Washington ouvert à des discussions sur les sanctions envers l'Iran

Rob Malley, ancien négociateur américain lors des négociations sur le programme nucléaire iranien. (Photo, AFP)
Rob Malley, ancien négociateur américain lors des négociations sur le programme nucléaire iranien. (Photo, AFP)
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Publié le Mardi 06 avril 2021

Washington ouvert à des discussions sur les sanctions envers l'Iran

  • Washington a confirmé l'envoi d'un représentant à Vienne, Rob Malley, pour des discussions avec les Européens, les Russes et les Chinois
  • «Nous ne ferons certainement pas de gestes unilatéraux ou de concessions pour convaincre l'Iran», affirme le département d'Etat

WASHINGTON: Les Etats-Unis ont déclaré lundi être prêts à passer en revue des sanctions imposées à l'Iran si Téhéran se pliait de façon stricte à l'accord sur le nucléaire conclu en 2015, en amont de discussions s'ouvrant mardi à Vienne sur la question.

Le département d'Etat américain a confirmé l'envoi d'un représentant à Vienne, Rob Malley, pour des discussions avec les Européens, les Russes et les Chinois, mais qu'il n'avait pas prévu de rencontrer son homologue iranien. L'administration Biden avait nommé Rob Malley, l'un des artisans américains du texte de 2015, comme émissaire pour l'Iran,

L'Union européenne et les Etats parties à l'accord international sur le nucléaire iranien conclu en 2015 dans la capitale autrichienne (l'Iran et le Groupe dit P4+1 : Chine, France, Grande-Bretagne, Russie et Allemagne) se réunissent à Vienne pour préparer la réintégration des Etats-Unis, qui sont sortis de ce pacte en 2018.

Selon le porte-parole de la diplomatie américaine, Ned Price, Washington est prêt à examiner une levée des sanctions envers l'Iran, mais seulement celles liées à la question nucléaire.

«Nous ne ferons certainement pas de gestes unilatéraux ou de concessions pour convaincre l'Iran», a dit M. Price à la presse. 

«La formulation initiale est celle qui est encore en vigueur aujourd'hui - la levée limitée des sanctions nucléaires en échange de limitations permanentes et vérifiables du programme nucléaire iranien», a-t-il rappelé. 

Le porte-parole de la diplomatie iranienne, Saïd Khatibzadeh, avait de son côté précisé qu'il ne s'agirait en aucun cas de «négociations». 

«La question de savoir si (la réunion Iran P4+1) produira des résultats ou non dépend (de la capacité) des Européens et des 4+1 à rappeler aux Etats-Unis leurs engagements et des Américains à respecter ces mêmes engagements», a-t-il affirmé lors d'une conférence de presse lundi à Téhéran.

L'accord de Vienne menace de voler en éclats depuis que l'ex-président américain Donald Trump l'a dénoncé unilatéralement en 2018.

Le texte conclu en 2015 dans la capitale autrichienne offre à l'Iran un allègement des sanctions internationales en échange d'une réduction drastique de ses activités nucléaires, sous le contrôle de l'ONU, afin de garantir qu'il ne cherche pas à se doter de la bombe atomique.

Mais en sortant de l'accord, M. Trump a réimposé toutes les sanctions américaines que ce pacte avait permis de lever avant de durcir encore ces mesures punitives contre Téhéran.

En riposte, l'Iran s'est affranchi progressivement depuis 2019 de la plupart de ses engagements-clés pris à Vienne.

Joe Biden, qui a succédé à M. Trump en janvier, dit vouloir revenir dans l'accord à condition que l'Iran revienne au respect de ses engagements. L'Iran de son côté dit être prêt à revenir au strict respect du texte, mais à condition que Washington lève d'abord ses sanctions.

Il n'y a besoin que d'«une seule mesure» a déclaré M. Khatibzadeh lundi: «Cette mesure (c'est) la levée de toutes les sanctions américaines, et en retour l'Iran est prêt» à revenir à ses engagements.


