Les Houthis acceptent «provisoirement» le plan de paix saoudien

Les Houthis ont « provisoirement» accepté une initiative saoudienne pour mettre fin à la guerre au Yémen, rapporte une agence de presse yéménite. (Fichier / AFP)
Les Houthis ont « provisoirement» accepté une initiative saoudienne pour mettre fin à la guerre au Yémen, rapporte une agence de presse yéménite. (Fichier / AFP)
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Publié le Samedi 27 mars 2021

Les Houthis acceptent «provisoirement» le plan de paix saoudien

  • Les Houthis ont cherché à organiser des vols non contrôlés vers toutes les destinations, y compris l'Iran
  • Le gouvernement internationalement reconnu a toujours exigé que les vols de l'aéroport de Sanaa soient inspectés pour empêcher les rebelles de faire passer des armes et des combattants

AL-MUKALLA: Les Houthis soutenus par l'Iran ont accepté «provisoirement» une initiative saoudienne pour mettre fin à la guerre au Yémen, mais exigent des vols non contrôlés depuis l'aéroport de Sanaa vers des destinations illimitées avant de donner leur approbation finale au plan de paix, rapporte une agence de presse yéménite. 

Le Yemen Press Network (Yazaan) a indiqué vendredi que des porte-parole houthis avaient déclaré aux médiateurs omanais qu'ils avaient des réserves sur l'initiative concernant l'inspection des vols au départ de Sanaa et de leurs destinations. 

L'initiative saoudienne, annoncée la semaine dernière par le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal bin Farhan, propose une trêve nationale, un assouplissement des restrictions à la navigation entrant dans les ports maritimes contrôlés par les Houthis et la réouverture de l'aéroport de Sanaa à un nombre limité de destinations régionales et internationales. 

Les Houthis ont cherché à organiser des vols non contrôlés vers toutes les destinations, y compris l'Iran. 

Le gouvernement internationalement reconnu a toujours exigé que les vols à l'aéroport de Sanaa soient inspectés pour empêcher les rebelles de faire passer des armes et des combattants. 

L'émissaire de l'ONU au Yémen, Martin Griffiths, a déclaré samedi qu'il avait eu des «discussions constructives» sur la fin de la guerre avec le ministre omanais des Affaires étrangères Badr Al-Busaidi à Mascate. 

"L'envoyé spécial l'a remercié pour le soutien capital du Sultanat aux efforts de l'ONU visant à apporter une paix durable au Yémen à travers un processus politique inclusif", précise le bureau de l'ONU dans un communiqué. 

Le ministère des Affaires étrangères d’Oman a déclaré dans un communiqué que la réunion avait porté sur l’évolution de la situation au Yémen, ainsi que les efforts visant à arrêter la guerre et à relancer les négociations entre toutes les parties pour parvenir à la sécurité et à la stabilité dans la région. 

Vendredi, l’émissaire de l’ONU a eu des entretiens avec le négociateur houthi Mohammed Abdul Sallam sur une trêve nationale et d’autres points de l’initiative saoudienne ainsi que sur la Joint Declaration, la proposition de paix de l’ONU. 

Le président du Yémen, Abed Rabbo Mansour Hadi, a pleuré samedi la mort du général de brigade Amen Al-Waili, commandant de la 6e région militaire, qui a été tué vendredi lors des combats avec les Houthis. 

Hadi décrit le général Al-Waili comme un chef militaire loyal et dévoué qui a affronté la milice sur les principaux champs de bataille à travers le pays. 

Le vice-président Ali Mohsen Al-Ahmer, le Premier ministre Maeen Abdul Malik et d'autres hauts responsables du gouvernement ont également pleuré la mort du commandant et envoyé des lettres de condoléances à sa famille. 

Al-Waili est le plus haut commandant de l'armée à avoir été tué lors de l'offensive de la milice dans la province centrale de Marib. 

Des centaines de Houthis, dont des dizaines de chefs militaires, ont été tués depuis le début du mois dernier lorsque la milice a lancé une offensive pour reprendre la ville de Marib, riche en pétrole, le dernier bastion du gouvernement yéménite dans le nord du pays. 

Le ministère de la Défense du Yémen et les médias locaux ont déclaré que les avions de guerre de la coalition arabe avaient mené des dizaines de raids vendredi et samedi, visant des véhicules et des formations militaires houthis dans les régions de Helan et d'Al-Kasara, à l'ouest de Marib. 

Les frappes aériennes de la coalition ont contribué à freiner les avancées des milices à Marib et ont ouvert la voie aux troupes gouvernementales pour qu’elles s’emparent de nouvelles zones. 

Dans la province méridionale de Taiz, l’armée yéménite a revendiqué des gains territoriaux limités et tué au moins 12 Houthis à Maqbanah, à l’ouest de la ville de Taiz. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com.


