagements du Yémen et garantir la liberté du mouvement ou le retour volontaire de ces migrants».

L'incendie de dimanche s'est produit dans un centre de détention à Sanaa, a indiqué l'Organisation internationale pour les migrations l’(OIM).

«Le nombre total de migrants décédés dans l’incendie du centre de détention géré par l’Autorité de l’immigration, des passeports et de la naturalisation n’a pas été confirmé, car les rapports officiels n’ont pas encore été publiés. Plus de 170 personnes ont été soignées pour des blessures, dont beaucoup sont dans un état critique», a déclaré l'OIM dans un communiqué consulté par Arab News.

Les médias locaux yéménites et les responsables gouvernementaux signalent que «plusieurs centaines de détenus» ont été tués ou blessés dans l'incendie, et que les rebelles houthis ont dissimulé les informations sur cet incident afin d'éviter une réaction internationale.

Majed Fadhail, vice-ministre des droits de l'homme, affirme à Arab News que près de «500 migrants» ont été tués ou blessés dans l'incendie. Citant des sources médicales locales, l'agence de presse yéménite (Yazaan) rapporte que le nombre de morts s'élève à 50, et qu'environ 130 migrants ont été blessés, dont des dizaines seraient dans un état critique.

L'Agence des Nations Unies pour les migrations indique que la cause de l'incendie n'était pas claire. Mais une source locale anonyme confie à Arab News que des centaines de migrants avaient organisé une émeute à l'intérieur du centre de détention surpeuplé afin de protester contre les mauvais traitements, les longues périodes de détention et les conditions misérables.

«Les migrants ont bloqué les portes avec des couvertures et des matelas, dans le but d’empêcher les gardiens d'entrer dans les cellules et de mettre fin à l'émeute», explique la source. Elle ajoute qu'un gardien avait jeté un engin incendiaire à l'intérieur de la prison, ce qui a déclenché l'incendie.

Mardi, l'OIM se désole que les mesures de sécurité renforcées par les Houthis aient empêché ses équipes d'atteindre les migrants blessés, et a demandé aux rebelles d'autoriser l'accès médical et de libérer les migrants restants.

«Nous sommes confrontés à des obstacles pour accéder aux blessés en raison d'une présence sécuritaire accrue dans les hôpitaux. Les travailleurs humanitaires, ainsi que ceux de la santé, doivent pouvoir se déplacer facilement pour fournir le traitement approprié, aux personnes touchées par l'incendie et à d’autres qui reçoivent des soins de longue durée de l'OIM et de ses partenaires», a expliqué Carmela Godeau, directrice régionale de l'OIM pour le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord.

Le Ministre des affaires étrangères du Yémen, Ahmed Awadh ben Moubarak, a adressé ses condoléances au gouvernement éthiopien pour la mort des citoyens éthiopiens dans cet incendie. Il a promis de leur fournir des soins médicaux, et de poursuivre les auteurs de ce crime ignoble.

«Nous nous engageons à prendre toutes les mesures possibles, avec les organisations internationales compétentes, de manière à parvenir aux survivants, leur fournir les soins nécessaires, élucider les circonstances de cet incident traumatisant - dont les Houthis sont responsables - et d’amener les coupables devant les tribunaux», a assuré ben Moubarak sur Twitter.

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Les attaques "illégales" au Moyen-Orient risquent de devenir incontrôlables, alerte le chef de l'ONU

Une famille déplacée des banlieues sud de Beyrouth après l’avertissement de l’armée israélienne, qui a poussé les habitants à évacuer avant des frappes aériennes. (Reuters)
Une famille déplacée des banlieues sud de Beyrouth après l’avertissement de l’armée israélienne, qui a poussé les habitants à évacuer avant des frappes aériennes. (Reuters)
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  • Le chef de l’Organisation des Nations unies avertit que l’escalade des attaques au Moyen-Orient pourrait devenir incontrôlable et appelle à des négociations diplomatiques
  • L’ONU alerte sur l’augmentation des besoins humanitaires, notamment à Gaza et au Liban, et sur les risques pour l’économie mondiale

NATIONS-UNIES: La situation provoquée par "toutes les attaques illégales" au Moyen-Orient et au-delà risque de devenir incontrôlable, a alerté vendredi le secrétaire général de l'ONU, tandis que l'organisation s'inquiète des besoins humanitaires qui augmentent.

