Le ramadan: convivialité et spiritualité pour les Libanais de Paris

Le restaurant Chez Zena, dans le XVIIIe arrondissement, est devenu une seconde maison pour de nombreux Libanais. La bonne humeur de Zeina Halik est toujours au rendez-vous. Photo fournie
Le restaurant Chez Zena, dans le XVIIIe arrondissement, est devenu une seconde maison pour de nombreux Libanais. La bonne humeur de Zeina Halik est toujours au rendez-vous. Photo fournie
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Publié le Jeudi 15 avril 2021

Le ramadan: convivialité et spiritualité pour les Libanais de Paris

  • Le ramadan est avant tout pour les Libanais de Paris une quête spirituelle
  • La nostalgie du pays du Cèdre continue fortement à bercer leur cœur et leur esprit

PARIS: Comment les Libanais de Paris vivent-ils le Ramadan? Arrivent-ils à le vivre pleinement? La situation actuelle à Paris – pandémie de Covid-19, frictions politiques autour du projet de loi «séparatisme» – est-elle un frein à leur désir de spiritualité et de fraternité qui arrive à son apogée durant le mois saint? Les Libanais de Paris ont-ils un rapport à la laïcité qui diffère de celui des autres communautés arabes? Pour mieux appréhender ces interrogations, Arab News en français leur a donné la parole.

Spiritualité et laïcité

Le mois du ramadan est une période importante pour Dima Hammoud, interne en chirurgie à l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP). «Je m'y prépare surtout mentalement, car ça reste fatigant de le faire. C'est un mois entier que l’on tente de vivre pleinement en se rapprochant de Dieu.»

La spiritualité joue ainsi pour elle un rôle prépondérant durant le mois saint. «Je jeûne, car cela a un sens de le faire. Un détachement s'opère avec nos attaches physiques et matérielles. Il nous permet d'être un peu plus spirituels. Pour moi, la spiritualité renvoie aussi à la notion de partage avec nos familles. J'apprécie particulièrement les discussions avec mes parents durant cette période de l'année, car ils ont des approches de la spiritualité certes différentes, mais complémentaires.»

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Dima Hammoud est née à Paris. Elle est actuellement interne en chirurgie à l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP). Photo fournie

Combiner le jeûne et son travail à l'hôpital est a priori éprouvant. Toutefois, Dima Hammoud relativise, eu égard à la nature et aux contraintes de sa spécialité. «C'est un travail très difficile, mais je ne prends pas de vacances pendant le ramadan. Je suis spécialisée en chirurgie viscérale et digestive, les interventions en blocs opératoires sont généralement longues et il est assez fréquent de ne pas manger ni boire pas pendant de longues heures.»

Durant ses journées de travail, elle n'oublie pas les valeurs de spiritualité. «Pendant le ramadan, on a aussi pour principe d'être plus patient, moins enclin à s'énerver, faire le bien autour de nous. Ce sont des principes que l'on retrouve dans toutes les religions. Mais durant le mois saint, on se souvient d'autant plus qu'il faut être bienveillant et patient, même si ce n'est pas toujours évident. Ma spiritualité est avant tout personnelle. Il ne s'agit en aucun cas de faire du prosélytisme.»

Faire le ramadan sur son lieu de travail a toujours été bien accepté. Cette pratique lui a aussi permis de mieux appréhender le principe de laïcité. «J’ai la chance d'être dans un environnement de travail où les gens sont bienveillants. Au départ, je n'osais pas leur dire que je jeûnais. J'appréhendais la laïcité comme un principe conduisant à cacher ma religion. Ne me voyant plus venir déjeuner avec eux à la cafétéria, mes collègues ont cru que mon intention était de les éviter. Lorsque je leur ai révélé la raison de mon absence, ils ont été très compréhensifs et ils m’ont expliqué qu'ils auraient préféré que je leur dise la vérité. J'ai alors mieux compris le principe de laïcité – il s’agit simplement d’assumer sa religion et d’avoir le droit de la pratiquer sans le besoin de la prêcher ou de la dissimuler.» 

