Art Dubai: rôle central dans le développement de l'économie culturelle de la région

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Publié le Mardi 30 mars 2021

Art Dubai: rôle central dans le développement de l'économie culturelle de la région

  • «La scène artistique est en constante expansion au Moyen-Orient. Elle a joué un rôle important dans le développement d’Art Dubai et en a fait le catalyseur principal»
  • «De nombreuses galeries arabes participent à la foire, qui constitue un pont entre de nombreux pays arabes et la scène artistique internationale»

La 14e édition d'Art Dubai se tiendra du 29 mars au 3 avril 2021 sous l'emblématique Gate Building du Centre financier international de Dubaï (DIFC), au sein d’une structure spécialement conçue pour garantir le respect des protocoles de sécurité de la Covid-19, selon un programme adapté aux mesures sanitaires que requiert la pandémie.

Lors de cette édition, plus de cinquante galeries venant de trente-et-un pays ont répondu à l’appel de l’un des événements les plus importants du marché de l’art au Moyen-Orient, en Afrique, en Asie du Sud et en Amérique latine.

Nous avons rencontré Hala Khayat, la directrice régionale d'Art Dubai, qui a bien voulu répondre aux questions d’Arab News en français.

Hala Khayat
Hala Khayat (Photo fournie)

Art Dubai est devenu un événement artistique incontournable du Moyen-Orient, attirant des collectionneurs et des amateurs d'art du monde entier. Quel est le secret de ce succès?

Le secret du succès d'Art Dubai n’en est pas un: au cours des quatorze dernières années, il s’est imposé comme l'un des lieux de rencontre les plus importants pour le marché de l'art au Moyen-Orient, en Afrique, en Asie du Sud, et même jusqu’en Amérique latine. Au fil des ans, l'objectif principal s'est concentré sur la production artistique de l’hémisphère sud.

La scène artistique est en constante expansion au Moyen-Orient. Elle a joué un rôle important dans le développement d’Art Dubai et en a fait le catalyseur principal. Cet événement possède un rôle central dans le développement de l'économie culturelle de la région.

 

En raison de la pandémie, la plupart des événements internationaux ont été reportés ou annulés dans le secteur des arts. Au contraire, Art Dubai, après avoir proposé une édition en ligne l'année dernière, a repris son activité «physique». Comment expliquez-vous cela? S'agit-il d'un mouvement de résistance culturelle?

L’industrie de l'art, comme d’autres secteurs, a été fortement touchée par les événements des douze derniers mois. Nous avons estimé qu'il était de notre responsabilité d’apporter notre soutien à nos communautés en ces temps difficiles. Nous avons été la première foire annulée en 2020 et nous sommes cette année la première, à l’échelle mondiale, qui ouvre ses portes au public, grâce à ces structures conçues dans un nouvel emplacement spécifique. Oui, c'est véritablement une édition placée sous le signe de la résistance. Nous sommes très fiers de cet événement.

Par ailleurs, nous sommes confiants, car les Émiratis sont désormais majoritairement vaccinés (entre 55 et 60% de la population totale) contre la Covid-19. Nous travaillons en étroite collaboration avec les autorités; des mesures sanitaires et des consignes de sécurité sont appliquées. Nous sommes fiers, en particulier, de notre nouvelle application, Art Dubai, qui sera utilisée pour réguler les foules et réserver des visites. Nos collectionneurs sont très enthousiastes.

 

Y a-t-il des mesures spécifiques au programme qui ont été adoptées en raison de la pandémie? Pouvez-vous nous en parler?

Le salon est divisé en trois structures. Avec la nouvelle application que nous avons développée, les visiteurs doivent respecter une jauge et réserver leurs places. Ils peuvent ainsi profiter de la visite de la foire dans un environnement sécurisé, sûr et contrôlé.

Un test PCR sera soumis à plusieurs reprises à l’ensemble du personnel ainsi qu’aux exposants.

 

Quelle est la particularité de l’édition de cette année? Un événement spécial sera-t-il dévoilé ce soir lors de l'ouverture, ou plus tard?

Le programme vidéo d’Art Dubai se tiendra sur la Gate Avenue du DIFC; dix postes de projection, installés tout au long de ce site, diffuseront des films produits par une vingtaine d'artistes régionaux et internationaux. Les visiteurs pourront ainsi découvrir des films originaux produits par plus de vingt artistes régionaux et internationaux. La programmation comprend, entre autres, les artistes suivants: Ahaad Alamoudi, Jonathas de Andrade, Nikhil Chopra, Laurent Grasso, Cristina Lucas, Berkay Tuncay et Tsedaye Makonnen.

