En Inde, l'or fait grise mine

Le marché de l’or en Inde, plombé par la chute de la demande due à la pandémie (Indranil Mukherjee/AFP)
Le marché de l’or en Inde, plombé par la chute de la demande due à la pandémie (Indranil Mukherjee/AFP)
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Publié le Samedi 15 août 2020

En Inde, l'or fait grise mine

  • "Nous tenons cette boutique depuis 40 ans et je n'ai jamais vu les affaires aller aussi mal"
  • Selon le Conseil mondial de l'or, la consommation en Inde a plongé de 56% en glissement annuel au premier semestre 2020

BOMBAY : Avec l'envolée des prix de l'or et le choc économique de la pandémie de coronavirus, les Indiens se détournent du métal précieux dont ils sont habituellement friands, mettant les joailliers au chômage technique.

Deux mois et demi après la levée du confinement national en Inde, le Zaveri Bazaar de Bombay, plus grand marché d'or du pays de 1,3 milliard d'habitants, reste désert. La plupart des échoppes sont fermées et aucun client n'est en vue.

"Nous tenons cette boutique depuis 40 ans et je n'ai jamais vu les affaires aller aussi mal", déplore Madhubhai Shah, un joaillier de 75 ans qui figure parmi les rares à avoir rouvert son commerce.

Ce marché de Bombay a été durement frappé par le confinement décrété fin mars, qui a entraîné la fuite de millions de travailleurs migrants - dont de nombreux artisans de l'or - des grandes villes, faute de travail.

"70% de nos artisans sont retournés dans leurs villages et les ateliers de production sont tous fermés", décrit à l'AFP Madhubhai Shah.

La progression des prix de l'or d'environ 30% cette année et les incertitudes liées à la situation sanitaire incitent peu d'Indiens à faire de folles dépenses en bijoux. L'Inde est le deuxième consommateur mondial d'or, derrière la Chine.

Même l'approche de la saison des mariages, qui commence traditionnellement en octobre et voit les familles se délester de petites fortunes, n'a guère d'influence sur l'humeur des ménages et ne les pousse pour l'instant pas aux achats.

Chiranjeevi Ahire et sa fiancée ont ainsi décidé de rompre avec les usages pour leur mariage en décembre. Ils n'achèteront pas d'or ou de bijoux, bien que ce geste soit normalement vu comme de bon augure et permet de marquer son statut social.

"Avant, nous voulions un grand mariage et suivre toutes les traditions indiennes à l'image de nos parents", confie à l'AFP ce responsable marketing basé à Bombay.

"Mais avec la pandémie et l'incertitude latente sur le marché du travail, nous avons décidé de réduire notre dépense en or et d'épargner l'argent en cas de coup dur", explique le jeune homme de 29 ans.

 

Gager son or

Selon le Conseil mondial de l'or, la consommation en Inde a plongé de 56% en glissement annuel au premier semestre 2020. La demande pour le trimestre avril-juin a même décroché de 70% pour tomber à 63,7 tonnes, un plus bas depuis la crise financière de 2008.

En plus des bijoux, de nombreux Indiens conservent des lingots et des pièces d'or comme valeur refuge contre l'inflation. Beaucoup d'entre eux les présentent désormais en gage pour obtenir des prêts et de meilleurs taux d'intérêts.

Agriculteur dans l'État du Karnataka (sud), Bhadresh Gowda a utilisé les bijoux de mariage de sa femme pour obtenir un crédit de 200.000 roupies (2.260 euros) afin de compenser les importantes pertes subies durant le confinement.

"Initialement, j'hésitais à utiliser l'or comme caution car ces bijoux sont un héritage de ma famille mais les temps sont durs", raconte-t-il à l'AFP.

À l'inverse des prêts traditionnels, le crédit adossé à l'or "est très facile à obtenir et demande moins de formalités", explique-t-il, rendant par là le processus beaucoup plus rapide.

"L'or offre un meilleur rendement actuellement. Une fois que l'économie s'améliorera, je rembourserai l'emprunt et récupérerai mon or", dit l'agriculteur de 39 ans.

L'or finira par faire son retour en Inde car les consommateurs vont retrouver leur appétit pour ce métal, estime toutefois Somasundaram P.R., directeur Inde du Conseil mondial de l'or.

"Les gens qui ont économisé de l'argent en raison de vacances ou de dépenses annulées vont investir dans l'or", prédit-il.

La pandémie fait cependant toujours rage en Inde et ne montre pas de signe d'amélioration prochaine. Dans ces conditions, des consommateurs potentiels comme Chiranjeevi Ahire préfèrent patienter.

"Il me semble préférable de garder mon argent pour le moment", juge le futur marié. "Je ne vais pas risquer ma stabilité financière pour de l'or. Cela paraît une très mauvaise idée."


