HRW : la Turquie «démantèle les protections des droits de l’homme»

Human Rights Watch (HRW) a accusé la Turquie de « démantèlement des protections des droits de l’homme » à une échelle « sans précédent ». (Photo, AFP/Archives)
Human Rights Watch (HRW) a accusé la Turquie de « démantèlement des protections des droits de l’homme » à une échelle « sans précédent ». (Photo, AFP/Archives)
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Publié le Jeudi 25 mars 2021

HRW : la Turquie «démantèle les protections des droits de l’homme»

  • La semaine dernière, le pays s’est retiré d’un traité sur les droits des femmes après avoir intensifié sa persécution d’un parti d’opposition
  • Erdogan « cible toute institution ou partie de la société qui s’oppose à ses efforts pour remodeler la société turque »

LONDRES : Human Rights Watch (HRW) a accusé la Turquie de « démantèlement des protections des droits de l’homme » à une échelle « sans précédent » après que le président Recep Tayyip Erdogan a retiré  le pays la semaine dernière de la Convention du Conseil de l’Europe sur la prévention et la lutte contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique.

Cette décision fait suite à l’annonce par le procureur général de Turquie de son intention de dissoudre le Parti démocratique des peuples (HDP), parti d’opposition pro-kurde, pour avoir agi « contre l’intégrité indivisible de l’État avec son pays et sa nation ». Elle intervient au moment où une série d’arrestations de membres du parti se produisent dans plusieurs villes du pays.

Selon Kenneth Roth, directeur exécutif du HRW, Erdogan « cible toute institution ou partie de la société qui s’oppose à ses efforts de grande ampleur pour remodeler la société turque ».

« Les derniers développements contre l’opposition parlementaire, les Kurdes et les femmes visent tous à assurer le maintien au pouvoir du président en violation des droits de l’homme et des garanties démocratiques ».

HRW a accusé Erdogan de « militariser » le traité « révolutionnaire » du Conseil d’Europe, connu sous le nom de Convention d’Istanbul, afin de séduire sa base conservatrice sur le plan religieux.

« La décision de se retirer (du traité) constitue une profonde régression dans la lutte pour la protection des droits des femmes en Turquie et un coup dur pour les femmes de tous horizons politiques », a déclaré M. Roth.

Par ailleurs, HRW considère que le projet de dissoudre le HDP est une atteinte aux droits démocratiques de millions de Kurdes. La Turquie, ajoute-t-il, a interdit cinq autres partis kurdes au cours des 30 dernières années.

« Le fait d’engager une procédure pour dissoudre un parti politique qui a remporté 11,7% des voix au niveau national lors des élections générales de 2018 et qui compte 55 députés élus, constitue une atteinte majeure aux droits d’association et d’expression politiques », a affirmé M. Roth.

« Cette décision pourrait priver près de six millions d’électeurs de leurs représentants choisis, en violation de leur droit de vote ».

Selon HRW, le procureur général de Turquie avait également cherché à interdire à 687 membres du HDP de participer à la vie politique dans le cadre de la vaste répression contre le parti.

Au début du mois, Omer Faruk Gergerlioglu, député du HDP, a été expulsé du Parlement en raison d’une condamnation antérieure pour un message sur les réseaux sociaux.

L’ancien coprésident du parti, Selahattin Demirtas, avait été condamné à trois ans et demi de prison pour avoir insulté Erdogan en 2017. Cette décision a été dénoncée par la Cour européenne des droits de l’homme qui a ordonné sa libération, mais en vain.

HRW a mentionné que l’État s’apprêtait à resserrer son emprise sur les organisations de la société civile et l’enseignement supérieur, en violation des résolutions de l’ONU, et que la détention arbitraire d’opposants politiques et de militants des droits de l’homme est monnaie courante.

Il a appelé les États-Unis et l’Union européenne à regarder au-delà de l’importance stratégique de la Turquie dans la région et à réagir à ses violations des droits de l’homme qui se font de plus en plus nombreuses.

