Covid: grâce au numérique, le marché de l'art limite la casse

Le tableau Scène de rue à Montmartre par Vincent Van Gogh, mis aux enchères à la maison de vente de Sotheby’s à Paris (Photo, AFP).
Le tableau Scène de rue à Montmartre par Vincent Van Gogh, mis aux enchères à la maison de vente de Sotheby’s à Paris (Photo, AFP).
Short Url
Publié le Lundi 15 mars 2021

Covid: grâce au numérique, le marché de l'art limite la casse

  • Sous le coup des confinements successifs, les enchères à distance sont devenues en un an la nouvelle norme, jusqu’à des ventes totalement en ligne, sans commissaire-priseur
  • «C'est un basculement spectaculaire qui a fonctionné au-delà des attentes et malgré les réticences de certaines maisons de ventes» attachées aux vieilles méthodes en présentiel

PARIS: Le marché de l’art, forcé de basculer massivement vers le numérique, a globalement bien accusé le choc de la Covid avec une perte de 21% de chiffre d’affaires seulement, découvrant de nouveaux clients et horizons, révèle un rapport d'Artprice.

Publié chaque année par la société leader de l'information sur le marché de l'art, ce rapport porte sur les résultats de « Fine Art » : peintures, sculptures, dessins, photographies, estampes, vidéos, installations, tapisseries, à l'exclusion du mobilier, des automobiles, etc.

Sous le coup des confinements successifs, les enchères à distance sont devenues en un an la nouvelle norme, jusqu’à des ventes totalement en ligne, sans commissaire-priseur.

« Le marché de l'art a su rebondir par le numérique qu’il a totalement investi, ce qui a permis de limiter la chute du chiffre d’affaires », souligne Thierry Ehrmann, président d'Artprice, qui y voit une « révolution ».

« C'est un basculement spectaculaire qui a fonctionné au-delà des attentes et malgré les réticences de certaines maisons de ventes » attachées aux vieilles méthodes en présentiel, explique-t-il.

Les raisons expliquant la limitation des pertes ? « Il y a une évolution sociologique. Les enchères sur internet font venir de nouveaux clients, les 30/40 ans, qui n'avaient pas accès ou ne supportaient pas l'ancien régime. C'est souvent l'art contemporain (qui pèse pour 16% du marché) qu'ils viennent acheter. Il est la locomotive aujourd'hui. La présentation des œuvres en 3D sur internet est attractive », explique-t-il.

L'évolution est aussi géographique : « il n'y a plus de fuseaux horaires pour passer commande. Une maison belge ou suédoise va par exemple découvrir de nouvelles zones de richesses, des clients à Singapour, en Indonésie par exemple ».

« Ce marché avait trente ans de retard, il a atteint en un an un nouvel équilibre, que les projections les plus optimistes prévoyaient en 2025 », s'est-il félicité.

Plus de monde en ligne « implique aussi plus de concurrence ». Le taux de vente très positif (76%) « repose ainsi sur cette audience renouvelée, couplée à des estimations de prix prudentes pour être attractives », souligne le rapport.

Performance chinoise

La performance chinoise impressionne : la Chine est revenue à la première place mondiale après quatre ans où les Etats-Unis l'avaient devancée. Elle pèse 39% du marché du « fine art » contre 27% aux États-Unis, où la flambée de l'épidémie a eu de fortes répercussions sur le marché, et 15% au Royaume-Uni.

Déjà, une étude publiée par Artprice à l'automne avait montré que les Chinois étaient 395 (contre 165 Américains) dans le « top 1 000 » des artistes les plus cotés.

« La Chine a su se créer un marché intérieur, avec des limitations d'exportations, et vu naître de nouvelles maisons de ventes », note Thierry Ehrmann. Après un premier semestre impacté par le confinement, les ventes numériques ont redémarré fort.  

Et, malgré sa reprise en mains par la Chine, Hong Kong maintient son rang. Pour exemple, la maison américaine Sotheby's y a réalisé le quart de son chiffre d’affaires.

En Europe, la France retombe plusieurs années en arrière avec un chiffre d’affaires de 578 millions de dollars (483 ME) contre 827 m$ (691 ME) en 2019, soit moins 31%. Fléchissent pareillement le Royaume-Uni (-30%), l'Italie (-32%).

C'est l’Allemagne, moins touchée jusqu'à l'automne par la pandémie, qui termine dans le vert: +11%.

Pas d’adjudication à plus de 100 millions de dollars en 2020 : le meilleur résultat (84,5 m$) est revenu à un triptyque de Bacon (Sotheby’s). Et Banksy a vendu un nombre d'œuvres record (près de 900). 

Une forte demande pour la peinture figurative contemporaine est observée, notamment celle liée à l’Afrique, par exemple du jeune peintre ghanéen Amoako Boafo. 

En période de pandémie et face à la standardisation des objets, « le marché haut de gamme se maintient pour une peinture figurative vive, joyeuse et audacieuse », note encore Artprice. En témoignent les bonnes adjudications de Roy Lichtenstein et de David Hockney, et les records atteints par l'artiste franco-chinois San Yu.