Paris accueillera la Coupe du monde d'esport 2026

 L'Esports Foundation a annoncé mercredi que l'édition 2026 de la Coupe du monde d'esport se tiendrait à Paris. C'est la première fois que l'événement se déroulera en dehors de Riyad. (Fourni)
L'Esports Foundation a annoncé mercredi que l'édition 2026 de la Coupe du monde d'esport se tiendrait à Paris. C'est la première fois que l'événement se déroulera en dehors de Riyad. (Fourni)
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  • C'est la première fois que l'événement se tient en dehors de l'Arabie saoudite
  • La Coupe du monde d'esport a connu une croissance rapide depuis son lancement en Arabie saoudite, attirant une audience mondiale de plus de 750 millions de téléspectateurs en 2025, selon les organisateurs

RIYAD: L'Esports Foundation a annoncé mercredi que l'édition 2026 de la Coupe du monde d'esport se tiendrait à Paris, pour la première fois en dehors de Riyad.

Le tournoi se déroulera du 6 juillet au 23 août et devrait rassembler plus de 2 000 joueurs et 200 clubs de plus de 100 pays.

L'Esports Foundation a déclaré que cette décision reflétait une stratégie à long terme visant à étendre le tournoi à l'échelle internationale par le biais d'une rotation des villes hôtes, tout en maintenant Riyad comme lieu d'accueil de la compétition.

La décision d'organiser l'événement 2026 à Paris fait suite à ce que les organisateurs ont décrit comme un long processus d'évaluation et a été prise "à la lumière de la situation régionale actuelle".

Ralf Reichert, PDG de l'Esports Foundation, a déclaré : Riyad a contribué à faire de la Coupe du monde d'esport un phénomène mondial", ajoutant : "Riyad est la patrie de la Coupe du monde d'esport : "Riyad est le siège d'EWC et l'un des principaux centres mondiaux de l'esport.


Ralf Reichert (G), PDG de l'Esports Foundation, s'entretient avec le président français Emmanuel Macron. (Fourni)
Les organisateurs ont déclaré que la capitale française avait été choisie en raison de son profil sportif mondial et du soutien local important qu'elle apporte aux sports électroniques et aux événements de jeu.

La Coupe du monde d'esport a connu une croissance rapide depuis son lancement en Arabie saoudite, attirant une audience mondiale de plus de 750 millions de téléspectateurs en 2025, selon les organisateurs.

L'édition de l'année dernière a généré plus de 350 millions d'heures de visionnage et a été diffusée sur 28 plateformes par 97 partenaires dans 35 langues, touchant des téléspectateurs dans 140 pays.

La compétition de 2026 comprendra 24 matchs répartis en 25 tournois, et les joueurs se disputeront une cagnotte de plus de 75 millions de dollars.

De plus amples informations sur le site de Paris devraient être annoncées dans les semaines à venir.


Financement du terrorisme: les pays n'ont pas d'autre choix que de collaborer, affirme la présidente du Gafi

"Les terroristes ne respectent aucune frontière. Ils n'ont aucune limite. Les pays ne peuvent donc pas se permettre le luxe de ne pas travailler ensemble. Nous devons coopérer", a déclaré Elisa de Anda Madrazo juste avant une réunion internationale de lutte contre le financement du terrorisme, en marge de la réunion des ministres des Finances du G7 à Paris. (AFP)
"Les terroristes ne respectent aucune frontière. Ils n'ont aucune limite. Les pays ne peuvent donc pas se permettre le luxe de ne pas travailler ensemble. Nous devons coopérer", a déclaré Elisa de Anda Madrazo juste avant une réunion internationale de lutte contre le financement du terrorisme, en marge de la réunion des ministres des Finances du G7 à Paris. (AFP)
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  • Le Gafi (Groupe d'action financière, basé à Paris) est un organisme international qui élabore des normes et coordonne l'action des États pour prévenir et combattre le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme
  • Mme de Anda Madrazo fait ces déclarations alors que la coopération internationale et les approches multilatérales ont du plomb dans l'aile du fait du durcissement des postures des grandes puissances, notamment les Etats-Unis de Donald Trump

PARIS: Les pays ne peuvent pas se permettre de ne pas collaborer entre eux pour lutter contre le financement du terrorisme, a déclaré mardi à l'AFP la présidente du Gafi, organisme international chargé de coordonner ce combat.

"Les terroristes ne respectent aucune frontière. Ils n'ont aucune limite. Les pays ne peuvent donc pas se permettre le luxe de ne pas travailler ensemble. Nous devons coopérer", a déclaré Elisa de Anda Madrazo juste avant une réunion internationale de lutte contre le financement du terrorisme, en marge de la réunion des ministres des Finances du G7 à Paris.

Le Gafi (Groupe d'action financière, basé à Paris) est un organisme international qui élabore des normes et coordonne l'action des États pour prévenir et combattre le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme, notamment en évaluant les systèmes nationaux et en recommandant des mesures de contrôle.

Mme de Anda Madrazo fait ces déclarations alors que la coopération internationale et les approches multilatérales ont du plomb dans l'aile du fait du durcissement des postures des grandes puissances, notamment les Etats-Unis de Donald Trump, la Russie et la Chine.

"Nous devons coopérer. Nous devons échanger des informations. Prenez par exemple la France et les Jeux olympiques de 2024: plusieurs attaques terroristes ont été déjouées et stoppées grâce au renseignement financier. Nous savons donc que cela fonctionne et que cela peut dissuader les attaques. Nous n'avons pas le luxe d'arrêter", a-t-elle déclaré.

