Algérie: les manifestants du Hirak appellent à «libérer» la justice et les médias

Des Algériens défilent lors d'une manifestation à Alger, le 19 mars 2021. (Photo, AFP)
Des Algériens défilent lors d'une manifestation à Alger, le 19 mars 2021. (Photo, AFP)
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Publié le Samedi 20 mars 2021

Algérie: les manifestants du Hirak appellent à «libérer» la justice et les médias

  • Des journalistes avaient violemment été pris à partie au cours du défilé il y a une semaine
  • Le rassemblement algérois a pris fin sans incident et les médias ont pu travailler normalement

ALGER : Des milliers de manifestants ont défilé vendredi à Alger en faveur d'une « presse libre et indépendante » et ont exhorté le pouvoir à « libérer la justice et les médias », lors de la marche hebdomadaire du mouvement pro-démocratie Hirak.

Des journalistes avaient violemment été pris à partie au cours du défilé il y a une semaine et le ministère de la Communication a menacé la chaîne de télévision internationale France 24 de « retrait définitif » de son accréditation.

« Rien ne justifie que l'on agresse un journaliste ou tout autre personne », a déclaré Ali, un enseignant à la retraite. Le sexagénaire a dit « rêver d'une presse libre, professionnelle et surtout objective et impartiale ».

Le rassemblement algérois a pris fin sans incident et les médias ont pu travailler normalement, même si un jeune manifestant a admis avoir « peur de parler » aux journalistes.

« La parole au peuple »

« La liberté est de m'exprimer comme je veux, non comme toi tu veux », pouvait-on notamment lire sur une pancarte. 

« Remettez le pouvoir au peuple ! », ont intimé des protestataires à l'adresse des dirigeants, alors que l'Algérie célébrait vendredi la fête de la Victoire marquant l'anniversaire du cessez-le-feu le 19 mars 1962 après une guerre d'indépendance de près de huit ans contre la France.

« 19 mars 1962: cessez-le feu, 19 mars 2021: cessez-la-répression », pouvait-on lire sur une pancarte tendue par un jeune.

« Qu'une bonne fois pour toutes ces gens-là quittent la table car elle est desservie, le peuple est sorti, la parole est au peuple et le peuple a dit non », a déclaré Djamel, un retraité de 72 ans.

Les manifestants ont scandé les slogans historiques du Hirak: « Etat de droit et justice indépendante », « Etat civil et non militaire », pour la « démilitarisation" du régime, et "Silmiya! » (Pacifique!) en référence au caractère non-violent du soulèvement populaire inédit né en février 2019.

Le Hirak – mouvement pacifique, pluriel et sans chef – exige le démantèlement du « système » en place depuis l'indépendance en 1962, synonyme à ses yeux de corruption, de népotisme et d'autoritarisme. 

Les manifestants ont aussi fustigé la décision du président Abdelmadjid Tebboune, fragilisé par une longue hospitalisation à l'étranger, d'organiser des élections législatives anticipées le 12 juin pour tenter de sortir de la crise politique et économique qui ébranle le plus grand pays du Maghreb.

M. Tebboune, un ancien Premier ministre de l'ex-président déchu Abdelaziz Bouteflika, a été élu le 12 décembre 2019 lors d'un scrutin massivement boycotté par le Hirak et l'opposition politique.

« Pas d'élection avec la bande de mafieux (au pouvoir) », ont chanté les contestataires.

« Le peuple continue à rejeter les "feuilles de route" » du pouvoir, a déclaré à  Djalal, militant de l'association Rassemblement Action Jeunesse (RAJ, opposition), en dénonçant des « législatives imposées ».

Depuis le second anniversaire du Hirak le 22 février, les Algériens redescendent par milliers chaque semaine dans les rues, malgré l'interdiction de tout rassemblement en raison de la pandémie de Covid-19.

Des marches ont eu lieu vendredi dans plusieurs autres villes du pays en dépit d'une météo exécrable, selon les médias.


Les Emirats interdisent à leurs ressortissants de se rendre en Iran, au Liban et en Irak

Le drapeau des Émirats arabes unis flotte sur fond de la skyline d’Abou Dhabi. (Archive/AFP)
Le drapeau des Émirats arabes unis flotte sur fond de la skyline d’Abou Dhabi. (Archive/AFP)
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  • Les Émirats arabes unis interdisent à leurs citoyens de voyager en Iran, au Liban et en Irak en raison des tensions régionales
  • Les autorités demandent aux Émiratis présents dans ces pays de rentrer immédiatement, après des attaques de missiles iraniennes visant des infrastructures aux EAU

DUBAI: Les Emirats arabes unis ont interdit jeudi à leurs ressortissants  de se rendre en Iran, au Liban et en Irak, en invoquant l'évolution de la situation dans la région.