L’Arabie saoudite renforce sa présence dans les discussions mondiales sur la mode à Milan

Le RLC Fashion Summit a abordé les réalités auxquelles sont confrontées les industries de la mode et du luxe. (Photo fournie)
Le RLC Fashion Summit a abordé les réalités auxquelles sont confrontées les industries de la mode et du luxe. (Photo fournie)
Short Url
  • La Commission saoudienne de la mode a participé comme partenaire principal du RLC Fashion Summit 2026 à Milan, soulignant le rôle croissant du Royaume dans l’industrie mondiale de la mode
  • Les discussions ont porté sur les principaux enjeux du secteur : intelligence artificielle, évolution des consommateurs, investissements, commerce multimarque et émergence de nouveaux marchés

DHAHRAN : Des dirigeants mondiaux de la mode et du luxe se sont réunis à Milan début juin à l’occasion du Retail Leaders Circle (RLC) Fashion Summit 2026, dans le cadre du rayonnement international croissant du RLC Global Forum, dont le rendez-vous phare annuel se tient en Arabie saoudite.

Organisé au Four Seasons Hotel Milano, le RLC Fashion Summit a abordé les défis actuels auxquels font face les secteurs de la mode et du luxe : fragmentation géopolitique, évolution des attentes des consommateurs, discipline en matière d’investissement, intelligence artificielle, avenir du commerce multimarque et influence croissante des nouveaux marchés.

L’initiative Fashion Futures de la Commission saoudienne de la mode a participé au sommet en tant que partenaire principal, illustrant le rôle grandissant du Royaume dans les discussions internationales portant sur la mode, le commerce de détail, l’investissement et le développement des secteurs innovants.

« Notre priorité est de mettre en place les conditions d’une croissance durable pour l’ensemble du secteur de la mode en Arabie saoudite », a déclaré Burak Cakmak, directeur général de la Commission saoudienne de la mode, dans un communiqué. « Alors que l’industrie poursuit sa transformation, nous travaillons à multiplier les opportunités pour les marques internationales, les fabricants, les investisseurs et les partenaires du secteur afin qu’ils puissent s’engager sur le marché saoudien et contribuer à son développement. »

La participation de la commission reflète également la dynamique plus large du secteur de la mode saoudien, alors que le Royaume poursuit ses investissements dans les secteurs innovants, le développement des talents, les infrastructures commerciales et les partenariats internationaux.

« Il est rare de voir un tel niveau de leadership réuni au même endroit pour une journée entière d’échanges authentiques et ouverts », a déclaré Panos Linardos, président du RLC Global Forum.

Outre son forum annuel dédié au commerce de détail à Riyad, le RLC Global Forum organise un calendrier d’événements de premier plan à travers le monde, notamment le CEO Summit à New York et le RLC Fashion Summit à Milan.


À Dubaï, la mode se met au service de l’éducation grâce au partenariat entre OnTheList et Dubai Cares

La plateforme de ventes privées de luxe OnTheList a annoncé un partenariat stratégique avec Dubai Cares, l’organisation philanthropique mondiale basée aux Émirats arabes unis, dans le cadre d’une initiative visant à soutenir le développement humain et l’autonomisation des jeunes à travers le monde. (AFP)
La plateforme de ventes privées de luxe OnTheList a annoncé un partenariat stratégique avec Dubai Cares, l’organisation philanthropique mondiale basée aux Émirats arabes unis, dans le cadre d’une initiative visant à soutenir le développement humain et l’autonomisation des jeunes à travers le monde. (AFP)
Short Url
  • Pour marquer le lancement de cette collaboration, OnTheList organisera une vente caritative de mode au Dubai Design District (d3) du 9 au 12 juin
  • L’intégralité des bénéfices générés par cet événement sera reversée à Dubai Cares afin de soutenir ses programmes éducatifs et humanitaires à l’international

DUBAÏ: La plateforme de ventes privées de luxe OnTheList a annoncé un partenariat stratégique avec Dubai Cares, l’organisation philanthropique mondiale basée aux Émirats arabes unis, dans le cadre d’une initiative visant à soutenir le développement humain et l’autonomisation des jeunes à travers le monde.

Pour marquer le lancement de cette collaboration, OnTheList organisera une vente caritative de mode au Dubai Design District (d3) du 9 au 12 juin. L’intégralité des bénéfices générés par cet événement sera reversée à Dubai Cares afin de soutenir ses programmes éducatifs et humanitaires à l’international.

Cette opération réunira plusieurs marques du groupe BESTSELLER, dont JACK & JONES, VERO MODA, ONLY, Name It et Selected. Les visiteurs pourront accéder à une sélection de vêtements et d’accessoires pour hommes, femmes et enfants à des prix fortement réduits.

Créée pour offrir à ses membres un accès privilégié à des marques premium, OnTheList poursuit ainsi sa stratégie d’engagement social dans la région. Pour l’entreprise, ce partenariat avec Dubai Cares s’inscrit dans une volonté de donner davantage de sens à l’expérience d’achat.

