Nucléaire iranien: les discussions démarrent sur une note positive

Un policier monte la garde près de l'entrée du Grand Hotel de Vienne le 6 avril 2021, où des diplomates de l'UE, de la Chine, de la Russie et de l'Iran s'entretiennent. (Photo, AFP)
Un policier monte la garde près de l'entrée du Grand Hotel de Vienne le 6 avril 2021, où des diplomates de l'UE, de la Chine, de la Russie et de l'Iran s'entretiennent. (Photo, AFP)
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Publié le Mercredi 07 avril 2021

Nucléaire iranien: les discussions démarrent sur une note positive

  • Deux groupes d'experts, l'un sur les sanctions, l'autre sur le programme nucléaire, vont s'atteler à la tâche «pendant 15 jours, un mois, on ne sait pas»
  • Les délégations américaines et iraniennes ont tous deux qualifié de «constructives» les discussions indirectes qui ont commencé mardi à Vienne

VIENNE: Les Etats-Unis et l'Iran ont tous deux qualifié de «constructives» les discussions indirectes qui ont démarré mardi à Vienne pour tenter de sauver l'accord international sur le nucléaire iranien. 

Deux groupes d'experts, l'un sur les sanctions, l'autre sur le programme nucléaire, vont s'atteler à la tâche «pendant 15 jours, un mois, on ne sait pas», selon un diplomate européen, faisant état d'une nouvelle rencontre de la commission mixte mercredi après-midi.

La première réunion de la commission mixte mardi a été «fructueuse», a estimé l'ambassadeur russe auprès des organisations internationales, Mikhaïl Oulianov, à l'issue d'une entrevue de près de deux heures des signataires du JCPOA (Plan d'action global commun): Iran, Allemagne, France, Royaume-Uni, Chine, Russie, le tout sous l'égide de l'UE.

«Le rétablissement» de l'accord, conclu en 2015 à Vienne et mis à mal par le retrait en 2018 des Etats-Unis, «ne surviendra pas immédiatement. Cela prendra du temps», a-t-il ajouté. «Mais le plus important (...), c'est que le travail pratique pour atteindre cet objectif a commencé».

«Je peux dire que dans l'ensemble, la réunion était constructive», a renchéri Abbas Araghchi, le chef de la délégation iranienne, dans une vidéo diffusée sur Irinn, la chaîne d'information de l'audiovisuel public.

«Nous voyons cela comme une étape constructive et bienvenue», a affirmé de son côté le porte-parole de la diplomatie américaine Ned Price à la presse, les Etats-Unis étant indirectement conviés pour la première fois depuis l'arrivée de Joe Biden à la Maison Blanche.  

«Position prometteuse»

Ces discussions se déroulent dans un hôtel de luxe de la capitale autrichienne, sans aucun accès à la presse, à deux pas d'un autre grand hôtel où loge la délégation américaine.

Les Etats-Unis, dont l'émissaire Rob Malley est arrivé à la mi-journée à Vienne, sont régulièrement informés des avancées par l'intermédiaire des Européens, Téhéran refusant tout contact direct. 

«Nous devons tirer le meilleur parti de cet espace diplomatique pour remettre le JCPOA sur les rails», a souligné, également sur Twitter, le secrétaire général adjoint du Service d'actions extérieures de l'UE, Enrique Mora, qui préside les négociations.

Washington avait envoyé un peu plus tôt des signaux positifs en se disant prêt à «lever les sanctions qui sont en contradiction avec l'accord», selon des propos de Rob Malley à la chaîne de télévision PBS. 

Une «position réaliste et prometteuse» qui «pourrait être le début de la correction du mauvais processus qui avait mis la diplomatie dans l'impasse», a réagi le gouvernement iranien.

Dès que ces mesures punitives qui asphyxient son économie seront retirées, l'Iran a promis de renouer avec ses engagements nucléaires, dont elle s'est progressivement affranchie depuis le retrait des Etats-Unis de l'accord.

Le cas échéant, la République islamique sera «tout à fait prête à suspendre ses mesures correctives», a réaffirmé lundi M. Araghchi, réclamant «la levée des sanctions en une seule étape».

«Inquiétudes»

L'ex-président américain Donald Trump avait dénoncé unilatéralement en 2018 ce pacte conclu à Vienne trois ans plus tôt, qui vise à garantir que Téhéran ne cherche pas à se doter de la bombe atomique. 

Mais Joe Biden a dit vouloir le réintégrer, et depuis son arrivée à la Maison Blanche en janvier, les différentes parties s'activent en coulisses.

«Nous avons des inquiétudes sur le programme de missiles balistiques de l'Iran (...), sur leurs activités dans la région. Nous voulons parler de tout cela. Mais nous avons bien plus intérêt à en discuter une fois que nous aurons mis de côté la question nucléaire actuelle», a expliqué Rob Malley à National Public Radio (NPR). 

