Le Liban doit rationner les subventions avant l’épuisement des réserves (ministre des Finances)

«Le coût de la perte du temps est très élevé. Avec chaque retard, il devient de plus en plus élevé», a déclaré le ministre libanais des Finances, Ghazi Wazni. (Photo, REUTERS)
«Le coût de la perte du temps est très élevé. Avec chaque retard, il devient de plus en plus élevé», a déclaré le ministre libanais des Finances, Ghazi Wazni. (Photo, REUTERS)
Short Url
Publié le Samedi 03 avril 2021

Le Liban doit rationner les subventions avant l’épuisement des réserves (ministre des Finances)

  • Les retards dans le lancement d'un plan de réduction des subventions coûtent 500 millions de dollars par mois
  • La crise financière ne fait qu’accroitre la faim et les troubles dans la plus grave crise du Liban depuis la guerre civile de 1975-1990

BEYROUTH - Le Liban sera à court d'argent pour financer les importations de base d'ici la fin du mois de mai et les retards dans le lancement d'un plan de réduction des subventions coûtent 500 millions de dollars par mois, a révélé le ministre des Finances par intérim, Ghazi Wazni.

Pendant que l’économie libanaise s'effondre, la banque centrale a demandé au gouvernement provisoire de décider comment lever progressivement les subventions afin de rationner les réserves de devises restantes, a déclaré Wazni à Reuters jeudi.

«Le gouvernement doit accélérer cela. Le coût de la perte du temps est très élevé. Avec chaque retard, il devient de plus en plus élevé », a-t-il expliqué.

La crise financière ne fait qu’accroitre la faim et les troubles dans la plus grave crise du Liban depuis la guerre civile de 1975-1990.

Le plan de subvention réduit la liste des aliments subventionnés de 300 à 100 produits, abaisse les subventions aux carburants et aux médicaments et introduit une carte de rationnement pour 800000 familles pauvres, afin de diminuer de moitié les quelques 6 milliards de dollars de dépenses annuelles en subventions, a ajouté Wazni.

Le plan de subvention global devra obtenir le feu vert du Parlement puisqu'il doit approuver le financement des cartes. Le Premier ministre par intérim souhaite à son tour l'introduction des cartes liées à la suppression des subventions, a-t-il déclaré, décrivant cette opération de” processus qui prendra probablement du temps”.

Pendant ce temps-là, les réserves de change s'épuisent plus vite que les autorités ne prennent de sérieuses mesures afin de rationner l'argent restant, récupérer les importations essentielles et soutenir les personnes les plus vulnérables.

La monnaie locale a perdu la majeure partie de sa valeur depuis fin 2019, rendant plus de la moitié de la population pauvre tandis que les prix montent en flèche.

Pourtant, les politiciens doivent encore s'entendre sur un plan de sauvetage ou un nouveau gouvernement depuis que l'administration sortante a démissionné en août suite à l'explosion massive du port de Beyrouth qui a fait 200 victimes et des milliers de blessés.

Déjà, un an s’est écoulé depuis que le Premier ministre par intérim Hassan Diab a évoqué la question des réserves dangereusement faibles en déclarant le défaut souverain du Liban.

Les réserves de devises étrangères s'élèvent à environ 15,8 milliards de dollars, ce qui signifie, qu’on a au mieux, deux mois de subventions avant d'atteindre les réserves obligatoires, les dépôts en devises déposés par les prêteurs locaux à la banque centrale,étant estimés à 15 milliards de dollars.

«Si les réserves de change de la Banque centrale continuent de s’épuiser au même rythme à l’avenir, ce sera au bout du compte ce qui restera de dépôts», a précisé Wazni.

Le gouverneur de la Banque centrale, Riad Salameh, qui a déclaré que les réserves obligatoires ne devaient pas être utilisées pour financer les importations, n'a toutefois pas fait de commentaires sur les chiffres exacts.

En plus de subventionner la ration alimentaire, la Banque centrale a également puisé dans les réserves pour subventionner le blé, le carburant et les médicaments alors que les flux de dollars s’épuisaient.

Les commentaires sur la fin imminente des subventions ont déclenché des achats de panique et des craintes de pénuries dans un pays tributaire des importations.