« Lorsqu’on construit une marque dans cette région, il est essentiel d’aller au-delà de la simple transaction commerciale. Ce partenariat avec Dubai Cares reflète cette vision : chaque achat contribue désormais à une cause qui dépasse largement l’acte de consommation », a déclaré Delphine Lefay, cofondatrice d’OnTheList.

De son côté, Amal Al Redha, directrice des partenariats chez Dubai Cares, a salué une initiative qui démontre que commerce et responsabilité sociale peuvent se renforcer mutuellement.

« Cette collaboration offre une opportunité concrète de mobiliser une communauté de consommateurs désireux de contribuer positivement à la société. Nous sommes ravis d’accueillir OnTheList parmi nos partenaires », a-t-elle indiqué.

Depuis sa création, Dubai Cares affirme avoir impacté plus de 117 millions de personnes dans plus de 60 pays en développement grâce à ses programmes dédiés à l’éducation, à la jeunesse et au développement durable.

Alors qu’OnTheList continue d’étendre sa présence aux Émirats arabes unis, cette initiative illustre une tendance croissante au sein du secteur de la mode : mettre le pouvoir d’achat au service de causes sociales et humanitaires à l’échelle mondiale.


BBC World Questions au Maroc : la jeunesse féminine au cœur du changement

Morocco's forward #19 Sakina Ouzraoui celebrates with defender #14 Aziza Rabbah after scoring her team's equaliser during the 2025 Women's Africa Cup of Nations semi-final football match against Ghana at Prince Moulay Abdellah Stadium in Rabat on July 22, 2025. (AFP)
Morocco's forward #19 Sakina Ouzraoui celebrates with defender #14 Aziza Rabbah after scoring her team's equaliser during the 2025 Women's Africa Cup of Nations semi-final football match against Ghana at Prince Moulay Abdellah Stadium in Rabat on July 22, 2025. (AFP)
Short Url
  • Une édition spéciale de BBC World Questions réunira à Marrakech des jeunes femmes engagées pour débattre des évolutions sociales, des droits des femmes et de la réforme du droit de la famille au Maroc
  • Au cœur des échanges : des questions de société telles que le mariage des mineures et les libertés individuelles

DUBAI: La BBC World Service organisera le 10 juin à Marrakech une édition spéciale de son émission de débat international BBC World Questions, centrée sur la place des femmes dans une société en pleine évolution.

À l’heure où une nouvelle génération porte des revendications en faveur du changement, les questions liées aux droits des femmes, à la foi et à la réforme du droit de la famille occupent une place croissante dans le débat public. Cette émission entend donner la parole aux jeunes Marocaines et mettre en lumière leurs aspirations, leurs préoccupations et leur vision de l’avenir.

Animée par le journaliste Jonny Dymond, l’émission réunira un panel de personnalités engagées dans les questions d’égalité et de participation des femmes à la vie publique. Parmi les intervenantes figurent la rappeuse et chanteuse Frizzy, connue pour son implication dans la campagne pour l’égalité des femmes « The Time Has Come », Meryem Redouane, responsable de la section féminine de la Fédération islamique internationale des organisations étudiantes (IIFSO), Kaoutar Rias, étudiante à l’École nationale d’architecture de Tétouan et membre du Conseil national du renouveau étudiant (OREMA), ainsi que Yousra Salhi, créatrice de contenu numérique féministe et militante pour les droits des femmes.

Les discussions porteront notamment sur le mariage des mineures, la polygamie, les règles d’héritage, le harcèlement sexuel, ainsi que les questions de liberté individuelle et de pudeur. Fidèle au format de BBC World Questions, le public présent jouera un rôle central en posant directement ses questions aux intervenantes.

Gwenan Roberts, responsable des commandes éditoriales au BBC World Service, s’est félicitée de la tenue de cette édition à Marrakech. « Nous sommes ravis de venir à Marrakech et impatients d’entendre directement notre panel et notre public sur la manière dont les femmes marocaines perçoivent leur place dans la société et les évolutions culturelles en cours », a-t-elle déclaré.

L’événement se tiendra au centre Les Étoiles de Jemaa el-Fna à Marrakech et est organisé en partenariat avec BBC News Arabic et la Fondation Ali Zaoua. L’enregistrement sera diffusé à l’échelle mondiale à la radio, à la télévision et sur les plateformes numériques de la BBC.

Pour Gwenan Roberts, rédactrice en chef des commandes à BBC World Service, cette édition représente une occasion unique d’entendre directement les jeunes Marocaines sur leur place dans la société et sur les transformations culturelles qui traversent actuellement le pays.

L’émission sera diffusée pour la première fois sur BBC World Service Radio le 13 juin avant d’être mise à disposition en ligne, sur BBC Sounds et sur les principales plateformes de podcasts. Une version télévisée sera également proposée à partir du 20 juin sur les chaînes et plateformes numériques de la BBC.