Le Liban peut couler comme le Titanic, affirme le chef du Parlement

Vue aérienne de Beyrouth, la capitale du pays (Photo, AFP).
Vue aérienne de Beyrouth, la capitale du pays (Photo, AFP).
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Publié le Lundi 29 mars 2021

Le Liban peut couler comme le Titanic, affirme le chef du Parlement

  • L’assemblée devait discuter du débloquement d’un fonds d’urgence de 200 millions de dollars pour payer le carburant de la compagnie d’électricité libanaise.
  • Le ministère de l'Énergie avait en effet déclaré que le pays ne pourrait pas payer les importations au-delà du mois de mars.

BEYROUTH: Selon l’influent chef du Parlement Nabih Berri, le Liban coulerait comme le Titanic s'il ne parvenait pas à former un gouvernement. « Nous allons tous couler, sans aucune exception », a-t-il déclaré à la chaîne MTV lors de l'ouverture d'une session parlementaire.

Le Premier ministre désigné Saad Al-Hariri et le Président Michel Aoun sont en désaccord sur la constitution d’un nouveau cabinet depuis des mois, anéantissant les espoirs d’un renversement de la crise financière croissante du pays.

L’assemblée devait discuter d’un fonds d’urgence de 200 millions de dollars pour payer le carburant de la compagnie d’électricité libanaise.

Le ministère de l'Énergie avait en effet déclaré que le pays ne pourrait pas payer les importations au-delà du mois de mars.

La centrale de Zahrani, l’un des quatre principaux producteurs d’électricité du Liban, a fermé ses portes après que son combustible se soit épuisé.

Financement d'urgence

Le Parlement libanais a approuvé lundi l'octroi d'une avance budgétaire de 200 millions de dollars à Electricité du Liban (EDL), après une mise en garde ministérielle contre le risque que le pays soit plongé dans le "noir total".

"Le parlement a approuvé lors d'une session générale, une avance de 200 millions de dollars" (170 millions d'euros), a rapporté l'agence nationale d'information ANI. 

liban
Les coupures d'électricité sont courantes au Liban depuis la fin de la guerre civile (1975-1990), obligeant les Libanais à recourir à des générateurs privés pendant trois à douze heures par jour pendant les pannes. (AFP).

Le ministre démissionnaire de l'Energie Raymond Ghajar avait prévenu il y a trois semaines que le "noir total" était inéluctable fin mars si ce financement n'était pas assuré.

La décision du Parlement intervient au lendemain de l'arrêt de la centrale électrique de Zahrani (sud du Liban), l'une des principales du pays, faute d'avoir été approvisionnée en gazole, selon des médias locaux.

L'établissement public EDL, chargé de la production et de la distribution d'électricité, a affirmé dans un communiqué qu'un cargo était arrivé au Liban mais sans pouvoir être déchargé dans l'immédiat en raison de complications logistiques.

Un autre cargo devait arriver du Koweït mais il est bloqué dans le canal de Suez, obstrué depuis près d'une semaine par le porte-conteneurs Ever Given, a ajouté EDL.

EN BREF L'etat du réseau électrique au Liban

Les coupures d'électricité sont courantes au Liban depuis la fin de la guerre civile (1975-1990), obligeant les Libanais à recourir à des générateurs privés pendant trois à douze heures par jour pendant les pannes.

Le cas d'EDL, qui assure seulement 63% des besoins, selon une étude de l'université américaine de Beyrouth publiée en décembre, illustre la défaillance des services publics au Liban.

La situation s'est détériorée davantage au moment où le pays fait face à sa pire crise économique depuis des décennies et manque de devises fortes pour soutenir les échanges commerciaux.

La compagnie d'électricité fonctionnait jusqu'à présent sur les restes d'un prêt alloué dans le cadre du budget 2020. Le budget pour 2021 n'a toujours pas été adopté.

Le Liban importe du carburant au compte-gouttes depuis le début de l'année, après le non-renouvellement d'un contrat avec une filiale de la société publique algérienne Sonatrach, à la suite d'une affaire de carburant défectueux.

Depuis la démission du gouvernement après une énorme explosion au port de Beyrouth en août, la classe politique profondément divisée n'a pas réussi à s'entendre sur la formation d'un nouveau cabinet.

La communauté internationale réclame depuis longtemps une refonte complète du secteur de l'électricité, qui a coûté au gouvernement plus de 40 milliards de dollars (33,4 milliards d'euros) depuis la fin de la guerre.


La Turquie met en garde contre «une crise migratoire durable» au Moyen-Orient

La guerre au Moyen-Orient fait courir le risque d'"une crise migratoire durable", a prévenu mardi le chef de la diplomatie turque, en insistant sur la situation au Liban où plus d'un million de personnes ont été déplacées depuis le début du conflit. (AFP)
La guerre au Moyen-Orient fait courir le risque d'"une crise migratoire durable", a prévenu mardi le chef de la diplomatie turque, en insistant sur la situation au Liban où plus d'un million de personnes ont été déplacées depuis le début du conflit. (AFP)
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  • "Si la guerre et l'occupation s'étendent, il est possible que cela se transforme en une crise migratoire durable, avec des réfugiés cherchant refuge hors des frontières de leur pays", a déclaré le ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan
  • M. Fidan, qui juge "impératif de mettre un terme au plus vite" aux violences, a précisé qu'il se rendrait en visite à compter de mercredi dans plusieurs pays de la région afin de discuter des "mesures à prendre"

ISTANBUL: La guerre au Moyen-Orient fait courir le risque d'"une crise migratoire durable", a prévenu mardi le chef de la diplomatie turque, en insistant sur la situation au Liban où plus d'un million de personnes ont été déplacées depuis le début du conflit.