Wazni a déclaré que la perspective d'une «réaction brutale» à la levée des subventions posait un défi. «Aujourd'hui, le problème est qu'il s'agit d'un gouvernement intérimaire, et c'est une décision difficile socialement ... mais nécessaire. Cela aurait dû être déjà fait.

Rejoignant un groupe de responsables libanais et étrangers appelant les leaders politiques à mettre fin à une impasse dans les discussions pour un nouveau gouvernement, Wazni a averti que,  sans un réel gouvernement, le chaos sera certainement inévitable.

Pour obtenir les liquidités étrangères dont on a grand besoin, un nouveau gouvernement devra relancer les négociations avec le FMI, réformer les finances publiques et s'attaquer à une crise comme on n'en a pas connue depuis des générations.

«Cela relancerait l'opération de sauvetage car la décision est purement politique », a affirmé Wazni. «Mais sans un gouvernement fiable, dans quelques mois, les choses vont de plus en plus mal. … La pauvreté, la misère et le chômage augmenteront encore plus, les prix continueront de monter en flèche et il y aura sans doute un chaos fatal».

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


ONG interdites à Gaza: MSF pourrait mettre fin à ses activités en mars

L'ONG Médecins Sans Frontières (MSF) pourrait mettre fin à ses activités dans la bande de Gaza en mars si Israël ne revenait pas sur sa décision jeudi de l'y interdire, tout comme 36 autres organisations, a prévenu samedi sa présidente Isabelle Defourny. (AFP)
L'ONG Médecins Sans Frontières (MSF) pourrait mettre fin à ses activités dans la bande de Gaza en mars si Israël ne revenait pas sur sa décision jeudi de l'y interdire, tout comme 36 autres organisations, a prévenu samedi sa présidente Isabelle Defourny. (AFP)
Short Url
  • Israël a confirmé jeudi interdire d'accès à la bande de Gaza 37 organisations humanitaires internationales majeures, à qui il reproche de ne pas avoir communiqué la liste des noms de ses employés, exigée désormais officiellement à des fins de "sécurité"
  • MSF a qualifié d'"ingérence scandaleuse" cette exigence, visant, selon Israël, à "empêcher l'infiltration d'opérateurs terroristes au sein des structures humanitaires"

PARIS: L'ONG Médecins Sans Frontières (MSF) pourrait mettre fin à ses activités dans la bande de Gaza en mars si Israël ne revenait pas sur sa décision jeudi de l'y interdire, tout comme 36 autres organisations, a prévenu samedi sa présidente Isabelle Defourny.

Israël a confirmé jeudi interdire d'accès à la bande de Gaza 37 organisations humanitaires internationales majeures, à qui il reproche de ne pas avoir communiqué la liste des noms de ses employés, exigée désormais officiellement à des fins de "sécurité".

MSF a qualifié d'"ingérence scandaleuse" cette exigence, visant, selon Israël, à "empêcher l'infiltration d'opérateurs terroristes au sein des structures humanitaires".

"Pour travailler en Palestine, dans les territoires palestiniens occupés, nous devons être enregistrés (...) Cet enregistrement a pris fin le 31 décembre 2025", a expliqué sur France Inter Isabelle Defourny, médecin et présidente de MSF France.

"Depuis le mois de juillet 2025, nous étions impliqués dans un processus de réenregistrement et à ce jour, nous n'avons pas reçu de réponse. (...) On a encore 60 jours pendant lesquels on pourrait travailler sans être réenregistrés, et donc nous devrions mettre fin à nos activités en mars", si Israël maintenait sa décision de sanction, a-t-elle ajouté.

L'ONG dispose d'une quarantaine de personnels internationaux dans la bande de Gaza et travaille avec 800 personnels palestiniens dans huit hôpitaux.

"On a encore du +staff+ international qui, très récemment, ces derniers jours, a pu rentrer dans Gaza", a néanmoins précisé Mme Defourny.

"On est le second distributeur d'eau (dans la bande de Gaza). L'année dernière, en 2025, on a pris en charge un peu plus de 100.000 personnes blessées, brûlées, victimes de différents traumatismes. On est les deuxièmes en nombre d'accouchements effectués", a encore souligné la présidente de MSF France.

S'appuyant notamment sur une note du Cogat, l'organisme du ministère israélien de la Défense chargé des affaires civiles palestiniennes, Isabelle Defourny a estimé que la décision de sanction israélienne s'expliquait par le fait que les ONG "témoignent sur les violences commises par l'armée israélienne" à Gaza.

