Le projet géant de Total au Mozambique en suspens à cause d'une armée démotivée

 Le projet géant dans le gaz naturel liquéfié (GNL) mené par le français Total dans l'extrême nord-est du Mozambique, interrompu par une attaque de jihadistes, pourra vraiment reprendre si le gouvernement arrive à motiver son armée. (AFP)
 Le projet géant dans le gaz naturel liquéfié (GNL) mené par le français Total dans l'extrême nord-est du Mozambique, interrompu par une attaque de jihadistes, pourra vraiment reprendre si le gouvernement arrive à motiver son armée. (AFP)
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Publié le Samedi 03 avril 2021

Le projet géant de Total au Mozambique en suspens à cause d'une armée démotivée

  • «Total va mettre la pression sur le gouvernement mozambicain pour qu'il agisse vite»
  • «Total ne peut pas gérer la sécurité du site, c'est le travail de l'armée mozambicaine»

PARIS : Le projet géant dans le gaz naturel liquéfié (GNL) mené par le français Total dans l'extrême nord-est du Mozambique, interrompu par une attaque de jihadistes, pourra vraiment reprendre si le gouvernement arrive à motiver son armée, explique à l'AFP Benjamin Augé, chercheur associé à l'Institut français des relations internationales (Ifri).

Q. En quoi les événements récents au Mozambique affectent-ils les projets de Total dans la région?

R. Ce qu'il faut avoir à l'esprit lorsqu'on analyse ce cas particulier, c'est l'énormité de la ressource en jeu. Si les réserves avaient été de petite taille, le projet aurait été mort-né. Au Mozambique, nous parlons d'un projet de taille mondiale –-pas nationale, pas régionale, pas même continentale, mais mondiale--, donc une société comme Total voudra continuer ce projet même s'il est mis en pause pendant plusieurs mois voire un an. 

Le projet est géographiquement très bien situé, proche de l'Asie. Et la quasi-totalité des volumes de gaz des deux trains (installations assurant la liquéfaction du gaz, ndlr) de Total sont déjà vendus sur vingt ans. Nous ne parlons pas d'un projet qui aurait eu des difficultés à se financer ou à trouver des clients, on est sur un projet clé-en-main, il suffit maintenant de construire les trains de liquéfaction pour approvisionner les clients. Le volume de ressources déjà découvert sur les blocs 1 (Total) et 4 (Exxon et Eni), pourrait, via une dizaine de trains de liquéfaction au total, atteindre quasiment les trois quarts de la production actuelle du Qatar d'ici une grosse décennie. Mais tout cela reste cependant théorique tant que la situation ne se normalise pas.

Q. Que peut faire Total?

R. Total va mettre la pression sur le gouvernement mozambicain pour qu'il agisse vite. Total ne peut pas gérer la sécurité du site, c'est le travail de l'armée mozambicaine. Celle-ci aura du mal à éradiquer le groupe islamiste à court terme mais elle pourrait travailler à sécuriser un périmètre de 25 km autour d'Afungi (où le site gazier est situé) dans lequel une absolue sécurité régnerait. Dans ce cas de figure, nous serions dans un développement "bunkérisé" comme on en a déjà dans beaucoup de pays dans le monde, au Nigeria ou en Irak par exemple. 

L'ironie du cas mozambicain est que le jour où Total a déclaré qu'il relançait le projet –-qui avait été suspendu après une série d'attaques en décembre--, la prise de Palma par le groupe radical a commencé. L'humiliation pour le gouvernement mozambicain, le Frelimo (Front de libération du Mozambique, qui dirige le pays depuis son indépendance en 1975, après avoir lutté contre la puissance coloniale portugaise), et l'armée est donc totale.  

La mise en pause du projet dépendra de la volonté de l'armée de combattre. Le problème est profond: l'armée est démotivée, certains soldats sont soit mal payés, voire pas payés car les soldes sont parfois détournées. De plus, la corruption au sommet de l'armée est pénalisante pour l'efficacité des combats: un certain nombre de cadres ont tout intérêt à faire durer le conflit car cela permet l'augmentation de dépenses de défense. 