La nostalgie du Liban

Tarek Wehbe, ingénieur en génie physique et enseignant à l'université Sorbonne-Paris-Nord, a une jolie formule pour qualifier l'importance du ramadan en le considérant comme le «mois du renouvellement spirituel».

Ancien élu local francilien très attaché à l'État de droit, Tarek Wehbe invite l'ensemble des musulmans de France à respecter les règles sanitaires pour contrer la pandémie de la Covid-19 notamment durant l’iftar [rupture du jeûne]. «Cette année, comme l’année dernière, il n'y aura pas d’invités à la maison et nous n'accepterons aucune invitation à l’extérieur.»

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Le Liban conserve toujours une place spéciale pour l'ancien élu francilien Tarek Wehbe. Photo fournie.

Dans les propos de Tarek Wehbe, on ressent une certaine nostalgie teintée d'un amour profond pour le Liban. Il concède que le «ramadan à Paris est froid» par rapport au Liban, à ses coutumes et au souvenir joyeux des repas avec ses parents et ses proches. Toutefois, il met en avant qu'à Paris «il n'y a pas de difficultés réelles à vivre et à faire le ramadan avec pour seule contrainte le temps long du jeûne».

Il ne s'agit pas pour les Libanais de reproduire à Paris toute l'ambiance et les coutumes du ramadan qui sont parfois propres au Liban. Ils savent ainsi faire la part des choses en respectant les spécificités de chaque pays. L'ambiance diffère donc, mais cela n'enlève en rien leur désir de convivialité et spiritualité.

Face à une certaine froideur que ressentent des Libanais de Paris, la richesse de la gastronomie libanaise pendant le ramadan réchauffe les cœurs. Une des adresses favorites des Libanais est le restaurant Chez Zena dans le XVIIIe arrondissement. Les propriétaires Zeina et Samir Halik ont souhaité faire de leur établissement une seconde maison pour les Libanais de Paris, notamment pour celles et ceux qui se sentent isolés ou qui n'ont pas à disposition les produits essentiels de la cuisine du pays.

Les conditions sanitaires ont obligé le couple de restaurateurs à proposer uniquement des plats à emporter pour le ramadan de l'année dernière et de cette année. «La demande est importante, notamment de la part des clients qui sont en télétravail et ne peuvent cuisiner. Les clients apprécient les plats faits maison et surtout les menus complets de A à Z.»

Le couple Halik a précisé les préférences des Libanais pendant le ramadan. La mezza est bien entendu à l'honneur. «Le fattouche est l'élément le plus apprécié et le plus demandé. La fateh de laban est aussi un plat incontournable. Certains plats sont plus appréciés au début du ramadan et d'autres vers la fin comme la Mloukhiyé.»

La tradition conserve ses règles de noblesse, notamment avec l'importance de la datte qui est l’aliment roi de la table. Chez les Libanais de Paris, la datte d'Arabie Saoudite semble être largement plébiscitée.


L'armée du Koweït dit faire face à des attaques de missiles et de drones

Le Koweït fait face jeudi à des attaques de missiles et de drones, a fait savoir l'armée de l'émirat, peu après l'annonce par les Etats-Unis de frappes contre le sud de l'Iran. (Reuters)
Le Koweït fait face jeudi à des attaques de missiles et de drones, a fait savoir l'armée de l'émirat, peu après l'annonce par les Etats-Unis de frappes contre le sud de l'Iran. (Reuters)
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  • Le Koweït fait face jeudi à des attaques de missiles et de drones, a fait savoir l'armée de l'émirat, peu après l'annonce par les Etats-Unis de frappes contre le sud de l'Iran
  • "Les défenses aériennes koweïtiennes repoussent actuellement des attaques menées par des missiles et des drones ennemis", a écrit l'armée koweïtienne sur le réseau social X

KOWEIT: Le Koweït fait face jeudi à des attaques de missiles et de drones, a fait savoir l'armée de l'émirat, peu après l'annonce par les Etats-Unis de frappes contre le sud de l'Iran.

