Londres: une agence officielle enquête sur la corruption au Liban

L'agence britannique du crime organisé examine un rapport soumis par des avocats installés à Londres accusant le gouverneur de la banque centrale libanaise Riad Salameh et ses associés de blanchiment d'argent et de corruption. (Photo, Reuters)
L'agence britannique du crime organisé examine un rapport soumis par des avocats installés à Londres accusant le gouverneur de la banque centrale libanaise Riad Salameh et ses associés de blanchiment d'argent et de corruption. (Photo, Reuters)
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Publié le Samedi 03 avril 2021

Londres: une agence officielle enquête sur la corruption au Liban

  • Des avocats londoniens accusent le gouverneur de la banque centrale libanaise Riad Salameh et ses associés de blanchiment d'argent et de corruption
  • L’enquête est l’une des nombreuses actions en cours ou prévues en Europe qui visent des responsables financiers et politiques libanais

PARIS / BEYROUTH: L’agence britannique du crime organisé (National Crime Agency NCA) examine un rapport d’un groupe d’avocats londoniens accusant le gouverneur de la banque centrale libanaise (Banque du Liban BdL) Riad Salameh et ses associés de blanchiment d’argent et de corruption, selon quatre sources proches du dossier.

Le rapport de 76 pages, vu par Reuters, dresse une liste des actifs, des entreprises et d’autres formes de placement en Grande-Bretagne d'une valeur de centaines de millions de livres, que les avocats prétendent que Salameh, les membres de sa famille et ses associés ont utilisé pendant des années afin de détourner des fonds du Liban.

Salameh, qui dirige la banque centrale du Liban depuis 1993, a déclaré à Reuters qu’il avait lu une copie du rapport et l’avait décrit comme faisant partie d’une campagne de diffamation.

«Ce sont des allégations totalement fausses», a-t-il affirmé.

Le cabinet juridique londonien Guernica37 a soumis le rapport à la police britannique à la fin de l'année dernière, ont révélé deux des quatre sources.

Les deux sources ont signalé que le rapport avait ensuite été renvoyé à L’agence britannique du crime organisé de la Grande-Bretagne. Le rapport a été élaboré au nom d'un groupe de la société civile libanaise de la diaspora.

«Nous pouvons confirmer que nous avons reçu ce rapport, mais nous ne sommes pas en mesure de commenter davantage maintenant», a déclaré un porte-parole de la NCA, refusant de dire si une enquête avait été ouverte ou non.

Les deux sources ont en outre indiqué que l’unité d’enquête financière de la NCA va effectuer une étude exploratoire, une forme d’enquête préliminaire, de manière à déterminer s’il y avait des motifs suffisants pour ouvrir une enquête formelle.

L’élite financière et politique libanaise est de plus en plus surveillée depuis des années pour des allégations de mauvaise gestion, de corruption et d’obstruction aux efforts visant à débloquer l’aide internationale, en particulier depuis qu’une explosion massive au port de Beyrouth il y a huit mois a plongé le pays dans la détresse la plus profonde.

L’enquête que mène Guernica37 est l’une des nombreuses enquêtes en cours ou prévues en Europe qui visent des responsables du secteur financier libanais et de sa classe politique au sens large.

Le bureau du procureur général suisse a confié en janvier qu’il avait demandé une assistance juridique au Liban dans le cadre d’une enquête sur le «blanchiment d’argent aggravé» et les éventuels détournements de fonds en relation avec la banque centrale libanaise.

En réponse aux questions de Reuters, le bureau du procureur général suisse n’a pas précisé si Salameh était un suspect potentiel et a refusé tout commentaire. Toutefois, Salameh a nié tout acte répréhensible.

Le système bancaire libanais est au cœur d’une crise financière qui a éclaté fin 2019. Les banques ont bloqué la plupart des transferts à l'étranger et ont réduit l'accès aux dépôts au moment où le dollar se fait de plus en plus rare. L'effondrement économique a fait chuter la monnaie, provoqué un défaut de paiement de la dette souveraine et alimenté une pauvreté généralisée.

Le cofondateur de Guernica37, Toby Caldman, a déclaré dans un communiqué à Reuters que le rapport du groupe était l’un des nombreux documents légaux qu’il avait préparés sur le Liban pour les autorités britanniques.

«Notre but est d'aborder, d'enquêter et d'exposer tous les piliers de la corruption présumée dans le pays», a expliqué Caldman.

