La crainte d’un bain de sang à Idlib, avec les troupes d’Al-Assad qui poursuivent les offensives

Un convoi de mariage traverse la région résidentielle d’Idlib, avec la crainte croissante, depuis dimanche, d’une nouvelle offensive du régime syrien sur la région contrôlée par les militants. (Omar Haj Kadour/ AFP)
Un convoi de mariage traverse la région résidentielle d’Idlib, avec la crainte croissante, depuis dimanche, d’une nouvelle offensive du régime syrien sur la région contrôlée par les militants. (Omar Haj Kadour/ AFP)
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Publié le Lundi 17 août 2020

La crainte d’un bain de sang à Idlib, avec les troupes d’Al-Assad qui poursuivent les offensives

  • La situation pourrait engendrer une nouvelle bataille d’Idlib
  • Un jour ou l’autre, les Russes vont contrôler cette région

ANKARA: "Une bataille se profile, à la suite de la décision de la Russie de suspendre ses patrouilles conjointes avec la Turquie", ont confié des analystes à Arab NewsCette décision fait suite à la suspension par la Russie des patrouilles militaires conjointes avec les forces armées turques le long de l'autoroute M4, dans ce qui est censé être une zone de désescalade.

Les patrouilles ont commencé à circuler en mars dernier, le long de la route Alep-Lattaquié. La dernière a eu lieu le 12 août et Moscou les a suspendus deux jours plus tard.

Depuis, les forces armées du régime de Bachar al-Assad ont lancé des attaques à la roquette sur Al-Fterah, Sfuhen et Kansafra dans la région de Jabal al-Zawiyah, la partie sud de la province d’Idlib.

La zone est contrôlée par un ancien affilié d'Al-Qaïda, Hayat Tahrir Al-Sham, qui a utilisé des roquettes et des mitrailleuses lourdes pour attaquer le village contrôlé par le régime de Beit Hasanou à Sahl Al-Ghab dans le nord-ouest de Hama.

La situation pourrait engendrer une « nouvelle bataille d’Idlib », ont affirmé des experts à Arab News.

Selon Navar Saban, ancien analyste militaire au Centre Omran pour les études stratégiques à Istanbul, les combattants agissent avec prudence. « Le Hezbollah a déplacé une partie de ses forces pour tenter de lancer des offensives au sud de l’autoroute M4 », a-t-il confié à Arab News.

« La zone où les patrouilles conjointes ont été suspendues, est surélevée. Celui qui la contrôlera pourra dominer toute la région d’Idlib. C’est donc un endroit stratégique, où des accrochages ne tarderont pas se produire. »

« Il y a de fortes probabilités que le régime lance une opération dans la région. Ce sera une bataille limitée. Les Turcs ne sont pas prêts à se retirer de cette zone plutôt stratégique, ni à permettre à l’opposition de le faire. Un jour ou l’autre, les Russes vont contrôler cette région. »

« Moscou avait initialement prévu de surveiller la région, en l’absence de forces d’opposition, mais sans y parvenir. En effet, la Turquie, qui refuse de se soumettre à la Russie, a mobilisé ses forces armées et l’opposition dans la région, et a déclenché ainsi une autre source de tension entre Moscou et Ankara. »

Pour Kyle Orton, analyste des affaires du Moyen-Orient, si la Russie a suspendu les patrouilles communes à Idlib, c’est uniquement pour des raisons de sécurité, pendant qu’elle examine ses options. « Au début, les patrouilles ont été la cible d’attaques pacifiques de la part des manifestants, mais ces attaques ont pris un aspect militaire, notamment le mois dernier », a déclaré Orton.

« Les intentions de Moscou en Syrie sont manifestement toujours suspectes en Syrie. Ces derniers jours, on a pu voir les signes d’une nouvelle offensive de la coalition du régime sur Idlib, ainsi la suspension de la Russie de ses patrouilles dans la région serait une stratégie tactique liée à cette situation. »

« De même, la Turquie poursuit de son côté sa politique volontariste afin de préserver au moins le nord d’Idlib en tant que zone tampon, pour éviter qu’une vague déstabilisatrice de réfugiés liée à des terroristes ne puisse accéder à ses territoires. »


Le Hezbollah dénonce «l'agression israélienne persistante» au Liban malgré la trêve

