Le policier Derek Chauvin reconnu coupable du meurtre de George Floyd

Les réactions au verdict ont émané de toutes les sphères de l'Amérique, qu'elles soient sportives, artistiques, politiques, voire d'au-delà. La nouvelle a même été célébrée dans tout le pays, comme ici à New York. (Photo, AFP)
Les réactions au verdict ont émané de toutes les sphères de l'Amérique, qu'elles soient sportives, artistiques, politiques, voire d'au-delà. La nouvelle a même été célébrée dans tout le pays, comme ici à New York. (Photo, AFP)
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Publié le Mercredi 21 avril 2021

Le policier Derek Chauvin reconnu coupable du meurtre de George Floyd

  • Juste avant de mourir, la victime avait crié plusieurs fois « je ne peux pas respirer », une plainte devenue un slogan mondial contre le racisme et les abus policiers
  • Dans une allocution solennelle depuis la Maison Blanche, le président Joe Biden a dénoncé le racisme qui « entache » l'âme de l'Amérique

MINNEAPOLIS : Le policier blanc Derek Chauvin a été déclaré coupable mardi du meurtre de George Floyd, une « victoire pour la justice » selon la famille du quadragénaire noir, dont l'homicide l'an dernier à Minneapolis est devenu le symbole des brutalités policières contre les minorités aux Etats-Unis.

A l'issue de trois semaines d'un procès sous haute tension dans cette ville du nord des Etats-Unis, les 12 jurés d'origines ethniques diverses, qui délibéraient depuis lundi, ont conclu à la culpabilité de l'accusé sur les trois chefs d'accusation qui le visaient.

Déjà renvoyé des forces de l'ordre, l'agent de 45 ans, masque filtrant sur le visage, n'a pas montré d'émotion particulière à l'énoncé du verdict. Immédiatement menotté, il a été écroué.

Le juge Peter Cahill prononcera sa sentence dans huit semaines. Derek Chauvin encourt 12 ans et demi de prison mais sa peine pourrait être rallongée si le magistrat conclut à l'existence de circonstances aggravantes.

« C'est une victoire pour ceux qui luttent pour la justice contre l'injustice » ainsi qu'un « tournant dans l'Histoire », s'est félicité Ben Crump, l'avocat de la famille Floyd. « Nous quittons Minneapolis en sachant que l'Amérique est meilleure ».

« Nous pouvons enfin respirer », a affirmé le frère de George Floyd, Philonise, assurant que « la justice pour George, c'est la liberté pour tous ».

Dans une allocution solennelle depuis la Maison Blanche, Joe Biden a dénoncé le racisme qui « entache » l'âme de l'Amérique. « Le verdict de culpabilité ne fera pas revenir George » mais cette décision peut être le moment d'un « changement significatif », a-t-il ajouté. Le président avait plus tôt téléphoné à la famille de George Floyd.

 

Poursuivre « le combat »

Juste avant de mourir à l'âge de 46 ans, George Floyd avait crié plusieurs fois « je ne peux pas respirer », une plainte qui est un slogan mondial contre le racisme et les abus des forces de l'ordre.

Barack Obama, premier président noir des Etats-Unis, a appelé à poursuivre cette « lutte ». « On ne peut pas s'arrêter là », a-t-il ajouté dans un communiqué.

Après trois semaines de témoignages parfois bouleversants, le verdict a suscité une explosion de joie parmi une foule de 200 personnes rassemblées devant le tribunal de Minneapolis.

« Cette année a été un tel traumatisme. Désormais j'espère que l'on pourra panser nos plaies », a affirmé à l'AFP Amber Young au milieu des manifestants.

Les réactions au verdict ont émané de toutes les sphères de l'Amérique, qu'elles soient sportives, artistiques, politiques, voire d'au-delà, à l'image du Premier ministre britannique Boris Johnson qui a adressé ses pensées à la famille Floyd.

Dans son réquisitoire lundi, le procureur Steve Schleicher avait insisté sur la violence de l'acte commis par Derek Chauvin, tel qu'on le voit sur une vidéo amateur qui a fait le tour du monde.

« C'était un meurtre, l'accusé est coupable des trois chefs d'accusation et il n'y a aucune excuse », avait-il asséné.

L'accusation, qui a fait défiler à la barre plusieurs témoins issus de la police, avait souligné que ce procès n'était pas celui de l'institution, mais d'un individu ayant « trahi » son serment de policier.