"Les journalistes internationaux n'ont jamais été autorisés à Gaza, les journalistes nationaux sont (...) ciblés les uns après les autres, tués par l'armée israélienne", a-t-elle ajouté.

Et de rappeler que "plus de 500 humanitaires ont été tués, dont 15 membres de MSF" dans des bombardements de l'armée israélienne depuis octobre 2023.


Le Conseil de transition du Sud salue l'invitation saoudienne au dialogue sur le Yémen

Membres du Conseil de transition du Sud au Yémen. (Reuters/File Photo)
Membres du Conseil de transition du Sud au Yémen. (Reuters/File Photo)
Short Url
  • L'Arabie saoudite a annoncé cette invitation plus tôt dans la journée de samedi, à la demande de Rashad Al-Alimi, président du Conseil présidentiel yéménite
  • Le royaume a exhorté toutes les factions à participer "pour développer une vision globale"

RIYAD: Le Conseil de transition du Sud (CTS) au Yémen a salué samedi l'invitation de l'Arabie saoudite à participer à un dialogue inclusif entre les factions du sud du Yémen à Riyad.

Dans un communiqué, le groupe a déclaré que cette initiative reflétait l'engagement du Royaume à résoudre les questions politiques par le dialogue, notamment en ce qui concerne le droit du peuple du sud à restaurer son État.

Le STC a souligné que tout dialogue sérieux doit reconnaître la volonté du peuple du sud, inclure des garanties internationales complètes et envisager un référendum libre dans le cadre de toute proposition ou solution politique future.

Le Conseil a déclaré avoir pris part à toutes les étapes du dialogue parrainé par l'Arabie saoudite et le Conseil de coopération du Golfe, en commençant par l'accord de Riyad en 2019, suivi par les consultations de Riyad en 2022, et culminant dans le dialogue global avec le Sud qui a conduit à l'adoption de la Charte nationale du Sud en 2023 - soulignant son engagement constant en faveur du dialogue et de la responsabilité politique.

L'Arabie saoudite a annoncé cette invitation plus tôt dans la journée de samedi, à la demande de Rashad Al-Alimi, président du Conseil présidentiel de direction du Yémen.

Le Royaume a exhorté toutes les factions à participer "à l'élaboration d'une vision globale" qui répondrait aux aspirations du peuple du Sud.

L'initiative a reçu un large soutien régional et international.


L’Arabie saoudite accueillera un « dialogue » entre les factions du sud du Yémen

L'Arabie saoudite a réaffirmé que le dialogue était le seul moyen de résoudre la question du Sud. (AFP/Fichier)
L'Arabie saoudite a réaffirmé que le dialogue était le seul moyen de résoudre la question du Sud. (AFP/Fichier)
Short Url
  • La conférence vise à « élaborer une vision globale » afin de répondre aux aspirations des Yéménites

RIYAD : Le ministère saoudien des Affaires étrangères a invité les factions du sud du Yémen à tenir un dialogue à Riyad afin de « discuter de solutions justes à la question du Sud ».

Dans un communiqué, le ministère a précisé que la conférence, prévue dans la capitale saoudienne, avait été demandée par Rachad Al-Alimi, président du Conseil de direction présidentielle yéménite. Le Royaume a exhorté l’ensemble des factions à y participer « pour élaborer une vision globale » à même de répondre aux aspirations de la population du Sud.

Le Conseil de transition du Sud (STC), mouvement séparatiste, s’est récemment emparé de territoires dans les gouvernorats de l’Hadramaout et d’Al-Mahra.

L’Arabie saoudite a estimé que l’action du STC constituait une menace directe pour la sécurité nationale du Royaume et pour la stabilité régionale.

Plus tôt cette semaine, la coalition militaire soutenant le gouvernement yéménite a mené des frappes aériennes visant un chargement d’armes et de véhicules destiné aux forces séparatistes du Sud. Cette cargaison était arrivée au port d’al-Mukalla à bord de deux navires.

L’Arabie saoudite a réitéré que la seule voie permettant de résoudre la question du Sud passe par le dialogue.

Mardi, des pays du Golfe et d’autres pays arabes ont exprimé leur soutien au gouvernement yéménite reconnu par la communauté internationale.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com