Avant la réunion de l’UE qui aura lieu le 25 mars et durant laquelle seront abordées les relations avec Ankara, M. Roth a déclaré que « Les dirigeants de l’UE ne devraient pas faire “comme si de rien était” alors que le gouvernement turc multiplie ses atteintes aux critiques, à la démocratie parlementaire et aux droits des femmes ».

Ce texte est la traduction d’un article paru sur arabnews.com


Khalida Boufedeche, première femme élue à la tête du Parlement algérien

Khalida Boufedeche est devenue la première femme à présider le Parlement algérien. (AFP)
Khalida Boufedeche est devenue la première femme à présider le Parlement algérien. (AFP)
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  • Le Parlement algérien a élu Khalida Boufedeche à sa présidence, faisant d'elle la première femme à occuper ce poste dans l'histoire du pays et le quatrième personnage de l'État
  • Membre du FLN, vainqueur des législatives avec 91 sièges sur 407, elle prend ses fonctions dans un Parlement marqué par une participation record à la baisse (21,24%) et une forte sous-représentation des femmes

ALGER: Le Parlement algérien a élu mardi soir, pour la première fois de son histoire, une femme à sa tête, Khalida Boufedeche, qui devient ainsi le quatrième personnage de l'Etat.

Mme Boufedeche, médecin allergologue et députée d'Alger, est issue du Front de libération nationale (FLN), parti historique de l'indépendance et formation proche du pouvoir.

Le FLN est arrivé en tête des dernières législatives avec 91 sièges sur 407. Le scrutin a été marqué par un taux de participation de 21,24%, le plus bas jamais enregistré.

Trois candidats postulaient pour la présidence de l'Assemblée populaire nationale (APN), la chambre basse du Parlement: Mme Boufedeche, un député du principal parti islamique, le Mouvement de la société pour la paix (MSP - 43 sièges) et un autre du parti laïque le Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD).

Khalida Boufedeche est membre du comité central du FLN. Avant son actuel mandat de députée, elle été élue dans sa commune à Bordj El Bahri puis à l'assemblée de la wilaya d'Alger.

Mme Boufedeche accède au perchoir du Parlement alors que seules 25 femmes ont été élues, soit 6,14% des sièges.

Les femmes sont sous-représentées lors de cette législature alors qu'elles représentent 49% de la population. Elles étaient 38 en 2021 et surtout 118 en 2017. Cette dernière élection s'était tenue sous le régime des quotas.

Le FLN est suivi dans l'hémicycle par le Rassemblement national démocratique (RND), autre formation proche du pouvoir, qui obtient 74 sièges, puis le Front El Moustakbal, également considéré comme un parti soutenant les autorités, avec 56 sièges.


L'armée jordanienne annonce avoir intercepté cinq missiles iraniens

L'armée jordanienne a annoncé jeudi que sa défense aérienne avait abattu cinq missiles tirés depuis l'Iran et visant le territoire du royaume, précisant que l'attaque n'avait pas fait de victimes. (AFP)
L'armée jordanienne a annoncé jeudi que sa défense aérienne avait abattu cinq missiles tirés depuis l'Iran et visant le territoire du royaume, précisant que l'attaque n'avait pas fait de victimes. (AFP)
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  • L'armée jordanienne a annoncé jeudi que sa défense aérienne avait abattu cinq missiles tirés depuis l'Iran et visant le territoire du royaume
  • L'attaque n'avait pas fait de victimes

AMMAN: L'armée jordanienne a annoncé jeudi que sa défense aérienne avait abattu cinq missiles tirés depuis l'Iran et visant le territoire du royaume, précisant que l'attaque n'avait pas fait de victimes.

"Les missiles ont été détectés, interceptés et abattus conformément aux plans de défense", a déclaré un porte-parole de l'armée jordanienne cité dans un communiqué, en pleine reprise des hostilités entre les Etats-Unis et l'Iran.