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Iran: le chef des renseignements des Gardiens de la Révolution tué dans une frappe 

Le commandant général Majid Khademi. (AFP)
Le commandant général Majid Khademi. (AFP)
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  • "Le commandant général Majid Khademi, le puissant et instruit chef de l'Organisation du renseignement du Corps des Gardiens de la Révolution islamique, est devenu un martyr dans l'attaque terroriste criminelle de l'ennemi américano-sioniste à l'aube"
  • Des frappes américano-israéliennes ont tué lundi le chef des renseignements des Gardiens de la Révolution, a annoncé l'armée idéologique de l'Iran

TEHERAN: Des frappes américano-israéliennes ont tué lundi le chef des renseignements des Gardiens de la Révolution, a annoncé l'armée idéologique de l'Iran.

"Le commandant général Majid Khademi, le puissant et instruit chef de l'Organisation du renseignement du Corps des Gardiens de la Révolution islamique, est devenu un martyr dans l'attaque terroriste criminelle de l'ennemi américano-sioniste (...) à l'aube aujourd'hui", ont déclaré les Gardiens dans une publication sur leur chaîne Telegram.

 

 


Le Koweït attaqué par des missiles et des drones 

L'armée du Koweït a dit lundi que le pays du Golfe était visé par des attaques de missiles et de drones. (AFP)
L'armée du Koweït a dit lundi que le pays du Golfe était visé par des attaques de missiles et de drones. (AFP)
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  • "Toute explosion qui serait entendue est le résultat de l'interception de cibles hostiles par les systèmes de défense anti-aériens"
  • L'armée du Koweït a dit, pour la troisième fois de la nuit de dimanche à lundi, que le pays du Golfe était visé par des attaques de missiles et de drones

KOWEIT: L'armée du Koweït a dit lundi que le pays du Golfe était visé par des attaques de missiles et de drones.

Six personnes ont été blessées lundi au Koweït après des attaques de missiles et de drones iraniens, ont annoncé les autorités du pays, alors que Téhéran poursuit ses frappes contre ses voisins du Golfe.

Les secours sont intervenus à l'aube "après la chute de projectiles et des débris sur une zone résidentielle dans le nord du pays", soignant six personnes, dont une a été transportée à l'hôpital, a annoncé le ministère de la Santé dans un communiqué.

L'armée koweïtienne avait fait état dans la nuit de plusieurs attaques de missiles et de drones.

"Toute explosion qui serait entendue est le résultat de l'interception de cibles hostiles par les systèmes de défense anti-aériens", a indiqué, sur le réseau X, l'armée, qui avait déjà fait part de deux autres alertes dans la nuit de dimanche à lundi.

L'armée du Koweït a dit, pour la troisième fois de la nuit de dimanche à lundi, que le pays du Golfe était visé par des attaques de missiles et de drones.


Liban: frappe israélienne à proximité du principal hôpital de Beyrouth

 Israël a frappé dimanche Beyrouth et ses environs, touchant un important hôpital, et soumis sa banlieue sud, bastion du Hezbollah, à un intense pilonnage, tout en menaçant le principal poste-frontière avec la Syrie qui a dû fermer. (AFP)
Israël a frappé dimanche Beyrouth et ses environs, touchant un important hôpital, et soumis sa banlieue sud, bastion du Hezbollah, à un intense pilonnage, tout en menaçant le principal poste-frontière avec la Syrie qui a dû fermer. (AFP)
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  • Une frappe a visé en milieu de journée un quartier populaire au sud de Beyrouth, selon un photographe de l'AFP, faisant au moins cinq morts et 52 blessés d'après un bilan du ministère de la Santé
  • La frappe s'est produite à proximité de l'hôpital Rafic-Hariri, le plus grand établissement médical public du Liban, d'après une source médicale

BEYROUTH: Israël a frappé dimanche Beyrouth et ses environs, touchant un important hôpital, et soumis sa banlieue sud, bastion du Hezbollah, à un intense pilonnage, tout en menaçant le principal poste-frontière avec la Syrie qui a dû fermer.

Une frappe a visé en milieu de journée un quartier populaire au sud de Beyrouth, selon un photographe de l'AFP, faisant au moins cinq morts et 52 blessés d'après un bilan du ministère de la Santé.

La frappe s'est produite à proximité de l'hôpital Rafic-Hariri, le plus grand établissement médical public du Liban, d'après une source médicale.

