Le chef du Shabak éconduit par le président palestinien Abbas

Le président palestinien Mahmoud Abbas a eu recours à la sagesse populaire arabe afin de mettre un terme aux tentatives d’ingérence des Israéliens dans les élections palestiniennes. (Photo, Reuters/Fichier)
Le président palestinien Mahmoud Abbas a eu recours à la sagesse populaire arabe afin de mettre un terme aux tentatives d’ingérence des Israéliens dans les élections palestiniennes. (Photo, Reuters/Fichier)
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Publié le Lundi 22 mars 2021

Le chef du Shabak éconduit par le président palestinien Abbas

  • Nadav Argaman a tenté d’empêcher la création d’une liste commune avec le Hamas
  • Le Hamas, qui avait accepté de ne pas se présenter aux élections présidentielles, autorise alors la tenue de scrutins législatifs

AMMAN: Le président palestinien Mahmoud Abbas a eu recours à la sagesse populaire arabe afin de mettre un terme aux tentatives d’ingérence des Israéliens dans les élections palestiniennes.

Jibril Rajoub, le secrétaire du mouvement Fatah, affirme que le chef du Service de sécurité intérieure israélien ou Shabak, Nadav Argaman, a tenté d’empêcher la création d’une liste commune avec le Hamas.

«Il s’est présenté au palais présidentiel palestinien et nous menacés un par un», confie Rajoub à la télévision palestinienne. Argaman, accompagné d'un individu américain, disait porter un message de la part du premier ministre israélien. Des sources palestiniennes croient le compagnon du responsable fait partie du service de renseignement américain.

En guise de réponse, Abbas aurait lancé à Argaman, qui parle couramment l'arabe, le proverbe arabe: «Buvez votre café et que Dieu soit avec vous», une manière polie de l’éconduire.

Lina Haddad, spécialiste des proverbes arabes, explique que les gens ont recours aux proverbes pour exprimer indirectement un message ferme.

Son message signifie que «je suis gentil avec vous et je vous sers du café puisque vous êtes mon invité, mais qu’il ne faudrait abuser pas de son hospitalité", explique Haddad à Arab News.

Rajoub a vivement critiqué le patron d'Argaman, le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, le disant «pire que Mussolini».

L'idée d'une liste conjointe Fatah-Hamas a été évoquée pour la première fois en 2020, lors des pourparlers entre Rajoub et le chef adjoint du Hamas, Saleh Aruri, à Istamboul.

Le Hamas, qui avait accepté de ne pas se présenter aux élections présidentielles, autorise alors la tenue de scrutins législatifs deux mois avant les élections présidentielles.

L'ancien membre du comité central du Fatah, Naser Al-Qudwa, a émis un communiqué dans lequel il s’oppose fermement à une liste commune. «Antidémocratique», il insiste qu'elle porte les empreintes «des intérêts personnels au détriment du peuple».

Al-Qudwa a fondé depuis l'Assemblée démocratique palestinienne, et il envisage de se présenter sur une liste de Palestiniens indépendants, non affiliée au Fatah. Abbas a ordonné l’expulsion d’Al-Qudwa des rangs du Fatah et de la direction de la Fondation Yasser Arafat.

Mohammad Daraghmeh, un journaliste palestinien chevronné, confie à Arab News que la liste commune se heurte à de nombreux obstacles, car le Hamas réclame le même nombre de sièges que le Fatah. Selon lui, le chef de la sécurité israélienne aurait menacé d'arrêter les élections, et aurait émis un avertissement au sujet des Palestiniens qui tentent de poursuivre des Israéliens pour crimes de guerre.

Fadi Elasalameen, haut responsable du projet de sécurité américain, dit à Arab News qu'il n’est pas surpris qu'Israël ne veuille pas du Hamas en Cisjordanie. «Mais j'ai du mal à croire qu'Abbas, entièrement tributaire de la sécurité israélienne pour rester au pouvoir en Cisjordanie, prenne ce ton avec le chef israélien du Shabak. Nous sommes en pleine saison électorale, Abbas peut donc se permettre de bomber un peu le torse».

Trois listes, dont celle du Front démocratique pour la Palestine, se sont officiellement inscrites aux élections, prévues pour le 31 mars.

Salam Fayyad, Al-Qudwa et d'autres n'ont pas encore déroulé leurs listes. Des efforts sont en cours pour réunir les factions palestiniennes de gauche en une seule liste.