Des personnes en deuil portent les cercueils lors des funérailles de quatre combattants du Hezbollah et de deux civils dans le village de Maaroub, au sud du Liban, le 26 avril 2026. (AFP)
Des personnes en deuil portent les cercueils lors des funérailles de quatre combattants du Hezbollah et de deux civils dans le village de Maaroub, au sud du Liban, le 26 avril 2026. (AFP)
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  • "Il n'y a pas de cessez-le-feu au Liban, mais une agression israélo-américaine continuelle", a déclaré Naïm Qassem dans un discours écrit, diffusé par la chaîne al-Manar affiliée au groupe islamiste
  • "Le Liban est l'agressé, et c'est lui qui a besoin de garanties pour sa sécurité et sa souveraineté" de la part d'Israël, a-t-il ajouté

BEYROUTH: Le chef du Hezbollah pro-iranien Naïm Qassem a condamné lundi les opérations israéliennes persistantes au Liban malgré la trêve, et réitéré son refus de négociations directes entre Israël et son pays.

Malgré la trêve entrée en vigueur le 17 avril et prolongée à l'issue de deux sessions de pourparlers entre le Liban et Israël à Washington, l'armée israélienne continue de mener des frappes meurtrières, surtout dans le sud du Liban, où elle démolit des bâtiments et interdit aux habitants de dizaines de localités de revenir.

"Il n'y a pas de cessez-le-feu au Liban, mais une agression israélo-américaine continuelle", a déclaré Naïm Qassem dans un discours écrit, diffusé par la chaîne al-Manar affiliée au groupe islamiste.

"Le Liban est l'agressé, et c'est lui qui a besoin de garanties pour sa sécurité et sa souveraineté" de la part d'Israël, a-t-il ajouté.

Critiquant une diplomatie qui place le Liban "sous tutelle", il a plaidé pour "une diplomatie qui mène" à la cessation des hostilités et pour "des négociations indirectes" avec Israël.

"Les négociations directes sont une concession gratuite, sans résultat", a-t-il dit, vantant le comportement "légendaire" du Hezbollah au combat. "Ne trahissez donc pas la résistance", a-t-il ajouté, à l'adresse du pouvoir libanais, en défendant "l'unité nationale".

Entre le président libanais Joseph Aoun, décidé à mener des négociations directes avec Israël, et le Hezbollah pro-iranien qui s'y oppose, le fossé se creuse, et les divisions dans le pays s'accentuent.

L'ambassade américaine à Beyrouth a appelé jeudi à une rencontre entre le président libanais et le Premier ministre israélien, qui serait une "occasion historique" pour le Liban "de forger son avenir en tant que nation véritablement souveraine et indépendante".

Lundi, l'armée israélienne a mené une série de frappes après un nouvel avis d'évacuation adressé aux habitants de quatre localités dans le sud du Liban.

Selon les termes de l'accord de trêve publié par Washington, Israël se réserve "le droit de prendre, à tout moment, toutes les mesures nécessaires en légitime défense" contre le Hezbollah, qui s'oppose à cette clause et continue de revendiquer des attaques contre des positions israéliennes malgré la trêve.

Les frappes israéliennes ont fait plus de 2.600 morts et déplacé plus d'un million de personnes depuis que le Hezbollah a relancé les hostilités le 2 mars, en soutien à son allié iranien, ciblé par une offensive israélo-américaine.


Un tanker touché par «des projectiles inconnus» au large des Emirats 

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  • "Un tanker a signalé avoir été touché par des projectiles non identifiés", indique l'agence ajoutant que tous les membres d'équipage sont sains et saufs et qu'aucun impact environnemental n'a été signalé
  • L'agence n'a pas précisé la provenance du navire

DUBAI: Un tanker a été touché par des "projectiles inconnus" dans le détroit d'Ormuz au large des Emirats arabes unis, sans faire de victime, a indiqué l'agence de sécurité maritime britannique UKMTO lundi.

"L'UKMTO a reçu des informations faisant état d'un incident survenu à 78 milles nautiques (145 km, ndlr) au nord de Fujaïrah, aux Émirats arabes unis", a annoncé l'agence sur X précisant que l'incident avait été signalé dimanche vers 19H40 GMT.

"Un tanker a signalé avoir été touché par des projectiles non identifiés", indique l'agence ajoutant que tous les membres d'équipage sont sains et saufs et qu'aucun impact environnemental n'a été signalé.

L'agence n'a pas précisé la provenance du navire.