"Si la guerre et l'occupation s'étendent, il est possible que cela se transforme en une crise migratoire durable, avec des réfugiés cherchant refuge hors des frontières de leur pays", a déclaré le ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan, lors d'une conférence de presse à Ankara avec son homologue canadienne Anita Anand.

M. Fidan, qui juge "impératif de mettre un terme au plus vite" aux violences, a précisé qu'il se rendrait en visite à compter de mercredi dans plusieurs pays de la région afin de discuter des "mesures à prendre".

"La situation humanitaire au Liban est extrêmement préoccupante et risque de s'aggraver en cas d'offensive terrestre (israélienne)", a abondé à ses côtés la cheffe de la diplomatie canadienne, Anita Anand.

 

 


Liban: le bilan des frappes israéliennes s'élève à 912 morts

Les frappes israéliennes sur le Liban ont tué 912 personnes, dont 111 enfants, depuis le début de la guerre entre Israël et le Hezbollah le 2 mars, a annoncé mardi le ministère de la Santé. (AFP)
Les frappes israéliennes sur le Liban ont tué 912 personnes, dont 111 enfants, depuis le début de la guerre entre Israël et le Hezbollah le 2 mars, a annoncé mardi le ministère de la Santé. (AFP)
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  • Les frappes israéliennes sur le Liban ont tué 912 personnes, dont 111 enfants, depuis le début de la guerre entre Israël et le Hezbollah le 2 mars, a annoncé mardi le ministère de la Santé
  • Selon l'armée, deux soldats ont été tués "par une frappe israélienne ennemie alors qu'ils circulaient à moto" sur une route de Nabatiyé dans le sud

BEYROUTH: Les frappes israéliennes sur le Liban ont tué 912 personnes, dont 111 enfants, depuis le début de la guerre entre Israël et le Hezbollah le 2 mars, a annoncé mardi le ministère de la Santé.

Le ministère fait en outre état de 67 femmes et 38 personnels médicaux parmi les tués. Le bilan précédent annoncé la veille par les autorités faisait état de 886 morts.

 

 


L’Arabie saoudite appelle l’ONU à agir contre l’islamophobie

L’ambassadeur saoudien auprès de l’ONU, Abulaziz Alwasil, a appelé lundi la communauté internationale à prendre des mesures décisives pour lutter contre l’islamophobie. (Capture d’écran/UNTV)
L’ambassadeur saoudien auprès de l’ONU, Abulaziz Alwasil, a appelé lundi la communauté internationale à prendre des mesures décisives pour lutter contre l’islamophobie. (Capture d’écran/UNTV)
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  • Le harcèlement public, les stéréotypes nuisibles et le vandalisme des mosquées « créent la division, approfondissent la méfiance et compromettent les efforts pour bâtir des sociétés inclusives et stables », déclare l’envoyé
  • L’ambassadeur Abulaziz Alwasil exhorte les gouvernements et les plateformes en ligne à renforcer les protections légales et à garantir la responsabilité pour les crimes haineux visant les musulmans

NEW YORK : L’ambassadeur saoudien auprès de l’ONU, Abulaziz Alwasil, a appelé lundi la communauté internationale à prendre des mesures décisives pour lutter contre l’islamophobie, soulignant en particulier l’importance des protections légales, de l’éducation et de la coopération internationale.

Il a décrit l’islamophobie comme « un défi sérieux et croissant » et a mis en garde contre ses effets sociaux plus larges.

« Lorsque les musulmans sont harcelés dans l’espace public, lorsque des mosquées sont vandalisées et que des stéréotypes nuisibles se diffusent dans le discours public et sur les plateformes numériques, les conséquences vont bien au-delà d’une seule communauté », a-t-il déclaré.

« Elles créent la division, renforcent la méfiance et compromettent les efforts pour construire des sociétés inclusives et stables. »

Abulaziz Alwasil a exhorté les gouvernements, les autorités éducatives et les plateformes numériques à agir.

« Les gouvernements doivent renforcer les protections légales contre la discrimination et garantir la responsabilité en cas de crimes haineux visant les musulmans, les mosquées et les institutions islamiques », a-t-il ajouté.

« Les efforts doivent également s’attaquer à la propagation des discours de haine sur les plateformes numériques, où la désinformation et les narratifs hostiles peuvent rapidement influencer les perceptions et alimenter l’intolérance. »

L’envoyé saoudien a souligné l’importance de la coopération internationale et l’engagement de Riyad sur cette question.

« L’Arabie saoudite réaffirme que lutter contre l’islamophobie est une part indispensable de la promotion du respect de la diversité religieuse », a-t-il déclaré.

« Lorsque les nations travaillent ensemble pour promouvoir la tolérance et le respect mutuel, elles renforcent les bases d’une coexistence mondiale pacifique. »

« Le Royaume d’Arabie saoudite reste fermement engagé à faire progresser les efforts internationaux pour combattre l’islamophobie, contrer les narratifs qui incitent à l’hostilité et à la discrimination contre les musulmans, en renforçant la coopération, en poursuivant l’engagement avec l’ONU et en soutenant les initiatives qui favorisent la compréhension et le dialogue. » 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com