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Israël continuera à opérer dans le sud du Liban 

 L'armée israélienne a annoncé jeudi poursuivre ses opérations dans le sud du Liban face aux "menaces", après la signature par les Etats-Unis et l'Iran d'un accord visant à mettre fin à la guerre au Moyen-Orient, y compris sur le front libanais. (AFP)
L'armée israélienne a annoncé jeudi poursuivre ses opérations dans le sud du Liban face aux "menaces", après la signature par les Etats-Unis et l'Iran d'un accord visant à mettre fin à la guerre au Moyen-Orient, y compris sur le front libanais. (AFP)
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  • Depuis l'annonce lundi de l'accord entre Téhéran et Washington, signé mercredi soir par les présidents de deux pays, l'intensité des violences a drastiquement baissé dans le sud du Liban
  • Mais des échanges de tirs limités sont signalés et au moins huit personnes ont depuis été tuées dans des frappes israéliennes, dont trois sur la seule journée de jeudi selon un média d'Etat libanais

JERUSALEM: L'armée israélienne a annoncé jeudi poursuivre ses opérations dans le sud du Liban face aux "menaces", après la signature par les Etats-Unis et l'Iran d'un accord visant à mettre fin à la guerre au Moyen-Orient, y compris sur le front libanais.

L'armée a publié une carte de ce qu'elle déclare être son "espace de sécurité", s'étendant sur une dizaine de kilomètres à l'intérieur du territoire libanais.

Elle indique que des troupes continueront d'y être déployées "afin d'éliminer les menaces et d'améliorer la défense des habitants du nord d'Israël".

Un responsable militaire israélien a précisé que l'armée pourrait également agir pour "neutraliser" les risques identifiés au-delà de la zone de sécurité, et appelé les civils libanais à ne pas y pénétrer.

Depuis l'annonce lundi de l'accord entre Téhéran et Washington, signé mercredi soir par les présidents de deux pays, l'intensité des violences a drastiquement baissé dans le sud du Liban et le Hezbollah pro-iranien n'a plus revendiqué d'attaques contre Israël.

Mais des échanges de tirs limités sont signalés et au moins huit personnes ont depuis été tuées dans des frappes israéliennes, dont trois sur la seule journée de jeudi selon un média d'Etat libanais.

L'armée israélienne a pour sa part annoncé la mort de l'un de ses soldats dans la nuit de mercredi à jeudi, lors d'un incident survenu dans le sud du Liban. Sept soldats ont également été blessés.

Le groupe armé Hezbollah soutenu par l'Iran a entraîné le Liban dans la guerre début mars en attaquant Israël pour venger l'assassinat du guide suprême de la République islamique au début de la campagne américano-israélienne.

Israël a riposté par de vastes frappes à travers le Liban et par le lancement d'une invasion terrestre dans le sud, région frontalière d'Israël et de longue date sous l'influence du Hezbollah.

Le Liban et Israël mènent depuis avril des pourparlers directs à Washington afin de tenter de mettre fin aux hostilités et de dissocier leur conflit de la guerre régionale.

"D'autres étapes sont en cours de discussion" dans le cadre de ces pourparlers, a déclaré jeudi la même source militaire, ajoutant que "les représentants se rencontreront à nouveau la semaine prochaine".

 


Iran: le guide suprême dit avoir approuvé l'accord avec les Etats-Unis, malgré une «opinion différente»

Le guide suprême iranien, l’ayatollah Mojtaba Khamenei, a déclaré jeudi avoir approuvé l'accord avec les États-Unis pour mettre fin à la guerre, malgré une "opinion différente" sur la question, sans plus de détails. (AFP)
Le guide suprême iranien, l’ayatollah Mojtaba Khamenei, a déclaré jeudi avoir approuvé l'accord avec les États-Unis pour mettre fin à la guerre, malgré une "opinion différente" sur la question, sans plus de détails. (AFP)
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  • "J'avais une opinion différente, mais j’ai donné mon autorisation en raison de l’engagement que le respectable président (iranien), en tant que président du Conseil suprême de sécurité nationale, a pris envers moi en son nom"
  • Selon lui, le président l'a aussi assuré que "si la partie américaine formule des exigences excessives" dans la suite des négociations en vue d'un accord final, "ils ne s’y soumettront pas"

TEHERAN: Le guide suprême iranien, l’ayatollah Mojtaba Khamenei, a déclaré jeudi avoir approuvé l'accord avec les États-Unis pour mettre fin à la guerre, malgré une "opinion différente" sur la question, sans plus de détails.

