Égypte: les atteintes aux libertés fermement dénoncées à l'ONU

Un policier égyptien près des tours de garde de la prison de Tora, dans la banlieue sud du Caire. Déjà confrontés à la perspective de passer plusieurs années dans des prisons surpeuplées et souvent violentes, les prisonniers politiques égyptiens sont souvent accusés de crimes qu'ils auraient commis alors qu'ils étaient derrière les barreaux. (Khaled DESOUKI / AFP)
Un policier égyptien près des tours de garde de la prison de Tora, dans la banlieue sud du Caire. Déjà confrontés à la perspective de passer plusieurs années dans des prisons surpeuplées et souvent violentes, les prisonniers politiques égyptiens sont souvent accusés de crimes qu'ils auraient commis alors qu'ils étaient derrière les barreaux. (Khaled DESOUKI / AFP)
Short Url
Publié le Vendredi 12 mars 2021

Égypte: les atteintes aux libertés fermement dénoncées à l'ONU

  • Trente et un pays ont aussi fait part de leur "profonde inquiétude concernant l'usage de la législation anti-terroriste contre les militants des droits de l'homme, les personnes LGBTI, les journalistes, les politiciens et avocats"
  • L'Égypte compte plus de 60.000 détenus d'opinion selon des ONG

GENÈVE : L'Égypte doit cesser d'abuser de sa législation anti-terroriste pour museler les opposants au régime, les défenseurs des droits et les journalistes et maintenir ses détracteurs en détention préventive indéfiniment, ont exigé plusieurs dizaines de pays devant le Conseil des droits de l'homme vendredi.

Trente et un pays ont aussi fait part de leur "profonde inquiétude concernant l'usage de la législation anti-terroriste contre les militants des droits de l'homme, les personnes LGBTI, les journalistes, les politiciens et avocats", dans un message vidéo lu par l'ambassadrice de Finlande à Genève, Kirsti Kauppi.

Le texte, mentionne en particulier le cas d'une importante association de défense des droits de l'homme, l'Initiative égyptienne pour les droits personnels (EIPR), qui a vu certains de ses membres arrêtés en 2020 et qui a été accusée de terrorisme après une rencontre avec des ambassadeurs étrangers.

Ces membres ont été libérés, l'arrestation ayant provoqué un tollé international.

L'ambassadrice a également demandé aux autorités "de faire cesser les longues périodes de détention préventive infligées aux défenseurs des droits et aux militants de la société civile au nom de la législation contre le terrorisme".

Elle a en particulier critiqué une méthode connue sous le nom de "rotation" consistant à prolonger les détentions au-delà de la limite légale par une manoeuvre de procédure.

Le texte demande aussi la libération de tous les journalistes.

L'Égypte compte plus de 60.000 détenus d'opinion selon des ONG.

Depuis la destitution du président islamiste Mohamed Morsi par l'armée en 2013 et l'arrivée au pouvoir l'année suivante d'Abdel Fattah al-Sissi, une répression croissante s'est abattue sur toute forme d'opposition, islamiste ou libérale.

Les pays signataires veulent ainsi faire pression sur les autorités pour qu'elles appliquent correctement une loi sur les ONG adoptée en 2019, qui pourrait alors faciliter les actions de ces organisations, a expliqué un diplomate européen qui a participé à l'élaboration du texte.

Les groupes de défense des droits de l'homme ont salué l'initiative.

Cette déclaration "met fin à des années d'absence de toute action collective devant le Conseil des droits de l'homme, malgré la rapide détérioration de la situation" dans ce domaine, a commenté Bahey Hassan, qui dirige l'Institut d'études des droits de l'homme du Caire, dans un communiqué conjoint signé de neuf autre organsiations de défense des droits y compris internationales.

Kevin Whelan, le représentant d'Amnesty international à Genève estime que cette déclaration "est un message clair à destination des autorités égyptiennes que le monde ne fermera plus les yeux devant ses campagnes menées sans relâche pour écraser une opposition pacifique.


Liban: 13 morts dans des frappes israéliennes sur le sud

Le ministère de la Santé libanais a indiqué que 13 personnes ont été tuées vendredi lors de frappes israéliennes dans le sud, notamment dans une ville où l’armée israélienne avait émis un ordre d’évacuation malgré un cessez-le-feu. (REUTERS)
Le ministère de la Santé libanais a indiqué que 13 personnes ont été tuées vendredi lors de frappes israéliennes dans le sud, notamment dans une ville où l’armée israélienne avait émis un ordre d’évacuation malgré un cessez-le-feu. (REUTERS)
Short Url
  • Des frappes israéliennes dans le sud du Liban ont fait au moins 13 morts vendredi, dont des civils (femmes et enfants), malgré un cessez-le-feu en vigueur
  • Depuis la reprise des hostilités le 2 mars entre Israël et le Hezbollah, plus de 2 600 personnes ont été tuées, dont des secouristes, suscitant de vives critiques humanitaires

BEYROUTH: Des frappes israéliennes sur le sud du Liban ont fait au moins 13 morts vendredi, a rapporté le ministère libanais de la Santé dans un nouveau bilan.