Chaque poste vidéo proposera un thème différent (la nature, les voyages, les dystopies, les conversations, les performances, les animations…) afin d’offrir une expérience unique au spectateur.

En outre, l'un des postes projettera le work in progress intitulé «Art Dubai Portraits», une série de films réalisés en partenariat avec BMW Middle East. Ces productions offrent de brefs aperçus de la biographie et des espaces de travail des artistes qui font partie de la programmation d’Art Dubai ou qui appartiennent à l’une des galeries invitées.

Mais il existe une autre innovation: un parc de sculptures en plein air autour de l'emblématique Gate Building présentera des installations à grande échelle de dix artistes, invitant à une interactivité avec leurs œuvres. Mohamed Ahmed Ibrahim, Hussain Sharif, Dia al-Azzawi, Costas Varotsos, Tarik Currimbhoy, Bernar Venet et Pablo Reinoso comptent parmi les plasticiens dont les sculptures seront ainsi exposées.

 

Comment cette foire d’art contemporain contribue-t-elle à placer les pays arabes sur le devant de la scène culturelle?

De nombreuses galeries arabes participent à la foire, véritable pont entre de nombreux pays arabes et la scène artistique internationale.

Art Dubai représente un point de rencontre essentiel de l’univers de la culture; un endroit où les idées, l’art et les artistes se découvrent et où peuvent naître des opportunités de collaboration. C'est le rôle d’une foire d'art contemporain que de créer cette synergie et ces rencontres.

 

Vous êtes la fondatrice d'une ONG, Safir, qui soutient les jeunes artistes syriens. Dans quelle mesure pensez-vous que les ONG et les fondations ont un impact sur le développement et l'évolution de la scène culturelle du Moyen-Orient?

Un groupe d'artistes et moi-même avons créé Safir il y a quelques années. C’était une forme de réponse à la crise syrienne. Nous avons estimé que nous devions principalement nous concentrer sur deux objectifs: accroître le rayonnement des artistes, leur apporter les connaissances et l'éducation nécessaires pour aller de l'avant, et les connecter avec les amateurs et les collectionneurs d'art lorsque cela est possible. Chaque geste peut mener très loin. Je ne peux pas parler des travaux des autres ONG, mais je crois sincèrement aux entreprises à but non lucratifs partout dans le monde, et notamment au Moyen-Orient. Ces ONG permettent d’encourager et de développer davantage la scène culturelle.

 


A l'IMA, Plongée dans l’histoire de Byblos, premier grand port international du monde antique

L’exposition rassemble près de 400 pièces majeures, dont l’obélisque d’Abishemou ou encore une mosaïque représentant l’enlèvement d’Europe. Issues notamment de tombes royales et de sanctuaires, ces œuvres — vaisselle d’or et d’argent, bijoux incrustés de pierres semi-précieuses, armes d’apparat — illustrent la richesse et le raffinement de la cour de Byblos au début du IIe millénaire av. J.-C. (IMA)
L’exposition rassemble près de 400 pièces majeures, dont l’obélisque d’Abishemou ou encore une mosaïque représentant l’enlèvement d’Europe. Issues notamment de tombes royales et de sanctuaires, ces œuvres — vaisselle d’or et d’argent, bijoux incrustés de pierres semi-précieuses, armes d’apparat — illustrent la richesse et le raffinement de la cour de Byblos au début du IIe millénaire av. J.-C. (IMA)
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  • Bien avant l’essor des grandes puissances antiques, Byblos reliait déjà la côte libanaise à l’Égypte, à la Mésopotamie et au monde égéen
  • Dès 3200 av. J.-C., elle s’impose comme l’un des principaux ports de la Méditerranée — un statut qu’elle conservera plus de deux mille ans

PARIS: Au cœur d’une exposition exceptionnelle, la cité millénaire de Byblos révèle son rôle fondateur dans l’histoire de la Méditerranée, entre commerce, diplomatie et naissance de l’écriture. Présentée à l’Institut du monde arabe, en partenariat avec la Direction Générale des Antiquités du Liban, avec la collaboration du musée du Louvre et sur une idée originale du musée des Antiquités de Leiden, cette manifestation retrace près de neuf millénaires d’histoire urbaine continue.

