La Turquie classée au premier rang pour le taux d'incarcération

Des caméras de journalistes sont placées en face du complexe pénitentiaire                      d'Aliaga, dans la province d'Izmir, dans l'ouest de la Turquie. (Photo, AP)
Des caméras de journalistes sont placées en face du complexe pénitentiaire d'Aliaga, dans la province d'Izmir, dans l'ouest de la Turquie. (Photo, AP)
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Publié le Samedi 10 avril 2021

La Turquie classée au premier rang pour le taux d'incarcération

  • Environ 300 000 personnes, en particulier des individus en détention provisoire, sont derrière les barreaux en Turquie, juste derrière la Russie en nombre de prisonniers
  • Une loi d'amnistie a permis la libération de trafiquants de drogue et chefs de la mafia tandis que des journalistes dissidents et des politiciens étaient exclus

ISTANBUL: La Turquie a été classée au premier rang des États membres du Conseil de l'Europe (CdE) pour son taux d'incarcération annuel, avec un nombre record de détenus condamnés pour des infractions de terrorisme.

L'année dernière, le parlement turc a adopté une loi controversée dans le but de libérer environ 45 000 prisonniers afin de réduire la surpopulation dans les prisons et de protéger les détenus de la pandémie du coronavirus.

Cependant, la loi d'amnistie s'est avérée politiquement biaisée car plusieurs trafiquants de drogue et chefs de la mafia ont été libérés tandis que des journalistes dissidents et des politiciens étaient entièrement exclus de cette grâce.

Le Conseil de l'Europe a publié jeudi son rapport annuel sur les statistiques pénales: la Turquie arrive en tête de liste avec un taux d'incarcération de 357,2 détenus pour 100 000 habitants.

La Turquie a été suivie par la Russie, la Géorgie, la Lituanie et l'Azerbaïdjan dans le rapport.

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La police turque arrête un homme lors d'une récente manifestation à Istanbul. (Photo, AFP

Selon le rapport, environ 300 000 personnes, en particulier des personnes en détention provisoire, sont derrière les barreaux en Turquie, juste derrière la Russie en nombre de prisonniers.

fait MARQUANT

Les infractions de terrorisme sont généralement définies dans les lois turques en vertu desquelles les activités dissidentes telles que la participation à des manifestations et l'exercice d'un journalisme critique sont punies.

Sur la base du rapport entre le nombre de détenus et le nombre de places disponibles dans les établissements pénitentiaires, les prisons turques se sont également révélées les plus surpeuplées dans le rapport du CdE, avec 127 détenus pour 100 places disponibles. La Turquie a été suivie par l'Italie dans le même rapport.

Sur 30 524 prisonniers condamnés pour des accusations de terrorisme sur le continent européen, la majorité d'entre eux, 29 827 personnes, ont été retrouvés rien qu'en Turquie. Les infractions de terrorisme sont généralement définies dans les lois turques en vertu desquelles les activités dissidentes telles que la participation à des manifestations et l'exercice d'un journalisme critique sont punies; au mépris des arrêts de la Cour européenne des droits de l’homme.

Le Conseil de l'Europe a demandé à plusieurs reprises qu'Ankara libère immédiatement l'éminent homme d'affaires et activiste, Osman Kavala, et le politicien kurde, Selahattin Demirtas, après leur détention de plusieurs années pour des motifs purement politiques.

Le pays compte également la deuxième plus grande population carcérale d’Europe, avec 297 019 prisonniers, après la Russie. Au cours de la dernière décennie, le taux d'emprisonnement en Turquie a augmenté de 115,3%.

Par ailleurs, le Parti de la justice et du développement (AKP) au pouvoir travaille sur des amendements juridiques pour enregistrer et conserver numériquement toutes les visites aux détenus pendant une période d'un an, une décision qui a été critiquée par l'opposition comme une grave atteinte à la vie privée des prisonniers.

Les députés de l’opposition ont demandé à l’AKP de retirer son projet de loi                                 controversé, affirmant que la vie privée des détenus devait être aussi protégée.

Les institutions pénitentiaires turques ont dernièrement fait la une des journaux après que des partis d'opposition ont dévoilé que la fouille à nu illégale des femmes était une pratique courante et encore dégradante.

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Liban: 13 morts dans des frappes israéliennes sur le sud

Le ministère de la Santé libanais a indiqué que 13 personnes ont été tuées vendredi lors de frappes israéliennes dans le sud, notamment dans une ville où l’armée israélienne avait émis un ordre d’évacuation malgré un cessez-le-feu. (REUTERS)
Le ministère de la Santé libanais a indiqué que 13 personnes ont été tuées vendredi lors de frappes israéliennes dans le sud, notamment dans une ville où l’armée israélienne avait émis un ordre d’évacuation malgré un cessez-le-feu. (REUTERS)
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  • Des frappes israéliennes dans le sud du Liban ont fait au moins 13 morts vendredi, dont des civils (femmes et enfants), malgré un cessez-le-feu en vigueur
  • Depuis la reprise des hostilités le 2 mars entre Israël et le Hezbollah, plus de 2 600 personnes ont été tuées, dont des secouristes, suscitant de vives critiques humanitaires

BEYROUTH: Des frappes israéliennes sur le sud du Liban ont fait au moins 13 morts vendredi, a rapporté le ministère libanais de la Santé dans un nouveau bilan.

