En Irak, les juifs ne se comptent plus que sur les doigts d'une seule main

Inscription en hébreux sur une tombe du cimetière juif d’Habibiya, à Bagdad (Photo, AFP).
Inscription en hébreux sur une tombe du cimetière juif d’Habibiya, à Bagdad (Photo, AFP).
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Publié le Dimanche 28 mars 2021

En Irak, les juifs ne se comptent plus que sur les doigts d'une seule main

  • Les juifs sont arrivés en Irak, prisonniers, en 586 av. J.-C., quand, selon la tradition, le roi babylonien Nabuchodonosor II a détruit le temple de Salomon à Jérusalem
  • «Il ne reste plus que quatre juifs de nationalité irakienne et dont les deux parents sont juifs» dans tout l'Irak fédéral, hors Kurdistan

BAGDAD: Quand le docteur Dhafer Eliyahu est mort, le choc a été grand en Irak. Non seulement parce qu'il soignait gratuitement les plus nécessiteux mais aussi parce qu'avec sa disparition, le pays ne compte plus que quatre juifs, issus pourtant d'une communauté autrefois nombreuse.

Au cimetière juif de Habibiya à Bagdad, coincé entre le monument des Martyrs, érigé par Saddam Hussein, et le bastion chiite de Sadr City, un vieux musulman continue d'entretenir les sépultures mais les visiteurs sont rares. 

A l'enterrement du docteur Eliyahu, « c'est moi qui ai prié sur sa tombe », raconte sa sœur. « Il y avait des amis » d'autres confessions qui ont prié chacun à sa manière, poursuit-elle, refusant de divulguer son nom.

Cette prière juive en plein jour est un événement rare car il n'y a plus qu'une seule synagogue qui ouvre de temps en temps à Bagdad et aucun rabbin.

Pourtant, les racines des juifs d'Irak remontent à 2 600 ans. Ils sont arrivés, prisonniers, en 586 av. J.-C., quand, selon la tradition, le roi babylonien Nabuchodonosor II a détruit le temple de Salomon à Jérusalem.

En Irak, ils ont écrit le Talmud de Babylone -- sur la terre même où naissait le patriarche Abraham et où le jardin d'Eden trônait, selon la tradition, au cœur des marais mésopotamiens.

Près de 2 500 ans plus tard, à Bagdad sous domination ottomane, les juifs sont la deuxième communauté de la capitale et 40% de ses habitants.

Au début du siècle dernier, le jour chômé est le samedi --jour de shabbat-- et non le vendredi des musulmans comme aujourd'hui. Le ministre des Finances s'appelle Sassoun Eskell et il fait grande impression à l'aventurière britannique Gertrude Bell.

« Mal reçus »

Aujourd'hui, « on prie chez soi et on sait que quand on se présente à l'administration avec un nom juif, on est mal reçu », affirme un fin connaisseur des juifs de Bagdad, qui lui aussi préfère rester anonyme.

Et surtout, « il ne reste plus que quatre juifs de nationalité irakienne et dont les deux parents sont juifs » dans tout l'Irak fédéral, hors Kurdistan, déclare Edwin Shuker, juif né en Irak en 1955 et exilé depuis ses 16 ans en Grande-Bretagne.

Tout a basculé avec les premiers pogroms. En juin 1941, celui de « Farhoud » se conclut par plus de 100 morts à Bagdad. 

En 1948, Israël se crée, après une guerre, notamment contre l'Irak.

Les 150 000 juifs d'Irak prennent quasiment tous le chemin de l'exil, plus ou moins volontaire.

Leurs papiers d'identité leur sont retirés pour être remplacés par des documents qui font d'eux des cibles partout où ils les montrent. La plupart préfèrent signer des papiers où ils disent « volontairement » partir et renoncer à leur nationalité et à leurs biens.

Jusqu'aujourd'hui, note Shuker, la loi interdit de revenir sur ces déchéances de nationalité.

En 1951, 96% de la communauté est partie. Une bonne part suit plus tard après des pendaisons publiques d' « espions israéliens » en 1969 par le parti Baas qui vient de mener son coup d'Etat. La loi punit alors de mort la « promotion du sionisme », un article toujours pas abrogé.

La « vie normale » ailleurs

La guerre Iran-Irak, l'invasion du Koweït, l'embargo international, l'occupation américaine en 2003 et le déferlement de violence qui s'ensuit achèvent d'étioler la communauté qui fin 2009 ne compte plus que huit membres, selon un câble diplomatique américain.

Et l'hémorragie continue : un bijoutier menacé par des miliciens qui convoitaient ses travaux d'orfèvre, s'exile.