"Les défenses aériennes koweïtiennes repoussent actuellement des attaques menées par des missiles et des drones ennemis", a écrit l'armée koweïtienne sur le réseau social X.


Israël bombarde Tyr après avoir déclaré «zone de combat» une vaste partie du sud du Liban

L'armée israélienne a annoncé jeudi avoir frappé la ville de Tyr, dans le sud du Liban, un jour après avoir averti qu'elle considérait comme une "zone de combat" tout le territoire libanais au sud du fleuve Zahrani, à une quarantaine de kilomètres de la frontière. (AFP)
L'armée israélienne a annoncé jeudi avoir frappé la ville de Tyr, dans le sud du Liban, un jour après avoir averti qu'elle considérait comme une "zone de combat" tout le territoire libanais au sud du fleuve Zahrani, à une quarantaine de kilomètres de la frontière. (AFP)
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  • L'Agence nationale d'information (Ani) libanaise a rapporté deux séries de frappes jeudi matin sur la ville et une zone située à l'est de celle-ci, touchant un bâtiment et provoquant un incendie à Tyr
  • L'armée israélienne a également annoncé jeudi matin avoir intercepté une "cible aérienne suspecte" se dirigeant vers ses forces dans le sud du Liban

BEYROUTH: L'armée israélienne a annoncé jeudi avoir frappé la ville de Tyr, dans le sud du Liban, un jour après avoir averti qu'elle considérait comme une "zone de combat" tout le territoire libanais au sud du fleuve Zahrani, à une quarantaine de kilomètres de la frontière.

Après avoir ordonné aux habitants de plusieurs quartiers de Tyr d'évacuer en prévision d'un "emploi de la force" à venir, l'armée israélienne a confirmé avoir "commencé à frapper des infrastructures du Hezbollah dans la région de Tyr".

L'Agence nationale d'information (Ani) libanaise a rapporté deux séries de frappes jeudi matin sur la ville et une zone située à l'est de celle-ci, touchant un bâtiment et provoquant un incendie à Tyr.

L'armée israélienne a également annoncé jeudi matin avoir intercepté une "cible aérienne suspecte" se dirigeant vers ses forces dans le sud du Liban.

Israël intensifie ces derniers jours ses opérations terrestres et aériennes dans l'est et le sud du pays voisin, où le mouvement chiite pro-iranien Hezbollah a fait état de combats "directs", en dépit du cessez-le-feu théoriquement en vigueur depuis le 17 avril, mais que les deux parties s'accusent de violer.

Alors que de nombreux Libanais tentent de célébrer l'Aïd al-Adha, la grande fête musulmane, l'armée israélienne, a appelé tous les habitants qui se trouveraient dans le sud du Liban à évacuer vers la rive nord du Zahrani.

Cette escalade intervient juste avant une réunion militaire entre les deux pays prévue vendredi au Pentagone, et à l'approche de nouvelles sessions de négociations sous parrainage américain les 2 et 3 juin.

"Affrontements directs" 

Des combattants "se sont livrés à des affrontements directs avec les forces ennemies" mercredi à Zawtar el-Charqiyé, a annoncé de son côté le Hezbollah, faisant aussi état de trois attaques de drones contre des troupes dans le nord d'Israël.

Il a revendiqué depuis mardi des tirs et attaques de drone contre des forces israéliennes tentant de s'infiltrer dans cette localité, stratégique pour sa proximité avec Nabatiyé.

Zawtar el-Charqiyé se situe à la lisière de la "ligne jaune" délimitant la bande d'une dizaine de kilomètres dont l'armée israélienne a pris le contrôle dans le sud du Liban, y interdisant l'accès aux habitants et y menant de larges opérations de démolition.

L'armée israélienne avait déclaré mardi étendre ses opérations au sol au-delà de la "ligne jaune".

"Etendre l'autorité de l'Etat"  

Le Liban a été aspiré dans la guerre au Moyen-Orient quand le Hezbollah a rouvert le 2 mars un front contre Israël, en soutien à l'Iran après l'attaque israélo-américaine du 28 février.