"J'avais une opinion différente, mais j’ai donné mon autorisation en raison de l’engagement que le respectable président (iranien), en tant que président du Conseil suprême de sécurité nationale, a pris envers moi en son nom et au nom des autres membres pour protéger les droits de la nation iranienne et du front de la résistance" à Israël, a déclaré Mojtaba Khamenei, dans un message écrit lu à la télévision d’État.

Selon lui, le président l'a aussi assuré que "si la partie américaine formule des exigences excessives" dans la suite des négociations en vue d'un accord final, "ils ne s’y soumettront pas".

"Il est évident que les négociations en face-à-face qui se tiendront à l'avenir ne présagent pas de l'acceptation du point de vue de l'ennemi", a souligné le guide suprême, dans cette première réaction à l’accord irano-américain visant à mettre fin à la guerre, signé tôt jeudi par les présidents américain Donald Trump et iranien Masoud Pezeshkian.

Le dirigeant n’a pas été vu en public depuis son entrée en fonction en mars, à la suite de l’assassinat de son père et prédécesseur, l’ayatollah Ali Khamenei, lors des premières frappes américano-israéliennes contre l’Iran, le 28 février, qui ont déclenché la guerre régionale.

Mojtaba Khamenei a encore affirmé que Donald Trump avait "par désespoir, actionné toutes sortes de leviers" pour obtenir cet accord avec l’Iran,  afin de mettre fin à la guerre.


Trump et Netanyahu sur le Liban, un « petit différend »

Donald Trump a vanté mercredi, depuis le sommet du G7 en France, son "formidable partenariat" avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, un changement de ton après ses critiques acerbes de la veille. (AFP)
Donald Trump a vanté mercredi, depuis le sommet du G7 en France, son "formidable partenariat" avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, un changement de ton après ses critiques acerbes de la veille. (AFP)
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  • "Pour être tout à fait juste envers Bibi (surnom du Premier ministre israélien) Netanyahu, qui se trouve être un homme bien, il s'emporte un peu parfois", a-t-il déclaré
  • "Nous avons un partenariat formidable", a-t-il ajouté, qualifiant leur désaccord sur le Liban de "petit différend"

EVIAN: Donald Trump a vanté mercredi, depuis le sommet du G7 en France, son "formidable partenariat" avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, un changement de ton après ses critiques acerbes de la veille.

"Pour être tout à fait juste envers Bibi (surnom du Premier ministre israélien) Netanyahu, qui se trouve être un homme bien, il s'emporte un peu parfois", a-t-il déclaré.

"Nous avons un partenariat formidable", a-t-il ajouté, qualifiant leur désaccord sur le Liban de "petit différend".

Le président américain a indiqué que le protocole d'accord avec l'Iran pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient serait signé "bientôt", "peut-être" jeudi ou vendredi.

La signature a été annoncée pour vendredi à Genève.

Interrogé sur son intention de rester en Europe pour la signature, il a répondu qu'il "pourrait" rester, tout en ajoutant: "Ce n'est pas le genre de document que je devrais signer".

Sur "la partie libanaise, c'est une chose sur laquelle il va falloir qu'on travaille un peu", a reconnu Donald Trump, alors que les Iraniens exigent qu'Israël cesse ses frappes contre le groupe armé pro-iranien Hezbollah au Liban.

"C'est en fait une toute petite pièce du puzzle, mais elle fait quand même beaucoup de bruit", a également commenté Donald Trump, estimant que "le vrai sujet, c'est l'accord avec l'Iran".

Car "c'est là qu'est l'argent, là que se trouvait le pouvoir", a-t-il ajouté.

Il a en outre répété que les Etats-Unis "prendront" l'uranium hautement enrichi de l'Iran même s'il est "sans valeur".

Le président américain a par ailleurs promis une discussion "parallèle" avec les pays du Golfe portant sur les missiles balistiques.

Ces pays ont été la cible des frappes de Téhéran durant la guerre américano-israélienne contre la République islamique iranienne.

Donald Trump était depuis lundi à Evian, station thermale des Alpes, pour le sommet des chefs d'Etat et de gouvernement de sept des plus grandes puissances industrialisées (Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Italie, Japon et Royaume-Uni).

Il prolonge son séjour en France avec un dîner au château de Versailles avec Emmanuel Macron.