En Syrie, un vendeur de jus se prépare pour un ramadan assombri par la crise

«Mon principal travail est de faire sourire les clients», explique ce père de 16 enfants, vêtu d'un pantalon bouffant, d'un gilet à motifs et coiffé d'un tarbouche rouge. (Photo, AFP)
«Mon principal travail est de faire sourire les clients», explique ce père de 16 enfants, vêtu d'un pantalon bouffant, d'un gilet à motifs et coiffé d'un tarbouche rouge. (Photo, AFP)
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Publié le Lundi 12 avril 2021

En Syrie, un vendeur de jus se prépare pour un ramadan assombri par la crise

  • «Les priorités des gens sont désormais de pouvoir mettre à manger et à boire sur la table», confie-t-il
  • Le vendeur de rue affirme avoir habituellement plus de clients pendant le mois de ramadan

DAMAS: A quelques jours du début du ramadan, Ishaaq Kremed, 53 ans, alpague les clients dans un marché fréquenté de la capitale syrienne et leur verse le jus de tamarin qu'il transporte dans une grande cruche en laiton sur son dos.

Le vendeur de rue affirme avoir habituellement plus de clients pendant le mois de ramadan, qui débute cette année la semaine prochaine, beaucoup appréciant rompre leur jeûne au coucher du soleil avec ce jus rafraichissant.

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Alors qu'il verse habilement le jus dans des verres en plastique, il distrait ses clients avec une chanson. (Photo, AFP)

Mais le métier qu'il exerce depuis plus de 40 ans a pris un nouveau sens depuis que la Syrie, ravagée par une décennie de guerre, est plongée dans une profonde crise économique.

«Mon principal travail est de faire sourire les clients», explique ce père de 16 enfants, vêtu d'un pantalon bouffant, d'un gilet à motifs et coiffé d'un tarbouche rouge.

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Les prix du tamarin et du sucre ont augmenté de manière significative, rapporte-t-il, et tout le monde n'a pas les moyens de se permettre le rafraichissement qu'il propose. (Photo, AFP)

«Le plus important, c'est qu'ils repartent en se sentant heureux, que qui que ce soit arrivant stressé reparte soulagé», ajoute-t-il.

Lors de ses tournées quotidiennes au marché couvert de Hamidiyeh, à Damas, des dizaines de clients l'accostent pour étancher leur soif, le prenant souvent en photo par la même occasion.

Alors qu'il verse habilement le jus dans des verres en plastique, il distrait ses clients avec une chanson.

Le masque sanitaire descendu sous le menton, il entonne un chant pour une mère et ses deux filles tout en leur versant le jus brun.

Il retire ensuite son tarbouche pour récolter l'argent puis le remet sur sa tête.

«Préoccupations financières»

Avec la crise économique, les prix ont explosé en Syrie, entraînant une chute de la valeur de la livre syrienne par rapport au dollar sur le marché noir.

Dans un pays où une majorité de la population vit sous le seuil de pauvreté, les Syriens doivent aussi faire face aux confinements en raison de la pandémie.

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«Depuis trois ans, le ramadan est différent à cause des préoccupations financières du peuple», estime M. Kremed. (Photo, AFP)

«Depuis trois ans, le ramadan est différent à cause des préoccupations financières du peuple», estime M. Kremed.

«Quand les gens viennent au marché, on les voit se cogner les uns contre les autres comme s'ils étaient dans un état second», dit-il.

Le gouvernement impute la crise économique aux sanctions occidentales, mais les économistes estiment que la guerre, la pandémie et l'effondrement au Liban voisin sont des facteurs majeurs de la crise syrienne.

S'il fait de son mieux pour maintenir une attitude joyeuse, le vendeur avoue ressentir lui aussi les effets de la crise. 

Les prix du tamarin et du sucre ont augmenté de manière significative, rapporte-t-il, et tout le monde n'a pas les moyens de se permettre le rafraichissement qu'il propose.

«Les priorités des gens sont désormais de pouvoir mettre à manger et à boire sur la table», confie-t-il.


Liban: 13 morts dans des frappes israéliennes sur le sud

Le ministère de la Santé libanais a indiqué que 13 personnes ont été tuées vendredi lors de frappes israéliennes dans le sud, notamment dans une ville où l’armée israélienne avait émis un ordre d’évacuation malgré un cessez-le-feu. (REUTERS)
Le ministère de la Santé libanais a indiqué que 13 personnes ont été tuées vendredi lors de frappes israéliennes dans le sud, notamment dans une ville où l’armée israélienne avait émis un ordre d’évacuation malgré un cessez-le-feu. (REUTERS)
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  • Des frappes israéliennes dans le sud du Liban ont fait au moins 13 morts vendredi, dont des civils (femmes et enfants), malgré un cessez-le-feu en vigueur
  • Depuis la reprise des hostilités le 2 mars entre Israël et le Hezbollah, plus de 2 600 personnes ont été tuées, dont des secouristes, suscitant de vives critiques humanitaires

BEYROUTH: Des frappes israéliennes sur le sud du Liban ont fait au moins 13 morts vendredi, a rapporté le ministère libanais de la Santé dans un nouveau bilan.

