La pauvreté touche plus de 55% de la population libanaise, affirme l’ONU

Le Liban connait depuis 2019 une crise économique, financière et monétaire à laquelle sont venues s’ajouter les conséquences néfastes de l’explosion du 4 août (Photo, Joseph Eid/AFP).
Le Liban connait depuis 2019 une crise économique, financière et monétaire à laquelle sont venues s’ajouter les conséquences néfastes de l’explosion du 4 août (Photo, Joseph Eid/AFP).
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Publié le Jeudi 20 août 2020

La pauvreté touche plus de 55% de la population libanaise, affirme l’ONU

  • 23% de la population libanaise se trouve dans une situation d'extrême pauvreté, contre 8% en 2019
  • "Plus de 70.000 employés ont perdu leur emploi depuis l'explosion du 4 août, avec des effets directs pour 12.000 foyers", selon l’ONU

BEIRUT: Plus de la moitié de la population au Liban se trouve "prise au piège de la pauvreté", dans un contexte de crise économique aiguë, et ce avant même la gigantesque explosion meurtrière le 4 août à Beyrouth, s'est alarmée mercredi l'ONU.

"Selon les estimations, plus de 55% de la population du pays est désormais prise au piège de la pauvreté et lutte pour avoir accès aux besoins de première nécessité", a indiqué dans un communiqué la Commission économique et sociale des Nations unies pour l'Asie occidentale (CESAO) pour le mois de mai 2020, contre 28% selon les chiffres de 2019.

Selon CESAO, 23% de la population se trouve dans une situation d'extrême pauvreté, contre 8% en 2019.

Fin de la classe moyenne ?

Le 4 août, une gigantesque déflagration au port de Beyrouth a fait au moins 181 morts, plus de 6.500 blessés et a ravagé des pans entiers de la capitale. Les autorités ne communiquent plus sur le nombre de personnes portées disparues.

Ce drame s'ajoute au naufrage économique du pays, accentué par la pandémie de nouveau coronavirus. Des dizaines de milliers de Libanais ont déjà perdu leur emploi ou une partie de leurs revenus.

Le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (Ocha) de l'ONU a indiqué mercredi dans un communiqué que "plus de 70.000 employés ont perdu leur emploi depuis l'explosion, avec des effets directs pour 12.000 foyers".

La classe moyenne, qui représentait 57% de la population en 2019, n'en constitue plus que 40% en 2020, selon la CESAO.

Emigration en perspective

"Le vrai défi pour le Liban, c'est que ce la classe moyenne qui représente le gros du capital humain du pays, peut vouloir fuir la situation économique incertaine et chercher à émigrer", a ajouté l'agence de l'ONU.

Depuis quelques mois, de plus en plus de Libanais issus de la classe moyenne tentent d'émigrer, fortement touchés par la vertigineuse dépréciation de la livre libanaise, l'inflation galopante, les restrictions draconiennes sur les retraits en dollars et la dégradation des services publics.

Dans un pays où la redistribution des richesses est parmi les plus inégalitaires du monde, les Libanais considérés les plus aisés représentaient 15% de la population en 2019. Ils n'en constituent plus que 5% aujourd'hui, selon la CESAO.

D'après les derniers chiffres des autorités libanaises, 45% de la population vit sous le seuil de pauvreté.

A ces données s’ajoute l’impact du coronavirus. Un reconfinement total a été décrété à partir de vendredi pour une durée de deux semaines au Liban qui enregistre des nombres record de nouveaux cas de Covid-19 ces derniers jours. Le dernier bilan des autorités libanaises fait état mercredi de 10.347 cas depuis le début de l'épidémie, dont 109 décès.

 


Liban: 13 morts dans des frappes israéliennes sur le sud

Le ministère de la Santé libanais a indiqué que 13 personnes ont été tuées vendredi lors de frappes israéliennes dans le sud, notamment dans une ville où l’armée israélienne avait émis un ordre d’évacuation malgré un cessez-le-feu. (REUTERS)
Le ministère de la Santé libanais a indiqué que 13 personnes ont été tuées vendredi lors de frappes israéliennes dans le sud, notamment dans une ville où l’armée israélienne avait émis un ordre d’évacuation malgré un cessez-le-feu. (REUTERS)
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  • Des frappes israéliennes dans le sud du Liban ont fait au moins 13 morts vendredi, dont des civils (femmes et enfants), malgré un cessez-le-feu en vigueur
  • Depuis la reprise des hostilités le 2 mars entre Israël et le Hezbollah, plus de 2 600 personnes ont été tuées, dont des secouristes, suscitant de vives critiques humanitaires

BEYROUTH: Des frappes israéliennes sur le sud du Liban ont fait au moins 13 morts vendredi, a rapporté le ministère libanais de la Santé dans un nouveau bilan.