Le président syrien n'entend pas intervenir au Liban (sources proches)

Le président syrien Ahmed al-Chareh. (REUTERS)
Le président syrien Ahmed al-Chareh. (REUTERS)
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  • Le président syrien Ahmad al-Chareh a démenti toute intention d’intervention au Liban, qualifiant ces rumeurs d’infondées
  • Damas affirme privilégier la coordination avec Beyrouth et la stabilité du Liban, dans un contexte régional tendu lié au Hezbollah et au conflit israélo-libanais

DAMAS: Le président syrien Ahmad al-Chareh a déclaré à des visiteurs que Damas n’avait aucune intention d’intervenir au Liban, démentant des rumeurs à ce sujet, ont indiqué vendredi à l'AFP deux personnes ayant assisté à l'entretien.

L’un des participants, qui a requis l’anonymat, a affirmé que le dirigeant syrien avait dit à une délégation de près de 70 notables et dignitaires de la province de Damas, en visite jeudi au palais présidentiel, que "ce qui se dit au sujet d'une intervention de la Syrie au Liban n’est qu'une rumeur".

L'autre personne a confirmé ces propos.

Le communiqué officiel publié à l'issue de cette visite, centrée autour de questions locales de développement, n'a fait aucune mention des propos d'Ahmad al-Chareh sur le Liban.

Le président américain Donald Trump avait affirmé lors d'une interview le 7 juin à NBC que le président syrien était prêt à aider à affaiblir le Hezbollah, contre lequel Israël mène une campagne de frappes aériennes et une offensive terrestre.

Dans une interview télévisée jeudi, le porte-parole du ministère syrien de l’Intérieur, Noureddine al-Baba, a déclaré que Damas se tient aux côtés du président libanais Joseph Aoun pour " préserver la sécurité du Liban et la souveraineté de l’Etat libanais".

"La coordination avec (...) le Liban est le fondement de tout rôle que la Syrie peut jouer dans la résolution des dossiers libanais", a-t-il ajouté.

Réagissant aux propos de Donald Trump, Noureddine al-Baba a déclaré que "les parties syrienne et libanaise sont les mieux placées pour (les) interpréter et se mettre d’accord sur une formule qui serve les deux pays dans le cadre d'une vision arabe commune".

Selon un diplomate qui a requis l'anonymat, la Syrie est sous pression des Etats-Unis depuis le début de la guerre entre Israël et le Liban le 2 mars pour intervenir contre la formation pro-iranienne dans le pays voisin, avec lequel elle partage une longue frontière terrestre.

La Syrie est dirigée depuis fin 2024 par des autorités islamistes hostiles au Hezbollah, qui était l'allié du président renversé Bachar al-Assad.

M. Chareh a dit vouloir ouvrir une nouvelle page avec le Liban.

Le président syrien Hafez al-Assad, père de Bachar al-Assad, était intervenu au Liban en pleine guerre civile en 1976 et ses troupes ne s'en étaient définitivement retirées que près de 30 ans plus tard.


Le CCG déclare que les hostilités iraniennes compromettent le dialogue et les relations régionales

Photo de groupe lors de la réunion des ministres des Affaires étrangères du CCG à Koweït City, le 2 juin 2025. (File/AFP)
Photo de groupe lors de la réunion des ministres des Affaires étrangères du CCG à Koweït City, le 2 juin 2025. (File/AFP)
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  • Le communiqué indique que la poursuite de l'agression iranienne ne fera qu'accentuer l'isolement de l'Iran
  • Affirmation du droit des États du CCG à se défendre conformément au droit international

LONDRES : Un communiqué du Conseil de coopération du Golfe a déclaré mercredi que les hostilités iraniennes sapaient la confiance et fermaient la porte au dialogue.

Le communiqué souligne que "l'agression ne permet pas d'établir des relations ni de favoriser la compréhension ou le rapprochement".

La déclaration ajoute que la poursuite de l'approche agressive de l'Iran ne fera qu'accentuer son isolement, avertissant que de telles politiques affaiblissent la stabilité régionale.

Elle précise également que la porte de la compréhension reste ouverte à ceux "qui choisissent le langage de la sagesse et du bon voisinage".

Le Conseil a réaffirmé son entière solidarité avec le Bahreïn, le Koweït et la Jordanie, soulignant que la sécurité des États du Golfe est indivisible et que toute attaque contre un membre constitue une attaque contre tous.

Le Conseil a condamné les actions de l'Iran, a tenu Téhéran pour responsable de leurs conséquences sur la sécurité régionale, la navigation internationale et l'approvisionnement en énergie, et a appelé la communauté internationale à demander des comptes aux responsables.

Il a également affirmé le droit des États du CCG à se défendre conformément au droit international et à la charte des Nations unies.

Cette déclaration a été faite alors que les ministres des affaires étrangères du CCG participaient à la 167e session du conseil ministériel du CCG à Bahreïn.

La réunion du CCG pour les États arabes du Golfe s'est tenue à Manama sous la présidence du ministre des affaires étrangères de Bahreïn, Abdullatif bin Rashid Al-Zayani.