Selon un communiqué du ministère, huit personnes, parmi lesquelles un enfant et deux femmes, ont été tuées et 21 autres blessées, dont deux enfants et une femme, dans des frappes sur le village d'Habboush, que l'armée israélienne avait appelé à évacuer malgré un cessez-le-feu.

L'agence de presse officielle libanaise (ANI) a rapporté "une série de frappes intenses (...) un peu moins d'une heure après l'avertissement" israélien.

A Habboush, un photographe de l'AFP a vu des volutes de fumée s'élever à la suite des bombardements.

Une autre frappe sur le village de Zrariyé, dans la région de Saïda, a par ailleurs fait quatre morts, dont deux femmes, et quatre blessés dont un enfant et une femme, a précisé le ministère dans la soirée.

Selon la même source, une femme a été tuée et sept personnes ont été blessées dans le district de la ville côtière de Tyr.

L'ANI avait auparavant fait état d'autres frappes et de tirs d'artillerie sur d'autres localités du Sud en dépit du cessez-le-feu entre le Hezbollah pro-iranien et Israël en vigueur depuis le 17 avril.

- Secouristes tués -

Jeudi, 17 personnes avaient été tuées dans des frappes sur le Sud, où l'armée israélienne a établi une zone de 10 km de profondeur à partir de la frontière, interdite d'accès à la presse et à la population, et effectue des opérations de démolition.

Des destructions ont ainsi été rapportées à Shamaa mais également à Yaroun, où un monastère, une école privée, des maisons, des commerces et des routes ont été démolies, selon l'agence ANI.

Israël affirme vouloir protéger sa région nord du Hezbollah, qui continue de revendiquer des attaques contre des positions israéliennes au Liban et, plus rarement, contre le territoire israélien.

L'armée israélienne a indiqué dans la nuit de vendredi à samedi avoir intercepté quatre "cibles aériennes" qui se dirigeaient vers le nord d'Israël, sans préciser leur provenance.

En vertu de l'accord de cessez-le-feu, Israël se réserve "le droit de prendre, à tout moment, toutes les mesures nécessaires en légitime défense contre des attaques planifiées, imminentes ou en cours", une clause que le Hezbollah conteste.

Selon le ministère libanais de la Santé, plus de 2.600 personnes ont été tuées depuis la reprise des hostilités entre le Hezbollah et Israël, le 2 mars, sur fond de guerre au Moyen-Orient.

D'après cette source, 103 secouristes font partie des morts.

"Qu'une personne qui tente de sauver des vies, d'apaiser la souffrance humaine, puisse être ciblée (...) c'est une chose que je trouve absolument inacceptable", a affirmé à des journalistes près de Beyrouth le secrétaire général adjoint de la Fédération Internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FIRC), Xavier Castellanos.


Les Emirats interdisent à leurs ressortissants de se rendre en Iran, au Liban et en Irak

Le drapeau des Émirats arabes unis flotte sur fond de la skyline d’Abou Dhabi. (Archive/AFP)
Le drapeau des Émirats arabes unis flotte sur fond de la skyline d’Abou Dhabi. (Archive/AFP)
Short Url
  • Les Émirats arabes unis interdisent à leurs citoyens de voyager en Iran, au Liban et en Irak en raison des tensions régionales
  • Les autorités demandent aux Émiratis présents dans ces pays de rentrer immédiatement, après des attaques de missiles iraniennes visant des infrastructures aux EAU

DUBAI: Les Emirats arabes unis ont interdit jeudi à leurs ressortissants  de se rendre en Iran, au Liban et en Irak, en invoquant l'évolution de la situation dans la région.

"A la lumière des développements régionaux actuels", le ministère des Affaires étrangères du pays a émis "une interdiction de voyager pour les ressortissants émiratis se rendant en République islamique d'Iran, en République libanaise et en République d'Irak", a rapporté l'agence de presse officielle WAM, indiquant qu'il appelait "tous les ressortissants émiratis actuellement dans ces pays à accélérer leur retour immédiat".

L'Iran a pris pour cible les Emirats, par des tirs de missiles visant des infrastructures civiles et énergétiques, lors du conflit déclenché le 28 février par l'attaque israélo-américaine contre Téhéran, avant l'annonce d'un fragile cessez-le-feu.


Liban: le président condamne les «violations persistantes» du cessez-le-feu par Israël

Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international. (AFP)
Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international. (AFP)
Short Url
  • "Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition de maisons (...), alors que le nombre de victimes (...) monte"
  • "Il faut faire pression sur Israël pour qu'il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils et les secouristes"

BEYROUTH: Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international.

"Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition de maisons (...), alors que le nombre de victimes (...) monte", a-t-il déclaré, selon un communiqué de la présidence. De nouvelles frappes israéliennes meurtrières ont visé jeudi des localités dans le sud, selon un média officiel.

"Il faut faire pression sur Israël pour qu'il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils et les secouristes", a ajouté Joseph Aoun, alors que la trêve est entrée en vigueur le 17 avril.