"A la lumière des développements régionaux actuels", le ministère des Affaires étrangères du pays a émis "une interdiction de voyager pour les ressortissants émiratis se rendant en République islamique d'Iran, en République libanaise et en République d'Irak", a rapporté l'agence de presse officielle WAM, indiquant qu'il appelait "tous les ressortissants émiratis actuellement dans ces pays à accélérer leur retour immédiat".

L'Iran a pris pour cible les Emirats, par des tirs de missiles visant des infrastructures civiles et énergétiques, lors du conflit déclenché le 28 février par l'attaque israélo-américaine contre Téhéran, avant l'annonce d'un fragile cessez-le-feu.


Liban: le président condamne les «violations persistantes» du cessez-le-feu par Israël

Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international. (AFP)
Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international. (AFP)
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  • "Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition de maisons (...), alors que le nombre de victimes (...) monte"
  • "Il faut faire pression sur Israël pour qu'il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils et les secouristes"

BEYROUTH: Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international.

"Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition de maisons (...), alors que le nombre de victimes (...) monte", a-t-il déclaré, selon un communiqué de la présidence. De nouvelles frappes israéliennes meurtrières ont visé jeudi des localités dans le sud, selon un média officiel.

"Il faut faire pression sur Israël pour qu'il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils et les secouristes", a ajouté Joseph Aoun, alors que la trêve est entrée en vigueur le 17 avril.

 


Le président iranien affirme que le blocus naval américain est «voué à l'échec»

Des jeunes filles chantent une chanson tout en mimant le mouvement des missiles avec leurs mains, à côté des portraits de l'ayatollah Khomeini, fondateur de la révolution iranienne aujourd'hui décédé, et de ses successeurs (Photo AP/Vahid Salemi)
Des jeunes filles chantent une chanson tout en mimant le mouvement des missiles avec leurs mains, à côté des portraits de l'ayatollah Khomeini, fondateur de la révolution iranienne aujourd'hui décédé, et de ses successeurs (Photo AP/Vahid Salemi)
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  • "Toute tentative d'imposer un blocus maritime est contraire aux lois internationales (...) et est vouée à l'échec"
  • Si un cessez-le-feu est en vigueur depuis le 8 avril, les Etats-Unis imposent un blocus des ports iraniens depuis le 13 avril

TEHERAN: Le président iranien a affirmé jeudi que le blocus des ports de son pays par les Etats-Unis était "voué à l'échec" et ne ferait qu'aggraver les perturbations dans le Golfe.

"Toute tentative d'imposer un blocus maritime est contraire aux lois internationales (...) et est vouée à l'échec", a assuré Massoud Pezeshkian dans un communiqué, après qu'un haut responsable de la Maison Blanche a mentionné une possible prolongation de ce blocus "pendant plusieurs mois".

Alors que ces déclarations ont contribué à provoquer un bond des cours du pétrole, le président iranien a estimé que de telles mesures de blocage "non seulement ne permettaient pas d'améliorer la sécurité régionale, mais constituaient une source de tension et une perturbation de la stabilité à long terme du golfe".

Si un cessez-le-feu est en vigueur depuis le 8 avril, les Etats-Unis imposent un blocus des ports iraniens depuis le 13 avril.

Dans ces conditions, les forces armées iraniennes ont décidé de maintenir leur contrôle sur le détroit d'Ormuz, par lequel transitait avant le conflit un cinquième des hydrocarbures consommés dans le monde.

Elles menacent de représailles si Washington ne lève pas son blocus.

"Nous ne tolérerons pas le blocus naval. S'il se poursuit, l'Iran ripostera", a averti mercredi sur la télévision d'Etat Mohsen Rezaei, ancien commandant en chef des Gardiens de la Révolution, nommé en mars conseiller militaire du nouveau guide suprême Mojtaba Khamenei.

Il a également mis en garde contre une reprise des hostilités entre l'Iran et les Etats-Unis, qui pourrait selon lui se solder par le naufrage de navires américains et la mort ou l'emprisonnement de nombreux soldats ennemis.

Et un haut responsable de la marine iranienne a évoqué le déploiement "dans un avenir très proche" d'armes navales récemment mises au point.

Le ministre du Pétrole, Mohsen Paknejad, a pour sa part minimisé l'impact du blocus mené par les Etats-Unis, assurant qu'il "ne produirait aucun résultat".

"Les employés de l'industrie pétrolière travaillent sans relâche pour garantir un approvisionnement sans problème", a-t-il dit.