Rubio poursuit à Bahreïn sa tournée pour rassurer les alliés de Washington dans le Golfe

  • Avant son étape au Koweït, Marco Rubio avait assuré depuis Abou Dhabi le président émirati de l'engagement de Washington en faveur de la sécurité de son pays
  • Il a ensuite rallié Bahreïn pour une réunion jeudi du Conseil de coopération du Golfe (CCG)

MANAMA: Le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio est jeudi à Bahreïn, poursuivant sa tournée destinée à rassurer les pays du Golfe sur la volonté des Etats-Unis de protéger leurs intérêts dans les discussions avec l'Iran.

Mercredi au Koweït, le secrétaire d'Etat américain avait assuré que les Etats-Unis entendaient "discuter avec eux de chaque décision prise concernant" les négociations en cours avec Téhéran.

Les pays du Golfe ont payé un lourd tribut à l'offensive américano-israélienne lancée le 28 février contre l'Iran. Ils accueillent des bases militaires américaines et ont été visés par des missiles et drones iraniens en représailles.

Avant son étape au Koweït, Marco Rubio avait assuré depuis Abou Dhabi le président émirati de l'engagement de Washington en faveur de la sécurité de son pays. Il a ensuite rallié Bahreïn pour une réunion jeudi du Conseil de coopération du Golfe (CCG).

En parallèle, des discussions sur une réconciliation entre les pays du Golfe et l'Iran sont prévues en Arabie saoudite, à une date encore indéterminée, a indiqué à l'AFP un diplomate.

Trump refuse tout péage 

L'Iran et les Etats-Unis ont signé le 17 juin un protocole pour mettre fin aux hostilités, ouvrant la voie à 60 jours de négociations en vue d'un règlement durable.

Une réunion technique avec la délégation iranienne est prévue les 29 ou 30 juin en Suisse, a précisé Marco Rubio.

Mais de nombreuses divergences subsistent, comme le nucléaire ou le détroit d'Ormuz. Et les critiques se multiplient aux Etats-Unis sur les concessions accordées par Donald Trump, soucieux de mettre un terme au plus vite à cette guerre impopulaire.

La Maison Blanche a dû demander aux parlementaires américains une rallonge budgétaire de près de 88 milliards de dollars, notamment pour reconstituer ses stocks de munitions après la guerre.

Le protocole d'accord a "la valeur d'une déclaration de défaite pour l'Amérique", s'est prévalu mercredi le négociateur en chef iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf.

Si le texte prévoit une réouverture du détroit d'Ormuz, après des mois de blocage qui ont fait flamber les cours de l'or noir, l'Iran a dit vouloir imposer des frais de service, assurant que cette voie maritime stratégique ne retrouvera pas son fonctionnement libre d'avant-guerre.

"AUCUN PEAGE, AUCUN FRAIS D'ASSURANCE ET AUCUN AUTRE FRAIS" ne sera accepté par Washington, a tonné Donald Trump sur sa plateforme Truth Social.

Aucun pays autre que l'Iran ne soutient l'imposition de frais pour son passage, a assuré pour sa part Marc Rubio.

Pour l'heure, les cours du baril de pétrole Brent continuent leur décrue. Le Brent de la mer du Nord, référence internationale, est brièvement retombé jeudi sous son niveau d'avant-guerre. Durant le conflit, la flambée des cours du brut avaient provoqué une poussée d'inflation mondiale et des pénuries de carburant dans certains pays.

Sur le volet nucléaire, l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a assuré mercredi que des inspections en Iran auraient bien lieu, sans fixer de date.

Téhéran a toujours nié vouloir se doter de la bombe atomique, mais campe sur son droit à une filière civile complète.

"Comme le phénix" 

Sur le Liban, dont l'Iran a imposé l'inclusion dans le protocole d'accord, Mohammad Bagher Ghalibaf a estimé que la fin de la guerre y était "aussi importante" que la fin des hostilités dans son propre pays.

Or le Hezbollah libanais a accusé mercredi Israël d'une nouvelle "violation" du cessez-le-feu après qu'un drone israélien a fait deux morts dans le sud du pays. Deux autres personnes avaient été tuées par des tirs israéliens la veille.

