Les employés d'Amazon concluent un vote historique pour créer un syndicat

Le géant du commerce en ligne a recruté à tour de bras en 2020, et quasiment doublé son bénéfice net à 21 milliards de dollars, grâce à l'explosion de la demande en temps de pandémie (Photo, AFP).
Le géant du commerce en ligne a recruté à tour de bras en 2020, et quasiment doublé son bénéfice net à 21 milliards de dollars, grâce à l'explosion de la demande en temps de pandémie (Photo, AFP).
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Publié le Mardi 30 mars 2021

Les employés d'Amazon concluent un vote historique pour créer un syndicat

  • «La pire peur d'Amazon est déjà arrivée: 3 000 employés ont dit qu'ils ne pouvaient pas travailler dans ces conditions»
  • Le mouvement est né du ras-le-bol de nombreux employés épuisés, qui se sentent traités comme des «robots» ou des «prisonniers»

BESSEMER: Le vote pour ou contre la création d'un syndicat dans un entrepôt Amazon dans l'Alabama, qui serait le premier aux Etats-Unis, s'achève lundi après une campagne à la David contre Goliath, déjà considérée comme historique quel que soit le verdict des urnes.

«La pire peur d'Amazon est déjà arrivée: 3 000 employés ont dit qu'ils ne pouvaient pas travailler dans ces conditions», a souligné Joshua Brewer, le président local du RWDSU, le syndicat de la distribution qui représentera les 5 800 employés du site de Bessemer, s'ils votent en sa faveur.

Depuis l'automne dernier, des syndicalistes se sont relayés jour et nuit à l'entrée du complexe, pour recueillir suffisamment d'accords de principe (ils en ont eu 3 000), puis pour les convaincre de transformer l'essai. 

Lundi matin avant l'aube, ils étaient encore une poignée de volontaires, venus de Portland ou de Boston, à remercier les salariés pour leur mobilisation. «On l'attend depuis longtemps mais le changement arrive !», pouvait-on lire sur leurs pancartes.

Le décompte des votes envoyés par la poste doit commencer mardi, sous la houlette de l'agence fédérale chargée du droit du travail. Les résultats ne sont pas attendus avant la fin de la semaine, au mieux, en fonction du nombre de bulletins disputés (signature au mauvais endroit, profession incorrecte, etc). 

«C'est le début de la partie moins sympa pour nous, on passe la main aux avocats», remarque Joshua Brewer, qui s'attend à des complications légales. Pour lui, Amazon va certainement essayer de retarder l'issue «par tous les moyens possibles».

Le mouvement est né du ras-le-bol de nombreux employés épuisés, qui se sentent traités comme des «robots» ou des «prisonniers».

Pouvoir

«Nous voulons juste le respect et la dignité», résume Jennifer Bates, une des salariées investies dans le mouvement. «Cela signifie des conditions de travail sûres, la sécurité de l'emploi, et des salaires à la hauteur».

«Le nombre d'adhérents au RWDSU décline depuis deux décennies, mais ce n'est pas une raison (...) pour déformer les faits», a réagi Amazon lundi.

«Nos employés connaissent la vérité: des revenus de 15 dollars de l'heure ou plus, la couverture santé et un lieu de travail sûr et inclusif. Nous avons encouragé tous nos employés à voter», a détaillé la porte-parole Heather Knox.

Le géant du commerce en ligne a recruté à tour de bras en 2020, et quasiment doublé son bénéfice net à 21 milliards de dollars, grâce à l'explosion de la demande en temps de pandémie.

Mais le deuxième plus grand employeur américain (800 000 salariés) ne veut pas prendre le risque que la syndicalisation n'aboutisse, ni à Bessemer, ni ailleurs, alors que Joe Biden a promis d'être le «président le plus pro-syndicat» du pays.

Le groupe a récemment durci le ton sur Twitter contre les élus qui soutiennent le syndicat, et s'est moqué des accusations au sujet des délais trop courts pour se rendre aux toilettes.

Des salariés ont raconté qu'Amazon les a inondés de textos, affiches et réunions pour brandir l'épouvantail des cotisations syndicales élevées (près de 500 dollars par an).

La société insiste régulièrement sur le salaire deux fois plus élevé que le minimum requis en Alabama.

Mais Joshua Brewer note que «d'autres entrepôts dans la région paient 18-20 dollars de l'heure». Pour cet ancien pasteur et de nombreux observateurs, il s'agit moins d'une affaire de finances que celle d'exercer un contrôle absolu.

