Turquie: le gouverneur de la Banque centrale limogé

Le président turc Recep Tayyip Erdogan fait des gestes alors qu'il participe à une vidéoconférence avec le président de la Commission européenne et le président du Conseil de l'UE à Bruxelles, le 19 mars 2021.  (STEPHANIE LECOCQ / POOL / AFP)
Le président turc Recep Tayyip Erdogan fait des gestes alors qu'il participe à une vidéoconférence avec le président de la Commission européenne et le président du Conseil de l'UE à Bruxelles, le 19 mars 2021. (STEPHANIE LECOCQ / POOL / AFP)
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Publié le Samedi 20 mars 2021

Turquie: le gouverneur de la Banque centrale limogé

  • M. Agbal, ancien ministre des Finances, n'occupait ce poste que depuis novembre
  • Le président turc Recep Tayyip Erdogan est ouvertement hostile aux taux d'intérêts élevés

ISTANBUL​​​​​​ : Le gouverneur de la Banque centrale de Turquie Naci Agbal a été limogé et remplacé par l'économiste et homme politique Sahap Kavcioglu, selon un décret présidentiel paru tard vendredi, une décision qui pourrait susciter l'inquiétude quant à l'indépendance de cette institution.

M. Agbal, ancien ministre des Finances, n'occupait ce poste que depuis novembre. Il y avait été nommé par le président Recep Tayyip Erdogan à l'occasion d'une refonte de son équipe économique.

Aucune raison officielle n'a été avancée mais ce changement de direction intervient au lendemain d'une forte hausse du principal taux directeur de l'institut, passé à 19%. La Banque centrale avait expliqué vouloir contrer l'inflation qui a augmenté de 15,6% en rythme annuel en février. Cette mesure avait été favorablement accueillie sur les marchés de change.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan est ouvertement hostile aux taux d'intérêts élevés, estimant, à rebours des théories économiques classiques, qu'ils aggravent l'inflation. Il les a un jour qualifiés de "mère et père de tous les maux".

Il voudrait ramener le taux annuel d'inflation à moins de 10 d'ici à la fin de l'année prochaine et à 5% d'ici à la prochaine élection, prévue en 2023.

M. Kavcioglu, dont la nomination est tombée vendredi soir après la fermeture des marchés financiers, deviendra le quatrième gouverneur de la banque centrale nommé depuis juillet 2019.

Economiste et ancien député du parti au pouvoir, il avait signé en février un billet d'opinion dans le quotidien pro-gouvernemental Yeni Safak dans lequel il estimait que la banque centrale ne devrait pas insister pour mettre en place une politique de taux d'intérêts élevés car cela conduirait à plus d'inflation.

La livre turque avait regagné environ 15% de sa valeur face au dollar depuis l'entrée en fonctions de M. Agbal en novembre et le changement d'équipe économique, qui avait également vu la démission du gendre de M. Erdogan, Berat Albayrak, du poste de ministre des Finances.


Les Emirats interdisent à leurs ressortissants de se rendre en Iran, au Liban et en Irak

Le drapeau des Émirats arabes unis flotte sur fond de la skyline d’Abou Dhabi. (Archive/AFP)
Le drapeau des Émirats arabes unis flotte sur fond de la skyline d’Abou Dhabi. (Archive/AFP)
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  • Les Émirats arabes unis interdisent à leurs citoyens de voyager en Iran, au Liban et en Irak en raison des tensions régionales
  • Les autorités demandent aux Émiratis présents dans ces pays de rentrer immédiatement, après des attaques de missiles iraniennes visant des infrastructures aux EAU

DUBAI: Les Emirats arabes unis ont interdit jeudi à leurs ressortissants  de se rendre en Iran, au Liban et en Irak, en invoquant l'évolution de la situation dans la région.

"A la lumière des développements régionaux actuels", le ministère des Affaires étrangères du pays a émis "une interdiction de voyager pour les ressortissants émiratis se rendant en République islamique d'Iran, en République libanaise et en République d'Irak", a rapporté l'agence de presse officielle WAM, indiquant qu'il appelait "tous les ressortissants émiratis actuellement dans ces pays à accélérer leur retour immédiat".