Une cité fondatrice du monde méditerranéen

Bien avant l’essor des grandes puissances antiques, Byblos reliait déjà la côte libanaise à l’Égypte, à la Mésopotamie et au monde égéen. Dès 3200 av. J.-C., elle s’impose comme l’un des principaux ports de la Méditerranée — un statut qu’elle conservera plus de deux mille ans. Cette position stratégique s’explique notamment par ses liens privilégiés avec les pharaons, fondés sur le commerce du cèdre, ressource précieuse recherchée pour la construction navale, les temples et les rites funéraires.

Implantée sur un promontoire dominant la mer, à quarante kilomètres au nord de Beyrouth, la ville constitue aujourd’hui l’un des plus anciens sites habités sans interruption au monde. Classée au patrimoine mondial de l’UNESCO, elle témoigne d’une évolution urbaine allant d’un village de pêcheurs né il y a plus de 9000 ans à une cité-État prospère de l’âge du Bronze.

400 trésors pour raconter une civilisation

L’exposition rassemble près de 400 pièces majeures, dont l’obélisque d’Abishemou ou encore une mosaïque représentant l’enlèvement d’Europe. Issues notamment de tombes royales et de sanctuaires, ces œuvres — vaisselle d’or et d’argent, bijoux incrustés de pierres semi-précieuses, armes d’apparat — illustrent la richesse et le raffinement de la cour de Byblos au début du IIe millénaire av. J.-C.

Plusieurs objets témoignent de l’influence directe de l’Égypte, certains ayant même été offerts par les pharaons Amenemhat III et Amenemhat IV. Les dépôts votifs du Temple aux Obélisques révèlent quant à eux un univers religieux foisonnant, peuplé de figurines en bronze parfois dorées, de haches rituelles et de poignards cérémoniels.

Une découverte archéologique majeure

Moment fort du parcours : la présentation des découvertes récentes issues des fouilles menées depuis 2019. Les archéologues ont mis au jour une nécropole intacte datant d’environ 1800 av. J.-C., appartenant à l’élite de la cité — une trouvaille exceptionnelle dans la région. Ces artefacts bouleversent déjà la compréhension des structures sociales et économiques de cette puissance maritime antique.

IMA

Le site, exploré dès le XIXe siècle par l’érudit français Ernest Renan, continue ainsi de livrer ses secrets, confirmant que Byblos n’est pas seulement un vestige du passé, mais un laboratoire vivant de l’histoire méditerranéenne.

Une épopée toujours vivante

Au-delà de l’Antiquité, le parcours met également en lumière les périodes phénicienne, hellénistique, romaine et médiévale, jusqu’aux habitants actuels qui perpétuent la vie au cœur de la vieille ville. Cette continuité humaine fait de Byblos un rare exemple de cité où l’histoire ne s’est jamais interrompue.

Entre archéologie spectaculaire et récit civilisationnel, l’exposition offre ainsi une immersion dans l’une des plus anciennes aventures urbaines de l’humanité — celle d’une ville qui, bien avant les routes maritimes modernes, avait déjà fait de la Méditerranée un espace d’échanges, de cultures et d’idées.


Le film «Une bataille après l'autre» triomphe aux Bafta britanniques

Le prince William et la princesse Kate ont également répondu présents, après une semaine difficile pour la famille royale marquée par l'interpellation d'Andrew, le frère du roi Charles III, dans l'affaire Epstein. (AFP)
Le prince William et la princesse Kate ont également répondu présents, après une semaine difficile pour la famille royale marquée par l'interpellation d'Andrew, le frère du roi Charles III, dans l'affaire Epstein. (AFP)
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  • Les Bafta, souvent critiqués pour ne pas assez mettre en valeur les talents britanniques, ont aussi créé la surprise en distinguant le Britannique de 33 ans Robert Aramayo comme meilleur acteur dans la comédie dramatique "I Swear"
  • Très ému, cet acteur peu connu du public a battu le Franco-Américain Timothée Chalamet, pressenti pour ce trophée pour son rôle de joueur de ping-pong à l'ambition insatiable dans "Marty Supreme"

LONDRES: La fresque politique "Une bataille après l'autre" du cinéaste américain Paul Thomas Anderson est sortie dimanche grande gagnante des Bafta, les récompenses britanniques du cinéma, avec six prix dont meilleur film et meilleur réalisateur.