Puis, Amer Moussa Nassim, petit-neveu de l'auteur et économiste de renom Mir Basri (1911-2005) part en 2011. A 38 ans, il raconte alors être sorti de Bagdad pour enfin mener « une vie normale » et se marier... car à Bagdad les dernières juives sont alors deux vieilles dames.

Il y a six mois, l'une d'elle décède, Sit Marcelle, défenseuse infatigable de la communauté.

Et le 15 mars, le docteur Eliayhu.

En revanche, Israël compte 219 000 juifs d'origine irakienne, soit le plus grand contingent de juifs venus d'Asie.

En Irak, ils ont laissé maisons et synagogues qui, jusqu'à 2003, « étaient en parfait état avec chaque propriétaire identifiable », affirme Shuker. 

« Il ne suffisait que d'un vote au Parlement » pour tout rendre aux familles.

Mais aujourd'hui, dans un pays où règnent corruption et gabegie, ces bâtiments aux portes cadenassées qui s'écroulent dans l'indifférence, suscitent la convoitise des profiteurs de guerre. 


Un accord de sécurité avec Israël doit précéder toute rencontre avec Netanyahu déclare Joseph Aoun

Le président libanais, Joseph Aoun, a affirmé lundi qu'un accord de sécurité avec Israël et la "fin des agressions israéliennes" devaient précéder toute rencontre avec le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, que les Etats-Unis le pressent de tenir. (AFP)
Le président libanais, Joseph Aoun, a affirmé lundi qu'un accord de sécurité avec Israël et la "fin des agressions israéliennes" devaient précéder toute rencontre avec le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, que les Etats-Unis le pressent de tenir. (AFP)
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  • L'ambassade américaine à Beyrouth avait appelé jeudi à une rencontre entre M. Aoun et Netanyahu, deux semaines après que le président américain Donald Trump eut annoncé un cessez-le-feu
  • Une telle rencontre "facilitée par le président Trump", serait une "occasion historique" pour le Liban "de forger son avenir en tant que nation véritablement souveraine et indépendante", avait-elle souligné

BEYROUTH: Le président libanais, Joseph Aoun, a affirmé lundi qu'un accord de sécurité avec Israël et la "fin des agressions israéliennes" devaient précéder toute rencontre avec le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, que les Etats-Unis le pressent de tenir.

M. Aoun a réitéré que "le moment n'était pas approprié pour une réunion" avec le dirigeant israélien, selon un comuniqué de la présidence.

"Il faut parvenir d'abord à un accord de sécurité" et obtenir "l'arrêt des agressions israéliennes" contre le Liban, a-t-il ajouté.

Il a cependant assuré que la décision d'engager des négociations avec Israël, rejetée par le Hezbollah, était "sans retour", répétant que le processus visait à obtenir "le retrait israélien des territoires libanaise occupés et le retour des prisonniers" libanais.

Une troisième session de "discussions préliminaires" en vue de ces négociations est attendue "ces prochains jours", a indiqué le communiqué de la présidence.

L'ambassade américaine à Beyrouth avait appelé jeudi à une rencontre entre M. Aoun et Netanyahu, deux semaines après que le président américain Donald Trump eut annoncé un cessez-le-feu dans la guerre entre Israël et le mouvement Hezbollah pro-iranien.

Une telle rencontre "facilitée par le président Trump", serait une "occasion historique" pour le Liban "de forger son avenir en tant que nation véritablement souveraine et indépendante", avait-elle souligné.

Les ambassadeurs d'Israël et du Liban aux Etats-Unis se sont rencontrés à deux reprises à Washington au cours des dernières semaines, pour la première fois depuis des décennies, en vue de l'ouverture de négociations directes entre les deux pays, en état de guerre depuis 1948.

Le chef du Hezbollah Naïm Qassem a répété lundi son opposition à des négociations directes avec Israël, estimant qu'elles seraient "une concession gratuite, sans résultat".

Le Hezbollah a entraîné le Liban dans la guerre régionale le 2 mars en lançant une attaque contre Israël, qui poursuit ses frappes sur le pays malgré la trêve.

Cette guerre dévastatrice a fait près de 2.700 morts et plus d'un million de déplacés.