Inspiration

Le groupe de Seattle est prêt à «des dépenses quasi illimitées», pour «maintenir son pouvoir sur tout, s'assurer que les travailleurs ne peuvent rien négocier (...) et prouver que toute tentative est vouée à l'échec», analyse Rebecca Givan, professeure en relations sociales à la Rutgers University.

L'arrivée d'Amazon à Bessemer il y a un an a été saluée comme «l'investissement le plus conséquent de l'histoire de la ville» par son maire Kenneth Gulley. De nombreux employés affirment aussi ne pas voir la nécessité de représentants syndicaux.

Mais Sondra Hill, qui emballe des colis à mi-temps, assure que le mouvement continuera quel que soit le résultat du vote.

«Je suis pleine d'espoir, je veux que ça marche», a dit lundi cette Afro-Américaine de 61 ans. «Je ne pense pas que je resterais s'il n'y avait pas cet élan».

Darryl Richardson, l'employé à l'origine du mouvement, ne veut pas partir non plus. «Je suis trop vieux, je ne présente pas bien. Il est temps de se battre».

Son message au RWDSU de l'été dernier en a déjà inspiré de nombreux autres, note Joshua Brewer: «Nous avons reçu plus de 1 000 requêtes venues d'une cinquantaine d'entrepôts différents, principalement chez Amazon».


Le pétrole temporise faute de nouvelles avancées diplomatiques au Moyen-Orient

Un trader travaille sur le parquet de la Bourse de New York (NYSE), à New York, lors de la sonnerie d'ouverture, le 4 août 2026. (AFP)
Un trader travaille sur le parquet de la Bourse de New York (NYSE), à New York, lors de la sonnerie d'ouverture, le 4 août 2026. (AFP)
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  • Les prix du pétrole évoluent prudemment, les marchés attendant un accord durable entre l'Iran et les États-Unis sur le détroit d'Ormuz
  • Un compromis Iran-Oman sur le transit a été annoncé, mais des désaccords avec Washington continuent de peser sur les flux énergétiques

LONDRES: Les cours du pétrole sont indécis jeudi, après une forte baisse en début de semaine, le marché attendant un arrangement entre Téhéran et Washington après que l'Iran a affirmé mercredi avoir conclu un accord avec Oman.

Vers 10H40 GMT (12H40 à Paris), le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en octobre prenait 0,97% à 80,22 dollars.

Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison en septembre, gagnait 0,77% à 75,80 dollars.

L'Iran a indiqué mercredi s'être accordé avec le sultanat d'Oman sur un nouvel itinéraire de transit des navires dans le détroit d'Ormuz, dont ils sont tous deux riverains.

Mais toute réouverture de cette voie maritime, verrouillée par Téhéran, dépendra des actions de Washington qui a de son côté imposé un blocus des ports iraniens, ont affirmé des sources iraniennes auprès de médias locaux.

Le problème est que Téhéran envisage des frais de service pour le passage dans le détroit, qui sont rejetés par les Etats-Unis et qui vont à l'encontre du droit international.

"Tout accord pourrait donc se révéler aussi fragile que le protocole d'accord initial de juin", prévient Arne Lohmann Rasmussen, analyste chez Global Risk Management.

En juin, Téhéran et Washington s'étaient accordés sur une trêve de 60 jours durant laquelle les deux pays devaient garantir le passage gratuit des navires via le détroit d'Ormuz.

Le flux maritime avait fortement rebondi à ce moment mais la reprise des hostilités en juillet l'a de nouveau plombé.

Les marchés des produits pétroliers dérivés (essence, carburant aérien, etc.) "sont particulièrement tendus" et le "le besoin de reconstituer les stocks de produits raffinés est plus important que celui de reconstituer les stocks de pétrole brut" affirme M. Rasmussen.

Pour permettre une nouvelle baisse des cours, et un retour à la normale des flux énergétiques dans cette région, "des progrès significatifs sont indispensables" entre les Etats-Unis et l'Iran, expliquent les analystes d'ING.


TotalEnergies acquiert les activités renouvelables terrestres de Shell en Europe

Le logo de l’entreprise française TotalEnergies, cotée au CAC 40, le principal indice boursier de la Bourse de Paris, à Toulouse le 31 mars 2026. (AFP)
Le logo de l’entreprise française TotalEnergies, cotée au CAC 40, le principal indice boursier de la Bourse de Paris, à Toulouse le 31 mars 2026. (AFP)
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  • TotalEnergies rachète les activités d’énergies renouvelables terrestres de Shell en Europe, comprenant des actifs solaires, éoliens et de stockage par batteries
  • Le groupe français cède parallèlement 50% d’un portefeuille d’actifs renouvelables à KKR pour 1,8 milliard d’euros afin de renforcer sa stratégie énergétique

PARIS: Le géant pétrogazier français TotalEnergies a annoncé lundi l'acquisition de l'ensemble des activités d'énergies renouvelables terrestres en Europe du groupe britannique Shell et la vente au fonds d'investissement américain KKR d'un portefeuille d'actifs, aussi dans l'énergie renouvelable.