Le triomphe de cette tragicomédie sur la traque d'ex-révolutionnaires par des suprémacistes blancs, qui était nommée 14 fois, cimente son statut de favori aux Oscars, qui auront lieu le 15 mars à Los Angeles.

Interrogé lors d'une conférence de presse après sa victoire, Paul Thomas Anderson, dont le film fait écho aux récentes actions de la police de l'immigration (ICE) aux Etats-Unis, a souligné le besoin de "mener la révolution, sans violence si possible", et appelé les spectateurs à "garder espoir".

Les Bafta, souvent critiqués pour ne pas assez mettre en valeur les talents britanniques, ont aussi créé la surprise en distinguant le Britannique de 33 ans Robert Aramayo comme meilleur acteur dans la comédie dramatique "I Swear".

Très ému, cet acteur peu connu du public a battu le Franco-Américain Timothée Chalamet, pressenti pour ce trophée pour son rôle de joueur de ping-pong à l'ambition insatiable dans "Marty Supreme", grâce à son interprétation d'un jeune homme atteint du syndrome de Tourette, inspiré de l'Ecossais John Davidson.

Celui-ci était présent dans la salle, et le présentateur Alan Cumming a remercié le public pour sa compréhension, s'excusant si des spectateurs avaient été "offensés" par le "langage grossier" qu'ils avaient pu entendre, un phénomène qui "fait partie de la manière dont le syndrome de la Tourette se manifeste chez certaines personnes".

Un extrait de la cérémonie pendant lequel une insulte raciste, attribuée à M. Davidson, est lancée aux acteurs de "Sinners" Michael B. Jordan et Delroy Lindo lorsqu'ils remettent un prix sur scène est devenu viral dimanche soir sur les réseaux sociaux.

William et Kate 

La soirée des Bafta est l'une des plus glamour du calendrier londonien, et Leonardo DiCaprio, Jessie Buckley, Emma Stone, Timothée Chalamet ou Paul Mescal ont foulé le tapis rouge du centre culturel Southbank, sur les rives de la Tamise.

Le prince William et la princesse Kate ont également répondu présents, après une semaine difficile pour la famille royale marquée par l'interpellation d'Andrew, le frère du roi Charles III, dans l'affaire Epstein.

Il s'agissait de la première sortie officielle du prince depuis lors. Il a confié à des organisateurs de la soirée ne pas avoir vu le drame shakespearien "Hamnet", qui concourait dans 11 catégories: pour cela, "je dois être dans un état assez calme, ce qui n'est pas le cas pour le moment".

Ce drame-fiction de Chloé Zhao, qui explore le deuil du couple Shakespeare après la mort de leur fils, est reparti avec seulement deux récompenses: meilleur film britannique et meilleure actrice pour l'Irlandaise Jessie Buckley.

Cette actrice de 36 ans est la grande gagnante de la saison des prix et ultra-favorite aux Oscars.

A la croisée des genres entre horreur, film sur le blues et drame d'époque, "Sinners" de l'Américain Ryan Coogler (Black Panther), qui a remporté un record de 16 nominations aux Oscars, repart lui avec trois récompenses.

Paddington en vedette 

L'actrice britannico-nigériane Wunmi Mosaku a remporté le prix de la meilleure actrice dans un second rôle pour ce film d'époque teinté de fantastique dans l'Amérique ségrégationniste des années 1930.

"J'ai retrouvé une partie de moi-même en Annie, une partie de mes espoirs, de mon pouvoir ancestral et de mes liens, des aspects que je croyais avoir perdus (...) en tant qu'immigrante cherchant à m'intégrer", a déclaré l'interprète de 39 ans.

Depuis 2022, aucun acteur ou actrice britannique n'avait été sacré aux Bafta qui, depuis une réforme de son académie datant de 2020, fait élire ses gagnants par des votants au profil plus international.

Un changement qui s'est ressenti sur le palmarès, là où des cérémonies comme les César en France ou les Goya en Espagne valorisent davantage leur cinéma national.

"Valeur sentimentale", le film de Joachim Trier sur la relation douloureuse d'un père cinéaste avec ses filles, a remporté le prix du meilleur film non anglophone, une première pour un Norvégien.

Le plus célèbre des ours, Paddington, a lui aussi fait une apparition pour remettre la récompense pour le meilleur film pour les enfants et la famille, décrochée par l'Indien "Boong".