Reprise des frappes iraniennes contre les Emirats

Une vue d'ensemble de la 5e édition du salon « Make it in the Emirates » à Abu Dhabi, le 4 mai 2026. (Photo : FADEL SENNA / AFP)
Une vue d'ensemble de la 5e édition du salon « Make it in the Emirates » à Abu Dhabi, le 4 mai 2026. (Photo : FADEL SENNA / AFP)
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  • Une attaque de drone a provoqué un incendie sur le site pétrolier de Fujaïrah, près du détroit d'Ormuz sous blocus
  • Le ministère de la Défense a ensuite indiqué que des missiles de croisière avaient été tirés vers "différentes zones du pays"

DUBAI: Les Emirats arabes unis ont annoncé avoir été visés lundi par une attaque de drones iraniens et avoir intercepté des missiles de croisière, dans les premières frappes de Téhéran en plus d'un mois, qui fragilisent la trêve dans la guerre au Moyen-Orient.

Une attaque de drone a provoqué un incendie sur le site pétrolier de Fujaïrah, près du détroit d'Ormuz sous blocus, voie maritime stratégique au coeur des tensions entre les Etats-Unis et l'Iran. Trois personnes ont été blessées dans cette attaque, selon les autorités locales.

Le ministère de la Défense a ensuite indiqué que des missiles de croisière avaient été tirés vers "différentes zones du pays". "Trois ont été interceptés au-dessus des eaux territoriales, tandis qu'un est tombé en mer", a-t-il poursuivi dans un message sur ses réseaux sociaux.

"Ces attaques représentent une escalade dangereuse et une transgression inacceptable", a réagi le ministère émirati des Affaires étrangères, ajoutant que le pays "se réservait pleinement le droit légitime de répondre à ces attaques".

Les autorités émiraties ont diffusé plusieurs alertes sur téléphones portables, une première depuis l'entrée en vigueur du cessez-le-feu irano-américain le 8 avril, qui avait stoppé les attaques iraniennes menées dans le Golfe, en représailles à l'attaque israélo-américaine du 28 février contre Téhéran.

Deux personnes ont par ailleurs été blessées dans l'attaque d'un immeuble résidentiel dans la ville côtière de Bukha, à Oman, sur le détroit d'Ormuz, a rapporté un média d'Etat, sans préciser l'origine ou la forme de l'attaque.

Alliés de Washington aux portes de l'Iran, les Emirats ont été ciblés par plus de 2.800 missiles et drones depuis le début du conflit, essuyant l'essentiel des salves iraniennes.

A Fujaïrah, qui abrite un important port, un oléoduc et d'autres installations permettant de contourner le détroit d'Ormuz, les équipes de secours s'employaient en début de soirée à maîtriser l'incendie, selon le bureau des médias de l'émirat.

Trois travailleurs indiens ont été hospitalisés pour des blessures modérées, a-t-il précisé.

Ces attaques surviennent au lendemain de l'annonce par Donald Trump du lancement d'une opération américaine visant à permettre une reprise de la navigation dans le détroit d'Ormuz.

Elles interviennet aussi alors que les Emirats accueillent à Abou Dhabi une importante conférence consacrée à l'industrie nationale et à la résilience économique.

Signe de l'impact du conflit sur l'économie, les autorités ont indiqué que le trafic de passagers à l'aéroport de Dubaï, grand hub international, avait chuté des deux tiers en mars sur un an.

Un pétrolier émirati a par ailleurs été touché par des drones dans le détroit d'Ormuz tard dimanche, suscitant une vive condamnation du ministère des Affaires étrangères.


Oman: deux blessés dans l'attaque d'un immeuble résidentiel 

Deux personnes ont été blessées dans l'attaque d'un immeuble résidentiel dans la ville côtière de Bukha, à Oman, sur le détroit d'Ormuz, a rapporté un média d'Etat. (AFP)
Deux personnes ont été blessées dans l'attaque d'un immeuble résidentiel dans la ville côtière de Bukha, à Oman, sur le détroit d'Ormuz, a rapporté un média d'Etat. (AFP)
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  • "Selon une source sécuritaire, un immeuble abritant les employés d'une entreprise dans le quartier de Tibat à Bukha a été visé"
  • "Deux expatriés ont été légèrement blessés, quatre véhicules ont été endommagés et les vitres d'une maison voisine ont été brisées"

MASCATE: Deux personnes ont été blessées dans l'attaque d'un immeuble résidentiel dans la ville côtière de Bukha, à Oman, sur le détroit d'Ormuz, a rapporté un média d'Etat.

"Selon une source sécuritaire, un immeuble abritant les employés d'une entreprise dans le quartier de Tibat à Bukha a été visé", a annoncé l'agence de presse omanaise, sans préciser l'origine ou la forme de l'attaque.

"Deux expatriés ont été légèrement blessés, quatre véhicules ont été endommagés et les vitres d'une maison voisine ont été brisées", a-t-elle précisé.