Le plus haut dignitaire chrétien du Liban hausse le ton contre le Hezbollah

Le patriarche maronite Béchara Boutros Raï (Photo, AFP)
Le patriarche maronite Béchara Boutros Raï (Photo, AFP)
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Publié le Vendredi 02 avril 2021

Le plus haut dignitaire chrétien du Liban hausse le ton contre le Hezbollah

  • Raï révèle avoir reçu la visite de partisans du Hezbollah qui critiquent le parti en privé
  • Nasrallah a parlé des «complications» dans la formation du gouvernement

BEYROUTH: Le patriarche maronite Béchara Boutros Raï a fait des commentaires inhabituellement directs qui critiquent le Hezbollah et l'accusent de nuire au Liban et de l'entraîner dans des conflits régionaux.

S'adressant aux Libanais dans l'éparchie de Saint Maron de Brooklyn, Raï demande au Hezbollah dans un dialogue hypothétique: «Pourquoi vous opposez-vous à la neutralité? Est-ce que vous voulez me forcer à partir en guerre? Voulez-vous garder le Liban en état de guerre? Pourriez-vous me demander mon avis lorsque vous partez en guerre? Avez-vous demandé mon approbation pour aller en Syrie, en Irak et au Yémen? Souhaitez-vous demander l’avis du gouvernement lors de la déclaration de guerre et de paix avec Israël? Bien que la constitution stipule que déclarer la guerre et la paix est sur décision des deux tiers des voix du gouvernement».

«Vous ne cherchez pas nos intérêts, ni les intérêts de votre peuple», a-t-il affirmé, s’adressant apparemment au Hezbollah.

Raï révèle avoir reçu la visite de partisans du Hezbollah qui critiquent le parti en privé car ils ressentent les effets de l'effondrement financier du Liban.

Il a souligné que: «Des délégations du Hezbollah me rendent visite à Bkerké pour se plaindre qu'elles souffrent également. . . et cela signifie que les partisans du Hezbollah ont faim, tout comme nous».

Les commentaires du patriarche surviennent à un moment où la pression intérieure et étrangère se poursuit sur les personnes accusées d'entraver la formation du gouvernement libanais.

La position progressiste de Raï a déjà reçu le soutien de plusieurs groupes libanais.

Ses propos coïncidaient avec un discours prononcé mercredi soir par le secrétaire général du Hezbollah Hassan Nasrallah, lorsqu'il a averti que «le pays est à court de temps, et le moment est venu de tout mettre de côté et de trouver une véritable solution à la situation dans le pays». 

Nasrallah a parlé des «complications» dans la formation du gouvernement.

Jeudi, il y a eu une discussion sur une initiative menée par le président du Parlement Nabih Berri pour abandonner un gouvernement de 18 ministres et former un gouvernement de facto de 22 à 24 ministres pour gérer les affaires internes en attendant une solution globale dans la région.

La gravité des efforts consentis se reflète sur le taux de change du dollar sur le marché noir, le ramenant à 11 300 livres libanaises à l'achat et à 11 400 livres libanaises à la vente.

Une source politique proche du Premier ministre désigné a déclaré à Arab News: «Le fond de l'initiative de Berri est basée sur l'initiative française, ce qui signifie qu'il n'y a pas de tiers de blocage au gouvernement et que les ministres doivent être non partisans».

Concernant la possibilité pour Hariri d'accepter un gouvernement de plus de 18 ministres, comme il l'exige, la source politique a déclaré: «Quel que soit le nombre, si le président de la république accepte d’approuver un gouvernement sans tiers de blocage et un gouvernement de technocrates, il serait formé sans doute rapidement».

Pendant ce temps-là, la Banque du Liban a annoncé sa coopération «avec Alvarez & Marsal, mettant à la disposition du ministre des finances les comptes liés à tous les comptes de l'État ainsi que les comptes bancaires individuels» pour effectuer une vérification judiciaire de comptabilité. 

Une réunion virtuelle se tiendra le 6 avril, réunissant la firme Alvarez & Marsal, la Banque du Liban et le ministère des Finances.

Dans un communiqué jeudi, la Banque du Liban indique sa «disponibilité à sécuriser les installations qui permettraient à la firme concernée de démarrer le processus de vérification».

Cependant, la perspective optimiste promue jeudi a été mise en doute par les manifestants dans les rues.

Des groupes d’entre eux sont retournés au blocage des routes à Beyrouth et dans certaines régions.

Béchara Al-Asmar, le patron de la Confédération générale des travailleurs libanais (CGTL), affirme que les préparatifs se poursuivent pour une vague de protestations visant à former un gouvernement de sauvetage de manière à sauver le pays de ses crises accumulées.

Il ajoute que la première manifestation aurait lieu ce mercredi.

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Le Liban n'acceptera pas d'être entraîné dans le conflit, dit son Premier ministre

Le Premier ministre libanais Nawaf Salam s’adresse à des journalistes de médias et d’agences de presse étrangères au Grand Sérail (palais du gouvernement) à Beyrouth, le 3 décembre 2025. (AFP)
Le Premier ministre libanais Nawaf Salam s’adresse à des journalistes de médias et d’agences de presse étrangères au Grand Sérail (palais du gouvernement) à Beyrouth, le 3 décembre 2025. (AFP)
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  • Les autorités libanaises, dont le Premier ministre Nawaf Salam et le président Joseph Aoun, ont affirmé leur refus d’impliquer le Liban dans l’escalade entre les États-Unis, Israël et l’Iran, appelant à la sagesse et à la préservation de l’unité nationale
  • Le Hezbollah, affaibli par son récent conflit avec Israël, a reporté le discours de son chef Naïm Qassem et maintient une posture défensive

BEYROUTH: Les dirigeants libanais, qui craignent une implication du Hezbollah après les frappes américaines et israéliennes contre l'Iran, ont affirmé samedi qu'ils refusaient d'entraîner leur pays dans le conflit.