L'Iran a pris pour cible les Emirats, par des tirs de missiles visant des infrastructures civiles et énergétiques, lors du conflit déclenché le 28 février par l'attaque israélo-américaine contre Téhéran, avant l'annonce d'un fragile cessez-le-feu.


Liban: le président condamne les «violations persistantes» du cessez-le-feu par Israël

Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international. (AFP)
Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international. (AFP)
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  • "Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition de maisons (...), alors que le nombre de victimes (...) monte"
  • "Il faut faire pression sur Israël pour qu'il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils et les secouristes"

BEYROUTH: Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international.

"Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition de maisons (...), alors que le nombre de victimes (...) monte", a-t-il déclaré, selon un communiqué de la présidence. De nouvelles frappes israéliennes meurtrières ont visé jeudi des localités dans le sud, selon un média officiel.

"Il faut faire pression sur Israël pour qu'il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils et les secouristes", a ajouté Joseph Aoun, alors que la trêve est entrée en vigueur le 17 avril.

 


Le président iranien affirme que le blocus naval américain est «voué à l'échec»

Des jeunes filles chantent une chanson tout en mimant le mouvement des missiles avec leurs mains, à côté des portraits de l'ayatollah Khomeini, fondateur de la révolution iranienne aujourd'hui décédé, et de ses successeurs (Photo AP/Vahid Salemi)
Des jeunes filles chantent une chanson tout en mimant le mouvement des missiles avec leurs mains, à côté des portraits de l'ayatollah Khomeini, fondateur de la révolution iranienne aujourd'hui décédé, et de ses successeurs (Photo AP/Vahid Salemi)
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  • "Toute tentative d'imposer un blocus maritime est contraire aux lois internationales (...) et est vouée à l'échec"
  • Si un cessez-le-feu est en vigueur depuis le 8 avril, les Etats-Unis imposent un blocus des ports iraniens depuis le 13 avril

TEHERAN: Le président iranien a affirmé jeudi que le blocus des ports de son pays par les Etats-Unis était "voué à l'échec" et ne ferait qu'aggraver les perturbations dans le Golfe.

"Toute tentative d'imposer un blocus maritime est contraire aux lois internationales (...) et est vouée à l'échec", a assuré Massoud Pezeshkian dans un communiqué, après qu'un haut responsable de la Maison Blanche a mentionné une possible prolongation de ce blocus "pendant plusieurs mois".

Alors que ces déclarations ont contribué à provoquer un bond des cours du pétrole, le président iranien a estimé que de telles mesures de blocage "non seulement ne permettaient pas d'améliorer la sécurité régionale, mais constituaient une source de tension et une perturbation de la stabilité à long terme du golfe".

Si un cessez-le-feu est en vigueur depuis le 8 avril, les Etats-Unis imposent un blocus des ports iraniens depuis le 13 avril.

Dans ces conditions, les forces armées iraniennes ont décidé de maintenir leur contrôle sur le détroit d'Ormuz, par lequel transitait avant le conflit un cinquième des hydrocarbures consommés dans le monde.

Elles menacent de représailles si Washington ne lève pas son blocus.

"Nous ne tolérerons pas le blocus naval. S'il se poursuit, l'Iran ripostera", a averti mercredi sur la télévision d'Etat Mohsen Rezaei, ancien commandant en chef des Gardiens de la Révolution, nommé en mars conseiller militaire du nouveau guide suprême Mojtaba Khamenei.

Il a également mis en garde contre une reprise des hostilités entre l'Iran et les Etats-Unis, qui pourrait selon lui se solder par le naufrage de navires américains et la mort ou l'emprisonnement de nombreux soldats ennemis.

Et un haut responsable de la marine iranienne a évoqué le déploiement "dans un avenir très proche" d'armes navales récemment mises au point.

Le ministre du Pétrole, Mohsen Paknejad, a pour sa part minimisé l'impact du blocus mené par les Etats-Unis, assurant qu'il "ne produirait aucun résultat".

"Les employés de l'industrie pétrolière travaillent sans relâche pour garantir un approvisionnement sans problème", a-t-il dit.