L'avocat de Derek Chauvin, Eric Nelson, avait au contraire appelé les jurés à prendre en compte le contexte d'une interpellation qui, selon lui, avait dégénéré avec un suspect d'un gabarit imposant qui résistait à quatre policiers voulant le maîtriser.

Un autre procès

Le verdict de culpabilité est synonyme de soulagement pour beaucoup de villes américaines et en particulier Minneapolis, où la tension a été accrue par la mort récente d'un jeune homme noir en périphérie de la métropole. 

Daunte Wright, un Afro-Américain âgé de 20 ans, a été tué par une policière blanche lors d'un banal contrôle routier. Ses funérailles sont prévues jeudi dans une église de la ville.

Minneapolis s'était déjà embrasée après la mort de George Floyd, et les commerces se sont de nouveau barricadés derrière des planches en bois cette semaine alors qu'un couvre-feu est en place.

Dans la capitale fédérale Washington, les autorités ont également mis les forces de l'ordre en alerte. A New York, Chicago et Los Angeles, les autorités ont déployé des renforts de police.

Après le verdict et le prononcé de la sentence, le cours de la justice va se poursuivre, a assuré mardi le procureur du Minnesota Keith Ellison.

Les trois anciens collègues de Derek Chauvin - Alexander Kueng, Thomas Lane et Tou Thao - qui avaient participé à l'arrestation, doivent être jugés en août pour « complicité de meurtre ».


Ethiopie: une attaque dans une église orthodoxe fait deux morts

Un prêtre à l'église Bole Medhanialem d'Addis-Abeba, le 20 juin 2021, lors d'un service matinal alors que les femmes se rassemblent (Photo, AFP).
Un prêtre à l'église Bole Medhanialem d'Addis-Abeba, le 20 juin 2021, lors d'un service matinal alors que les femmes se rassemblent (Photo, AFP).
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  • Deux personnes ont été tuées et quatre autres grièvement blessées à Shashemene, dans la région d'Oromia, selon le Tewahedo Media Center
  • L'archevêque Abune Henok a appelé les autorités d'Oromia, la région la plus étendue d'Ethiopie, à cesser la «persécution» des chrétiens orthodoxes

NAIROBI: Deux jeunes chrétiens orthodoxes ont été tués samedi lors d'une attaque dans une église de cette obédience dans le sud de l'Ethiopie, a annoncé un média lié à ce culte.

Deux personnes ont été tuées et quatre autres grièvement blessées à Shashemene, dans la région d'Oromia, selon le Tewahedo Media Center (TMC), organe de l'église ortodoxe dans ce pays. Abune Henok, l'archevêque du diocèse d'Addis Abeba, y a qualifié cette attaque de "honteuse et déchirante".

Le TMC a accusé les forces de sécurité d'avoir mené cette attaque dans la ville située à environ 250 kilomètres au sud de la capitale.

Il était impossible dans l'immédiat de vérifier ces informations de manière indépendante.

L'archevêque Abune Henok a appelé les autorités d'Oromia, la région la plus étendue d'Ethiopie, à cesser la "persécution" des chrétiens orthodoxes, selon le TMC.

Cet incident intervient dans un contexte de tensions au sein de l'Eglise orthodoxe éthiopienne Tewahedo, après que des évêques rebelles ont créé le mois dernier leur propre synode dans la région d'Oromia, la plus peuplée du pays.

L'unité de cette Eglise, l'une des plus anciennes au monde et qui compte environ 40% des 115 millions d'Ethiopiens, est dès lors menacée.

L'Eglise Tewahedo, dirigée par le patriarche Abune Mathias depuis une décennie, a déclaré la scission illégale et excommunié les évêques impliqués.

L'Eglise a également accusé le gouvernement du Premier ministre Abiy Ahmed d'interférer dans ses affaires et de faire des déclarations qui de fait reconnaissent le "groupe illégitime".

M. Abiy, lui-même issu de la communauté Oromo, a appelé cette semaine les responsables au dialogue et affirmé que les deux parties avaient "leur propre vérité".

Les prêtres dissidents accusent l'Eglise de discrimination et d'hégémonie linguistique et culturelle, en faisant valoir qu'elle ne s'adresse pas aux congrégations en Oromia dans leur langue maternelle, des plaintes balayées par le patriarcat.

Le Conseil œcuménique des Eglises (COE) a publié vendredi une déclaration exprimant sa "profonde inquiétude" face aux tensions au sein de l'institution éthiopienne.