Liban: au moins 12 morts dans des frappes israéliennes dans le sud

Un ambulancier court devant des voitures calcinées qui ont été touchées lors d'une frappe aérienne israélienne à Sidon, dans le sud du Liban, mercredi. (AP)
Un ambulancier court devant des voitures calcinées qui ont été touchées lors d'une frappe aérienne israélienne à Sidon, dans le sud du Liban, mercredi. (AP)
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  • Malgré l'annonce le 4 juin d'un accord entre Israël et le Liban pour un nouveau cessez-le-feu, l'armée israélienne poursuit ses raids sur le pays, et le Hezbollah revendique des attaques quotidiennes contre ses forces dans le sud
  • "Israël n’est pas en guerre contre vous. Nous sommes en guerre contre le Hezbollah, qui a pris votre pays en otage (...) Nous aspirons à la paix avec vous, avec le Liban (...). Rejoignez Israël"

BEYROUTH: Israël a poursuivi mercredi ses frappes au Liban, faisant au moins 12 morts, selon une source médicale à l'AFP, le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, appelant les Libanais à "rejoindre" la lutte de son pays contre le Hezbollah pro-iranien.

L'armée israélienne a en outre arrêté et enlevé en Israël, pour interrogatoire, deux habitants d'un village frontalier du sud, avant leur remise en liberté dans la soirée.

Malgré l'annonce le 4 juin d'un accord entre Israël et le Liban pour un nouveau cessez-le-feu, l'armée israélienne poursuit ses raids sur le pays, et le Hezbollah revendique des attaques quotidiennes contre ses forces dans le sud.

"Israël n’est pas en guerre contre vous. Nous sommes en guerre contre le Hezbollah, qui a pris votre pays en otage (...) Nous aspirons à la paix avec vous, avec le Liban (...). Rejoignez Israël", a déclaré M. Netanyahu dans un message en anglais adressé au peuple libanais.

Dans le même temps, Donald Trump a douché mercredi les espoirs d'un accord avec Téhéran pour mettre fin à la guerre régionale. Il a affirmé que son armée allait "attaquer" l'Iran dès mercredi, l'accusant de duplicité.

Dans le sud, près de Tyr, huit personnes ont été tuées dans des frappes sur le village de Tayr Debba et quatre autres dans la localité de Deir Qanoun an-Nahr, a indiqué une source médicale à l'AFP.

L'Agence nationale d'information (Ani, officielle) a aussi rapporté d'autres bombardements sur une trentaine de localités dans le sud et l'est du Liban, dont trois villages méridionaux dont Israël avait ordonné plus tôt l'évacuation.

La veille, de violents raids sur la ville de Tyr avaient fait 11 morts et Israël avait ordonné à l'ensemble des habitants de la ville millénaire et de ses environs d'évacuer, provoquant un exode précipité.

Plus au nord, une frappe israélienne a visé une voiture dans le centre de la grande ville côtière de Saïda, porte du sud du Liban, a indiqué l'Ani.

Un correspondant de l'AFP y a vu des secours retirer deux personnes d'un véhicule en feu.

Villages chrétiens isolés 

De son côté, le Hezbollah a revendiqué de nouvelles attaques contre des troupes israéliennes dans des localités qu'elles occupent dans le sud.

Dans la zone frontalière, une patrouille israélienne a enlevé "un membre du conseil municipal de Kfar Chouba et un employé de la municipalité alors qu'ils effectuaient des travaux de pompage d'eau", selon l'Ani.

L'armée israélienne a indiqué pour sa part avoir interpellé et "transféré sur le territoire israélien pour y être interrogés", deux "suspects" qui "s'étaient approchés de la zone où les soldats israéliens mènent des opérations".

La municipalité de Kfar Chouba a annoncé qu'ils étaient revenus libres au village dans la soirée. Affirmant qu'ils "n'avaient aucune intention de s’approcher des forces israéliennes", elle a condamné un "acte hostile envers deux innocents qui accomplissaient une mission humanitaire".

Kfar Chouba est l'un des rares villages frontaliers dont les habitants sont restés malgré les ordres d'évacuation de l'armée israélienne, qui occupe désormais une partie du sud du pays.

Parmi ces villages figure une poignée de localités chrétiennes, dont les représentants ont appelé mardi soir l'État libanais à "ouvrir des couloirs humanitaires".

Le communiqué du "Rassemblement des villages chrétiens frontaliers" souligne que les routes les desservant sont désormais "coupées ou extrêmement dangereuses".

Depuis le début, le 2 mars, de la nouvelle guerre au Liban entre le Hezbollah et Israël, les frappes israéliennes ont fait 3.696 morts, selon le dernier bilan des autorités.

Le mouvement chiite a entraîné le Liban dans cette guerre régionale pour soutenir l'Iran, qui exige que tout accord de paix avec Washington inclut la fin des hostilités sur le front libanais.