"Toutes les attaques illégales au Moyen-Orient et au-delà provoquent des souffrances et des préjudices immenses aux civils à travers la région, et pose un grand risque pour l'économie mondiale, en particulier les populations les plus vulnérables", a-t-il déclaré dans un communiqué.

"La situation pourrait devenir incontrôlable pour tout le monde. Il est temps d'arrêter les combats et d'engager des négociations diplomatiques sérieuses. Les risques ne pourraient pas être plus grands", a-t-il ajouté.

Lors d'une conférence à New York, le chef des opérations humanitaires de l'ONU (Ocha), Tom Fletcher, a lui fustigé les sommes "ahurissantes" dépensées chaque jour dans cette guerre "tandis que les hommes politiques continuent à se vanter de couper les budgets d'aide".

"Nous assistons à une alliance de plus en plus mortifère entre la technologie et des tueries en toute impunité. Nous assistons à une attaque persistante contre les systèmes et les lois censés freiner nos plus bas instincts et des guerres irréfléchies", a-t-il ajouté.

Le diplomate s'est en particulier inquiété d'une guerre qui "ravage les marchés, les chaînes d'approvisionnement, les prix alimentaires", et perturbe les couloirs maritimes comme le détroit d'Ormuz.

Alors "nous nous mobilisons en prévision d'une augmentation des besoins humanitaires dans toute la région", en prépositionnant des marchandises et en cherchant d'autres routes d'approvisionnement, a-t-il assuré, s'inquiétant en particulier de l'impact sur des populations déjà dans le besoin, notamment au Liban ou à Gaza.

Après avoir fermé samedi tous les points de passage vers le petit territoire palestinien, Israël a rouvert un seul d'entre eux, Kerem Shalom, aggravant certaines pénuries, a déploré Tom Fletcher.

Il a notamment indiqué que l'ONU n'avait pu faire entrer à Gaza que moins d'un million de litres de carburant cette semaine, "bien en dessous" des plus de deux millions considérés comme "le strict minimum pour faire tourner les services".

En outre, "il va y avoir également moins d'attention portée à d'autres crises, de la République démocratique du Congo au Soudan, en passant par le Soudan du Sud (...) l'Ukraine et d'autres", a-t-il insisté.


L’Arabie saoudite et le Pakistan discutent de mesures pour mettre fin aux attaques iraniennes

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  • Les responsables de la défense de l’Arabie saoudite et du Pakistan ont discuté des attaques iraniennes et des mesures pour les stopper dans le cadre de leur accord de défense mutuelle
  • Riyad affirme avoir abattu des drones visant le champ pétrolier de Shayba, tandis que les tensions régionales s’intensifient avec l’escalade du conflit impliquant l’Iran, les États-Unis et Israël

RIYAD : Le ministre saoudien de la Défense, le prince Khalid ben Salmane, et le chef des forces de défense du Pakistan, le général Asim Munir, ont discuté des attaques de l’Iran contre le Royaume, alors que le conflit militaire s’intensifie au Moyen-Orient.

« Nous avons discuté des attaques iraniennes contre le Royaume et des mesures nécessaires pour y mettre fin dans le cadre de notre accord stratégique conjoint de défense », a écrit le prince Khalid sur les réseaux sociaux tôt samedi.

« Nous avons souligné que de telles actions sapent la sécurité et la stabilité régionales et exprimé l’espoir que la partie iranienne fera preuve de sagesse et évitera toute erreur de calcul. »

Les États-Unis et Israël ont lancé une vaste campagne militaire contre l’Iran le 28 février. Depuis, l’Iran a attaqué plusieurs sites à travers le Golfe.