"Nous appelons tous les dirigeants politiques d'Ethiopie à soutenir l'Eglise orthodoxe éthiopienne Tewahedo dans ses efforts pour parvenir à l'unité et à la paix entre ses membres", a déclaré le secrétaire général du COE, Jerry Pillay.


Chili: 16 morts dans des incendies de forêts, selon un nouveau bilan

Vue d'un incendie à Santa Juana, dans la province de Concepcion, Chili, le 3 février 2023 (Photo, AFP).
Vue d'un incendie à Santa Juana, dans la province de Concepcion, Chili, le 3 février 2023 (Photo, AFP).
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  • Samedi, sur 251 feux actifs, 80 sont hors de contrôle, a précisé le Service national de prévention et de réponse aux catastrophes
  • Ces incendies se produisent pendant une vague de chaleur extrême avec des températures proches de 40ºC

CONCEPCION, Chili: Au moins 16 personnes sont mortes dans plus de 250 incendies de forêt survenus dans le centre du Chili, où sévit une intense vague de chaleur, selon un nouveau bilan présenté samedi par les autorités.

Samedi, sur 251 feux actifs, 80 sont hors de contrôle, a précisé le Service national de prévention et de réponse aux catastrophes (Senapred).

Selon lui, 24 autres personnes ont été blessées et 88 habitations ont été détruites.

Un précédent bilan faisait état vendredi de 13 morts. Parmi eux, un pilote de nationalité bolivienne et un mécanicien de nationalité chilienne qui se sont écrasés dans un hélicoptère qui luttait contre les feux, selon le Senapred.

Ces incendies se produisent pendant une vague de chaleur extrême avec des températures proches de 40ºC, ce qui fait craindre aux autorités une catastrophe comme celle de 2017.

Cette année là, un gigantesque incendie de forêt avait fait 11 morts, quelque 6 000 sinistrés, détruit plus de 1 500 maisons et ravagé 467 000 hectares de terres.


Les corps des deux volontaires Britanniques tués en Ukraine récupérés

Les soldats ukrainiens portent les cercueils de leurs camarades tués au combat, lors de leurs funérailles à Lviv le 4 février 2023, au milieu de l'invasion russe de l'Ukraine (Photo, AFP).
Les soldats ukrainiens portent les cercueils de leurs camarades tués au combat, lors de leurs funérailles à Lviv le 4 février 2023, au milieu de l'invasion russe de l'Ukraine (Photo, AFP).
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  • L'armée ukrainienne a reconnu le 25 janvier avoir cédé aux forces russes Soledar, situé non loin de Bakhmout dans l'est du pays
  • Le retour des corps des deux hommes est intervenu dans le cadre d'un échange de 116 prisonniers ukrainiens et 63 russes entre Moscou et Kiev

LONDRES: Les corps des deux Britanniques, Christopher Parry et Andrew Bagshaw, tués en Ukraine où ils étaient partis comme volontaires, ont été récupérés dans le cadre d'un échange de prisonniers entre Kiev et Moscou, ont indiqué les autorités ukrainiennes.

"Nous avons réussis à récupérer les corps de volontaires étrangers morts", a indiqué Andriï Yermak, le chef de l'administration du président ukrainien Volodymyr Zelensky.

Le retour des corps des deux hommes est intervenu dans le cadre d'un échange de 116 prisonniers ukrainiens et 63 russes entre Moscou et Kiev.

Christopher Parry, 28 ans, et Andrew Bagshaw, 48 ans, ont été tués alors qu'ils tentaient une évacuation humanitaire de la ville de Soledar, théâtre d'intenses affrontements début janvier et largement détruite dans des bombardements, avait confirmé fin janvier la famille de M. Parry, via le ministère britannique des Affaires étrangères.

Ils étaient portés disparus depuis plusieurs semaines, et le chef du groupe Wagner, Evguéni Prigojine, avait indiqué le 11 janvier que ses combattants avaient trouvé à Soledar le corps de l'un d'entre eux.

L'armée ukrainienne a reconnu le 25 janvier avoir cédé aux forces russes Soledar, situé non loin de Bakhmout dans l'est du pays, devenu l'épicentre des combats près d'un an après le début de l'invasion du pays.

Les Russes revendiquaient sa prise depuis deux semaines.

Contacté, le ministère britannique des Affaires étrangères n'était pas en mesure de réagir dans l'immédiat.