Le détroit d'Ormuz, par lequel transite en temps de paix un cinquième du pétrole et du gaz naturel mondiaux, est en grande partie bloqué depuis le début des frappes israélo-américaines contre l'Iran le 28 février.

Le président américain Donald Trump a annoncé dimanche que la marine américaine allait commencer lundi à escorter des navires bloqués de pays tiers à travers le détroit d'Ormuz dans le cadre du Project Freedom ("Projet Liberté"), qui a été dénoncé par les autorités iraniennes.

 


Liban: 13 morts dans des frappes israéliennes sur le sud

Le ministère de la Santé libanais a indiqué que 13 personnes ont été tuées vendredi lors de frappes israéliennes dans le sud, notamment dans une ville où l’armée israélienne avait émis un ordre d’évacuation malgré un cessez-le-feu. (REUTERS)
Le ministère de la Santé libanais a indiqué que 13 personnes ont été tuées vendredi lors de frappes israéliennes dans le sud, notamment dans une ville où l’armée israélienne avait émis un ordre d’évacuation malgré un cessez-le-feu. (REUTERS)
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  • Des frappes israéliennes dans le sud du Liban ont fait au moins 13 morts vendredi, dont des civils (femmes et enfants), malgré un cessez-le-feu en vigueur
  • Depuis la reprise des hostilités le 2 mars entre Israël et le Hezbollah, plus de 2 600 personnes ont été tuées, dont des secouristes, suscitant de vives critiques humanitaires

BEYROUTH: Des frappes israéliennes sur le sud du Liban ont fait au moins 13 morts vendredi, a rapporté le ministère libanais de la Santé dans un nouveau bilan.

Selon un communiqué du ministère, huit personnes, parmi lesquelles un enfant et deux femmes, ont été tuées et 21 autres blessées, dont deux enfants et une femme, dans des frappes sur le village d'Habboush, que l'armée israélienne avait appelé à évacuer malgré un cessez-le-feu.

L'agence de presse officielle libanaise (ANI) a rapporté "une série de frappes intenses (...) un peu moins d'une heure après l'avertissement" israélien.

A Habboush, un photographe de l'AFP a vu des volutes de fumée s'élever à la suite des bombardements.

Une autre frappe sur le village de Zrariyé, dans la région de Saïda, a par ailleurs fait quatre morts, dont deux femmes, et quatre blessés dont un enfant et une femme, a précisé le ministère dans la soirée.

Selon la même source, une femme a été tuée et sept personnes ont été blessées dans le district de la ville côtière de Tyr.

L'ANI avait auparavant fait état d'autres frappes et de tirs d'artillerie sur d'autres localités du Sud en dépit du cessez-le-feu entre le Hezbollah pro-iranien et Israël en vigueur depuis le 17 avril.

- Secouristes tués -

Jeudi, 17 personnes avaient été tuées dans des frappes sur le Sud, où l'armée israélienne a établi une zone de 10 km de profondeur à partir de la frontière, interdite d'accès à la presse et à la population, et effectue des opérations de démolition.

Des destructions ont ainsi été rapportées à Shamaa mais également à Yaroun, où un monastère, une école privée, des maisons, des commerces et des routes ont été démolies, selon l'agence ANI.

Israël affirme vouloir protéger sa région nord du Hezbollah, qui continue de revendiquer des attaques contre des positions israéliennes au Liban et, plus rarement, contre le territoire israélien.

L'armée israélienne a indiqué dans la nuit de vendredi à samedi avoir intercepté quatre "cibles aériennes" qui se dirigeaient vers le nord d'Israël, sans préciser leur provenance.

En vertu de l'accord de cessez-le-feu, Israël se réserve "le droit de prendre, à tout moment, toutes les mesures nécessaires en légitime défense contre des attaques planifiées, imminentes ou en cours", une clause que le Hezbollah conteste.

Selon le ministère libanais de la Santé, plus de 2.600 personnes ont été tuées depuis la reprise des hostilités entre le Hezbollah et Israël, le 2 mars, sur fond de guerre au Moyen-Orient.

D'après cette source, 103 secouristes font partie des morts.

"Qu'une personne qui tente de sauver des vies, d'apaiser la souffrance humaine, puisse être ciblée (...) c'est une chose que je trouve absolument inacceptable", a affirmé à des journalistes près de Beyrouth le secrétaire général adjoint de la Fédération Internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FIRC), Xavier Castellanos.