La Maison Blanche a dit s'attendre «à un long et difficile processus par moments», selon Jen Psaki, porte-parole de la Maison Blanche. Rien n'a été décidé, a-t-elle prévenu, tout en notant que l'envoi à Vienne d'un responsable de haut rang en la personne de M. Malley montrait l'importance que Washington accordait à ces discussions.

Pour Kelsey Davenport, directrice de la politique de non-prolifération au sein de l'Arms Control Association, «cette diplomatie de la navette n'est certes pas idéale mais l'UE est bien placée pour sortir de l'impasse et coordonner les mesures nécessaires pour restaurer l'accord».

L'experte met cependant en garde contre «tous ceux qui veulent torpiller l'accord» dans chacun des deux pays ennemis, appelant les négociateurs à «agir vite». 


Entrée en vigueur d'un cessez-le-feu de dix jours entre le Liban et Israël

Un cessez-le-feu de dix jours entre Israël et le Liban est entré en vigueur vendredi matin, après avoir été annoncé par le président américain Donald Trump. (AFP)
Un cessez-le-feu de dix jours entre Israël et le Liban est entré en vigueur vendredi matin, après avoir été annoncé par le président américain Donald Trump. (AFP)
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  • La trêve a débuté à minuit heure locale dans les deux pays (21H00 GMT jeudi)
  • Celle-ci a été annoncée par le président américain Donald Trump.

BEYROUTH: Un cessez-le-feu de dix jours entre Israël et le Liban est entré en vigueur vendredi matin, après avoir été annoncé par le président américain Donald Trump.

La trêve a débuté à minuit heure locale dans les deux pays (21H00 GMT jeudi), après un mois et demi de conflit entre Israël et le mouvement libanais pro-iranien Hezbollah. Ce dernier a rejoint début mars la guerre au Moyen-Orient en lançant des roquettes contre le territoire israélien, en solidarité avec l'Iran attaqué par les Etats-Unis et Israël.

 

 


Le Liban accuse Israël de violer le cessez-le-feu tout juste entré en vigueur

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  • Cette trêve, qui suit celle conclue pour deux semaines entre les Etats-Unis et l'Iran, a débuté à minuit heure locale dans les deux pays (21H00 GMT jeudi)
  • Elle intervient après un mois et demi de conflit entre Israël et le groupe chiite libanais Hezbollah, financé et armé par Téhéran

BEYROUTH: Un cessez-le-feu de dix jours entre Israël et le Liban est entré en vigueur vendredi après avoir été annoncé par le président américain Donald Trump, l'armée libanaise dénonçant aussitôt des violations de la part d'Israël dans le sud du pays.

Cette trêve, qui suit celle conclue pour deux semaines entre les Etats-Unis et l'Iran, a débuté à minuit heure locale dans les deux pays (21H00 GMT jeudi). Elle intervient après un mois et demi de conflit entre Israël et le groupe chiite libanais Hezbollah, financé et armé par Téhéran. De nombreux tirs de célébration ont retenti dans la banlieue sud de Beyrouth, bastion du mouvement, selon des journalistes de l'AFP.

Des images de l'AFPTV ont montré des personnes retournant dans la banlieue sud de la capitale libanaise, particulièrement ciblée ces dernières semaines, certaines agitant le drapeau jaune du Hezbollah ou portant des portraits de son ancien chef, Hassan Nasrallah, tué par Israël en 2024.

"Nous sommes fatigués de la guerre et nous voulons la sécurité et la paix", a dit à l'AFP à Beyrouth Jamal Chehab, une femme au foyer de 61 ans, saluant l'accord de trêve.

Mais quelques heures plus tard, l'armée libanaise a évoqué "un certain nombre de violations de l'accord, plusieurs actes d'agression israéliens ayant été recensés, sans compter les bombardements sporadiques qui ont touché plusieurs villages". Elle a appelé les personnes déplacées par les combats à s'abstenir de retourner immédiatement dans le sud du Liban.

L'armée israélienne a averti qu'elle maintenait son déploiement terrestre dans cette région, et a demandé à la population de ne pas revenir sur la rive sud du fleuve Litani.

Malgré ces mises en garde, des journalistes de l'AFP ont vu des embouteillages monstres se former au nord du Litani, motocyclistes et automobilistes patientant pendant des heures pour pouvoir franchir le dernier pont, lourdement endommagé par un bombardement israélien, reliant le sud du Liban au reste du pays.

Le Hezbollah a pour sa part annoncé avoir "bombardé un rassemblement de soldats israéliens près de la ville de Khiam", dans le sud-est du Liban, "en réponse à la violation du cessez-le-feu par l'armée d'occupation".

L'Agence nationale d'information (Ani, officielle) a rapporté des bombardements contre cette localité et le village voisin de Debbine, ainsi que d'"intenses activités de drones" dans la même région.

Donald Trump a annoncé jeudi qu'Israël et le Liban s'étaient mis d'accord sur un cessez-le-feu de dix jours, ajoutant qu'il s'efforçait d'organiser la toute première rencontre à la Maison Blanche entre le président du Liban Joseph Aoun et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.