Le premier souci est donc de faire en sorte que les militaires allant au front luttent réellement sur le terrain et se sentent soutenus par leur hiérarchie, financièrement et moralement. D'autant plus que les renseignements pèchent de façon très, très profonde et semblent incapables de comprendre comment le mouvement évolue, où sont ses membres, qui ils sont exactement...

Les dirigeants mozambicains ont de plus refusé pendant longtemps l'aide extérieure, et jusqu'à il y a deux-trois mois il n'y avait aucune discussion avec la Tanzanie du fait de relations difficiles entre le président mozambicain Filipe Nyusi et son homologue désormais décédé John Magufuli. 

Q. Qui sont ces jihadistes?

R. Ils sont principalement Mozambicains et Tanzaniens. Il faut insister sur le fait que c'est un problème local. Utiliser la connexion avec l'Etat islamique c'est une façon de se donner de l'importance. Comme avec Boko Haram ou ses multiples filiales au Nigeria, le mouvement au Mozambique ne s'insère pas à la base dans une sorte d'internationale jihadiste, mais il est bien davantage le résultat d'un terreau fertile fait de pauvreté, d'une sous-administration chronique depuis l'indépendance s'agrégeant à des luttes d'influence religieuse entre différentes pratiques de l'Islam, ainsi que des problématiques ethniques propres à la province de Cabo Delgado où certaines communautés sont encore plus marginalisées que d'autres. 

Il y a vraiment des faiblesses dans le ciblage des forces mozambicaines montrant une fois de plus combien le renseignement est défaillant. Certains Mozambicains sont ciblés par les forces de sécurité alors qu'ils n'ont rien à voir avec le mouvement, ce qui peut contribuer à gonfler le nombre des militants de ce groupe et à le faire petit à petit passer d'un mouvement au discours religieux radical à un mouvement tout simplement anti-Etat. 


ArcelorMittal confirme la construction à Dunkerque de son plus gros four électrique en Europe

Le président français Emmanuel Macron (à gauche) observe les nouvelles lignes de production lors de sa visite de la nouvelle installation de production d’acier électrique d’ArcelorMittal à Mardyck, dans le nord de la France, le 10 février 2026. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron (à gauche) observe les nouvelles lignes de production lors de sa visite de la nouvelle installation de production d’acier électrique d’ArcelorMittal à Mardyck, dans le nord de la France, le 10 février 2026. (AFP)
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  • ArcelorMittal investit 1,3 milliard d’euros dans un four électrique de 2 Mt/an à Dunkerque, le plus grand d’Europe, avec un démarrage prévu en 2029 et un financement public couvrant 50 % via les CEE
  • Le projet marque un tournant vers la décarbonation de l’acier (60 % recyclé), tout en maintenant une production stable du site, soutenu par des mesures européennes de protection du marché et un contrat énergétique de long terme avec EDF

DUNKERQUE: Le sidérurgiste ArcelorMittal a confirmé mardi la construction d'un four électrique d'une capacité de deux millions de tonnes d'acier par an sur son site de Dunkerque, ce qui en fait son plus gros en Europe, destiné à remplacer un des deux hauts-fourneaux du site.

Le projet annoncé en janvier 2024 par le géant de l'acier, comprenant initialement deux fours et chiffré jusqu'à 1,8 milliard d'euros, concerne finalement un four électrique, pour un montant de 1,3 milliard d'euros, a précisé ArcelorMittal.

Le début des travaux est prévu "dans les semaines qui viennent" et le démarrage du four "courant 2029" a précisé le président d'ArcelorMittal Fance, Alain Grix de la Salle peu avant l'annonce officielle en présence du président Emmanuel Macron.

L'investissement sera financé à hauteur de 50% via le mécanisme de certificats d'économie d'énergie (CEE), un dispositif encadré par l'Etat qui oblige les fournisseurs d'énergie à financer des projets visant à réduire la consommation d'énergie.

L'un des deux haut-fourneaux de Dunkerque sera arrêté lorsque le four électrique sera "en rythme de production normale", c'est-à-dire dans les "années à peu près 2030", a-t-il précisé, ajoutant que le site doit garder "un niveau total de production stable" à 5,5 millions de tonnes.