Selon un communiqué du ministère, huit personnes, parmi lesquelles un enfant et deux femmes, ont été tuées et 21 autres blessées, dont deux enfants et une femme, dans des frappes sur le village d'Habboush, que l'armée israélienne avait appelé à évacuer malgré un cessez-le-feu.

L'agence de presse officielle libanaise (ANI) a rapporté "une série de frappes intenses (...) un peu moins d'une heure après l'avertissement" israélien.

A Habboush, un photographe de l'AFP a vu des volutes de fumée s'élever à la suite des bombardements.

Une autre frappe sur le village de Zrariyé, dans la région de Saïda, a par ailleurs fait quatre morts, dont deux femmes, et quatre blessés dont un enfant et une femme, a précisé le ministère dans la soirée.

Selon la même source, une femme a été tuée et sept personnes ont été blessées dans le district de la ville côtière de Tyr.

L'ANI avait auparavant fait état d'autres frappes et de tirs d'artillerie sur d'autres localités du Sud en dépit du cessez-le-feu entre le Hezbollah pro-iranien et Israël en vigueur depuis le 17 avril.

- Secouristes tués -

Jeudi, 17 personnes avaient été tuées dans des frappes sur le Sud, où l'armée israélienne a établi une zone de 10 km de profondeur à partir de la frontière, interdite d'accès à la presse et à la population, et effectue des opérations de démolition.

Des destructions ont ainsi été rapportées à Shamaa mais également à Yaroun, où un monastère, une école privée, des maisons, des commerces et des routes ont été démolies, selon l'agence ANI.

Israël affirme vouloir protéger sa région nord du Hezbollah, qui continue de revendiquer des attaques contre des positions israéliennes au Liban et, plus rarement, contre le territoire israélien.

L'armée israélienne a indiqué dans la nuit de vendredi à samedi avoir intercepté quatre "cibles aériennes" qui se dirigeaient vers le nord d'Israël, sans préciser leur provenance.

En vertu de l'accord de cessez-le-feu, Israël se réserve "le droit de prendre, à tout moment, toutes les mesures nécessaires en légitime défense contre des attaques planifiées, imminentes ou en cours", une clause que le Hezbollah conteste.

Selon le ministère libanais de la Santé, plus de 2.600 personnes ont été tuées depuis la reprise des hostilités entre le Hezbollah et Israël, le 2 mars, sur fond de guerre au Moyen-Orient.

D'après cette source, 103 secouristes font partie des morts.

"Qu'une personne qui tente de sauver des vies, d'apaiser la souffrance humaine, puisse être ciblée (...) c'est une chose que je trouve absolument inacceptable", a affirmé à des journalistes près de Beyrouth le secrétaire général adjoint de la Fédération Internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FIRC), Xavier Castellanos.


Les Emirats interdisent à leurs ressortissants de se rendre en Iran, au Liban et en Irak

Le drapeau des Émirats arabes unis flotte sur fond de la skyline d’Abou Dhabi. (Archive/AFP)
Le drapeau des Émirats arabes unis flotte sur fond de la skyline d’Abou Dhabi. (Archive/AFP)
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  • Les Émirats arabes unis interdisent à leurs citoyens de voyager en Iran, au Liban et en Irak en raison des tensions régionales
  • Les autorités demandent aux Émiratis présents dans ces pays de rentrer immédiatement, après des attaques de missiles iraniennes visant des infrastructures aux EAU

DUBAI: Les Emirats arabes unis ont interdit jeudi à leurs ressortissants  de se rendre en Iran, au Liban et en Irak, en invoquant l'évolution de la situation dans la région.

"A la lumière des développements régionaux actuels", le ministère des Affaires étrangères du pays a émis "une interdiction de voyager pour les ressortissants émiratis se rendant en République islamique d'Iran, en République libanaise et en République d'Irak", a rapporté l'agence de presse officielle WAM, indiquant qu'il appelait "tous les ressortissants émiratis actuellement dans ces pays à accélérer leur retour immédiat".

L'Iran a pris pour cible les Emirats, par des tirs de missiles visant des infrastructures civiles et énergétiques, lors du conflit déclenché le 28 février par l'attaque israélo-américaine contre Téhéran, avant l'annonce d'un fragile cessez-le-feu.


Liban: le président condamne les «violations persistantes» du cessez-le-feu par Israël

Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international. (AFP)
Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international. (AFP)
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  • "Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition de maisons (...), alors que le nombre de victimes (...) monte"
  • "Il faut faire pression sur Israël pour qu'il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils et les secouristes"

BEYROUTH: Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international.

"Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition de maisons (...), alors que le nombre de victimes (...) monte", a-t-il déclaré, selon un communiqué de la présidence. De nouvelles frappes israéliennes meurtrières ont visé jeudi des localités dans le sud, selon un média officiel.

"Il faut faire pression sur Israël pour qu'il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils et les secouristes", a ajouté Joseph Aoun, alors que la trêve est entrée en vigueur le 17 avril.