L'Iran a par ailleurs accusé jeudi l'Otan, de "complicité" dans la guerre déclenchée contre lui par les Etats-Unis et Israël, reprochant notamment à l'Italie et à la Roumanie d'avoir permis à des avions américains d'utiliser leurs bases pendant le conflit.

"Il s'agit là d'un aveu clair et accablant de la complicité active de l'Otan dans une guerre d'agression illégale", a écrit sur X le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï.

 


Les autorités saoudiennes consacrent 4,3 milliards de dollars à des projets urbains à La Mecque

La photo montre le parking de Kudai, récemment aménagé par la Commission royale pour la ville de La Mecque et les lieux saints afin d’améliorer les services de transport destinés aux pèlerins du Hajj et aux habitants de La Mecque. (Archives/SPA)
La photo montre le parking de Kudai, récemment aménagé par la Commission royale pour la ville de La Mecque et les lieux saints afin d’améliorer les services de transport destinés aux pèlerins du Hajj et aux habitants de La Mecque. (Archives/SPA)
  • Les sites concernés sont situés dans les quartiers de Jarham, Al-Khalidiyah, Al-Hajlah, Al-Hindawiyah et Al-Zohour
  • La Mecque compte environ 2,7 millions d’habitants dans la région du Hedjaz

RIYAD : La Commission royale pour la ville de La Mecque et les lieux saints a annoncé le développement de sept sites à La Mecque dans le cadre du programme de développement des quartiers.

Ces sites couvrent plus de 4,4 millions de mètres carrés et représentent un investissement de 16,3 milliards de riyals saoudiens (4,3 milliards de dollars). Ils sont situés dans les quartiers de Jarham, Al-Khalidiyah, Al-Hajlah, Al-Hindawiyah et Al-Zohour, selon l’Agence de presse saoudienne (SPA).

L’annonce a été faite mercredi lors d’une cérémonie de signature des contrats d’attribution des projets, illustrant la confiance de la Commission dans l’avenir du développement urbain de La Mecque.

La Commission a indiqué que plusieurs promoteurs immobiliers et sociétés d’investissement participent à la réalisation de ces projets, notamment Maad International, AlRajhi United, ZOOD, Mohammad Abdulaziz Al-Habib and Sons Holding Co. et Jadwa Investment.

Cette initiative s’inscrit dans les efforts de la Commission visant à améliorer l’environnement urbain de La Mecque, stimuler la croissance économique, renforcer la qualité de vie des habitants et promouvoir un développement durable dans la ville sainte, a ajouté la SPA.

La Mecque, située dans la région du Hedjaz et abritant plusieurs hauts lieux de l’islam, dont la Grande Mosquée, compte environ 2,7 millions d’habitants. Chaque année, près de 1,5 million de musulmans y accomplissent le pèlerinage du Hajj, tandis qu’environ 16 millions de fidèles y effectuent la Omra. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Le ministre libanais de la Défense reçoit l'ambassadeur saoudien à Beyrouth

Fahd Al-Dosari (à droite) et le général de division Michel Menassa à Beyrouth. (Photo fournie)
Fahd Al-Dosari (à droite) et le général de division Michel Menassa à Beyrouth. (Photo fournie)
  • L’ambassadeur saoudien au Liban, Fahd Al-Dosari, a été reçu lundi par le ministre libanais de la Défense, le général de division Michel Menassa, dans son bureau à Beyrouth
  • Les parties ont discuté des développements récents et des moyens de renforcer les relations bilatérales

BEYROUTH : L’ambassadeur saoudien au Liban, Fahd Al-Dosari, a été reçu lundi par le ministre libanais de la Défense, le général de division Michel Menassa, dans son bureau à Beyrouth.

Les deux parties ont évoqué les derniers développements et les moyens de renforcer les relations bilatérales, a rapporté l’Agence de presse saoudienne.

Par ailleurs, le prince Saud bin Naif bin Abdulaziz, gouverneur de la Province de l’Est, a reçu lundi à Dammam l’ambassadeur du Kenya auprès du Royaume, Joseph Masila. Ils ont eu des entretiens cordiaux et ont abordé des questions d’intérêt commun.