 


Ramadan : boost saisonnier pour l’industrie saoudienne des dattes

La consommation de dattes, portée par la foi et la culture du cadeau, amplifie la demande dans les supermarchés et les segments d’emballages haut de gamme. (Reuters)
La consommation de dattes, portée par la foi et la culture du cadeau, amplifie la demande dans les supermarchés et les segments d’emballages haut de gamme. (Reuters)
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  • Le Ramadan stimule la consommation de dattes en Arabie saoudite, dopant les ventes au détail et les exportations, sans toutefois constituer la véritable haute saison du secteur
  • Deuxième producteur mondial, le Royaume renforce son industrie des dattes, avec des exportations record et un rôle stratégique dans la sécurité alimentaire nationale

RIYAD : Les dattes occupent une place essentielle dans le tissu spirituel et culturel de l’Arabie saoudite. Associées à l’hospitalité et à la tradition religieuse, elles sont incontournables sur les tables d’iftar pendant le Ramadan.

Le mois sacré transforme également l’un des secteurs agricoles les plus établis du Royaume, l’industrie des dattes passant à la vitesse supérieure. La consommation liée à la foi et la culture du cadeau amplifient la demande, notamment dans les supermarchés et les segments premium.

Le conseiller économique Fadhel Al-Buainain a déclaré à Arab News que si la demande de dattes reste stable toute l’année, la consommation intérieure augmente sensiblement pendant le Ramadan.

« Ces dernières années, la demande mondiale pour les dattes saoudiennes a également progressé. Toutefois, la demande locale augmente nettement durant le Ramadan en raison de l’association des dattes au repas de l’iftar », a-t-il indiqué.

Beaucoup rompent leur jeûne avec des dattes fraîches (rutab) ou, à défaut, avec des dattes séchées, conformément à la tradition. Outre leur dimension religieuse, les dattes sont appréciées pour leurs bienfaits nutritionnels, précieux pendant les longues heures de jeûne.

Al-Buainain souligne que le Ramadan constitue « un moteur d’augmentation des ventes et des exportations », renforçant l’élan saisonnier du secteur, sans toutefois représenter son véritable pic économique.

« Je ne pense pas qu’il crée une haute saison, malgré son importance marketing. La véritable haute saison intervient après la récolte, lorsque les marchés sont dynamiques et que d’importants volumes sont écoulés. Cependant, dans le commerce de détail, le Ramadan peut être considéré comme une période clé d’intensification des activités marketing », explique-t-il.

Ainsi, si le Ramadan accélère les ventes au détail et stimule la demande dans les supermarchés et le marché des cadeaux, les cycles de production et les ventes en gros restent étroitement liés à la période de récolte.

« Le pic des ventes de dattes se situe au moment de la récolte, tant en volume qu’en prix », précise-t-il.

Les enchères sont organisées au début de la récolte, permettant l’écoulement de grandes quantités en gros — principal canal pour les producteurs — avant d’atteindre les détaillants et les consommateurs. Les ventes du Ramadan proviennent majoritairement des stocks récoltés l’année précédente.

Malgré la hausse saisonnière de la consommation, les volumes de production restent suffisants pour éviter une forte volatilité des prix.

« Les volumes produits sont importants et l’offre dépasse la demande », affirme-t-il, précisant que les dattes traditionnelles conservent des prix stables. Les hausses concernent surtout les produits transformés ou reconditionnés dans des formats cadeaux modernes.

Structurellement, le secteur s’est fortement développé ces dernières années. Les exportations saoudiennes de dattes ont atteint 1,695 milliard de riyals en 2024, selon le Centre national des palmiers et des dattes. La production a dépassé 1,9 million de tonnes, avec des exportations vers 133 pays — soit une hausse de 15,9 % en valeur par rapport à 2023.

Depuis le lancement de la Vision 2030, la valeur des exportations a progressé de 192,5 % entre 2016 et 2024.

L’Arabie saoudite, deuxième producteur mondial de dattes, compte plus de 33 millions de palmiers, soit 27 % du total mondial, répartis sur environ 123 000 exploitations agricoles.

Les dattes affichent également le taux d’autosuffisance le plus élevé parmi les fruits, à 121 %.

Al-Buainain qualifie les dattes de produit stratégique et pilier de la sécurité alimentaire du Royaume, tout en appelant à une stratégie plus claire, à une meilleure lutte contre les ravageurs — notamment le charançon rouge du palmier — et à une meilleure coordination de la chaîne de valeur.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com