Le Hezbollah a annoncé qu'un discours de son chef Naïm Qassem, prévu à 13h00 GMT, était reporté "en raison des développements".

Les Etats-Unis et Israël ont mené samedi une série de frappes contre l'Iran qui a riposté, faisant craindre un embrasement régional.

"Je réitère que nous n'accepterons pas que quiconque entraîne le pays dans des aventures qui menacent sa sécurité et son unité", a affirmé le Premier ministre Nawaf Salam sur X.

"A la lumière des sérieux développements dans la région, j'appelle à nouveau tous les Libanais à agir avec sagesse et patriotisme et à placer les intérêts du Liban et de son peuple au-dessus de toute considération", a-t-il ajouté.

Le président Joseph Aoun a estimé dans un communiqué "nécessaire d'éviter au Liban les catastrophes des conflits extérieurs".

La coordinatrice spéciale de l'ONU au Liban, Jeanine Hennis, a exhorté "toutes les parties au Liban" de "donner la priorité, en paroles et en actes, à la nécessité de protéger le pays et son peuple des développements régionaux".

Peu avant le début des frappes, Israël a annoncé avoir visé des positions "des infrastructures" du Hezbollah dans le sud du Liban.

L'agence nationale d'information (ANI, officielle) a indiqué que des raids avaient visé des régions montagneuses où le Hezbollah est fortement implanté.

Le Liban a dit craindre des attaques d'Israël contre ses infrastructures civiles en cas d'élargissement du conflit avec l'Iran.

Le Hezbollah n'interviendra pas militairement en cas de frappes américaines "limitées" contre l'Iran, mais considérera toute atteinte contre le guide suprême, Ali Khamenei, comme une "ligne rouge", avait indiqué mercredi à l'AFP un responsable de cette formation.

Le chef du Hezbollah répète que sa formation est en "position défensive" mais a affirmé qu'elle s'estimerait "visée" par toute attaque américaine contre l'Iran.

Lors des raids israéliens et américains sur l'Iran en juin dernier, le Hezbollah n'était pas intervenu.

La formation chiite est sortie affaiblie d'une guerre avec Israël, qui continue de la frapper malgré un cessez-le-feu en vigueur depuis novembre 2024, et l'accuse de se réarmer.


L’Arabie saoudite condamne les violations iraniennes de la souveraineté dans le Golfe et la région

Cette combinaison de captures vidéo réalisée le 28 février 2026 et extraite d’images UGC publiées sur les réseaux sociaux le même jour et vérifiées par les équipes d’AFPTV à Paris, montre le moment d’une attaque contre une base américaine à Bahreïn. (AFP)
Cette combinaison de captures vidéo réalisée le 28 février 2026 et extraite d’images UGC publiées sur les réseaux sociaux le même jour et vérifiées par les équipes d’AFPTV à Paris, montre le moment d’une attaque contre une base américaine à Bahreïn. (AFP)
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  • L’Arabie saoudite dénonce des violations iraniennes de la souveraineté des Émirats, de Bahreïn, du Qatar, du Koweït et de la Jordanie, et soutient toute action de ces pays
  • Le Royaume appelle la communauté internationale à condamner ces actes et à prendre des mesures pour préserver la paix et la stabilité dans la région

RIYAD : L’Arabie saoudite a fermement condamné ce qu’elle a qualifié de violations iraniennes de l’autonomie de plusieurs États du Golfe et de la région, a indiqué le ministère saoudien des Affaires étrangères.

Dans un communiqué officiel, le ministère a dénoncé ce qu’il a qualifié de « violation flagrante » de la souveraineté des Émirats arabes unis, de Bahreïn, du Qatar, du Koweït et de la Jordanie, exprimant sa pleine solidarité avec ces pays et son soutien à toute mesure qu’ils pourraient prendre.

Le Royaume a averti des graves conséquences de la poursuite de violations de l’autonomie des États et des atteintes au droit international, soulignant que de telles actions menacent la sécurité et la stabilité régionales.

L’Arabie saoudite a également appelé la communauté internationale à condamner les actions présumées de l’Iran et à prendre des mesures fermes pour faire face aux violations qui compromettent la paix et la stabilité dans la région. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Washington et Israël ont lancé une "opération" contre la "menace existentielle" iranienne, selon Netanyahu

Des Israéliens ferment un magasin après le déclenchement des sirènes dans la ville septentrionale de Haïfa, le 28 février 2026. (AFP)
Des Israéliens ferment un magasin après le déclenchement des sirènes dans la ville septentrionale de Haïfa, le 28 février 2026. (AFP)
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  • Benjamin Netanyahu annonce qu’Israël et les États-Unis ont lancé une « opération » contre la « menace existentielle » que représente le régime iranien
  • Il appelle le peuple iranien à se soulever contre le pouvoir en place et à construire un « Iran libre et épris de paix »

JERUSALEM: Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a annoncé samedi qu'Israël et les Etats-Unis avaient lancé une "opération" contre la "menace existentielle" iranienne et appelé les Iraniens à se soulever contre le pouvoir en place à Téhéran.

"Mes frères et soeurs, citoyens d'Israël, il y a peu, Israël et les Etats-Unis ont lancé une opération pour éliminer la menace existentielle que fait peser le régime terroriste en Iran", a déclaré M. Netanyahu dans un message vidéo.

"Notre action commune créera les conditions pour que le courageux peuple iranien prenne son destin en main", a ajouté M. Netanyahu. "Le temps est venu pour toutes les composantes du peuple iranien (...) de rejeter le joug de la tyrannie et de faire advenir un Iran libre et épris de paix".