Selon un communiqué du ministère, huit personnes, parmi lesquelles un enfant et deux femmes, ont été tuées et 21 autres blessées, dont deux enfants et une femme, dans des frappes sur le village d'Habboush, que l'armée israélienne avait appelé à évacuer malgré un cessez-le-feu.

L'agence de presse officielle libanaise (ANI) a rapporté "une série de frappes intenses (...) un peu moins d'une heure après l'avertissement" israélien.

A Habboush, un photographe de l'AFP a vu des volutes de fumée s'élever à la suite des bombardements.

Une autre frappe sur le village de Zrariyé, dans la région de Saïda, a par ailleurs fait quatre morts, dont deux femmes, et quatre blessés dont un enfant et une femme, a précisé le ministère dans la soirée.

Selon la même source, une femme a été tuée et sept personnes ont été blessées dans le district de la ville côtière de Tyr.

L'ANI avait auparavant fait état d'autres frappes et de tirs d'artillerie sur d'autres localités du Sud en dépit du cessez-le-feu entre le Hezbollah pro-iranien et Israël en vigueur depuis le 17 avril.

- Secouristes tués -

Jeudi, 17 personnes avaient été tuées dans des frappes sur le Sud, où l'armée israélienne a établi une zone de 10 km de profondeur à partir de la frontière, interdite d'accès à la presse et à la population, et effectue des opérations de démolition.

Des destructions ont ainsi été rapportées à Shamaa mais également à Yaroun, où un monastère, une école privée, des maisons, des commerces et des routes ont été démolies, selon l'agence ANI.

Israël affirme vouloir protéger sa région nord du Hezbollah, qui continue de revendiquer des attaques contre des positions israéliennes au Liban et, plus rarement, contre le territoire israélien.

L'armée israélienne a indiqué dans la nuit de vendredi à samedi avoir intercepté quatre "cibles aériennes" qui se dirigeaient vers le nord d'Israël, sans préciser leur provenance.

En vertu de l'accord de cessez-le-feu, Israël se réserve "le droit de prendre, à tout moment, toutes les mesures nécessaires en légitime défense contre des attaques planifiées, imminentes ou en cours", une clause que le Hezbollah conteste.

Selon le ministère libanais de la Santé, plus de 2.600 personnes ont été tuées depuis la reprise des hostilités entre le Hezbollah et Israël, le 2 mars, sur fond de guerre au Moyen-Orient.

D'après cette source, 103 secouristes font partie des morts.

"Qu'une personne qui tente de sauver des vies, d'apaiser la souffrance humaine, puisse être ciblée (...) c'est une chose que je trouve absolument inacceptable", a affirmé à des journalistes près de Beyrouth le secrétaire général adjoint de la Fédération Internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FIRC), Xavier Castellanos.


Les Emirats interdisent à leurs ressortissants de se rendre en Iran, au Liban et en Irak

Le drapeau des Émirats arabes unis flotte sur fond de la skyline d’Abou Dhabi. (Archive/AFP)
Le drapeau des Émirats arabes unis flotte sur fond de la skyline d’Abou Dhabi. (Archive/AFP)
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  • Les Émirats arabes unis interdisent à leurs citoyens de voyager en Iran, au Liban et en Irak en raison des tensions régionales
  • Les autorités demandent aux Émiratis présents dans ces pays de rentrer immédiatement, après des attaques de missiles iraniennes visant des infrastructures aux EAU

DUBAI: Les Emirats arabes unis ont interdit jeudi à leurs ressortissants  de se rendre en Iran, au Liban et en Irak, en invoquant l'évolution de la situation dans la région.

"A la lumière des développements régionaux actuels", le ministère des Affaires étrangères du pays a émis "une interdiction de voyager pour les ressortissants émiratis se rendant en République islamique d'Iran, en République libanaise et en République d'Irak", a rapporté l'agence de presse officielle WAM, indiquant qu'il appelait "tous les ressortissants émiratis actuellement dans ces pays à accélérer leur retour immédiat".

L'Iran a pris pour cible les Emirats, par des tirs de missiles visant des infrastructures civiles et énergétiques, lors du conflit déclenché le 28 février par l'attaque israélo-américaine contre Téhéran, avant l'annonce d'un fragile cessez-le-feu.


Liban: le président condamne les «violations persistantes» du cessez-le-feu par Israël

Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international. (AFP)
Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international. (AFP)
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  • "Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition de maisons (...), alors que le nombre de victimes (...) monte"
  • "Il faut faire pression sur Israël pour qu'il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils et les secouristes"

BEYROUTH: Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international.

"Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition de maisons (...), alors que le nombre de victimes (...) monte", a-t-il déclaré, selon un communiqué de la présidence. De nouvelles frappes israéliennes meurtrières ont visé jeudi des localités dans le sud, selon un média officiel.

"Il faut faire pression sur Israël pour qu'il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils et les secouristes", a ajouté Joseph Aoun, alors que la trêve est entrée en vigueur le 17 avril.