Selon un communiqué du ministère, huit personnes, parmi lesquelles un enfant et deux femmes, ont été tuées et 21 autres blessées, dont deux enfants et une femme, dans des frappes sur le village d'Habboush, que l'armée israélienne avait appelé à évacuer malgré un cessez-le-feu.

L'agence de presse officielle libanaise (ANI) a rapporté "une série de frappes intenses (...) un peu moins d'une heure après l'avertissement" israélien.

A Habboush, un photographe de l'AFP a vu des volutes de fumée s'élever à la suite des bombardements.

Une autre frappe sur le village de Zrariyé, dans la région de Saïda, a par ailleurs fait quatre morts, dont deux femmes, et quatre blessés dont un enfant et une femme, a précisé le ministère dans la soirée.

Selon la même source, une femme a été tuée et sept personnes ont été blessées dans le district de la ville côtière de Tyr.

L'ANI avait auparavant fait état d'autres frappes et de tirs d'artillerie sur d'autres localités du Sud en dépit du cessez-le-feu entre le Hezbollah pro-iranien et Israël en vigueur depuis le 17 avril.

- Secouristes tués -

Jeudi, 17 personnes avaient été tuées dans des frappes sur le Sud, où l'armée israélienne a établi une zone de 10 km de profondeur à partir de la frontière, interdite d'accès à la presse et à la population, et effectue des opérations de démolition.

Des destructions ont ainsi été rapportées à Shamaa mais également à Yaroun, où un monastère, une école privée, des maisons, des commerces et des routes ont été démolies, selon l'agence ANI.

Israël affirme vouloir protéger sa région nord du Hezbollah, qui continue de revendiquer des attaques contre des positions israéliennes au Liban et, plus rarement, contre le territoire israélien.

L'armée israélienne a indiqué dans la nuit de vendredi à samedi avoir intercepté quatre "cibles aériennes" qui se dirigeaient vers le nord d'Israël, sans préciser leur provenance.

En vertu de l'accord de cessez-le-feu, Israël se réserve "le droit de prendre, à tout moment, toutes les mesures nécessaires en légitime défense contre des attaques planifiées, imminentes ou en cours", une clause que le Hezbollah conteste.

Selon le ministère libanais de la Santé, plus de 2.600 personnes ont été tuées depuis la reprise des hostilités entre le Hezbollah et Israël, le 2 mars, sur fond de guerre au Moyen-Orient.

D'après cette source, 103 secouristes font partie des morts.

"Qu'une personne qui tente de sauver des vies, d'apaiser la souffrance humaine, puisse être ciblée (...) c'est une chose que je trouve absolument inacceptable", a affirmé à des journalistes près de Beyrouth le secrétaire général adjoint de la Fédération Internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FIRC), Xavier Castellanos.


Les Emirats interdisent à leurs ressortissants de se rendre en Iran, au Liban et en Irak

Le drapeau des Émirats arabes unis flotte sur fond de la skyline d’Abou Dhabi. (Archive/AFP)
Le drapeau des Émirats arabes unis flotte sur fond de la skyline d’Abou Dhabi. (Archive/AFP)
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  • Les Émirats arabes unis interdisent à leurs citoyens de voyager en Iran, au Liban et en Irak en raison des tensions régionales
  • Les autorités demandent aux Émiratis présents dans ces pays de rentrer immédiatement, après des attaques de missiles iraniennes visant des infrastructures aux EAU

DUBAI: Les Emirats arabes unis ont interdit jeudi à leurs ressortissants  de se rendre en Iran, au Liban et en Irak, en invoquant l'évolution de la situation dans la région.

"A la lumière des développements régionaux actuels", le ministère des Affaires étrangères du pays a émis "une interdiction de voyager pour les ressortissants émiratis se rendant en République islamique d'Iran, en République libanaise et en République d'Irak", a rapporté l'agence de presse officielle WAM, indiquant qu'il appelait "tous les ressortissants émiratis actuellement dans ces pays à accélérer leur retour immédiat".

L'Iran a pris pour cible les Emirats, par des tirs de missiles visant des infrastructures civiles et énergétiques, lors du conflit déclenché le 28 février par l'attaque israélo-américaine contre Téhéran, avant l'annonce d'un fragile cessez-le-feu.


Liban: le président condamne les «violations persistantes» du cessez-le-feu par Israël

Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international. (AFP)
Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international. (AFP)
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  • "Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition de maisons (...), alors que le nombre de victimes (...) monte"
  • "Il faut faire pression sur Israël pour qu'il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils et les secouristes"

BEYROUTH: Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international.

"Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition de maisons (...), alors que le nombre de victimes (...) monte", a-t-il déclaré, selon un communiqué de la présidence. De nouvelles frappes israéliennes meurtrières ont visé jeudi des localités dans le sud, selon un média officiel.

"Il faut faire pression sur Israël pour qu'il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils et les secouristes", a ajouté Joseph Aoun, alors que la trêve est entrée en vigueur le 17 avril.