 

 


Le ministre saoudien des Affaires étrangères appelle à tenir les colons responsables des violences en Cisjordanie

Le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, s'exprimait lors d'une réunion de haut niveau sur le dialogue interreligieux à Rome. (SPA)
Le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, s'exprimait lors d'une réunion de haut niveau sur le dialogue interreligieux à Rome. (SPA)
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  • Le prince Faisal ben Farhane appelle à mettre immédiatement fin aux attaques

ROME : Le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, a appelé mercredi à prendre des mesures pour tenir les colons israéliens responsables des violences commises contre les Palestiniens, avertissant que la poursuite des attaques et l'expansion des colonies illégales compromettaient les perspectives d'une solution à deux États.

S'exprimant lors d'une réunion de haut niveau consacrée au dialogue interreligieux à Rome, le prince Faisal a demandé la cessation immédiate des attaques dans la Cisjordanie occupée, affirmant qu'elles étaient menées sous la protection ou avec le soutien des forces de sécurité israéliennes.

Il a salué les mesures adoptées par plusieurs États, notamment l'interdiction des importations en provenance des colonies israéliennes, les sanctions visant les personnes responsables de graves violations des droits humains, ainsi que les restrictions de voyage imposées aux colons impliqués dans des actes de violence.

Le prince Faisal a appelé à renforcer davantage les mécanismes de responsabilité, estimant que ces violations ne devaient pas rester impunies, car elles compromettent les perspectives de paix et portent atteinte aux droits des Palestiniens à la vie, à la sécurité, à la dignité et à l'autodétermination, selon l'Agence de presse saoudienne.

Ces déclarations interviennent dans un contexte de préoccupation internationale croissante face aux violences en Cisjordanie occupée, à la suite d'affrontements survenus le 24 juillet entre des habitants du village de Tal, au sud-ouest de Naplouse, et des colons israéliens, qui ont fait quatre morts palestiniens et deux morts israéliens.

Depuis lors, les forces israéliennes ont mené de vastes opérations militaires, des arrestations et des démolitions de maisons à travers la Cisjordanie.

Les Nations unies ont à plusieurs reprises mis en garde contre des niveaux records de violences commises par des colons, tandis que plusieurs gouvernements occidentaux, dont le Royaume-Uni, le Canada, l'Australie et des États membres de l'Union européenne, ont imposé des sanctions à des colons extrémistes et à des organisations accusées d'être impliquées dans des attaques contre des Palestiniens.

Le prince Faisal a également réaffirmé le rejet par l'Arabie saoudite de toute tentative visant à modifier le statut historique et juridique de Jérusalem ainsi que de ses lieux saints musulmans et chrétiens.

Il a mis en garde contre les provocations répétées à la mosquée Al-Aqsa et les attaques visant les sites religieux, estimant que de tels actes alimentaient les tensions religieuses et réduisaient encore les chances de parvenir à une paix durable.

Dans son intervention, le prince Faisal a déclaré qu'une sécurité durable ne pourrait être assurée tant que les Palestiniens seraient privés de leurs droits légitimes.

La réunion, présidée par le vice-président du Conseil italien et ministre des Affaires étrangères, Antonio Tajani, a réuni les membres de l'Alliance mondiale pour la mise en œuvre de la solution à deux États ainsi que des partenaires internationaux afin d'examiner le rôle du dialogue interreligieux dans l'avancement du processus de paix.

Le prince Faisal a affirmé que l'Arabie saoudite poursuivrait sa coopération avec les États-Unis, l'Autorité palestinienne et ses partenaires internationaux pour mettre en œuvre le plan de paix global soutenu par la résolution 2803 du Conseil de sécurité des Nations unies et la Déclaration de New York, notamment à travers des initiatives visant à promouvoir le dialogue entre les fidèles de différentes religions. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com