Le président libanais lance un ultimatum à Hariri

Aoun a demandé au premier ministre désigné Saad Hariri de se présenter au palais présidentiel afin de former un nouveau cabinet immédiatement, ou de laisser la place à quelqu'un qui en soit capable. (Photo, AFP/Archives)
Aoun a demandé au premier ministre désigné Saad Hariri de se présenter au palais présidentiel afin de former un nouveau cabinet immédiatement, ou de laisser la place à quelqu'un qui en soit capable. (Photo, AFP/Archives)
Short Url
Publié le Jeudi 18 mars 2021

Le président libanais lance un ultimatum à Hariri

  • Le président libanais appelle le premier ministre désigné à se présenter au palais présidentiel pour des discussions
  • Hariri estime que Michel Aoun devrait déclencher des élections présidentielles anticipées

BEYROUTH: Le président libanais Michel Aoun a prononcé un discours télévisé mercredi soir et a demandé au premier ministre désigné Saad Hariri de se présenter au palais présidentiel afin de former un nouveau cabinet immédiatement, ou de laisser la place à quelqu'un qui en soit capable.

«Si le premier ministre désigné, Hariri est incapable de former un gouvernement, il devrait céder la place à une personne apte à le faire», déclare Aoun, disant son appel «déterminé et sincère au premier ministre désigné pour qu'il fasse immédiatement son choix, car le silence n'est plus une option à partir d’aujourd'hui».

Aoun s’est par ailleurs défendu contre les accusations d’entrave à la formation du gouvernement qui le touchent.

«Nul ne profitera des prises de positions et du blâme si le pays s’effondre et que les gens sont pris au piège du désespoir et de la frustration», a-t-il affirmé. «La colère est leur seule échappatoire. La souffrance du peuple, évitable, est devenue insupportable».

Aoun et Hariri se disputent au sujet de la formation du gouvernement depuis la nomination de ce dernier en octobre.

Hariri a riposté, se disant surpris d’entendre les propos du président.

«Plusieurs semaines après avoir présenté au président un cabinet composé de technocrates, non affiliés à des partis politiques, capables de mettre en œuvre les réformes pour arrêter l'effondrement et reconstruire ce qui a été détruit par l'explosion du port de Beyrouth, je m’attendais à ce que le président me contacte personnellement pour en discuter», affirme-t-il.

Hariri rappelle avoir rendu visite au président seize fois depuis qu'il s'était vu confier la tâche de former un nouveau gouvernement. Il affirme qu'il serait «honoré» de visiter Aoun pour une dix-septième fois, lorsque l’emploi du temps de Aoun le permettrait, pour discuter de la formation du gouvernement.

Hariri estime que Michel Aoun devrait déclencher des élections présidentielles anticipées s'il n’est pas en mesure de signer les décrets de formation d’un nouveau cabinet.

photo
Un manifestant du mouvement de contestation bloque la rue avec des bennes à ordure incendiées devant la banque centrale libanaise dans la capitale Beyrouth le 16 mars 2021 (Photo, AFP)

Plus tôt mercredi, les manifestants ont tenté de prendre d'assaut le bâtiment du ministère de l'Économie à Beyrouth et assiégé le domicile d'un ministre, après que la livre libanaise en chute libre ait atteint un niveau alarmant.

Des manifestations ont eu lieu au moment où la livre libanaise continuait sa chute, plongeant à un record de 15 000 contre le dollar américain sur le marché noir.

«Ce peuple qui souffre n’aura aucune pitié envers ceux qui sont responsables de l'obstruction, de l'exclusion, ainsi que du mandat gouvernement intérimaire qui s’éternise», d’après Aoun.

photo
Des manifestants bloquent une route avec des bennes à ordure, lors d'une manifestation contre la chute de la livre libanaise et la crise économique, à Beyrouth, au Liban, le 16 mars 2021 (Photo, Reuters)

«Se taire et se terrer dans les bunkers ne profite plus à personne. Espérons que nous pourrons sauver le Liban».

Le pays est confronté à une impasse politique, toujours sans nouveau gouvernement, sept mois après la démission du premier ministre Hassan Diab suite à l’explosion du 4 août.

L’explosion a tué plus de 200 personnes et laissé une grande partie de la capitale libanaise Beyrouth en ruines.

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Trump et Netanyahu sur le Liban, un « petit différend »

Donald Trump a vanté mercredi, depuis le sommet du G7 en France, son "formidable partenariat" avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, un changement de ton après ses critiques acerbes de la veille. (AFP)
Donald Trump a vanté mercredi, depuis le sommet du G7 en France, son "formidable partenariat" avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, un changement de ton après ses critiques acerbes de la veille. (AFP)
Short Url
  • "Pour être tout à fait juste envers Bibi (surnom du Premier ministre israélien) Netanyahu, qui se trouve être un homme bien, il s'emporte un peu parfois", a-t-il déclaré
  • "Nous avons un partenariat formidable", a-t-il ajouté, qualifiant leur désaccord sur le Liban de "petit différend"

EVIAN: Donald Trump a vanté mercredi, depuis le sommet du G7 en France, son "formidable partenariat" avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, un changement de ton après ses critiques acerbes de la veille.