Lors de sa prise de parole au début de la réunion, le Secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent a réaffirmé que les Etats-Unis devaient être soutenus dans leur politique de sanctions contre l'Iran, un sujet qui n'est que marginalement lié à la lutte contre le financement du terrorisme, selon l'Elysée.

Lors de cette 5e conférence "No money for terror", qui réunit plusieurs dizaines de délégations, l'objectif est de "continuer à travailler pour être capable de faire face aux innovations, adapter les méthodes, les outils, partager les bonnes pratiques", selon la présidence française.

Les services de renseignement constatent un éclatement de la menace terroriste, notamment jihadiste, dans un environnement marqué d'une part par l'affaiblissement des deux grandes centrales, Al-Qaida et l'organisation de l'Etat islamique, au profit de leurs franchises territoriales, et d'autre part, par la montée en puissance de la menace intérieure, émanant de personnes isolées qui n'agissent pas nécessairement en lien avec des donneurs d'ordre en amont.

Les circuits de financement ont aussi évolué. "Le panorama que nous avons aujourd'hui est complètement différent de celui de 2018, lorsque cette conférence a commencé. À l'époque, tout était plus centralisé", rappelle Mme de Anda Madrazo.

"Aujourd'hui, nous avons de multiples cellules et une plus grande décentralisation. Mais les outils ont aussi changé. Nous avons désormais les actifs virtuels, la numérisation et une économie dont l'architecture est différente. Et la combinaison des mécanismes traditionnels et des nouvelles technologies constitue effectivement un défi".


Le G7 Finances «réaffirme son engagement envers une coopération multilatérale» face aux risques sur l'économie mondiale

Les ministres et banquiers centraux des pays du G7 ont réaffirmé mardi "leur engagement envers une coopération multilatérale" pour faire face aux risques qui pèsent sur l'économie mondiale, à l'issue de deux jours de réunions des grands argentiers des sept économies avancées à Paris. (AFP)
Les ministres et banquiers centraux des pays du G7 ont réaffirmé mardi "leur engagement envers une coopération multilatérale" pour faire face aux risques qui pèsent sur l'économie mondiale, à l'issue de deux jours de réunions des grands argentiers des sept économies avancées à Paris. (AFP)
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  • Le ministre français de l'Economie et des Finances, Roland Lescure, a évoqué "des discussions franches, parfois difficiles, directes pour trouver des solutions de long terme et de court terme aux gros enjeux économiques mondiaux
  • Il a souligné que les ministres des Finances des G7 (Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Italie, Japon, Royaume-Uni) appelaient notamment à la réouverture du détroit d'Ormuz

PARIS: Les ministres et banquiers centraux des pays du G7 ont réaffirmé mardi "leur engagement envers une coopération multilatérale" pour faire face aux risques qui pèsent sur l'économie mondiale, à l'issue de deux jours de réunions des grands argentiers des sept économies avancées à Paris.

Cela "met en relief l'engagement des partenaires internationaux pour promouvoir la résilience, le développement et la croissance économique afin de garantir une prospérité partagée", ajoutent les participants dans une déclaration, publiée après des échanges élargis mardi à d'autres pays invités (Kenya, Brésil, Inde, Corée du Sud).

La présidence française espérait ce réengagement, dans une période géopolitique troublée.

Les banques centrales, associées aux discussions, ont, elles, indiqué à nouveau être "fermement déterminées à maintenir la stabilité des prix et à assurer la résilience durable du système financier".

"La politique monétaire restera tributaire des données: les banques centrales suivent de près l’impact des tensions sur les prix de l’énergie et des autres matières premières sur l’inflation, les anticipations d’inflation et l’activité économique", ajoute cette déclaration.

Le ministre français de l'Economie et des Finances, Roland Lescure, a évoqué "des discussions franches, parfois difficiles, directes pour trouver des solutions de long terme et de court terme aux gros enjeux économiques mondiaux afin de garantir la stabilité économique", lors d'une conférence de presse.

Il a souligné que les ministres des Finances des G7 (Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Italie, Japon, Royaume-Uni) appelaient notamment à la réouverture du détroit d'Ormuz, point de passage stratégique pour les hydrocarbures et l'engrais, bloqué par l'Iran dans le cadre de la guerre au Moyen-Orient.

Avant le sommet des dirigeants du G7 à Evian du 15 au 17 juin, "nous avons, je pense, pas mal avancé le travail, de manière à ce que nos leaders puissent, je l'espère en tout cas, le conclure sur des sujets aussi importants, très concrètement, que les minerais critiques, que le règlement des déséquilibres globaux", a-t-il par ailleurs indiqué.

M. Lescure a aussi affirmé mardi "la volonté" des pays du G7 de "maintenir la pression sur la Russie" pour qu'elle ne profite pas de la guerre en Ukraine et au Moyen-Orient.

Les Etats-Unis ont annoncé lundi prolonger la suspension temporaire des sanctions sur le pétrole russe stocké en mer pour modérer la flambée des cours du brut consécutive à la guerre au Moyen-Orient.