Ces deux transactions en Europe doivent être finalisées d'ici la fin de 2026, sous réserve de l'approbation des autorités compétentes, a précisé TotalEnergies dans un communiqué.

La première opération concerne donc un accord signé avec Shell pour l'acquisition de l'ensemble de ses activités renouvelables terrestres en Europe, dont "500 MW d'actifs solaires et éoliens en opération ou en construction", notamment en Italie et aux Pays-Bas, ainsi que 3,5 GW de projets dans le domaine des énergies solaires, éoliennes et de stockage par batterie en Italie, au Royaume-Uni et en Espagne.

Ce portefeuille d'actifs sera détenu "à 100% par TotalEnergies à l'issue de la transaction", précise le groupe français, qui a indiqué à l'AFP que le montant de l'opération n'était pas dévoilé.

Le montant serait de l'ordre de quelques centaines de millions d'euros, a appris l'AFP de source proche de la transaction.

Cette opération vise à "compléter les activités de production d'électricité de TotalEnergies dans ces quatre marchés clés pour le déploiement de sa stratégie Integrated Power en Europe", ajoute TotalEnergies, qui doit doubler sa production d'électricité renouvelable et à partir d'actifs flexibles (centrales gaz, batteries) à 100-120 TWh en 2030 contre environ 48 TWh en 2025.

Le groupe dispose d'environ 105 GW de capacités d'énergies renouvelables en production, en construction ou en développement.

"Cet accord reflète la poursuite de l'objectif, par Shell, de gestion active" de son portefeuille dans l'énergie, "correspondant à sa stratégie" énoncée en 2025, a indiqué Machteld de Haan, directrice de l'aval, des renouvelables et des solutions énergétiques du groupe britannique, dans un communiqué séparé.

Shell met en oeuvre depuis plusieurs années une stratégie de désengagement des énergies renouvelables pour se concentrer notamment sur ses activités liées aux combustibles fossiles et doper ses bénéfices.

Dans ce contexte, Shell avait notamment annoncé mi-juillet céder au conglomérat indien Aditya Birla Group de sa filiale Sprng Energy, spécialisée dans le solaire et l'éolien en Inde.

La vente annoncée lundi s'inscrit elle aussi dans le cadre de cette stratégie, qui vise notamment à "privilégier les investissements dans des moyens de production flexibles, tels que les centrales électriques à gaz, les batteries de grande capacité et les technologies numériques" - qui permettent de compenser l'intermittence d'énergies renouvelables en plein essor -, a rappelé Shell lundi auprès de l'AFP.

La deuxième transaction annoncée par TotalEnergies concerne la cession à KKR de 50% d'un portefeuille d'actifs renouvelables, déjà largement développés, de 1,2 GW en Europe pour une valeur d'entreprise de 1,8 milliard d'euros.

Ces actifs, dans le solaire et l'éolien terrestre, se trouvent en Allemagne, Espagne, France et Pologne. L'électricité produite par ces actifs est déjà vendue à des tiers ou sera commercialisée par TotalEnergies.

Vers 14H30 GMT, Shell cédait 0,34% à 33,72 livres à la Bourse de Londres et TotalEnergies 0,44% à 76,08 euros à la Bourse de Paris.


Pétrole: le baril chute de près de 5% après l'annonce de négociations Etats-Unis/Iran

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Les prix du pétrole chutent lundi à l'ouverture des échanges asiatiques après l'annonce par Donald Trump de nouvelles négociations pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient et rouvrir le détroit d'Ormuz.

Vers 22H50 GMT dimanche, le prix du baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en septembre reculait de 4,69% à 83,81 dollars.

Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate cédait 4,67% à 80,72 dollars.

Après avoir menacé l'Iran d'une attaque massive, Donald Trump a dit samedi soir renoncer à de nouvelles frappes à condition qu'un accord soit conclu rapidement, en particulier sur le détroit d'Ormuz.

L'Iran a de son côté assuré dimanche être proche d'un accord avec Oman sur ce passage stratégique crucial pour le commerce mondial d'hydrocarbures.

Le président américain a ensuite annoncé que des nouvelles négociations avec Téhéran commenceraient lundi.