Une équipe de l'AFP a vu une vingtaine de personnes, certaines en pleurs, devant l'entrée de l'hôpital, alors que des ambulances, sirènes hurlantes, transportaient des blessés.

"Nous avons perdu nos maisons, où pouvons-nous aller?", s'écriait Nancy Hassan, 53 ans, une habitante du quartier visé. "Ma fille qui avait 23 ans a été tuée" lors de la précédente guerre avec Israël, "et aujourd'hui, ses voisines et amies ont été tuées", a-t-elle ajouté.

Deux Soudanais ont été tués, ainsi qu'une adolescente de 15 ans, a indiqué à l'AFP le docteur Zakaria Tawbé, directeur adjoint de l'hôpital, où sont soignés 31 des blessés.

"La frappe a été très violente" et des "malades ont fait des crises de panique", a-t-il raconté, ajoutant que l'établissement n'a subi que des dégâts mineurs.

"Ils ont frappé une zone totalement civile, il y a surtout des migrants, des Soudanais... Les gens étaient chez eux, et ils les ont frappés. C'est ça leurs objectifs militaires?", s'insurgeait Abou Qassem, un habitant du quartier.

Médecins sans Frontières (MSF) a condamné cette frappe sur X, rappelant que "des frappes aussi proches d'un hôpital suscitent la peur et peuvent dissuader les gens de se faire soigner".

"Lorsque des frappes touchent sans avertissement des zones résidentielles densément peuplées, les conséquences sont graves, tant en termes de pertes humaines que de capacité des hôpitaux à faire face", a dénoncé l'ONG.

Stations-service visées 

Une frappe a en outre visé un appartement d'un immeuble d'habitation à Aïn Saadeh, ville à l'est de Beyrouth, faisant trois morts dont deux femmes, selon le ministère libanais de la Santé.

Un responsable local des Forces libanaises, un parti chrétien opposé au Hezbollah pro-iranien, serait mort dans cette frappe, selon l'Agence nationale d'informations (Ani).

Les frappes israéliennes ont fait 1.467 tués et près de 4.500 blessés depuis que le Liban a été entraîné dans la guerre régionale début mars, et plus d'un million de déplacés.

L'aviation israélienne, qui a survolé la capitale à basse altitude, a également mené huit frappes sur la banlieue sud de Beyrouth, désertée par une grande partie de ses habitants et dont s'élevaient d'épaisses colonnes de fumée.

L'armée israélienne a annoncé avoir lancé des frappes à Beyrouth "sur des centres de commandement du Hezbollah", et a affirmé avoir touché "plus de 15 stations-service" de la compagnie Al-Amana depuis le début de la guerre, qu'il accuse d'être "contrôlée" par la formation pro-iranienne.

Depuis le sud du Liban où Israël poursuit son invasion, le chef d'état major israélien Eyal Zamir a promis d"intensifier" les opérations contre le Hezbollah, selon un communiqué militaire.

Le Liban a été entraîné dans la guerre le 2 mars lorsque le Hezbollah a tiré des roquettes sur Israël pour venger l'attaque américano-israélienne qui a tué le guide suprême iranien, Ali Khamenei.

Ces bombardements interviennent alors que le principal poste-frontière reliant le Liban à la Syrie a fermé après des menaces israéliennes de le viser samedi soir. Israël l'avait déjà bombardé en 2024 lors de sa précédente guerre contre le Hezbollah.

Famille décimée 

Dans le sud du pays, où l'aviation israélienne a continué de bombarder, six membres d'une même famille ont été tués dans la localité de Kfar Hatta. Ils n'avaient pas pu évacuer à temps, malgré un avertissement samedi sur ce village à une quarantaine de kilomètres au nord de la frontière.

Cette famille, déjà déplacée d'un village plus au sud et sans moyen de transport, attendait un proche venu les évacuer, selon la Défense civile. Cet homme a également été tué, portant le bilan à sept morts, dont une fillette de quatre ans.

A Toul, toujours dans le sud du Liban, une autre frappe a tué un couple et blessé leurs deux enfants, selon le ministère de la Santé.

Alors que l'armée israélienne progresse dans la zone frontalière du sud, provoquant de larges destructions sur son passage, le président libanais Joseph Aoun a renouvelé son appel à des négociations directes avec Israël pour éviter que le sud du pays ne devienne "un nouveau Gaza".

"Pourquoi ne pas négocier pour arrêter ces tragédies (...) sauver ce qui reste de maisons qui n'ont pas encore été détruites?", a-t-il dit dans un discours.