La Turquie se prépare aux obsèques des neuf victimes de la tuerie scolaire de Kahramanmaras

La Turquie, sous le choc de la tuerie perpétrée dans un établissement scolaire par un adolescent adepte de théories misogynes venues des Etats-Unis selon de premiers éléments d'enquête, se prépare à rendre hommage jeudi aux neuf victimes, dont les obsèques sont célébrées à Kahramanmaras (sud). (AFP)
La Turquie, sous le choc de la tuerie perpétrée dans un établissement scolaire par un adolescent adepte de théories misogynes venues des Etats-Unis selon de premiers éléments d'enquête, se prépare à rendre hommage jeudi aux neuf victimes, dont les obsèques sont célébrées à Kahramanmaras (sud). (AFP)
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  • "Des mandats d'arrêt ont été émis contre 83 personnes qui se sont livrées à des posts et à des activités faisant l'apologie de crimes et de criminels affectant négativement l'ordre public, et des poursuites ont été déclenchées contre elles"
  • La police turque a par ailleurs indiqué que l'auteur de la tuerie scolaire de Kahramanmaras, un adolescent de 14 ans, "utilisait sur son profil WhatsApp une image faisant référence à Elliot Rodger, qui avait perpétré un attentat aux Etats-Unis en 2014"

KAHRAMNMARAS: La Turquie, sous le choc de la tuerie perpétrée dans un établissement scolaire par un adolescent adepte de théories misogynes venues des Etats-Unis selon de premiers éléments d'enquête, se prépare à rendre hommage jeudi aux neuf victimes, dont les obsèques sont célébrées à Kahramanmaras (sud).

L'attaque de mercredi, qui a provoqué la mort de huit élèves et une enseignante, était la seconde en une semaine dans le pays.

Mardi, un premier adolescent né en 2007 et armé d'un fusil à pompe avait déjà fait seize blessés dans un lycée technique de la province turque de Sanliurfa (sud-est), parmi lesquels dix élèves et quatre enseignants.

La police turque a indiqué jeudi avoir émis des mandats d'arrêt contre 83 personnes pour s'être livrées à l'apologie en ligne des fusillades dans des établissements scolaires cette semaine.

"Des mandats d'arrêt ont été émis contre 83 personnes qui se sont livrées à des posts et à des activités faisant l'apologie de crimes et de criminels affectant négativement l'ordre public, et des poursuites ont été déclenchées contre elles", a indiqué la police dans un communiqué.

La direction générale de la police turque a par ailleurs indiqué que l'auteur de la tuerie scolaire de Kahramanmaras, un adolescent de 14 ans, "utilisait sur son profil WhatsApp une image faisant référence à Elliot Rodger, qui avait perpétré un attentat aux Etats-Unis en 2014".

Le père du tireur, identifié comme un ancien inspecteur de police, a été interpellé mercredi et placé en détention provisoire, a-t-elle précisé.

Le parquet de Kahramanmaras a quant à lui indiqué jeudi que l'adolescent avait prémédité l'attaque "d'ampleur", d'après un "document du 11 avril 2026" retrouvé dans son ordinateur.

La référence à Elliot Rodger renvoie à l'auteur de la tuerie d'Isla Vista, en 2014 en Californie. Cet homme avait fait six morts sur le campus d'une université de Santa Barbara, avant de se suicider. Il avait expliqué dans une vidéo diffusée avant son crime que cette attaque était un "châtiment" pour les femmes qui l'avaient rejeté.

Les huit élèves victimes de l'attaque de mercredi, cinq garçons et trois filles, avaient entre 10 et 11 ans et l'enseignante était âgée de 55 ans, selon une liste d'avis de décès de la municipalité de Kahramanmaras, consultée par l'AFP.

Les établissements scolaires de la province de Kahramanmaras resteront fermés jeudi et vendredi, a indiqué le ministre de l'Intérieur.

L'auteur de la tuerie est décédé, avait indiqué mercredi le gouverneur de la province de Kahramanmaras, Mükerrem Ünlüer, sans être en mesure de préciser "s'il s'agit d'un suicide ou si cela s'est produit dans le chaos".

"Les supports numériques saisis lors des perquisitions au domicile de l'auteur et dans le véhicule de son père ont été confisqués et sont en cours d'analyse. (...) D'après les premiers éléments recueillis, aucun lien avec le terrorisme n'a été établi, il s'agit vraisemblablement d'un acte isolé", a ajouté la police turque.

"Un élève est arrivé à l'école avec des armes, vraisemblablement celles de son père, dans son sac à dos. Il est entré dans deux salles de classe et a ouvert le feu au hasard", avait détaillé M. Ünlüer.

Ce type d'incident est rare en Turquie où, selon les estimations d'une fondation locale, des dizaines de millions d'armes à feu sont en circulation, la plupart illégalement.