Les hauts-fourneaux fabriquent de l'acier à partir de matières premières brutes, tandis que le four annoncé fonctionnera à 60% avec de l'acier recyclé.

ArcelorMital a salué dans un communiqué "les progrès accomplis par la Commission européenne", citant les restrictions sur les importations d'acier en Europe, dont le groupe espère qu'elles seront mises en oeuvre avant le 1er juillet, et le mécanisme d'ajustement carbone aux frontières.

Le PDG d'ArcelorMittal, Aditya Mittal, a remercié dans un communiqué M. Macron et le gouvernement français pour "leur soutien, et en particulier leur mobilisation pour faire évoluer les mécanismes de défense du marché de l'acier" qui "vont bénéficier à l'ensemble de l'industrie de l'acier en Europe, à commencer par Dunkerque".

Avec deux fours électriques en cours d'agrandissement à Sestao en Espagne, ArcelorMittal prévoit d'avoir "une capacité proche de 5 millions de tonnes d'acier en acier décarboné".

En France, ArcelorMittal et EDF ont signé en décembre 2025 "un contrat sur 18 ans pour les sites français du groupe" lui garantissant un accès à l'énergie "à un coût compétitif", a souligné l'Elysée.


Les chemins de fer saoudiens battent des records en 2025 : 14 millions de passagers et 30 millions de tonnes de fret

En transportant 30 millions de tonnes de fret par rail en 2025, SAR a réussi à supprimer deux millions de trajets en camion sur les autoroutes du Royaume. (Photo SPA)
En transportant 30 millions de tonnes de fret par rail en 2025, SAR a réussi à supprimer deux millions de trajets en camion sur les autoroutes du Royaume. (Photo SPA)
Le train "Dream of the Desert" se compose de 14 wagons abritant 34 suites de luxe, offrant une expérience exclusive et intimiste aux voyageurs. (Photo SPA)
Le train "Dream of the Desert" se compose de 14 wagons abritant 34 suites de luxe, offrant une expérience exclusive et intimiste aux voyageurs. (Photo SPA)
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  • Le transport de 30 millions de tonnes de fret par rail en 2025 a permis de supprimer 2 millions de trajets en camion sur les autoroutes du Royaume et d’économiser 139 millions de litres de carburant
  • Cela a également entraîné une réduction des émissions de carbone de 364 000 tonnes, contribuant directement à l’Initiative Verte Saoudienne

​​​​​​RIYAD : Les chemins de fer saoudiens (Saudi Arabia Railways, SAR) ont annoncé des résultats opérationnels record pour l’année 2025, consolidant leur position comme un pilier des secteurs logistique et touristique du Royaume.

SAR a transporté plus de 14 millions de passagers, soit une augmentation significative par rapport aux 11,2 millions de passagers enregistrés en 2023, soulignant l’adoption croissante du rail tant pour les déplacements quotidiens que pour les pèlerinages, rapporte l’Agence de presse saoudienne.

De même, le transport de fret a fortement progressé, passant d’environ 24 millions de tonnes en 2023 à 30 millions de tonnes en 2025, stimulé par la demande industrielle accrue et la logistique minière.

En transportant 30 millions de tonnes de fret par rail, le réseau a permis de supprimer deux millions de trajets en camion sur les autoroutes du Royaume, entraînant une économie de 139 millions de litres de carburant.

Cela s’est également traduit par une réduction de 364 000 tonnes d’émissions de carbone, contribuant directement à l’Initiative Verte Saoudienne.

Ces chiffres soulignent le rôle central de SAR dans la réalisation de la Stratégie nationale des transports et de la logistique (NTLS) et de la Vision 2030 de l’Arabie Saoudite, en offrant un réseau à la fois efficace et durable sur le plan environnemental.

“Dream of the Desert”

Une réalisation marquante de 2025 a été le lancement officiel du Dream of the Desert, le premier train de luxe au Moyen-Orient et en Afrique du Nord.