Téhéran a également ciblé des actifs militaires américains et israéliens à mesure que la guerre s’intensifiait, affectant la vie dans la paisible péninsule du Golfe arabe et risquant d’ébranler l’économie mondiale, alors que l’Iran continue de restreindre le transport énergétique à travers le détroit d’Ormuz.

Le ministère saoudien de la Défense a indiqué que plusieurs drones visant le champ pétrolier de Shayba dans le Rub al‑Khali (le Quart Vide) ont été abattus samedi.

Un drone a également attaqué l’ambassade des États-Unis à Riyad mardi, provoquant un incendie mineur, sans faire de blessés.

L’Arabie saoudite et le Pakistan ont signé en septembre un « Accord stratégique de défense mutuelle », stipulant que toute agression contre l’un des deux pays serait considérée comme une attaque contre les deux.

Par ailleurs, le ministre saoudien de l’Intérieur, le prince Abdulaziz ben Saud ben Naif, a reçu un appel de son homologue pakistanais Raza Naqvi, qui a condamné les attaques flagrantes visant le Royaume et a réaffirmé la solidarité de son pays face à toute menace contre la sécurité et la stabilité saoudiennes, selon l’agence de presse saoudienne. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


La guerre au Moyen-Orient déclarée «crise humanitaire majeure» par l'agence de l'ONU pour les réfugiés

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  • "Des efforts sont actuellement en cours pour fournir une assistance humanitaire vitale aux pays touchés dans toute la région", a affirmé Ayaki Ito
  • Il a également relevé qu'"il est impératif que tous les civils contraints de franchir les frontières pour trouver refuge puissent le faire en toute sécurité"

GENEVE: L'agence de l'ONU pour les réfugiés (HCR) a annoncé vendredi que la guerre au Moyen-Orient constituait une "crise humanitaire majeure" nécessitant une réponse immédiate de tous les acteurs "dans toute la région".

"La crise croissante au Moyen-Orient constitue une urgence humanitaire majeure nécessitant une réponse immédiate dans toute la région et en Asie du Sud-Est", a annoncé devant la presse à Genève Ayaki Ito, directeur de la division des urgences et du soutien aux programmes du HCR.

"La récente escalade des hostilités et des attaques au Moyen-Orient a provoqué d'importants mouvements de population, tandis que les affrontements le long de la frontière entre l'Afghanistan et le Pakistan ont également contraint plusieurs milliers de familles à fuir", a-t-il ajouté.

L'ensemble des régions touchées accueillent déjà près de 25 millions de personnes, qu'il s'agisse de réfugiés, de personnes déplacées à l'intérieur de leur propre pays ou de réfugiés récemment rentrés chez eux, selon le HCR.

"Des efforts sont actuellement en cours pour fournir une assistance humanitaire vitale aux pays touchés dans toute la région", a affirmé Ayaki Ito.

Il a également relevé qu'"il est impératif que tous les civils contraints de franchir les frontières pour trouver refuge puissent le faire en toute sécurité".

Le HCR suit de près l'évolution de la situation en Iran, pays où il est présent depuis 1984 et où il affirme être la plus grande agence des Nations unies, avec des bureaux à Téhéran et cinq antennes régionales.

Le HCR dispose en Iran d'environ 110 employés et "nous continuer à fonctionner avec des capacités réduites", a indiqué Ayaki Ito.

"Notre personnel est en danger" et "les réfugiés continuent à se rendre dans nos centres d'accueil", a-t-il affirmé.

L'Iran accueillait avant la guerre au Moyen-Orient 1,65 million de réfugiés et d'autres personnes ayant besoin d'une protection internationale, selon le HCR, qui continue de leur venir en aide et de les soutenir, malgré les défis logistiques.

Selon l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) des Nations unies, quelque 50.000 Syriens ont notamment fui du Liban vers leurs pays au cours de la semaine dernière.