Les frappes israéliennes ont tué 3.269 personnes depuis, selon un nouveau bilan mercredi du ministère de la Santé.

Parmi elles, au moins 31 ont été tuées mardi, dont au moins 15 habitants de Burj al-Shemali, près de Tyr, selon le maire de cette localité. Un photographe de l'AFP a vu mercredi des secouristes extraire un corps des décombres, tandis qu'une pelleteuse dégageait des amas de gravats.

Dans l'ouest de la Bekaa, la localité de Machghara qui abritait des centaines de familles déplacées est désormais déserte après plusieurs jours de bombardements israéliens.

Son maire, Iskandar Barakeh, fait part à l'AFP de sa crainte de voir la région, par où transitent combattants et matériel du Hezbollah, "se transformer en arrière-front".

La délégation militaire dirigée par le général Georges Rizkallah qui doit rencontrer vendredi des militaires israéliens "insistera sur la nécessité de mettre fin aux hostilités et présentera le plan de l'armée visant à restreindre les armes du Hezbollah et étendre l'autorité de l'Etat sur le territoire libanais", a indiqué une source militaire à l'AFP.

 


Liban: l'armée israélienne déclare que toute la zone au sud du fleuve Zahrani est une «zone de combat»

Une capture d'écran montre des habitants quittant Tyr en voiture après que l'armée israélienne a lancé mercredi un avis d'évacuation à l'intention de cette ville côtière du sud du Liban et des zones environnantes, indiquant qu'elle s'apprêtait à frapper des cibles du Hezbollah dans la région. (X/@SawtBeirut)
Une capture d'écran montre des habitants quittant Tyr en voiture après que l'armée israélienne a lancé mercredi un avis d'évacuation à l'intention de cette ville côtière du sud du Liban et des zones environnantes, indiquant qu'elle s'apprêtait à frapper des cibles du Hezbollah dans la région. (X/@SawtBeirut)
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  • L'armée israélienne a averti mercredi soir qu'elle considérait comme une "zone de combat" tout le territoire libanais situé au sud du Zahrani, fleuve s'écoulant à une quarantaine de kilomètres de la frontière entre Israël et le Liban
  • "A la lumière des violations répétées des termes du cessez-le-feu par le Hezbollah terroriste, [l'armée israélienne] va agir contre lui avec une très grande force", a prévenu l'officier

JERUSALEM: L'armée israélienne a averti mercredi soir qu'elle considérait comme une "zone de combat" tout le territoire libanais situé au sud du Zahrani, fleuve s'écoulant à une quarantaine de kilomètres de la frontière entre Israël et le Liban.

Dans un message sur les réseaux sociaux semblant acter la fin du cessez-le-feu plus que précaire entre Israël et le mouvement islamiste libanais Hezbollah, le colonel Avichay Adraee, porte-parole arabophone de l'armée israélienne a appelé tous les habitants qui se trouveraient dans cette région à évacuer vers la rive nord du Zahrani.

"A la lumière des violations répétées des termes du cessez-le-feu par le Hezbollah terroriste, [l'armée israélienne] va agir contre lui avec une très grande force", a prévenu l'officier.

"Au Liban, nous intensifions nos opérations afin de porter des coups toujours plus sévères à l'organisation Hezbollah", a déclaré de son côté le lieutenant-général Eyal Zamir, chef d'état-major de l'armée israélienne, lors d'une cérémonie de réception d'un nouvel avion ravitailleur pour l'armée de l'Air.

"Cette mission est conduite de manière méthodique, sur tous les fronts — dans les airs comme au sol — avec responsabilité et détermination, face à un ennemi affaibli et durement éprouvé", a-t-il dit selon une vidéo de la cérémonie diffusée par le service de presse de l'armée.

"Le Hezbollah déploie contre nous une large gamme de menaces, notamment celle des drones" explosifs, a-t-il ajouté promettant de poursuivre "sans relâche [les] efforts [pour infliger] à l'ennemi un coût élevé, tant sur la ligne de front qu'en profondeur".