"Pour être tout à fait juste envers Bibi (surnom du Premier ministre israélien) Netanyahu, qui se trouve être un homme bien, il s'emporte un peu parfois", a-t-il déclaré.

"Nous avons un partenariat formidable", a-t-il ajouté, qualifiant leur désaccord sur le Liban de "petit différend".

Le président américain a indiqué que le protocole d'accord avec l'Iran pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient serait signé "bientôt", "peut-être" jeudi ou vendredi.

La signature a été annoncée pour vendredi à Genève.

Interrogé sur son intention de rester en Europe pour la signature, il a répondu qu'il "pourrait" rester, tout en ajoutant: "Ce n'est pas le genre de document que je devrais signer".

Sur "la partie libanaise, c'est une chose sur laquelle il va falloir qu'on travaille un peu", a reconnu Donald Trump, alors que les Iraniens exigent qu'Israël cesse ses frappes contre le groupe armé pro-iranien Hezbollah au Liban.

"C'est en fait une toute petite pièce du puzzle, mais elle fait quand même beaucoup de bruit", a également commenté Donald Trump, estimant que "le vrai sujet, c'est l'accord avec l'Iran".

Car "c'est là qu'est l'argent, là que se trouvait le pouvoir", a-t-il ajouté.

Il a en outre répété que les Etats-Unis "prendront" l'uranium hautement enrichi de l'Iran même s'il est "sans valeur".

Le président américain a par ailleurs promis une discussion "parallèle" avec les pays du Golfe portant sur les missiles balistiques.

Ces pays ont été la cible des frappes de Téhéran durant la guerre américano-israélienne contre la République islamique iranienne.

Donald Trump était depuis lundi à Evian, station thermale des Alpes, pour le sommet des chefs d'Etat et de gouvernement de sept des plus grandes puissances industrialisées (Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Italie, Japon et Royaume-Uni).

Il prolonge son séjour en France avec un dîner au château de Versailles avec Emmanuel Macron.


Liban: plusieurs frappes israéliennes dans le sud malgré l'accord Washington-Téhéran

Israël a frappé le sud du Liban à plusieurs reprises mercredi matin malgré l'accord conclu entre Téhéran et Washighton, a rapporté l'agence nationale d'information libanaise (Ani, officielle). (AFP)
Israël a frappé le sud du Liban à plusieurs reprises mercredi matin malgré l'accord conclu entre Téhéran et Washighton, a rapporté l'agence nationale d'information libanaise (Ani, officielle). (AFP)
Short Url
  • Lundi soir, l'armée iranienne a menacé d'une "réponse sévère" si les attaques israéliennes se poursuivaient
  • Les frappes israéliennes ont diminué depuis l'annonce de l'accord mais elles ont tout de même continué, tuant cinq personnes depuis, selon l'Ani

BEYROUTH: Israël a frappé le sud du Liban à plusieurs reprises mercredi matin malgré l'accord conclu entre Téhéran et Washighton, a rapporté l'agence nationale d'information libanaise (Ani, officielle).

Ces frappes ont notamment touché la région de Nabatiyé et de Kfartebnit, selon la même source.

L'Iran a répété plusieurs fois depuis l'annonce d'un accord avec les Etats-Unis lundi qu'il devait inclure une cessation des hostilités au Liban, où Israël dit viser le Hezbollah allié de Téhéran.

Lundi soir, l'armée iranienne a menacé d'une "réponse sévère" si les attaques israéliennes se poursuivaient.

Les frappes israéliennes ont diminué depuis l'annonce de l'accord mais elles ont tout de même continué, tuant cinq personnes depuis, selon l'Ani.

Et si certains habitants du sud ont commencé à rentrer chez eux, l'armée libanaise a conseillé d'attendre à cause des "risques de violations" de l'accord de la part d'Israël.

Mardi, l'armée israélienne avait mené plusieurs frappes, tuant quatre personnes, et affirmé que ses soldats dans le sud du Liban avaient été ciblés par des roquettes.

Le Hezbollah ne s'est pas exprimé publiquement depuis. Son chef, Naïm Qassem, qui a exprimé sa "profondre gratitude" à l'Iran pour avoir poussé pour inclure le Liban dans l'accord, doit s'exprimer à la télévision mercredi.

Le protocole visant à mettre fin à la guerre qui a fait des milliers de morts au Moyen-Orient, principalement en Iran et au Liban, doit être formellement signé en Suisse vendredi.


Mettre fin à la guerre au Liban est la «question la plus importante» de l'accord avec Washington, selon l'Iran

Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, dans le cadre du protocole d'accord conclu avec Washington. (AFP)
Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, dans le cadre du protocole d'accord conclu avec Washington. (AFP)
Short Url
  • Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien
  • "Il s'agit sans doute de la question la plus importante du protocole: l'annonce de l'arrêt immédiat et permanent de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban"

TEHERAN: Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, dans le cadre du protocole d'accord conclu avec Washington.

"Il s'agit sans doute de la question la plus importante du protocole: l'annonce de l'arrêt immédiat et permanent de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban", a déclaré le ministre lors d'une réunion avec des diplomates étrangers diffusée à la télévision d'Etat.