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Le ministre des Transports et des Services Logistiques et président de SAR, Saleh Al-Jasser, a dévoilé le premier wagon du “Dream of the Desert” en octobre dernier lors du FII9. (Photo SPA)

Développé en partenariat avec le groupe italien de luxe Arsenale, ce service a redéfini le tourisme ferroviaire. Le train comprend 40 cabines de luxe sur mesure, offrant une expérience de « croisière ferroviaire » inspirée de l’Orient Express classique, mais avec une identité saoudienne unique. L’itinéraire traverse le Royaume de Riyadh à Al Qurayyat, en s’arrêtant sur des sites culturels clés tels que Ha’il et Al-Jouf, transformant ainsi le voyage lui-même en destination.

Dans un mouvement majeur pour tirer parti du Transit-Oriented Development (TOD), SAR a annoncé la création d’un fonds immobilier de 6 milliards SAR axé sur La Mecque.

Ce fonds est dédié au développement de terrains premium adjacents à la gare du Haramain High Speed Railway à La Mecque. L’initiative vise à améliorer l’expérience des pèlerins en construisant des hôtels à grande capacité, des centres commerciaux et des unités résidentielles directement connectés à la gare. Ce développement permet non seulement de diversifier les sources de revenus de SAR, mais soutient également l’objectif du gouvernement d’accueillir 30 millions de pèlerins pour la Omra chaque année en intégrant parfaitement transport et hébergement.

Reconnaissance internationale

À l’international, l’engagement de SAR pour l’excellence a été reconnu. SAR est devenue la première entreprise à recevoir le prestigieux prix de l’Union internationale des chemins de fer (UIC) pour les trains touristiques longue distance.

La cérémonie s’est tenue au siège de l’Union à Paris, en France, avec la participation de grandes compagnies ferroviaires mondiales.

L’UIC, organisation ferroviaire mondiale, a décerné le prix en reconnaissance de l’innovation de SAR dans l’intégration du tourisme de luxe à l’infrastructure ferroviaire lourde.

Cette distinction consolide la réputation de SAR pour la qualité de ses services et place le Royaume comme destination de premier plan pour les passionnés de chemins de fer et les voyageurs de luxe.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Forbes France cesse de paraître, après le retrait de son investisseur français

L'édition française de Forbes va cesser de paraître près de dix ans après sa naissance, a annoncé jeudi le groupe d'édition français qui détenait sa licence et entend se  concentrer désormais sur d'autres titres, dont Time France. (AFP)
L'édition française de Forbes va cesser de paraître près de dix ans après sa naissance, a annoncé jeudi le groupe d'édition français qui détenait sa licence et entend se  concentrer désormais sur d'autres titres, dont Time France. (AFP)
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  • "En dix ans", ce trimestriel en français, déclinaison de la version originale américaine, "a publié 33 numéros, tirés à 100.000 exemplaires chacun"
  • L'entrepreneur Dominique Busso  veut "(concentrer) ses efforts sur Time France, lancé en décembre dernier, sur le magazine Oniriq, ainsi que sur d'autres projets éditoriaux fidèles à l'ADN du groupe"

PARIS: L'édition française de Forbes va cesser de paraître près de dix ans après sa naissance, a annoncé jeudi le groupe d'édition français qui détenait sa licence et entend se  concentrer désormais sur d'autres titres, dont Time France.

"En dix ans", ce trimestriel en français, déclinaison de la version originale américaine, "a publié 33 numéros, tirés à 100.000 exemplaires chacun, et développé un site réunissant 2 millions de visites par mois, ainsi qu'une communauté de plus de 430.000 personnes sur les réseaux sociaux", indique le groupe  360 Business Media dans un communiqué.

L'entrepreneur Dominique Busso  veut "(concentrer) ses efforts sur Time France, lancé en décembre dernier, sur le magazine Oniriq, ainsi que sur d'autres projets éditoriaux fidèles à l'ADN du groupe", ajoute -t-il, confirmant une information parue dans le quotidien économique Les Echos.

Le dernier numéro de Forbes France a paru en décembre. Le magazine pourrait être relancé si un repreneur se déclare.

Le magazine américain, connu pour son classement annuel des plus grandes fortunes de la planète, édite des versions dans de nombreux pays et en plusieurs langues.

Interrogé par l'AFP, le groupe 360 Business Media a précisé qu'il employait 20 salariés, dont 10 pour Forbes France, à qui "il sera proposé de basculer sur les autres titres s'ils le souhaitent".